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¬ there's a light, and i can see it in your eyes. ✵ paul

Revelio

MessageSujet: ¬ there's a light, and i can see it in your eyes. ✵ paul   Mar 6 Fév - 16:54



― there's a light, and i can see it in your eyes. ―
there's a memory of the way you used to be. (prologue)

1921, berlin. je me souviens encore de cet instant où j'ai tout simplement dit "non" à mes parents pour ensuite faire mes valises avant de fuir vers l'allemagne, espérant à ce que le reste de ma petite dynastie ne me suive guère pour sauver l'image des jadefluff. chose stupide quand on sait qu'ils ne sont que des moldus alors que je suis un sorcier. ma condition les a toujours dépassé et ils ne pourront jamais pleinement la contrôler. aussi, je ne voulais aucunement m'enticher d'une moldue pour les faire plaisir et m'enraciner pleinement au sein d'un monde qui n'était le miens. mieux encore ; je ne voulais me défaire de la débauche et des lieux qui la caractérisaient. j'étais un garçon insouciant qui avait le sentiment d'avoir grandit trop vite. certainement à cause de la guerre, songeais-je. mais cela ne m'avait pourtant pas empêché de rester pleinement immature et de remettre en question mes choix lorsque j'avais passé la frontière allemande, me sentant soudainement dépaysé, perdu. dorénavant, il n'y aurait plus de repères sur lequel je devais m'accrocher. si je voulais encore chanter, danser et me pavaner, je vais devoir faire mes preuves, tout recommencer depuis le départ. ça sera dur. tant pis. il fallait avancer désormais, je ne pouvais plus reculer. pas si je voulais continuer à faire ce que j'ai toujours su faire. j'avais du talent, j'en étais bien conscient, mais ce n'était pas moi qu'il fallait convaincre désormais. et alors que j'arpentais timidement les rues de berlin à la recherche de pistes et de milieux où je pourrais me produire, je compris tout de suite que je n'étais pas le bienvenue. j'avais la dégaine du perfide anglais par excellence, écrabouillant de ses bottes le territoire ennemi battu à plat de couture. à vrai dire, si un petit empreint de fierté marquait mon palpitant à la vue de ces mauvais joueurs, je n'étais aucunement là pour leur faire des pieds-de-nez. bien au contraire. c'est même par pitié et par amitié que je désirais faire mes marques sur cette nation. certes, je n'oublierais jamais mes origines, mais de là à jouer les envahisseurs à cause d'une quelconque querelle ? oh que non. je n'ai point été un grand partisan de la violence et ce n'est pas demain que cela va changer. surtout lorsque nous sommes considérés comme des pions, de la chair à canon qui ne deviennent que des anonymes lorsque l'Histoire est écrite.  au lieu de cela, on devrait se tendre la main et se rappeler de ces jours de trêve annonçant les fêtes de Noël, se retrouvant comme des amis de longues dates. je soupire. mais qu'importe. la grande guerre nous a tous marqué, après tout.

après une longue déambulation, je finis par m'arrêter dans un bar sorcier quelconque où je compte bien profiter d'une petite sustentation avant de reprendre la route, notamment en quête d'hôtel pour la nuit, dans l'espoir de me reposer afin de repartir à la recherche d'un endroit où je pourrais me poser définitivement. si j'avais fantasmé berlin comme une ville extravagante où je saurais trouver des individus semblables à ma condition, je me rends compte qu'il faut malgré tout bien chercher ces-dits individus avant de les trouver. que malgré les libertés que l'on peut se permettre ici comme nulle part ailleurs, on cherche encore à se cacher afin de ne pas voir sa réputation être brisée en miette. moi aussi, je dois dire. je suis encore sur la réserve, bien trop timide pour oser aller vers qui que ce soit et profiter des lieux publics que je suis venu chercher. néanmoins, je me dis que j'ai encore un peu de temps devant moi avant de prospérer. oui, c'est cela, ce n'est qu'une question de temps. alors, bien évidemment, la première chose que je fais en entrant dans ce bar, c'est de m'isoler au niveau du comptoir, espérant seulement profiter d'une boisson avant tout, me réchauffer la gorge et éviter de finir ivre. quand la serveuse arrive à mon niveau, c'est en rougissant et en montrant une bièraubeurre servie à une autre personne que je m'exprime afin de commander la boisson que je désire avoir. car je ne sais encore que très légèrement m'exprimer en allemand. d'ailleurs, cela a le don de la faire sourire, comprenant très vite qu'elle a affaire-là à un voyageur. elle ne semble pas si désagréable que les autres individus du coin. sans doute parce qu'elle ne rechignera pas contre quelques pièces de plus, qu'importe l'origine de la monnaie. et tant mieux. aussi, alors qu'elle revient avec ma commande, elle fait mine d'être intéressée par ma petite personne en me posant quelques questions avant de repartir lorsqu'on l'appelle à l'autre bout du comptoir. pour ma part, je me tourne vers les autres clients, détaillant leurs visages de mes prunelles, par simple curiosité. et peut-être parce que j'aimerais aller à leur rencontre aussi même si je n'ose pas.

