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crésus † the winner's curse.


August Häring

August Häring
Gouvernement | Einsicht

Revelio

MessageSujet: crésus † the winner's curse.   crésus † the winner's curse. EmptyMar 6 Fév - 23:36

AUGUST & CRESCENTIA
The Winner’s Curse is when you come out on top of the bid, but only by paying a steep price.
Grindelwald est aux arrêts. On dit qu'il a déjà traversé l'Atlantique et que les Américains s'occuperont de lui, l'enfermeront à double-tour dans leur plus profond et sombre caveau et qu'il ne reverra plus jamais la lumière du jour. On dit qu'il a été trahi, que son plus fidèle bras droit l'a vendu aux autorités et à l'Heimdall, comme ils se font appeler. On dit qu'il s'est battu, qu'il a tué une dizaine de Miliciens avant de se faire capturer, que jusqu'au dernier moment il a lancé des sortilèges pour se défendre. On dit qu'il est mort, salement, d'un sortilège à l'arrière de la tête, mais qu'on prétend qu'il est en vie pour ne choquer personne, ou alors pour faire peur à tout le monde. On dit qu'il s'est échappé, on dit qu'il est toujours dans les parages, on dit qu'on l'a vaincu, enfin, et que l'Einsicht n'est plus qu'un amer souvenir, une relique du passé qui sera bientôt démantelée. On dit beaucoup de choses, mais au fond on ne sait rien. August pourrait s'en amuser si la situation n'était pas épuisante. L'Obscure panique un peu, non pas que la perte du théorique leader de l'Einsicht les inquiète: c'est plus la stabilité de l'entièreté de l'organisation qui fait peur. Que vont-ils faire, être démantelés, s'enfuir à toutes jambes dans tous les sens comme des cafards tentant d'échapper à un talon vengeur? Et qui va permettre à leurs expérimentations et leurs recherches d'être financées? Beaucoup de questions ont été posées au Secrétaire lors du séminaire extraordinaire qui a eu lieu deux jours après que la nouvelle soit tombée. Il paraît qu'il a rencontré Première et Cardinale et que c'est désormais cette dernière qui tient les rênes d'une calèche dont tous ignorent la destination. On attend le rendez-vous de Grindelwald et après on avisera, en attendant, on continue nos études, voilà ce qui semble être le mot d'ordre parmi les Muets.

Hildegarde a élégamment organisé une fête conviant toute la ville sorcière dans la Ruche, contre l'opinion pourtant affolée de ses conseillers financiers: même si les Häring ont plus d'argent qu'ils n'en auraient jamais besoin, leurs comptes en banque ne sont pas sans fond pour autant, même pour combler les lacunes des réserves de la ville. Mais tout le monde est heureux, on a bien mangé et on a bien bu, et tout le monde est allé se coucher aux petites heures du matin avec un sourire aux lèvres et un souci en moins sur le coeur. Vaincre un prétendu terroriste semble apaiser les masses bien plus qu'un match de Quidditch. August ne sait pas ce qu'il en pense, il sait juste qu'il s'est rendu à la fête parce que sa mère ne lui a pas laissé le choix, et parce que son père lui a recommandé d'essayer d'imiter la joie, le soulagement et l'ivresse de leurs pairs. Inutile d'attirer l'attention sur eux pour le moment, il n'y a que les naïfs pour croire que Grindelwald opérait seul et que maintenant qu'il est parti, personne ne sera là pour le soutenir, prendre sa place, ou tenir son héritage.

August boit peu, et encore moins à l'occasion de fêtes quand il est entouré d'inconnus. Sa mère a tendance à descendre le moindre verre qu'on lui propose alors que son père ne touche qu'à sa vodka polonaise. Il n'a jamais vu Helen boire de sa vie (alors que son mari, qui est présent le soir des célébrations, enchaîne les toasts rieurs au grand désespoir de sa femme) et Erwin ne semble pas très enclin non plus. À Crescentia et Johannes, August n'adresse pas un regard, puisqu'il s'en fiche. Lui-même boude un peu sa pinte de bière jusqu'à ce que ce soit décent pour lui de rentrer de lui-même dans ses appartements, un étage au-dessus des célébrations. Premier couché et premier levé le lendemain, le bâtiment est bien calme quand il l'arpente en large en long et en travers en quête de son fameux petit-déjeuner, avant de se rappeler que sa mère a aussi décrété qu'aujourd'hui, les domestiques pouvaient passer la journée avec leurs familles. Le détail lui est complètement sorti de la tête et ça plus qu'autre chose l'agace. Plutôt que d'attendre pour se plaindre auprès d'Hildegarde, il décide courageusement de sortir pour aller manger ailleurs; son estomac crie famine alors qu'il referme la porte de la Ruche derrière lui sortant de la protection sorcière pour pénétrer dans le monde moldu avec un froncement de nez dédaigneux. Il est encore tôt et les rues sont désertes, August remonte le col de son imposante cape contre son cou. Elle est noire aujourd'hui, précaution nécessaire quand il doit sortir dans le monde qui n'est pas le sien. Il trouve ça mortellement ennuyeux mais malheureusement, il ignore si l'endroit qu'il a en tête a une cheminée de reliée au réseau — et quand bien même, il aurait peur de se tromper d'endroit si il n'y allait pas à pied.

Il en a entendu parler, et a failli y aller de lui-même après que des audacieux camarades de classe, originaires eux aussi de Bremen, lui aient proposé de s'y rendre pour rompre le pain; August n'a eu aucun mal à leur faire comprendre qu'en plus de ne pas traîner avec de la plèbe, il n'avait aucun intérêt pour la mode des cafés viennois sorciers qui semblent pulluler dans les grandes villes d'Allemagne, petites pièces apparemment confortables, difficilement accessibles pour ceux qui n'en connaissent pas l'emplacement et destinées à accueillir des expatriés autrichiens en mal de chez eux, ou bien des littéraires bien décidés à vivre leurs rêves d'esthétique parfaite. August s'en fiche: il sait juste que le café y est bon, et que la nourriture n'y est pas trop mal. Il se souvient simplement qu'elle est sur la Kaiser-Wilhelm-Platz, non loin d'un café moldu qui défraye apparemment la chronique de l'autre monde, le Rathscafé. Avec ces simples indications, August n'a aucun mal à trouver la porte cachée dans une petite ruelle à laquelle quiconque d'autre qu'un sorcier n'adresserait un second regard; il rentre sans frapper et fait immédiatement face à un hôte à la moustache bien huilée et à la livrée colorée qui l'accueille avec un fort accent autrichien. “ Herr Häring? Je crois que votre femme est déjà arrivée. ” August n'est pas surpris qu'on le reconnaisse (c'est la moindre des choses) mais il suspend ce qu'il est en train de faire en entendant la fin de sa phrase. Sa femme. Il n'a pas de femme.

À moins qu'on soit en train de le confondre avec Erwin. Il n'y a après tout, pas d'autre Herr Häring dans le coin — à part peut-être son oncle et le frère de sa mère, mais sa femme est morte depuis longtemps. August, qui était en train d'enlever sa cape pour la faire changer de côté et de couleur, se remet lentement en marche comme un automate qu'on vient de dérégler, hochant sèchement la tête. Quand il remet sa cape sur ses épaules, elle est d'un rouge sombre qui n'est pas sans rappeler la couleur du hareng Häring, brodée de motifs une teinte plus claire qui s'animent lentement sur le velours. “ Puis-je vous débarrasser de--Non vous ne pouvez pas. ” August n'accorde pas un second regard aux mains gantées déjà tendues de l'individu. Il ne laisse jamais ses affaires en vestiaires. “ Combien de temps dois-je attendre pour être amené à ma table? ” L'autrichien s'excuse puis le guide, apparemment nerveux de la mauvaise humeur évidente de son nouveau client, qui n'est pas non plus n'importe qui. August ignore complètement son malaise, découvrant avec intérêt l'intérieur plutôt confortable et chaleureux de la pièce principale, un peu peuplée — il aurait eu du mal à trouver une table lui convenant si il était venu sans réservation, même si il imagine qu'on l'aurait accommodé sans mal en entendant son nom. Les fenêtres montrent la place du marché qui s'active à son rythme, qu'August a traversé à grands pas avec une grimace sur le visage. Il y a une bonne odeur de café — et de nourriture, lui fait remarquer son estomac tordu — dans l'air.