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― pétales d'émeraude, chant d'augurey. ―

Revelio

MessageSujet: Re: ¬ there's a light, and i can see it in your eyes. ✵ paul   Mer 7 Fév - 18:50

Hier, Hilda est partie. La porte s'est refermée sur son visage diaphane et ses grands yeux enflammés et Paul sait qu'il ne la verra plus jamais, mais il ne peut pas l'oublier. Pas si vite, pas encore. Le souvenir d'elle restera ancré pour encore bien longtemps, parce qu'elle a redonné du goût à sa vie, parce qu'elle lui a montré du feu là où il ne voyait plus que des cendres, parce qu'entre ses bras il retrouvait un peu de sa jeunesse depuis longtemps perdue. C'est dommage. Dommage, oui. Rien d'autre. Il oubliera. Il n'oubliera pas. L'esprit malmené par le temps passé ne peut plus prédire ce qui s'accrochera aux lambeaux de sa mémoire et ce qui s'en ira pour ne laisser que quelques traces incompréhensibles. Il espère parfois oublier. C'était hier. C'était dans une autre vie. Maintenant, il faut oublier, ou se souvenir.
On trouve beaucoup de choses dans l'alcool. On trouve l'oubli et le pardon, on trouve une distraction bienvenue, parfois même la chaleur et l'amour dont on manque terriblement. Le plus souvent, quand même, on trouve la nausée, un vague mal de crâne, et une honte cuisante qui tient au ventre jusqu'au surlendemain. Ce n'est pas grave, la honte, il la connaît bien, c'est une amie proche depuis le temps. Honte de tout ce qu'il est et de tout ce qu'il a fait, n'a pas fait, ne fera jamais, devrait faire. Il est trop vieux pour ça, trop vieux pour se préoccuper de l'opinion de qui que ce soit, y compris la sienne.
Le bar n'a rien de particulier. C'est un bar comme il y en a plein à Berlin, enfumé, humide, bruyant, le sol qui colle et l'air qui pue, on s'y fait. Tant qu'on y sert de la bière, personne n'est très regardant. C'est pas cher, les voisins n'y regardent pas de trop près, on ne se parle pas. On reste chacun dans son coin avec sa pinte et ses regrets et puis on attend de trouver quelque chose de meilleur dans un alcool qui n'a jamais rien eu à offrir à personne. Paul fait comme tout le monde. Dans le pire des cas, quelqu'un le reconnaîtra et ira répandre des rumeurs comme quoi le riche étranger aime aller régler ses problèmes dans la gnôle, et franchement, personne ne lui en tiendra rigueur. À son âge, on a bien le droit de picoler.
Surtout quand on a dû dire adieu la veille.
Paul se sent mal. Paul a trahi une femme qu'il aimait, une fois de plus, et il pense l'avoir condamnée à mort comme les autres. Qu'est-ce qu'elle deviendra, maintenant qu'elle est traquée ? Est-ce qu'on l'attrapera, est-ce qu'on la pendra pour ses crimes ? Elle le mérite, souffle une voix au fin fond de son esprit, une voix qui imite douloureusement celle du Majordome. Elle le mérite peut-être, il est le premier à dire que la violence est parfois la solution, mais il l'aime trop pour le penser. Il voudrait revenir à la veille, lui ouvrir les bras, la sauver. Il voudrait l'avoir tuée. Il ne sait pas trop où il en est, le vieux Paul, il n'a plus l'habitude de toutes ces émotions sauvages qu'il a pris soin de laisser dans une jeunesse plus tourmentée. Les émois de l'amour, de la passion et de la trahison appartiennent à l'adulescence et à la beauté, pas aux vieillards sentimentaux.
Il se demande ce qui a amené là les autres clients du bar. S'il s'agit de troubles similaires, du désespoir habituel qui suit les guerres, de l'ennui, cette terrible maîtresse qui pousse les plus vertueux dans les bras de l'horreur, ou peut-être de la peur. Il aimerait presque avoir des talents de legilimens pour satisfaire cette curiosité morbide. Savoir un peu les secrets de chacun, pouvoir se rassurer, se réconforter en songeant qu'il n'est pas le seul à se triturer l'esprit avec des conneries. Des foutues conneries, voilà ce que c'est. Sa situation n'est pas originale, il y en a eu des dizaines d'autres comme lui, il n'a pas à se plaindre.
Et puis il y a ce garçon.
Certaines personnes semblent ne pas être à leur place. Détonner avec leur environnement, visibles comme une émeraude au milieu d'un tas de purin, ou comme une déjection canine dans la neige, selon les cas. Paul ne sait pas trop où situer ce gosse, pas encore. Il se pense beau, ça, c'est évident, et il l'est sans doute. Difficile de comprendre encore la beauté après des années passées à aimer une vélane. Il cherche quelque chose. Il n'est pas du coin, son allemand est hésitant, ça fait sourire la serveuse. Il s'installe au comptoir, comme quelqu'un qui cherche de la compagnie, sans oser parler à qui que ce soit. Timidité ? Peur de ne pas assez maîtriser l'allemand ? Paul n'est pas beaucoup plus confiant en son anglais mais ce soir, ça n'a pas d'importance – et l'alcool efface bien des péchés, de toute façon.