Finalement on le mène à la table où est assise Crescentia, qui aurait pu lui crever les yeux depuis l'autre bout de la pièce tant sa chevelure rousse est toujours aussi brillante et intensément colorée. Elle le regarde avec des yeux ronds. Il y a un petit café en face d'elle, un carnet qu'elle referme rapidement (son carnet) et des journaux, des journaux par milliers, à la viennoise. L'hôte fait apparaître serviette, verre d'eau et menu pour August alors que celui-ci observe sa belle-soeur d'un air impavide. “ Je prendrai deux cafés à la noisette et un petit-déjeuner complet, ” dit-il sans jeter un coup d'oeil au menu, le rendant à l'autrichien sans un regard, s'asseyant, sûr de son bon droit, en face de Crescentia. “ Ils pensent que je suis Erwin, ” explicite-t-il simplement, comme si ça expliquait sa soudaine audace, quand ils sont seuls et que Crescentia ne l'a pas lâché du regard. Il imagine qu'elle aimerait que la cuillère qui se trouve dans sa main soit un couteau afin de le poignarder. L'image le ferait presque sourire. August se débarrasse de sa cape magique, la dépose sur le dossier de sa chaise avec soin. “ Vous faites chambre à part et ne prenez même pas votre petit-déjeuner ensemble? Cela me semble bien triste. ” Il pense qu'Erwin et elle font chambre à part, peut-être pas. Il y a eu une rapide cérémonie du coucher, plutôt inutile en considérant l'état de la mariée, mais August sait qu'il n'imagine pas le manque total d'alchimie entre les nouveaux époux. Mouvement de menton en direction du carnet refermé à la va-vite. Elle était si heureuse de découvrir son fonctionnement quand il le lui a offert. “ Du progrès? ” demande-t-il comme il l'a fait un millier de fois avant, mais pour la première fois depuis deux mois maintenant, sortant d'un même mouvement un paquet métallique de cigarettes, un faux sourire sympathique venant se hisser détestablement sur ses lèvres.

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VICIOUS
Something about him was decidedly wrong. He was like one of those pictures full of small errors, the kind you could only pick out by searching the image from every angle, and even then, a few always slipped by. On the surface, he seemed perfectly normal, but now and then you would catch a crack, a sideways glance, a moment when his face and his words, his look and his meaning, would not line up. It was like watching two people, one hiding in the other’s skin. And their skin was always too dry, on the verge of cracking and showing the color of the thing beneath.
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MessageSujet: Re: crésus † the winner's curse.   crésus † the winner's curse. EmptyMer 7 Fév - 14:12

AUGUST & CRESCENTIA
the winner's curse
Crescentia n'aime pas Bremen. Elle ne la connaît pas beaucoup d'abord, elle se souvient juste des sorties dans ce Bourg qui devait devenir sien, avec lui, dans des endroits toujours bien propres et bien famés, en public évidemment, seule condition pour qu'ils puissent se passer de chaperons — effort inutile, tout le monde en conviendra bien aujourd'hui. Elle n'aime pas Bremen et ne l'a pour être honnête jamais beaucoup aimé, même à l'époque, même quand la compagnie lui plaisait. Il y fait légèrement plus doux que dans son Kiel natal, mais là-bas il y avait les sources chaudes et les touristes desquels on pouvait beaucoup apprendre, et surtout, il y avait sa famille. Elle en a gardé le nom, mais parfois après même seulement deux semaines de mariage, elle a l'impression que c'est tout ce qui lui reste. À Bremen, elle est seule ,en dépit du fait qu'elle soit éternellement liée à un autre avec lequel elle partage une charmante petite maison et…c'est à peu près tout. Elle est seule dans cette maison trop silencieuse ; normal, son mari ne parle pas, ni à elle ni à personne, du moins pas de manière audible. Il s'exprime, dans un langage qu'elle ne parle pas, avec des gestes ou bien à l'écrit et Crescentia a encore trop mal au cœur et à l'égo pour faire un effort. Elle n'a que sa propre domestique à qui parler et elle lui parle le moins possible, elle a l'impression de lire du jugement dans le moindre de ses gestes, c'est qu'Adeline devait la suivre dans ses épousailles depuis des années déjà, et qu'elle aussi, visiblement, rêvait plutôt de l'hôtel particulier des Häring comme maison et de la femme d'un Burgraf comme maîtresse. Que même sa servante lui en veuille pourrait presque la faire rire, si elle ne se sentait pas véritablement si seule. Elle sort peut, femme prétendument libre, mais pas vraiment, personne ne l'en empêche physiquement évidemment, mais la pression sociale l'étouffe. Elle fait acte de présence quand on l'invite pour la première fois depuis qu'elle est mariée, fête une victoire qui ne lui appartient tristement pas — elle aimerait tellement, tellement savoir ce qu'on raconte à Heimdall, ce qu'on sait de Grindelwald, ce qu'on veut faire de ses sbires toujours libres — en trempant à peine ses lèvres dans l'hydromel que lui servent des domestiques. Elle rase les murs, évite le centre en espérant qu'on l'oublie elle aussi, qu'on ne la regarde pas et pour la première fois depuis des mois ça fonctionne, la foule est trop occupée à penser à autre chose. Elle rentre quand Erwin rentre, seule chose qu'ils font vraiment ensemble, aller et venir chez ses parents à lui, alors qu'elle attrape timidement son bras après qu'on est remis sa cape sur ses épaules. Elle ne le déteste pas, c'est peut-être ça le pire.

Elle ne le déteste pas et elle pourrait presque être triste pour lui d'être véritablement traité comme une punition pour elle. Elle s'en veut presque de le voir elle-même ainsi, de voir tout ça, comme un châtiment, tant maison qu'homme. Elle a l'impression d'étouffer dans ce qui est censé être chez elle, elle n'y est pas à l'aise le moins du monde, s'ennuie mortellement ; elle n'a jamais été douée pour rester en place et la période d'essai que lui ont peu subtilement imposé ses parents pour essayer de rentrer dans leurs bonnes grâces est une vraie torture, peut-être pire encore que ce mariage hâtif. Alors même si elle hait cette ville et la famille régente, même si elle n'a pas envie de se montrer, de supporter les regards et les jugements, même si elle n'a nul part où aller, elle finit par sortir seule. Peut-être que c'est le fait d'avoir vu du monde la veille, peut-être que c'est le besoin de se laver de cette soirée sans saveur, peut-être qu'elle a juste besoin de prendre l'air, mais elle sort le lendemain, plutôt tôt, sa nuit ayant été somme toute peu mouvementée, se rend dans un de ces petits cafés qui fleurit partout en Allemagne. Ça aurait pu lui plaire en d'autres circonstances elle imagine, cette ambiance autrichienne, un peu artistique, les discussions agréables en bruit de fond, le café surplombé d'une crème riche en sucre. Ça aurait pu lui plaire si elle ne devait pas s'asseoir seule — bien placée malgré tout, son rang oblige, elle est peut-être épouse du plus inconséquent des Häring, mais n'en reste pas moins noble — touillant un peu tristement sa boisson ses doigts effleurant à peine le carnet qu'elle a pris avec elle sans y penser. Un réflexe, pourrait-elle presque croire, mais ça fait des semaines qu'elle n'y touche plus vraiment et ça crée comme un trou béant dans sa poitrine au moins autant que son cerveau à la recherche de la moindre science à grapiller. Sans aucun doute l'étude des runes — et seulement ça — lui manque, il n'y qu'à voit l'état de l'encadrement de sa fenêtre préférée dans le boudoir où elle passe le plus clair de son temps, bariolé de runes futiles, tracées sans y penser, comme si le manque était physique. Ça lui manque oui, mais à quoi bon, elle n'a plus de professeur et puis, elle n'a jamais appris finalement que pour être utile à l'Heimdall et il n'y a plus d'Heimdall pour elle jusqu'à nouvel ordre. (Et puis les runes, c'est lui. Ce carnet aussi.)

Peut-être qu'elle aurait du le jeter au feu. La couverture en cuir la brûle presque elle, peut-être pour ça qu'elle l'ouvre finalement, feuillette avec mélancolie les pages qu'elle a tant noirci de découvertes et de questions et de théories. Elle était douée. C'est si facile de se perdre dans ce qui lui reste de ses recherches oubliant le café qui refroidit sur la table, de même que les journaux qu'on a apporté à sa requête, jusqu'à ce que la chaise en face de la sienne soit tirée par le maître d'hôtel. Elle ne peut même pas masquersa surprise quand elle relève la tête pour le trouver lui, lui qui lui a offert le carnet, lui qui porte les couleurs de cette maison à laquelle bon gré mal gré elle appartient quoi que son patronyme en dise. Elle referme brusquement le carnet et son visage avec alors que déjà August s'installe. “ Je prendrai deux cafés à la noisette et un petit-déjeuner complet, ” ses sourcils tressautent, mais ne devraient pas elle imagine, il n'y a rien de surprenant au fond à ça : August présent là où on ne l'attend pas, toujours en travers de son chemin, sûr de lui comme s'il n'y avait rien d'étrange ou d'inapproprié à ce qu'il s'asseye à la même table qu'elle. Il est son beau-frère ça ne devrait pas être un problème. Il est plus que ça et tout le monde le sait. “ Ils pensent que je suis Erwin, ” fait-il très simplement en guise d'explication, sans que ça ne parvienne vraiment à détendre Crescentia. Son visage se défroisse, mais son regard se refroidit de seconde en seconde. Qu'ils l'aient pris pour Erwin n'explique rien du tout. August a rendu très clair son opinion d'elle comme sa cruauté sans fond, il n'a rien à faire là. Il l'a déjà suffisamment torturée. Pourtant il ne semble pas en penser autant quand il retire tranquillement sa cape et la cale sur le dossier de son siège comme s'il avait toute l'intention du monde de passer une partie de la matinée ici. “ Vous faites chambre à part et ne prenez même pas votre petit-déjeuner ensemble? Cela me semble bien triste. ” Cette fois elle parvient à rester impassible. Elle ne doute pas une seule seconde qu'Erwin ne lui a rien dit, qu'August ne fait que spéculer sur le vide de leur vie conjugale et elle ne compte pas lui faire le plaisir d'avouer qu'il a raison. Ils font chambre à part effectivement, état naturel des choses à son sens à elle, ils n'en ont pas parlé (évidemment) ; elle imagine que vu qu'elle a été teintée par son frère consommer son mariage n'est pas la priorité d'Erwin, quant à elle, Crescentia pourrait redevenir vierge et le rester cette fois que ça la laisserait indifférente. Tout ça ne le regarde pas, rien de ce qui la concerne en réalité ne le regarde plus, il a renoncé à ce droit quand il les a détruit eux et ce qu'ils étaient — sauf qu'ils n'étaient rien, en fait, juste un mensonge. D'un mouvement du menton il désigne le carnet qui traîne encore sur la table et elle sent tous les muscles de son corps se tendre comme la corde d'un arc. “ Du progrès? ” Elle l'a entendue tellement de fois cette question, elle lui a arraché tant de sourires en coin, de regards brillants, ravis de pouvoir partager sa passion avec quelqu'un. Avec lui, surtout. Elle donnerait tout pour pouvoir brûler ses souvenirs aussi sûrement que ces romans niais qu'elle a pu lire un jour et que les lettres qu'ils se sont écrites. Elle donnerait tout pour pouvoir physiquement lui arracher ce petit sourire faussement sympathique de ses lèvres. Elle donnerait tout pour le détruire comme il l'a fait. Crescentia ne comprend sincèrement pas ce qu'il fait là, à insister quand il en a déjà tant fait, quand il n'a littéralement plus rien à lui arracher qu'un peu plus de haine et de rage. Il doit bien avoir mieux à faire que ça. “ Va-t-en. ” ordonne-t-elle finalement presque entre deux rangées de dents serrées. “ Ce que tu penses de ma vie matrimoniale m'indiffère. ” Elle doute qu'il en pense grand chose ceci dit. Il est plutôt évident qu'il ne s'entend pas avec Erwin, quant à elle, elle sait bien maintenant qu'il n'en a jamais rien eu à faire. “ T'as rien à faire là, y a d'autres tables, si tu t'ennuies va jouer avec quelqu'un d'autre, parler à quelqu'un qui en a quelque chose à faire de toi.Toi, elle le tutoie, comme avant. Simple réflexe ou marque consciente de mépris. Un peu des deux, au fond. “ Ce qui me semble triste à moi c'est que tu croies encore que j'en ai quoi que ce soit à foutre de ton opinion. Et puis, ta vie est-elle si peu intéressante en ce moment que le fait que je vienne prendre un café sans mon mari vaut ton attention ?Mon mari, les mots la brûlent presque, ils auraient du être référence à lui, dans quelques mois s'il n'avait pas tout gâché, s'il n'avait pas fait que lui mentir, malgré tout, elle parvient à se montrer presque aussi méprisante qu'elle le voudrait et qu'il le mérite.

August Häring

August Häring
Gouvernement | Einsicht

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MessageSujet: Re: crésus † the winner's curse.   crésus † the winner's curse. EmptyMer 7 Fév - 22:20

Crescentia est sa belle-soeur, elle fait partie de sa famille: ils ne sont pas unis par le sang, mais par l'alliance qui pèse lourdement à son doigt désormais. L'idée l'amuse et le gêne tout à la fois (et réveille en lui une colère qui a été étouffée quand Vladek a retracé, proprement, la rune sur son torse après le mariage d'Erwin et Crescentia, au cas où). August n'aime pas partager et il se demande quand est-ce qu'Erwin cessera de lui voler tout ce qui lui appartient: tout a commencé avec l'attention et l'affection de leur mère, et ça se finit désormais avec Crescentia. Crescentia qui était sa fiancée et quelqu'un qu'il... appréciait, d'une manière étrange. Parce qu'elle était vive et drôle et qu'elle n'hésitait pas une seule seconde à aller contre lui, là où tout le monde semble décidé à le prendre avec des pincettes à chaque instant, par crainte ou par lassitude certainement pour le reste de la famille. “ Du progrès? ” Il aime bien l'écriture élégante et rapide de Crescentia — là où la sienne à lui est presque illisible, pattes de mouche teintées de tâches d'encre maladroites, il ne s'applique que quand le document est officiel, et encore —, il aimait bien lire ses carnets par-dessus son épaule avec un sourire insolent, ou l'écouter parler et regarder son visage pendant qu'elle s'enflammait sur ses théories, ses assemblages de runes, ses idées. August pouvait passer des heures à l'écouter, à échanger des idées avec elle. C'est fini maintenant, mais il ne regrette pas (juste un peu), il ne regrette rien, il n'y a rien à regretter.

Va-t-en. ” Le sourire faussement sympathique d'August devient presque indulgent. Il sait qu'il n'imagine pas tellement la colère dans sa voix, à peine réprimée par ses dents serrées. “ Ce que tu penses de ma vie matrimoniale m'indiffère. ” Mais il n'y pense pas à sa vie matrimoniale (est-ce qu'Erwin l'a touchée? à quoi a-t-elle pensé quand il l'a embrassée devant tout le monde lors de la cérémonie? frissonne-t-elle aussi quand il l'effleure? discute-t-elle avec lui des runes qui les passionnaient tant tous les deux? joue-t-elle aux échecs avec lui), pas du tout, jamais, il s'en fiche, de l'un comme de l'autre, le Dummkopf et la Hure, le simplet et la pute. “ T'as rien à faire là, y a d'autres tables, si tu t'ennuies va jouer avec quelqu'un d'autre, parler à quelqu'un qui en a quelque chose à faire de toi. ” Elle le tutoie — ils ne se sont pas parlés en public depuis leur dernière, et plutôt agréable, rencontre, mais August l'aurait machinalement vouvoyée comme il vouvoie son autre beau-frère. Trace de mépris, et peut-être reliquat de leur ancienne relation où la question s'était à peine posée: ça déclenche deux émotions contraires chez August, entre amusement et colère, il n'aime pas le manque de respect quand il est à son encontre. “ Ce qui me semble triste à moi c'est que tu croies encore que j'en ai quoi que ce soit à foutre de ton opinion. Et puis, ta vie est-elle si peu intéressante en ce moment que le fait que je vienne prendre un café sans mon mari vaut ton attention ?Son mari, les mots sont détestables. August pince un peu des lèvres puis se force à se détendre en sentant sa poitrine le gratter là où la rune est tracée. “ Je ne serai pas long et je peux manger en silence. Ce serait dommage de répandre la rumeur que les nouveaux époux ne s'entendent pas, ” dit-il simplement, avant de s'emparer d'un journal pour l'ouvrir et se mettre à le lire. Il frappe nerveusement la boîte métallique sur la table et finit par l'ouvrir pour glisser une cigarette entre ses lèvres, l'allumant avec une allumette et inspirant profondément la fumée qu'il recrache en direction de Crescentia.

En temps normal il lui proposerait une cigarette — geste devenu rituel entre eux quand ils restaient tard le soir à étudier les notes de Sáenz, à échanger leurs idées, à apprendre à se connaître. Mais ce n'est pas un temps normal, et il pense qu'elle refuserait. Non pas qu'il ait envie de lui faire le moindre cadeau maintenant qu'ils ne sont plus rien d'autre que frère et soeur. “ Tu n'as pas mon attention, ” ajoute-t-il au cas où elle serait en train de se méprendre. “ Je ne fais que dire ce que je vois, ” dit-il en amenant de nouveau sa cigarette à ses lèvres, baissant les yeux vers le journal et bougeant à peine quand on vient lui amener son premier café, n'adressant pas un regard ni un sourire au serveur pourtant bien aimable. Quand Crescentia fait déjà un mouvement pour s'en aller — il ne doute pas qu'elle va lui laisser l'addition à payer —, il relève les yeux vers elle en tournant une page du journal (qui décrit en détails les célébrations qui ont eu lieu partout en Allemagne, et un autre témoignage de l'arrestation de Grindelwald). “ Allons, ” fait-il d'un ton tellement raisonnable et indulgent. “ Ne sois pas lâche, ” continue-t-il en baissant de nouveau les yeux vers le journal, en continuant de fumer, tendant enfin la main pour goûter un peu de son café. “ As-tu entendu parler de ce qui est arrivé à Herr Sáenz?