« D'où sortez-vous ? » demande-t-il en s'installant à côté du jeune homme, dans un anglais maladroit et avec une formulation qui peut paraître brutale mais n'est qu'une traduction littérale de l'allemand. « Je suis Paul. Mon anglais n'est pas très bon, désolé. Voudriez-vous une bière ? Le bar n'accepte pas l'argent étranger. » C'est difficile, peu naturel, entrecoupé d'hésitations, mais Paul gratifie le jeune homme d'un sourire aimable pour faire passer la pilule. Pas son genre d'aborder comme ça un inconnu dans un bar, il ne sait d'ailleurs pas trop ce qu'il espère en tirer. Un peu de compagnie, la satisfaction de sa curiosité, un moyen d'oublier ce qui occupe trop son cerveau, sans doute. De quoi dérouiller son anglais. Et puis Paul est de nature aimable et serviable et ne se voit pas laisser un jeune homme patauger en cherchant à se faire des contacts, même s'il sait bien que prendre des personnes sous son aile pour les soutenir dans leurs ambitions ne lui a pas apporté que des bénéfices. Il n'apprend pas. Il n'apprendra sans doute jamais.

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Revelio

MessageSujet: Re: ¬ there's a light, and i can see it in your eyes. ✵ paul   Ven 9 Fév - 0:48



― there's a light, and i can see it in your eyes. ―
there's a memory of the way you used to be. (prologue)

Je ne bouge pas, détaillant les alentours de mes prunelles perçantes jusqu'à ce que je sois stoppé par un inconnu qui vient m'aborder. Comme s'il m'avait remarqué en train d'épier. M'attendant très clairement pas à être ainsi accosté, je reste un instant silencieux, la bouche semi-ouverte, surpris et dévisageant l'homme qui est venu à ma portée. La chevelure immaculée et les traits marqués par le temps prouve qu'il n'est pas de ma génération et qu'un jeune garçon de ma condition n'avait sans doute rien à lui dire de bien intéressant pour un homme comme lui. Qu'à dire vrai, je ne savais en réalité ce qui l'avait poussé à aller à ma rencontre. du moins, jusqu'à son interrogation. ainsi avait-il compris que je n'étais pas d'ici ? oui. bien sûr qu'il l'avait compris. comme tout le monde au sein de ce bar, je suppose. et le reste des allemands qui erraient dehors. je n'ose alors pas répondre tout de suite, un peu en retrait, le regard baissé et les pommettes rougissantes comme celles d'un enfant intimidé. puis je me rends compte que cela n'est pas bien poli de ma part. surtout qu'il n'avait pas l'air d'être ce genre de type qui s'approchait des autres pour tourmenter les nouveaux venus. bien au contraire. je dirais même qu'il semblait assez ouvert à la conversation. surtout alors qu'il faisait l'effort de s'exprimer en anglais lorsque j'aurais dû moi-même faire l'effort de m'exprimer en allemand. qu'il accédait même parfaitement à ma requête ; il me permettait d'échapper à la solitude, d'avoir un peu de compagnie sur une terre où je venais fraîchement de débarquer. j'affiche alors un sourire. un petit sourire timide. « - je viens de londres. » fis-je alors à mon tour en anglais tandis que le senior vient s'installer à mes côtés, prouvant qu'il était déterminé à ne pas repartir de sitôt. d'ailleurs, il continue à s'engager dans la conversation en se présentant d'abord puis en justifiant ses difficultés à communiquer dans ma langue natale pour finalement me demander si je voulais une bière. une nouvelle fois, je me montrais hésitant, ne sachant déjà si je devais accepter si aisément une boisson offerte alors que nous nous ne connaissions pas. mais la moindre des choses, ce fut au moins de me présenter à mon tour. « - enchanté, paul. mon nom est ariel. » fis-je à mon tour en affichant un rictus plus amical, plus franche. « - je m'excuse pour mon allemand qui est plus catastrophique encore... » continuais-je en baissant à nouveau la tête et faisant légèrement la grimace. puis j'enchaînais à nouveau. « - ça... ça me gêne d'accepter... je pourrais vous rembourser... » terminais-je en secouant la tête. en réalité, il m'arrivait de supposer qu'il se trouvait bien trop aimable pour être réellement honnête. que derrière cette générosité, il devait bien se cacher quelque chose d'autre. sans doute parce que je me trouvais en terrain inconnu et que je me sentais d'avantage vulnérable. pourtant, une partie de moi me disait que paul était vraiment quelqu'un de bien. qu'il devait tendre les bras à celui ou celle qui en aurait besoin. même un tout petit peu. que peut-être avais-je eu la chance de tomber au bon endroit, au bon moment. mais voilà, j'avais beau être candide et désemparé, je ne voulais guère profiter de la gentillesse de qui que ce soit. pas aussi facilement, en tout cas. je voulais le connaître un peu plus, avant tout.

car pour le moment, je n'avais qu'un seul prénom. paul. je ne savais pas qui il était, sinon. un allemand qui vient traîner dans les bars. seul. alors qu'il semble si amical. pourquoi ? aussi ce fut à mon tour de poser des questions. « - et vous, vous êtes d'ici, je suppose ? » cela me paraissait comme une évidence et pourtant, cela ne l'était plus vraiment depuis la guerre. depuis que le monde entier s'était entrechoqué dans un combat insensé. mais dans tout les cas, même si paul ne venait pas de l'allemagne, il semblait être bien moins désarçonné que je ne pouvais l'être moi-même. il était chez lui, ancré dans son monde. d'ailleurs, je me rendis compte qu'il pourrait m'être d'une grande aide pour me guider ici. qu'il saurait me dire exactement où est-ce que je pourrais trouver des lieux de fête sorciers. mais comment aborder le sujet sans le surprendre ou peut-être le pousser à s'interroger d'avantage sur mon passé ? certes, je n'avais rien à lui cacher. bien au contraire, peut-être même pourrais-je tout lui dire. mais quand même. je ne voulais pas me précipiter en besogne. certainement profiter de cet instant de décontraction alors que je venais tout juste d'arriver à ma destination finale. que si lui ne m'avait donné que quelques informations le concernant, je voulais en faire tout autant. par simple précaution. par crainte. encore une fois. c'est probablement stupide, mais c'est comme ça. un jour qui sait, lorsque je serais pleinement installé moi aussi, je retrouverais certainement ma belle insouciance. je ne tergiverserais plus avant de prendre une décision. je n'aurais même que faire des conséquences. pourtant, cela me semblait si lointain, si irréalisable. de même que de trouver un endroit qui pourrait m'accepter afin que je puisse me produire. et mince, il fallait que je tente ma chance. « - est-ce qu'il y a des endroits, ici, à berlin, que vous me conseillerez d'aller visiter ? ». pas forcément des cabarets, supposais-je. au moins des endroits. des lieux publics. afin que je puisse faire mes marques. trouver des repères au sein de cette grande ville. probablement pour pouvoir trouver des gens comme paul. des individus qui me tendraient la main aisément, n'ayant que faire de mes origines britanniques. ou alors qui se montreraient curieux à l'idée de rencontrer un anglais. un anglais qui finira bien un jour par devenir allemand, lui aussi. par la force des choses. oui. si je décidais de rester, alors on ne me remarquera plus. on je me jugera plus. je ferais parti de l'envers du décor. comme tout le monde ici présent. et ce jour-là, peut-être serais-je un grand artiste respecté à travers tout le pays. une étoile montante de la scène, une célébrité.

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― pétales d'émeraude, chant d'augurey. ―

Revelio

MessageSujet: Re: ¬ there's a light, and i can see it in your eyes. ✵ paul   Sam 10 Fév - 22:20