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Something about him was decidedly wrong. He was like one of those pictures full of small errors, the kind you could only pick out by searching the image from every angle, and even then, a few always slipped by. On the surface, he seemed perfectly normal, but now and then you would catch a crack, a sideways glance, a moment when his face and his words, his look and his meaning, would not line up. It was like watching two people, one hiding in the other’s skin. And their skin was always too dry, on the verge of cracking and showing the color of the thing beneath.
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MessageSujet: Re: crésus † the winner's curse.   crésus † the winner's curse. EmptyLun 12 Fév - 4:26

August pince des lèvres une fraction de seconde seulement, mais ça suffit à satisfaire un peu Crescentia, si elle peut le mettre mal à l'aise, l'agacer, le faire rager un peu elle aussi, elle ne va pas se gêner. Ça ne suffira jamais à lui faire payer ce qu'il lui a fait lui, mais c'est un début. “ Je ne serai pas long et je peux manger en silence. Ce serait dommage de répandre la rumeur que les nouveaux époux ne s'entendent pas, ” Elle le regarde dans le blanc des yeux visiblement peu convaincue, le défiant presque de ne pas se mettre à rire. Les rumeurs ça fait bien longtemps qu'elle a appris à les ignorer, les oublier, rien ne pourra après tout jamais être pire que celles qui ont suivi ce qu'ils ont fait tous les deux. Que les habitants du bourg chuchotent que les époux Häring-Seyfried ne s'entendent pas n'est rien à côté et très franchement le cadet de ses soucis. De toute façon, l'erreur du maître d'hôtel n'est précisément que la sienne, rien ne dit que quelqu'un d'autre dans ce café n'a pas reconnu August pour qui il est vraiment et ces rumeurs-là auraient bien plus tendance à inquiéter Crescentia. August ne rit pourtant pas, faussement sérieux, s'empare plutôt d'un des nombreux journaux pour le lire comme si de rien n'était avant de sortir et d'allumer une cigarette. L'odeur nauséabonde tord son ventre de besoin ; elle fume toujours depuis que leurs fiançailles ont été rompues, mais moins comme si elle tenait véritablement à effacer chaque vestige de la relation qu'elle a pu avoir avec August. Pourtant elle n'a jamais eu plus besoin de nicotine que précisément depuis qu'on l'a surprise au lit avec lui et que sa vie s'est effritée aussi sûrement que les cendres de ses cigarettes post-sessions nocturnes d'étude des runes avec lui. “ Allons si une rumeur pouvait éclipser celles qui se répandent déjà à mon sujet, ça se saurait. ” Et surtout probablement que dans son désespoir elle aurait déjà essayer de la provoquer elle-même pour qu'on arrête de parler de ça. De eux.

Tu n'as pas mon attention, ” Les sourcils de Crescentia tressautent ; pourquoi lui parle-t-il, alors ? “ Je ne fais que dire ce que je vois, ” Elle hausse une épaule indifférente : tout ce qu'il voit c'est elle qui prend son café seul, il ne sait pas si c'est une habitude, il ne sait pas comment ils vivent, s'ils communiquent, s'ils s'entendent bien, s'ils se touchent. Il ne sait rien et Crescentia n'a aucunement l'intention d'y changer quoi que ce soit, de lui donner le moindre os à rogner. De toute façon, déjà il ne la regarde plus rend son attention à son journal, n'adresse pas même un regard au serveur quand il lui apporte son café. Crescentia l'observe un moment, comme si elle espérait encore le voir craquer, mais puisqu'il est si bien installé, elle finit par comprendre le message. Autrefois elle aurait probablement insisté, pour le jeu d'abord feignant l'agacement plus qu'elle ne le ressentait vraiment avec lui, mais aussi parce que quand bien même il l'agacerait sincèrement elle n'aurait jamais voulu perdre devant lui. Aujourd'hui, l'important pour elle est de passer le moins de temps en sa compagnie même silencieuse, de ne plus lui offrir ni le moindre regard ni rien du tout. Et si ça veut dire qu'elle-même doit écourter sa matinée au café, soit. Sans un mot donc elle range son carnet dans son sac et s'apprête à se lever.  “ Allons, ” se réveille-t-il enfin en relevant le regard vers elle. Il la fatigue tellement ; elle n'est même pas surprise qu'il insiste pour la faire rester, en dépit de sa soit-disant bonne excuse pour s'être assis à sa table, elle sait pertinemment qu'il faut tout ça pour la faire sortir de ses gonds. Sa colère et sa haine, il semble s'en nourrir.

Monstre. “ Ne sois pas lâche, ” Et il est doué, visiblement les heures passés ensemble à parler runes ou à s'embrasser ou à se chamailler ont payé, il la connaît un peu (trop bien), il sait que s'en prendre sa fierté est un bon moyen de tirer une réaction d'elle. Sous la table Crescentia serre un peu les poings, mais son visage lui ne tressaute pas. Finalement elle détend ses doigts et les pose sur la table, pour repousser sa chaise et se lever pour partir sans lui faire le plaisir de répondre à sa provocation quand bien même ça lui coûte. “ As-tu entendu parler de ce qui est arrivé à Herr Sáenz? ” Ça, ça l'arrête en revanche. Son regard céruléen se pose sur lui qui fait mine de l'ignorer, regardant toujours les lignes noires de son journal. Crescentia en a entendu parler bien entendu, elle l'a même un peu pleuré en secret son maître des runes, et August doit bien s'en douter. Herr Sáenz était proche de son père qui plus est, évidemment qu'elle a été mise au courant. Elle s'admet surprise qu'il en parle, aussi nonchalamment surtout et puis de façon si aléatoire. Ça n'a rien avoir avec quoi que ce soit, mais c'est un sujet qui la touche. Le visage de August est neutre, mais Crescentia n'est pas dupe. “ Que sais-tu ? ” Sa curiosité a raison du reste, pour quelques minutes au moins. D'un autre elle ne douterait peut-être pas de l'innocence de la question, mais rien qui sort jamais de la bouche d'August n'est véritablement anodin, du moins elle ne croit pas. Sans aucun doute qu'il le fait exprès pour la faire rester, elle peut tout à fait l'imaginer prêt à faire semblant d'avoir des détails sur la mort de leur ancien mentor, mais elle peut aussi l'imaginer en avoir. Il doit en avoir même et c'est justement la neutralité de son ton qui rend le tout suspicieux : c'est en Égypte qu'Herr Sáenz a disparu lors d'un voyage entrepris avec August justement. “ Tu étais avec lui. ” Son ton est empli de reproches comme si par sa simple présence sur les lieux (ou en tous cas dans le même pays) August était responsable. Sauf que Crescentia réalise avec horreur que, ça ne l'étonnerait pas tellement, justement, qu'il le soit.

August Häring

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MessageSujet: Re: crésus † the winner's curse.   crésus † the winner's curse. EmptyLun 12 Fév - 18:17

Herr Sáenz, August l'aimait bien. Il était intelligent et charmant et drôle. Au début, sa mère ne voulait pas qu'August apprenne auprès de cet étranger qu'elle ne connaissait ni d'Ève ni d'Adam: mais très vite elle s'était réchauffée à son contact, s'était mise à rire de ses traits d'esprit et à répondre à ses sourires. Elle l'aimait bien et elle a presque été plus choquée que lui-même en apprenant sa mort. Son père aussi l'aimait bien, malgré sa jalousie que Sáenz soit encore sous la tutelle du Collegium. August lui a dit qu'il l'avait tué et il a hoché la tête. Ce qu'August ne lui a pas dit, c'est que sa main n'a pas cessé de trembler alors qu'il s'est tiré de l'hôpital moldu, qu'il avait du mal à respirer et que les yeux vitreux de son ancien professeur l'a hanté pendant des jours et des nuits, même après qu'il transformé le corps en cendres. Il ne lui a pas dit, bien entendu, que ça l'a choqué de tuer quelqu'un directement pour la première fois. De sa propre baguette. Crescentia, quant à elle, il sait qu'elle l'aimait particulièrement bien. Et que lui aussi l'aimait en retour, plus qu'il n'appréciait August. Il se souvient encore de leur première rencontre, de la jalousie que la rune a à peine réussi à contenir. Au moins, la mention de leur ancien professeur l'arrête dans son mouvement et il sent ses yeux bleus tomber sur lui. August doit réprimer un sourire satisfait, les yeux rivés sur le journal dont il ne lit plus les mots. Un autre article sur Grindewald, sans surprise.