Le petit est méfiant et Paul s'admoneste un instant de sa propre rudesse, de la façon si cavalière avec laquelle il s'est imposé dans la vie du jeune homme. C'est vrai que les générations changent, les mondes changent. Cela ne se fait plus d'offrir un verre à quelqu'un juste parce qu'on a envie de causer, parce qu'on se sent seul et qu'on voit un autre solitaire à un bar, maintenant tous se méfient les uns des autres – et Paul le premier. Il a des raisons. Ce jeune homme en a sans doute aussi. Ariel, dit-il avec un sourire, et tout de suite le cœur du vieux beau se serre un peu. Ariel, c'est un prénom Juif, un beau prénom qu'il aurait aimé porter. Il aimerait bien demander à son interlocuteur s'il en est, s'ils partagent bien cette culture dans laquelle Paul se sent terriblement seul, mais il n'ose pas. Trop dangereux. Les Nazis n'arriveront au pouvoir que dans six ans mais la haine du peuple Juif existe déjà depuis bien longtemps, se présenter aussi clairement comme l'un d'entre eux n'est jamais une bonne idée. Alors Paul retient sa joie, son espoir, et se contente de sourire.
« Enchanté, Ariel. Joli prénom. » Rien de plus – on ne va pas prendre des risques inutiles, hein, mon vieux ? On pouvait faire ça y a cinquante ans, maintenant c'est un peu plus compliqué, pas vrai ? « Londres est une merveilleuse ville. J'y étais pendant quelques années, il y a longtemps, avec un bon ami. Oscar. » Son regard se fait rêveur pendant quelques instants. Les années 80, la beauté d'une fuite en avant permanente, le culte de la beauté et de la jeunesse appris et enseigné, la compagnie si stimulante d'un jeune auteur au bord de sa plus grande gloire – ça paraît bien loin, tout ça, maintenant. Ce jeune homme porte les effluves d'un passé que Paul pensait avoir oublié et la nostalgie n'est pas que plaisante.
« Moi, je sors d'Autriche. Je suis aussi un étranger, » sourit-il doucement avant d'alpaguer le serveur, sans tenir compte de la gêne du jeune homme, ayant déjà oublié ses bonnes résolutions d'être un peu moins entreprenant. Il commande un whisky pour lui-même, une bière pour son compagnon, tout en lui laissant bien sûr le loisir de changer ou de refuser. C'est juste qu'il n'imagine pas prendre à boire pour lui-même sans offrir quelque chose à Ariel. Ce serait bien plus impoli que d'être aussi direct, n'est-ce pas ? Oh, et puis flûte, hein. Les conventions sociales et la politesse, c'est pour les enfants, les jeunes qui ont encore du temps à perdre avec toutes ces conneries. Paul, il en a fait des ronds de jambe, bien assez pour se disloquer la hanche ; il n'en a plus grand-chose à faire de toutes ces simagrées. « C'est plus facile pour moi, parce que je allemand parle. Non, attendez... parce que je parle allemand. Vous Anglais avez une façon étrange de placer les verbes. Mais ça s'apprend. Pas très différent de l'anglais. »
Il a un peu honte de sa langue boîteuse à la grammaire anarchique, pas longtemps. Ça aussi, c'est pour les jeunes. À son âge, y a plus grand-chose dont on peut avoir honte. On a déjà vu sa peau se plisser et ses yeux se voiler, on a déjà découvert les joies d'un corps qui ne fonctionne plus tout à fait comme il se devrait, du contrôle qui se relâche sur toutes les fonctions physiques. On tousse parfois sans raison et on ressent les vagues de froid dans toutes ses articulations. Alors pourquoi diable s'effaroucher de parler approximativement un langage avec lequel on n'est pas né ? Tant que l'autre comprend, c'est pas important, juge Paul avec sagesse avant de prendre une lampée de son whisky fraîchement apporté.
« Pas de raison de me rembourser, » continue-t-il en allumant une cigarette. « C'est juste une bière. J'aurais aimé qu'on m'en offre une quand je suis arrivé. » Et pourtant les circonstances étaient bien différentes. Il était riche, parlait la langue, avait sa noblesse et sa connaissance du monde sorcier germanique derrière lui. Ce jeune homme n'a rien de tout ça, du moins à première vue. Paul sait renifler la richesse, elle se voit assez facilement dans le regard et la mise des gens, et il ne lui semble pas la repérer chez son compagnon du soir. Peut-être qu'il se trompe. Ça arrive, et puis de toute façon, il sait bien qu'il devient un peu sénile.