Que sais-tu ? ” Les yeux indolents d'August se relèvent sur elle, la jaugent, indéchiffrables mais intenses. Pesants. “ Tu étais avec lui. ” Il y a du reproche dans sa voix, il se demande si elle se doute qu'il était derrière la mort de leur cher professeur. Il lui désigne la chaise qu'elle vient de quitter d'un mouvement de main, avant de reposer son journal pour tremper les lèvres dans son café. Il est un peu trop sucré à son goût, mais le goût du café le rassérène un peu, tout comme la chaleur qui s'écoule dans sa gorge. Ça ouvre aussi son appétit, il espère que la nourriture ne va pas tarder. Il attend que Crescentia soit installée avant de ramener sa cigarette à ses lèvres et de parler: “ c'est une tragédie, ” dit-il du ton le plus morne et indifférent de tous les temps. Pas besoin de s'attarder pour voir que Crescentia n'est pas dupe, mais il semble poli de parler ainsi de la mort de leur précieux professeur. “ Crois-le ou non, j'ai été très... triste. ” Il a l'air de douter du mot, comme si il n'était pas trop sûr de ce que ça voulait dire. Il comprend le sentiment, à défaut de réellement le ressentir, et il sait formellement que les gens sont tristes quand ils perdent quelqu'un qui leur est cher. “ Et contrarié d'avoir à rentrer si tôt de mon voyage. ” Ça au moins c'est vrai: il aurait dû rester quelques jours de plus mais a pris un Portoloin d'urgence pour rentrer à Vienne, puis à Berlin, puis à Bremen, encore tellement faible des effets de la malédiction. En chemin, il a aussi dû s'occuper du commissaire d'exposition du musée du Caire. Le pauvre homme a dû se réveiller à des kilomètres de chez lui sans savoir où il était ou qui il était après le sortilège de Confusion qu'il lui a jeté. Peut-être que lui aussi, August aurait dû le tuer. C'est ce que lui a dit son père.

Je suis désolé que tu aies du l'apprendre à distance. ” Il ne lui a pas communiqué la nouvelle de lui-même — après tout, il avait la formelle interdiction de communiquer avec elle tout court jusqu'au mariage: autant dire que sa famille était contente qu'il s'en aille en voyage sans faire de vagues. Il a juste reporté la nouvelle au Collegium qui l'a publié dans les nécrologies de sa revue hebdomadaire envoyée aux runistes des quatre coins de l'Allemagne. “ Il aurait aimé te voir heureuse en mariage, ” rajoute-t-il, vicieux. Herr Sáenz, un peu comme tout le monde, était ravi de voir August et Crescentia être fiancés et être si proches à travailler ensemble. Vous allez être une belle et forte famille, disait-il en riant. “ J'ai récupéré son carnet. Je n'ai pas pu me résoudre à le donner au Collegium, ” admet-il ensuite, faussement piteux. “ Aimerais-tu le voir? L'avoir?

- ♦ -

VICIOUS
Something about him was decidedly wrong. He was like one of those pictures full of small errors, the kind you could only pick out by searching the image from every angle, and even then, a few always slipped by. On the surface, he seemed perfectly normal, but now and then you would catch a crack, a sideways glance, a moment when his face and his words, his look and his meaning, would not line up. It was like watching two people, one hiding in the other’s skin. And their skin was always too dry, on the verge of cracking and showing the color of the thing beneath.
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MessageSujet: Re: crésus † the winner's curse.   crésus † the winner's curse. EmptyMar 13 Fév - 5:47

Le petit geste qu'esquisse August est non-équivoque ; qu'elle se rasseye si elle veut entendre la réponse à sa question. Crescentia peut bien croire que c'est précisément ce qu'il cherchait en mentionnant leur ancien tuteur, la faire rester et peut-être que ça s'avèrera être une perte de temps, peut-être pas. À regret elle se réinstalle, ses yeux glacés accrochés aux traits d'August, ils attendent, impatients, agacés de le voir prendre une bouffée de sa cigarette avant de dénier lui offrir ce qu'elle désire.  “ c'est une tragédie, ” ou pas. Ses sourcils se froncent, il y a quelque chose fondamentalement mauvais, dans le ton morne qu'il utilise, rendant problématique ce qui n'est pourtant rien de plus qu'une platitude. Pour elle c'est le cas, c'est une tragédie, lui, il a l'air de trouver la chose profondément ennuyante. Rien d'étonnant elle imagine, Crescentia a eu tout le loisir de se demander ces dernières semaines si August était même pourvu d'un cœur. La sympathie n'est pas quelque chose qu'il connaît, elle se demande s'il est capable de ressentir quoi que ce soit qui ne soit pas de la colère ou de la haine ou du mépris.  “ Crois-le ou non, j'ai été très... triste. ”  Elle n'est pas certaine de savoir ce qu'il cherche à accomplir. S'il essaye sincèrement de sonner normal et échoue misérablement ou si c'est pour lui un jeu de montrer à quel point il n'est pas triste précisément, le mot prononcé comme une curiosité. Comme quelque chose dont on a entendu parler mais qu'on ne connaît pas personnellement. Impossible, bien entendu. Il doit le faire exprès. “ Et contrarié d'avoir à rentrer si tôt de mon voyage. ” Bizarrement elle le croit un peu plus aisément et fronce un peu le visage son regard se refroidissant d'instant en instant. Autant qu'elle aime recevoir la confirmation de son absolue monstruosité — histoire de se réconforter un peu, en se disant qu'elle lui a échappé au moins — ce n'est pas pour ça qu'elle accepté de reprendre sa place en face de lui et ses doigts sur la table tapotant un rythme frénétique vont aussi crescendo que son impatience.

Je suis désolé que tu aies du l'apprendre à distance. ” Elle roule des yeux malgré elle, malgré le refus de lui laisser tirer quoi que ce soit d'elle, elle roule des yeux, une seconde nature pour elle devant lui, l'agacement n'a pas toujours été totalement sincère toutefois, c'est encore ça le pire. Elle préfère largement ne pas l'avoir appris de sa bouche à lui de toute façon, qu'il ne voit pas sa réaction, sa tristesse, son envie de pleurer. “ Il aurait aimé te voir heureuse en mariage, ” ses dents s'entrechoquent quand sa mâchoire se resserre violemment, elle sent la colère monter, monter, mais c'est ce qu'il cherche, c'est précisément ce qu'il cherche, il la voit comme une distraction comme un jouet qu'il a déjà abimé mais qu'il peut encore torturer un peu. Il doit s'ennuyer terriblement pour en venir à ça. Pathétique. (Elle préfère penser, ça elle préfère le prendre en pitié, elle préfère ne pas le laisser gagner). Le pire, le pire c'est que peu importe le ton vicieux, il a raison. Herr Sáenz l'aimait bien et elle le sait et il pensait qu'elle serait heureuse dans son mariage, celui avec August, bien sûr, quand il était le mieux placé pour savoir (croire : rien a jamais été vrai) qu'ils s'entendaient bien, un de ceux qui croyaient que ça pouvait marcher entre eux. “ J'ai récupéré son carnet. Je n'ai pas pu me résoudre à le donner au Collegium, ” Elle desserre un peu les dents, cesse brusquement de pianoter sur la table. Il en avait des tas des carnets, leur tuteur, mais elle sait duquel il parle, celui qui était tout le temps dans la poche intérieure de ses vestes, celui dans lequel il prenait des notes passionnantes du des secrets bien cachés et puis, aussi, sur eux, le futur des Runes, ses apprentis. Elle se demande s'il l'a lu. Elle se demande s'il a ragé devant les notes que leur tuteur a pris sur elle. “ Aimerais-tu le voir? L'avoir? ” Oui. Mille fois oui. Oui, c'est comme une faim qui se réveille brutalement dans son estomac, ça lui brûle un peu les veines, l'envie d'avoir ce carnet entre les mains, renfermant plus de mystères qu'elle n'en découvrira jamais. Et ça ne serait que justice d'ailleurs, parce qu'elle pense qu'il la préférait à August, Herr Sáenz. Mais elle ne touche plus aux runes, ça sert à rien dirait son père si c'est pas pour être utile à Heimdall et puis, et puis ça lui fait peur, cette faim cette envie, d'apprendre plus puissante encore que toutes les précédentes et Dieu sait qu'elle en a connu des soifs de connaissance avant ça, avant les runes. “ Non. ” mais tout son cœur dit oui et elle ne le supporte pas alors elle retire ses doigts de par-dessus la nappe et balaye plutôt les airs du dos de la main. “ Ce n'est pas la question que je t'ai posée August.” Ses doigts retombent sur ses genoux, se referment en poing aux phalanges trop blanches. “ Dois-je comprendre que tu étais trop occupé à panser tes misérables coups de soleil pour savoir ce qui est arrivé à ton propre tuteur ?” Le dédain lui vient facilement devant lui, chose nouvelle, presque agréable, rassurante en tous cas, elle prend ça pour un signe que son cœur a enfin compris ce que son cerveau s'évertue à lui répéter. Elle aussi, a un peu appris à le connaître avec les années et même si beaucoup de choses n'ont visiblement été que des mensonges, elle pense que certaines choses restent vraie. La fierté d'August notamment. “ Que sais-tu ? ” répète-t-elle et une part d'elle qu'elle déteste et met aussitôt en sourdine espère presque qu'il puisse sincèrement lui répondre rien, qu'il ne sache rien, qu'il ne soit responsable de rien.  “ Outre le fait que c'était gênant pour toi d'avoir à écourter ton petit voyage. ” sa voix dégouline de moquerie.

August Häring

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MessageSujet: Re: crésus † the winner's curse.   crésus † the winner's curse. EmptyJeu 15 Fév - 22:08

Non. ” Bien malgré lui, August ne peut pas s'empêcher d'exprimer de la surprise, un sourcil venant former une courbe parfaite au-dessus d'un oeil sombre, qui n'a pas lâché le bleu du regard de Crescentia. Toujours insatiable, toujours curieuse, toujours trop vive. Il était presque... satisfait d'elle, que cette femme intelligent et vive soit sa fiancée, sa future femme, à un moment. Qu'ils auraient au moins quelque chose en commun, une passion à partager, contrairement à ses propres parents qui pourraient tout aussi bien être des étrangers l'un pour l'autre malgré presque trois décennies de mariage. Au moins ils auraient partagé ça, ces désirs et ces rêves d'être les meilleurs dans le même domaine, vouloir tout explorer, tout savoir, tout créer à l'aide des runes. Ils auraient peut-être voyagé le monde — si il n'y était pas allé avec leur maître, il aurait aimé découvrir le Caire avec Crescentia —, fait leurs affaires ailleurs, auraient découvert mille et unes choses ensemble ou séparément. Il aurait bien aimé ça, il pense. Une camaraderie, de l'affection, quelque chose comme de la complicité — c'est ce qu'il lui a avoué vouloir d'un mariage, lors de l'un de leurs premiers rendez-vous. Aujourd'hui tout est différent, bien entendu, mais il aurait pu croire qu'il la connaissait mieux que ça. Il aurait pu parier qu'elle n'aurait pas refuser de prendre le carnet de leur maître, surtout ainsi offert de manière gratuite. Elle sait bien qu'August fait rarement des cadeaux sans contrepartie. Elle balaye l'air comme pour chasser une mouche. “ Ce n'est pas la question que je t'ai posée August.

Il soupire lourdement, las soudainement de la conversation, préférant se cacher derrière un nuage de fumée pour ne pas qu'elle puisse voir son exaspération. Crescentia n'aimait pas quand il jouait et se moquait des autres, elle ne semble pas apprécier être la victime de ce genre d'attentions désormais. “ Dois-je comprendre que tu étais trop occupé à panser tes misérables coups de soleil pour savoir ce qui est arrivé à ton propre tuteur ? ” Il pince des lèvres malgré lui, le mépris suintant de manière désagréable dans sa voix. Il a effectivement attrapé une quantité plutôt impressionnante de coups de soleil (il n'en avait jamais eu avant ça et découvrir la douleur et puis surtout, voir sa peau s'effriter sous ses propres yeux, a été absolument horrible) mais il pense qu'il en aurait été de même pour elle, de quoi parle-t-elle? Mais ce qui le titille le plus c'est qu'elle ose insinuer qu'il ne saurait pas, quand bien même il n'en aurait pas été l'exécuteur, la raison de la mort de leur tuteur. Ça l'énerve, elle le prend pour un imbécile et juste pour ça, il pourrait rire et lui dire qu'il est le meurtrier, l'a tué sans hésitation (mais avec quelques regrets par la suite), de sa propre baguette. Il n'aime pas son choix de mot sinon plus. Misérables. Pauvre idiote. Juste comme ça, August se souvient pourquoi c'était une bonne idée de briser leurs fiançailles, de la souiller et de décider pour eux deux qu'il valait mieux qu'ils ne se revoient, ou ne se reparlent, jamais. Elle est insupportable.

Et elle le connaît trop. “ Que sais-tu ? ” Il appréciait beaucoup sa franchise, sa manière de parler sans hypocrisie et d'être directe, tout le temps, surtout avec lui et même quand ça le contrariait. Maintenant ça l'exaspère plus que tout.  “ Outre le fait que c'était gênant pour toi d'avoir à écourter ton petit voyage. ” Il se demande si elle est jalouse, si elle aurait aimé être invitée elle aussi, avoir des coups de soleil et se plaindre de la chaleur à toute heure de la journée avec lui. Si elle aurait aimé partager une dernière cigarette, adossée à côté de lui sur le balcon de leur minuscule chambre d'hôtel, se faire réveiller aux aurores par l'appel du muezzin, se moquer gentiment de son nez rouge et de l'ombre de sa barbe. Il aurait personnellement détesté, décrète-t-il après se l'être maintes fois imaginé. “  Je sais qu'il est mort, ” dit-il plutôt simplement. Il aimerait bien avoir le carnet avec lui mais il l'a laissé dans sa chambre. “ Je sais que son corps n'a pas été retrouvé. Mais je sais aussi que le commissaire d'exposition qu'il connaissait, son ami, est porté disparu depuis. Il est parti un jour et n'est pas revenu. ” Il s'interrompt quand on vient lui apporter son déjeuner et son regard se met à briller alors qu'il glisse sa serviette dans le col de sa chemise en s'emparant de ses couverts avec un air impatient. Le serveur fait silencieusement apparaître un cendrier pour sa cigarette qui jusque là consumait sa cendre directement sur le tapis de la nappe, y ayant déjà creusé un petit trou.

August se met à dévorer la nourriture, rapidement et efficacement, avec grand entrain. “ Je sais que certains documents étaient maudits, ” fait-il, la bouche pleine, sans regarder Crescentia. “ Et que l'un d'entre eux a manqué de me tuer. Mais nous pouvons remercier Hludana que je sois encore en vie, n'est-ce pas? ” Il ne doute pas qu'elle aurait préféré entendre sa mort dans ces terres inconnues qu'autre chose. Mais peu importe. “ Ce que je sais et qui est sûr, en revanche, c'est que son carnet contient un brouillon de son héritage, et ses espoirs pour les runistes de demain. ” Eux, donc. August ne détache pas son regard de son assiette, mangeant gaiement et se nourrissant presque tout autant du yeux céruléen de Crescentia posé sur lui, il le sent presque peser sur son visage. “ Comme tu le sais, il n'avait pas d'enfants, et nous considérait comme tels.

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VICIOUS
Something about him was decidedly wrong. He was like one of those pictures full of small errors, the kind you could only pick out by searching the image from every angle, and even then, a few always slipped by. On the surface, he seemed perfectly normal, but now and then you would catch a crack, a sideways glance, a moment when his face and his words, his look and his meaning, would not line up. It was like watching two people, one hiding in the other’s skin. And their skin was always too dry, on the verge of cracking and showing the color of the thing beneath.
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MessageSujet: Re: crésus † the winner's curse.   crésus † the winner's curse. EmptyMer 28 Fév - 9:29