Un instant de silence passe et Paul en apprécie chaque remous. L'autre doit s'interroger, se méfier, c'est normal. Lui, il ne se pose pas trop de questions. Paul a toujours suivi son instinct et ses impulsions, toujours fait ce qui lui plaisait pour ne s'inquiéter des conséquences qu'au dernier moment, fuyant responsabilités et angoisses sans jamais s'arrêter. Il sait bien n'avoir aucun pouvoir sur ce que le monde va devenir ou même sur ce que son futur lui réserve, alors il ne cherche pas à contrôler. Il fait ce qu'il veut et ce soir, ce qu'il veut, c'est ne pas être seul avec ses macabres pensées.
Le jeune homme demande des conseils sur les choses à visiter à Berlin et Paul étouffe un rire narquois. A-t-il donc l'air d'un touriste qui irait dans les musées et les parcs pour flâner ? Allons, il en est presque au déambulateur, c'est une idée ridicule. Il voit sa vieillesse avec bien peu d'aménité.
« Hé bien, je ne peux pas dire que je me mêle beaucoup de visiter la ville, » rit-il, son anglais se déliant un peu sous l'effet de l'alcool. « J'y vis depuis trop longtemps pour m'en préoccuper. Je connais des théâtres, des cabarets, des galeries d'art. Je collectionne beaucoup. Des tableaux, des livres. Et j'aime la danse et le chant. Mais peut-être ce n'est pas votre... comment dites-vous, déjà ? Votre tasse de thé. »
Il pousse la boîte en argent incrustée de jade qui contient ses cigarettes vers Ariel, le laissant se servir s'il le désire. Une sale habitude, disait sa dernière femme. Ça sent mauvais et ça te détruira la gorge. Foutaises. S'il devait crever, que ce soit de ça ou d'autre chose, c'est pas bien important. Autant mourir d'avoir bien vécu. « Berlin n'aime pas beaucoup les étrangers. Mais elle aime la jeunesse et la beauté, et ça, vous en avez. Vous arriverez à vous faire apprécier de cette vieille garce. »

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MessageSujet: Re: ¬ there's a light, and i can see it in your eyes. ✵ paul   Mer 14 Fév - 10:33



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there's a memory of the way you used to be. (prologue)

je n'ose pas parce que je suis dans un pays que je ne connais guère. je n'ose pas également parce que je ne veux pas donner l'impression d'être comme ces soldats qui ne sont là que pour rappeler l'échec de l'allemagne durant la grande guerre. je veux seulement me faire petit pour mieux me rapprocher de la populace. tout doucement, docilement. mais il semblerait que j'ai été soudainement pris de court puisque paul se montre bien plus déterminé de faire ma connaissance que moi-même à l'égard du reste du peuple. et d'un côté, je dois dire que cela me rassure quelque peu car j'aurais probablement mis beaucoup de temps avant d'en faire moi-même. lorsque j'aurais finalement compris que je n'ai pas d'autre choix que d'aller vers de l'avant. aussi, le vieil homme répond qu'il est enchanté et rajoute en complimentant la beauté du prénom. je souris à nouveau tout en rougissant et en baissant le regard pour finalement rajouter un petit « - merci. ». j'aurais aimé reprendre à mon tour, sans doute dire que ce même titre n'avait sans doute rien d'exceptionnel ou que je l'aimais un peu, moi aussi. mais paul reprend la parole avant moi et commente par rapport à londres, contant qu'il s'y est rendu une fois, avec une connaissance. je l'écoute attentivement, heureux de savoir que finalement, on ne retient pas que les mauvaises choses de la vie, venant des étrangers. cela a le don de me rassurer. aussi, j'aurais aimé le questionner d'avantage sur cette parcelle d'existence, mais une nouvelle fois, je ne me le permet pas en contemplant son expression qui démontre aussi bien de la joie que la tristesse de ne pas profiter certainement d'avantage ce passé qui lui échappait désormais. et puis il rajoute quelque chose d'autre. il ne vient pas d'allemagne, lui aussi, mais d'autriche. je l'observe alors avec surprise avant qu'une certaine lueur de complicité brille dans mes prunelles. lui aussi avait-il dû batailler afin de se faire une place ? qu'il a été également perdu comme moi, lorsqu'il venait tout juste d'arriver au sein de la capitale ? pourtant, il n'avait pas l'air d'être de ceux qui se laissent rapidement impressionner par quoique ce soit. la preuve était qu'il avait également voyager avant de s'installer ici. moi, je n'avais guère fait plusieurs détours pour aller en direction de ma destination finale.

finalement, paul intercepte un serveur et commande deux boissons ; l'une m'étant destinée. j'enfonce ma tête entre mes épaules et rougis une nouvelle. cette fois-ci je ne pourrais y échapper, ayant à peine saisi tout ce qui a été dit même si je comprends malgré tout que paul n'a pas seulement arrêté un serveur dans sa marche pour lui dire quelque chose mais pour prendre une commande. il m'explique d'ailleurs maladroitement que cela est plus aisé pour lui parce qu'il sait s'exprimer en allemand. j'ose lâcher un petit rire en l'entendant mais je me rattrape afin de ne pas donner l'impression que je me moque de lui ; bien au contraire. j'étais heureux de voir qu'il faisait des efforts terribles quand je n'y arrivais tout simplement pas à tenir une petite discussion en allemand. « - oui, je... ça à l'air d'être singulier, comme ça... mais je pense que toutes les langues sont difficiles... à leur manière... » fis-je alors en haussant les épaules. j'imagine qu'après avoir passé plusieurs années ici, je finirais par m'y habituer, m'y accommoder et que cela sera tout aussi complaisant que de parler l'anglais.

nos boissons arrivent finalement et paul dit qu'il ne désire aucun remboursement, expliquant qu'il aurait aimé en recevoir une aussi lorsqu'il s'était présenté en allemagne. je suis quelque peu peiné et encore plus gêné de l'apprendre. lui qui se montrait si chaleureux envers ma petite personne anonyme, il n'aurait rien reçu ? le destin est mal fait. « - j'aimerais vous en offrir une dès que je serais pleinement installé, dans ce cas. » fis-je alors, plus ouvert, en affichant un large sourire amical. je l'imite également, commençant à savourer la bière et combattant ce désir terrible de s'enivrer jusqu'à avoir la sensation de perdre l'équilibre. je ne me trouve pas, hélas, dans le milieu le plus approprié pour faire la fête. et surtout, je donnerais probablement mauvaise impression à paul, qui lui, décidait de rester sobre. non. pour aujourd'hui et pour ce soir, je me devais de rester calme et sérieux. comme une épreuve à passer avant le but final. c'est alors que j'enchaîne, questionnant sur ce que l'on pourrait faire, ici-même, au sein de la capitale. paul s'empêche de rire, ce qui me fait froncer les sourcils, ne sachant ce qui avait été stupide dans mon interrogation. d'autant plus que je trouvais sa réponse plus qu'enviable, même si lui-même pensait à la contradiction. « - oh si. j'étais artiste de cabaret avant d'arriver en allemagne. et j'ambitionne de m'investir ici dans le même domaine. » avouais-je enfin, plus enjoué encore que je ne l'ai été jusqu'à maintenant. je suppose que je commençais à avoir confiance envers paul. que je ne voyais plus vraiment l'intérêt de mettre des barrières entre nous lorsqu'il faisait tout le nécessaire pour me mettre à l'aise. même m'encourageait-il en affirmant que j'avais toutes les qualités nécessaires pour me faire bien voir ici. loin de moi dans l'idée de le nier, je ne désirais malgré tout pas y croire, fermer les yeux dessus, pensant que cela serait bien plus compliqué qu'il n'y songeait. parce que certains allemands n'auront que faire de quelques subtilités tel que l'art. peut-être que certains me jugeront inutiles ou de mauvais goût. ou alors me considérant comme celui qui ne veut qu'apporter sa culture britannique pour se défaire du reste du monde, des autres artistes. sans même songer à imiter ces pairs, par amour de la découverte et du renouvellement. « - merci. » avais-je donc une nouvelle fois dit, prenant alors sa remarque avant tout comme un compliment que comme une vérité. néanmoins, sans doute me sous-estimais-je ou alors peut-être avais-je soudainement oublier la signification d'une telle ville. ici, l’exubérance est reine et l'art y a fait son domaine. et si on aime l'art, on doit également adorer la beauté. tout ce que les autres considéreraient comme de la futilité. ainsi, peut-être allais-je trop vite en besogne. sans doute ai-je mal jugé. après tout, je suis mal placé pour avoir un quelconque jugement sur la situation ici. je décide de balayer ces interrogations d'un revers de la main, me saisissant également délicatement d'une des cigarettes qu'il me tendait cordialement. tube que j'allumais à l'aide de ma baguette pour finalement tirer une flopée de fumée que je laissais ensuite s'écouler à travers mes lèvres, le regard cherchant l'ailleurs. presque vague.

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― pétales d'émeraude, chant d'augurey. ―

Revelio

MessageSujet: Re: ¬ there's a light, and i can see it in your eyes. ✵ paul   Ven 16 Fév - 18:24

Paul se fout bien qu'on lui rappelle que l'Allemagne a perdu la guerre. Il ne se sent pas plus allemand qu'autrichien et pour lui le concept de patrie est chose absconse, absurde, qui ne mérite certainement pas tout le foin qu'on fait à son sujet. Étranger, local, peu importe. Ce qui compte c'est que ce soir Paul a besoin de compagnie, besoin d'une âme vers laquelle déverser la sienne, sous forme d'alcool offert s'il le faut. Le pauvre Ariel s'est simplement trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, contraint de tenir compagnie à un vieux branlant qui cherche un peu de chaleur humaine et de palabres sans conséquences.
La générosité lui fait du bien. C'est peut-être ridicule, idiot à dire, mais le fait d'offrir une bière à quelqu'un sans rien attendre en retour que l'espoir d'avoir embelli un peu la soirée de l'autre met du baume au vieux cœur maltraité, apaise les souffrances de l'âme et de l'esprit tourmenté. Un peu de gentillesse au crépuscule du chaos. Finalement, ce genre d'action est une autre façon de mener la guerre.
Les grands yeux d'un bleu de glace se posent sur le jeune homme, étudient ses mouvements, ses expressions. Il sait qu'il a du charme et une forme de beauté à la fois classique et peu ordinaire, il sait aussi qu'il est en terrain miné dans ce pays que les siens ont ravagé. Dans quelle mesure sa timidité est-elle une comédie, Paul ne saurait pas le dire – Paul s'en fout bien. Il l'aura sans doute oublié demain. La générosité peut parfois être froide et cruelle, ne remplir qu'un but pratique sans beaucoup d'affect derrière et si le gentil grand-père apprécie sincèrement la compagnie d'une personne bien différente de sa société coutumière, il n'a cependant aucune intention de s'attacher. Il ne peut pas se le permettre, pas après...