 Crescentia n’est pas jalouse, même pas un peu, de ne pas avoir été invitée au voyage en Égypte. Non, vraiment. Ce n’est pas comme si elle lisait mieux l’arabe qu’August, ou avait appris à en comprendre quelques mots de plus que lui, ou était de manière générale plus méritante et douée dans leur discipline commune. Elle n’est pas jalouse ou vexée d’avoir été évincée par leur tuteur qui pourtant semblait véritablement l’apprécier. C’est juste…qu’elle regrette de pas avoir pu profiter de son savoir une dernière fois et…Et puis, si, elle est totalement jalouse en fait, de la liberté d’August au quotidien et du fait que personne ne l’embête trop lui à cause de ce qu’ils ont fait à deux, alors que précisément ils étaient deux dans ce lit et qu’à vrai dire il a tout fait exprès, tout manigancé même, pour se débarrasser d’elle. Son plan a juste marché à la perfection et c’est elle qui s’est tout pris à la figure et c’est un peu de la faute des Seyfried aussi si elle est malheureuse, mais surtout de la sienne à lui. Elle lui envie tellement sa liberté, mais, surtout, elle le hait de toute son âme alors elle préfère encore crever plutôt que d’admettre qu’elle le jalouse pour quoi que ce soit. “  Je sais qu'il est mort, ” Sa patience déjà fine ne tient plus qu’à un fil, elle aimerait pouvoir le secouer comme un prunier pour lui faire avouer ce qu’il sait, si tant est qu’il sache quoi que ce soit et en finir avec cette matinée désagréable au possible. “ Je sais que son corps n'a pas été retrouvé. Mais je sais aussi que le commissaire d'exposition qu'il connaissait, son ami, est porté disparu depuis. Il est parti un jour et n'est pas revenu. ” Elle fronce un peu les sourcils sans véritablement comprendre où il veut en venir avec son histoire de commissaire d’exposition qui n’est personne ni pour elle ni pour lui et n’a, à sa connaissance, rien avoir avec ce qu’elle lui a demandé. Elle pense d’abord à une autre tentative de sa part de gagner du temps et de lui faire perdre le sien, mais bien vite lui vient un autre soupçon d’idée. August ne dit jamais rien tout à fait par hasard — sauf pour l’agacer avec des informations non pertinentes — et il ne lui semblerait pas impossible qu’il essaye de sous-entendre autre chose ; que la disparition de l’ami de leur tuteur soit liée à la mort de ce dernier, ou plus concrètement qu’il est mort lui aussi et qu’il en sait pas mal sur leurs deux cas. Reste à savoir combien exactement. Inutile de masquer sa curiosité à ce stade, mais l’agacement reste omniprésent sur son visage aux traits toujours aussi froncés, alors qu’August indifférent, attaque la nourriture servie avec un enthousiasme qui ne fait que lui faire un peu plus perdre patience. Elle est à deux doigts d’exploser et, puisqu’ils sont en public et qu’elle ne peut physiquement rien lui faire (malgré le fait que ça la démange terriblement), de simplement le laisser en plan à leur table, mais chaque fois qu’elle y songe et que ses muscles se tendent pour la faire se lever quelque chose la retient : le besoin irrépressible de savoir.

Je sais que certains documents étaient maudits, ” Il parle la bouche pleine et elle lui adresse un regard encore un peu plus noir que d’ordinaire, fait en soi plutôt remarquable. Dommage qu’il ne le voie même pas. “ Et que l'un d'entre eux a manqué de me tuer. Mais nous pouvons remercier Hludana que je sois encore en vie, n'est-ce pas? ” Quelque chose s’étrangle dans sa gorge entre un toussotement sarcastique et un rire sans joie, elle ne fera pas l’effort de prétendre être contente de le voir lui en vie plutôt que Herr Sáenz, ça serait bien inutile, elle ne doute pas qu’August sait toute l’ampleur de la haine qu’elle lui voue. “ Ce que je sais et qui est sûr, en revanche, c'est que son carnet contient un brouillon de son héritage, et ses espoirs pour les runistes de demain. ” Les traits s’affaissent un peu plus, et sa lèvre inférieure est prise d’assaut par une rangée de dents anxieuses de l’empêcher de s’exprimer trop vite, de montrer tout son enthousiasme et son besoin de savoir ce qu’il y a d’écrit à son sujet. C’est maladif, ça fait trois ans déjà qu’elle a quitté Durmstrang et elle n’a pas assez changé pour ne pas désespérément vouloir savoir que ce son professeur pense d’elle. Elle est sûre que son évaluation est meilleure que celle d’August, forcément, elle doit l’être, même si c’est lui qu’il a emmené en Égypte avec lui. Ça devait juste être qu’August est officiellement runiste certifié et pas elle, ou peut-être qu’il aurait voulu le lui proposer mais que ses parents qui l’ont mise à l’arrêt ont dit non sans même que l'invitation ne lui parvienne, ou peut-être qu’il était déçu d’elle et de ses mœurs lui aussi, mais pas de son travail, jamais. Peut-être qu’August ment, peut-être qu’il n’y a rien dans son carnet et qu’il essaye juste de la piéger, de la torturer un peu plus longtemps, mais peut-être pas et c’est sa plus grande faiblesse, ce besoin d’être reconnue pour son intelligence. Il la connaît trop. Hludana qu’elle le hait. “ Comme tu le sais, il n'avait pas d'enfants, et nous considérait comme tels. ” Elle ose espérer pour lui qu’August se trompe, parce que ça serait bien triste pour son pauvre tuteur, qu’il ait vu ceux qu’il considère comme ses enfants se déchirer comme ça, et son fils devenir (ou peut-être l’a-t-il toujours été) un monstre. Elle espère pour lui qu’il n’était pas trop attaché à August parce que ça ne peut qu’être une erreur, que son terrible soupçon soit fondé ou non. “ Je suppose donc que ça veux dire que tu as tout lu ? Je te demanderais bien de me décrire rapidement ce qu’il a dit à mon sujet, mais je ne te ferais pas confiance pour dire la vérité de même que si j’avais le carnet dans les mains après qu’il ait été en ta possession, elle ponctue son emphase d’une grimace exagérée   j’aurais du mal à m’y fier.” Elle ne doute pas un instant que, de même qu’il est capable d’inventer la simple présence de quoi que ce soit à leur sujet dans le carnet de leur maître, il est capable de rajouter quelques paragraphes lui-même ou de falsifier une véritable évaluation si elle existe. Crescentia ne pourra jamais plus rien croire qui vienne d’August, il noircit et gâche tout ce qui lui passe entre les mains. Monstre.

Je ne peux même pas dire que je suis sûre que t’inventes pas le fait que t’as récupéré le carnet. Tu t’es révélé être un sacré bon acteur après tout. J’suis sûre que tu pourrais faire un malheur aux cirques ou cabarets, non vraiment je t’assure, tu devrais en prendre note maintenant que ta fin de vie n’est plus assurée par la régence d’un bourg. ” Y a comme un sourire ridiculement poIi sur ses lèvres. August est maître des runes toutefois, il a une vraie carrière — autre chose qu’elle lui envie — mais peu importe, Cress peut quand même lui rappeler que lui aussi a perdu quelque chose avec leurs frasques même si, elle croit savoir que ce n’est pas quelque chose auquel il tenait particulièrement (au fond, elle ne sait plus rien de lui, elle n’exclue certainement pas le fait que tout ce qu’il lui a dit et tout ce qu’elle a deviné de lui était un mensonge). “ Bref, ce n’est pas que cette conversation m’ennuie, mais je t’ai posé une question et même si tu as fait un très beau travail pour tenter de l’éluder il serait temps que tu me répondes. Sais-tu comment Herr Sáenz est mort, oui ou non ?” Elle l’observe un instant, et quelque chose s’affole et se déchire un peu en elle, comme une dernière couche de…quelque chose d’important comme de la confiance ou de l’affection ou toutes ces choses qu’elle refuse d’admettre avoir éprouvé pour lui, qui s’effrite douloureusement et ça se voit dans ses yeux qui laissent passer autre chose que de la haine comme du désespoir quand elle demande un peu plus bas :  “ Y es-tu pour quelque chose ? ”  Et même Crescentia ne sait pas quelle réponse elle aimerait entendre, assurance qu’il n’est pas aussi terrible que ça, qu’elle n’a pas été trop aveugle, qu’il n’est pas pourri jusqu’à la moelle ou au contraire confirmation qu’il n’y a rien de bon en lui et que, si malheureuse qu’elle est, elle a définitivement été sauvée.

August Häring

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MessageSujet: Re: crésus † the winner's curse.   crésus † the winner's curse. EmptyMer 28 Fév - 23:39

August continue de manger, sans la regarder et en faisant bien attention de prendre les bouchées les plus conséquentes qui soit: à le voir dévorer le contenu de son assiette, on pourrait presque penser qu’il a un jour manqué de nourriture, a un jour dû se priver et a compris la vraie valeur de la chose. Ça n’a jamais été le cas, il a toujours été un sacré glouton incapable de s’arrêter une fois posé devant son repas. Ça ne change pas beaucoup des premiers repas qu’ils ont partagé, August restant résolument silencieux alors que Sáenz faisait la conversation pour trois. Bizarre de se dire que parfois, son ancien tuteur lui manque. Entre deux bouchées de jambon, August grimace en se grattant machinalement le torse où la rune s’éveille, s’échauffe, le geste instinctif et pas du tout calculé, le visage tordu d’une expression un peu douloureuse. “ Je suppose donc que ça veux dire que tu as tout lu ? ” August hausse nonchalamment les épaules, bien entendu qu’il a tout lu. August est curieux et même si ça n’a rien à voir avec la curiosité maladive et obsessionnelle de Crescentia, lui aussi a du mal à ne pas ouvrir une porte scellée ou un carnet dont il n’a pu qu’admirer la couverture pendant des années. “ Je te demanderais bien de me décrire rapidement ce qu’il a dit à mon sujet, mais je ne te ferais pas confiance pour dire la vérité de même que si j’avais le carnet dans les mains après qu’il ait été en ta possession, j’aurais du mal à m’y fier. ” Il doit réprimer un léger sourire et se contente, toujours sans la regarder en continuant de manger, d’hausser de nouveau les épaules. Il n’a rien modifié dans le carnet, pour l’instant du moins, mais elle a bien raison de ne pas lui faire confiance parce que l’idée se serait sans doute imposée à lui. Surtout après avoir lu les éloges de Sáenz à son égard, là où il n’exprimait que de la déception pour lui… August fait la moue en continuant de manger, une pensée invasive venant assombrir son humeur. C’était moi le plus fort, c’est moi qui l’ai tué.