« Hé bien, c'est un rendez-vous alors, » s'entend-il dire à la proposition du jeune homme de lui retourner la faveur lorsqu'il serait installé. Mauvaise idée. Qu'est-ce qu'il peut bien avoir en commun avec ce garçon à peine sorti de l'adolescence à la tête pleine de rêves, venu chercher on ne sait quoi dans la capitale allemande ? Bah. Au pire, ce sera une formalité agaçante à passer. « Voici ma carte, si vous désirez bel et bien me contacter. Mais sachez que je ne me formaliserai en rien de n'avoir jamais de vos nouvelles. »
L'anglais fluide d'antan lui revient sous les soubresauts de l'alcool dans son vieil estomac plus très habitué à ces agapes, si raisonnables soient-elles, et il tend un carré de carton blanc à Ariel. Les informations nécessaires s'y affichent en fonction de la façon dont le possesseur de la carte veut contacter son destinataire. Pratique. Encore plus pratique est l'astuce suggérée par le Majordome qui permet à Paul d'effacer le contenu de la carte à distance s'il regrette un jour de l'avoir offerte. Ce n'est encore jamais arrivé.
Mais il y a une première fois à tout, n'est-ce pas ? On peut bien se réveiller un jour et éprouver du remords d'avoir offert à un jeune artiste fraîchement débarqué dans la capitale un moyen de contact permanent. On peut se retrouver dans des situations bien embarrassantes pour avoir ainsi offert sa carte au premier venu. Paul n'y pense pas. Paul n'y pense jamais.

Les fumées des cigarettes s'entremêlent et l'autre parle de cabaret. Son regard se perd dans le vague et Paul soupçonne qu'il songe au passé, au futur, à tout ce qui s'écoule entre les deux, à bien des choses dont seule la jeunesse a le secret. Une partie de lui aimerait l'interroger. Penny for your thought, dirait-il avec l'oeil luisant et le sourire en coin, se penchant légèrement vers l'interlocuteur et laissant sa voix rouler au fond de sa gorge, comme autrefois. Ce n'est pas que la séduction ne l'amuse plus. Il aime toujours, à son âge avancé, sentir qu'il peut plaire, déstabiliser l'adversaire par le charme et le bagout, se tirer de mauvais pas à la force de ses mots et son élégance. Mais il y a eu trop de conséquences. Trop de drames.
Alors Paul tire une bouffée de sa cigarette et noie le goût dans celui de la bière.
« Artiste de cabaret, hein ? Il y a de quoi faire à Berlin. Des cabarets à chaque coin de rue. Mais la compétition est rude – il faut se démarquer, offrir quelque chose de nouveau et de frais, parce que les berlinois se lassent vite et veulent toujours du neuf, du clinquant, de l'impossible et de l'impensable. Cette ville est un monstre qui va trop vite et dévorent ceux qui ne peuvent suivre son rythme. » Une pause, la cendre incandescente qui tombe dans le cendrier, puis il ajoute : « Mon préféré est à Vivejoie. C'est le quartier de la nuit, le cœur battant de Berlin. On y trouve toutes les choses que l'on peut imaginer, et même certaines que l'on ne peut pas. Je vais parfois au Boursouflet Débauché. Le nom a un certain panache dans le ridicule, la faune est plus éclatante encore. S'il vous prend l'envie d'y rôder, citez donc mon nom au bar, on vous y fera une ristourne. »
Pas que Paul fréquente beaucoup les cabarets, non, voyons, ce serait tout à fait inconvenant pour une personne de son rang. Disons juste qu'il y va avec une fréquence tout à fait élégante, juste assez longtemps pour n'être qu'un curieux amateur d'art, et ne part jamais en mauvaise compagnie. On ne le voit ni ivre, ni drogué, ni à demi-nu ; c'est sans doute là déjà plus qu'on ne peut en espérer de bien des gentilshommes perdus dans Vivejoie.

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¬ there's a light, and i can see it in your eyes. ✵ paul

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