Cette pensée lui fait un peu peur. Il gigote sur son siège, la rune lui fait mal.

À choisir, il aurait effacé toute mention de Crescentia du carnet avant de le lui donner. Plus que la critique, elle n’aurait pas supporté d’être ignorée. Mais il sait maintenant qu’elle n’acceptera pas le moindre cadeau de sa part alors elle n’aura qu’à ronger le frein de sa curiosité en attendant. Son insatiable curiosité qui fascinait tellement August, avant. “ Je ne peux même pas dire que je suis sûre que t’inventes pas le fait que t’as récupéré le carnet. Tu t’es révélé être un sacré bon acteur après tout. J’suis sûre que tu pourrais faire un malheur aux cirques ou cabarets, non vraiment je t’assure, tu devrais en prendre note maintenant que ta fin de vie n’est plus assurée par la régence d’un bourg. ” Les yeux d’August se relèvent vers elle. La régence de Bremen ne l’intéresse pas — plus. Ce qu’il voulait… ce qu’il voulait, c’était l’attention d’Hildegarde. Ce qu’il voulait à un moment aussi, c’était Crescentia. Il a du mal à se l’avouer mais ce n’est pas moins vrai: à un moment, il la voulait, parce que la perspective de passer sa vie à ses côtés ne semblait pas terrible, même à la tête du bourg. Mais il a vite compris qu’être Burggraf l’empêcherait d’être le runiste qu’il voulait, devait devenir — tout comme elle aurait été fini par être un frein, pétrie d’idéaux comme elle l’était. Comme elle l’est. Il espère qu’il a gâché un peu de ses illusions. En revanche, si elle pense que ça le heurte de ne plus être l’héritier de Bremen, alors elle a mal lu la situation. Trop étroite d’esprit. Il avait bien vu, elle n’aurait fait que le freiner. Sa rune lui fait si mal. Il l’ignore. “ Bref, ce n’est pas que cette conversation m’ennuie, mais je t’ai posé une question et même si tu as fait un très beau travail pour tenter de l’éluder il serait temps que tu me répondes. Sais-tu comment Herr Sáenz est mort, oui ou non ? ” Il soutient son regard, surpris mais plutôt agréablement, qu’elle pose la question si directement. Il ne peut pas lui dire, ce n’est pas une option, et il laisse le silence planer dans le doute; et puis il lit quelque chose sur son visage, quelque chose qu’il ne comprend pas.

Un moment de vulnérabilité. Aussi fragile qu’une bougie en pleine tempête. Crescentia est plutôt forte pour maîtriser ces émotions et là, pendant un instant, elle n’y parvient pas. “ Y es-tu pour quelque chose ? ” Elle serait déçue si il l’était, comprend-t-il. Il l’est, bien entendu, mais elle ne le saura jamais. August se demande si son opinion de lui lui importe, avant de se rappeler que ça fait bien longtemps qu’il a tiré un trait dessus, depuis qu’elle a compris la machination dans laquelle il l’a attirée sans lui laisser le choix. “ Tu penses que je te le dirais? ” lui répond-t-il très simplement en haussant les sourcils. “ Si tu n’essaies pas par tous les moyens d’avoir la réponse et dois te résoudre à me la demander aussi simplement, alors j’imagine que tu ne cherches pas réellement réponse à ta question. ” Il secoue la tête, presque déçu, en retournant à l’avalage obsessionnel de son petit-déjeuner. August a toujours faim. Même quand il n’a pas faim, il a faim. Il aime bien manger, même l’acte de manger il apprécie, bizarrement. Il n’aimait pas partager ses sandwiches avec Crescentia, mais il aimait bien le fait qu’elle ne parlait pas non plus pendant leurs pauses déjeuner. Ils pouvaient juste fumer et grignoter et continuer à travailler d’une main en se jetant des regards complices. August plisse des yeux, il a l’impression que sa poitrine s’ouvre en deux au niveau de la rune et doit faire appel à toute sa maîtrise de lui-même pour ne pas venir gratter la peau à travers les vêtements. “ Tu penses bien que les autorités égyptiennes ne m’auraient pas laissé repartir s’ils m’avaient soupçonné. Sorcières et moldues. ”Ça a été un peu compliqué, surtout avec son arabe parlé maladroit et leur allemand inexistant. “ Ils pensent que c’est l’employé du musée qui l’a fait, mais ils ignorent pourquoi et comment. Comme je te l’ai dis, ils ne l’ont pas retrouvé. ” Il s’essuie le coin de la bouche sur un triangle de serviette, récupère sa cigarette pour en inhaler frénétiquement quelques bouffées. “ Quand je suis rentré à l’hôtel, toutes ses affaires étaient là, mais pas lui et après examen de sa baguette, il s’est avéré que le dernier sortilège lancé était un sortilège de Duels. Peut-être est-il encore vivant mais j’en doute, il ne serait pas parti sans ses affaires, et encore moins sa baguette. ” Il souffle sa fumée au visage de Crescentia, comme si de rien n’était et comme si le geste n’était pas malintentionné. “ Mais après tout, si tu ne ferais pas confiance au carnet après qu’il soit passé entre mes mains, pourquoi croirais-tu mes mots? ” Il sourit, un mince sourire qui n’a rien de sincère et tout de moqueur, remontant un coin de sa bouche et le tirant vers sa joue, rictus narquois détestable qu’il ne lui a jamais véritablement adressé avant, toujours aux autres. Il en est presque indulgent quand il parle, condescendant: “ Tu sais que tu ne peux pas me faire confiance, Crescentia.

- ♦ -

VICIOUS
Something about him was decidedly wrong. He was like one of those pictures full of small errors, the kind you could only pick out by searching the image from every angle, and even then, a few always slipped by. On the surface, he seemed perfectly normal, but now and then you would catch a crack, a sideways glance, a moment when his face and his words, his look and his meaning, would not line up. It was like watching two people, one hiding in the other’s skin. And their skin was always too dry, on the verge of cracking and showing the color of the thing beneath.
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MessageSujet: Re: crésus † the winner's curse.   crésus † the winner's curse. EmptyVen 2 Mar - 6:10

Tu penses que je te le dirais? ” Probablement pas, non. Et il aurait raison, bien sûr, parce qu’elle n’hésiterait pas un instant à le dénoncer, à chercher des preuves elle-même malgré sa plus ou moins claire assignation à résidence, à le détruire comme il l’a fait, sauf que ça serait mérité dans ce cas-là. Il doit se douter qu'elle n'aurait absolument aucun remord à ce faire. “ Si tu n’essaies pas par tous les moyens d’avoir la réponse et dois te résoudre à me la demander aussi simplement, alors j’imagine que tu ne cherches pas réellement réponse à ta question. ” Il secoue la tête, et elle serait presque impressionnée par son jeu d’acteur si elle ne voyait pas à travers sa moue déçue et sa moquerie, si elle ne savait pas qu’il cherche simplement de nouveau à la faire sortir de ses gonds, s’il n’avait pas un peu raison. Elle est curieuse, l’a toujours été, le sera toujours, maladivement, donc elle veut savoir. Et puis, ce n’est pas un détail insignifiant ni une information peu croustillante qui ne la concernerait pas. C’est leur ancien tuteur, quelqu’un qu’elle appréciait véritablement. C’est un potentiel meurtre. Sa gorge se noue et elle sent la viennoiserie avalée ce matin manquer de lui revenir en bouche. Un meurtre. Un meurtre dont elle accuse August, son ancien fiancé, quelqu’un qu’elle…appréciait, aussi, à tord, sans aucun doute. Elle a été aveugle, tellement, tellement, aveugle et stupide et naïve, mais l’a-t-elle été à ce point ? Elle le maudit mille fois par jour environ, le traite de monstre, mais l’est-il vraiment, totalement, irrémédiablement ? Elle est curieuse, c’est sa nature, alors elle veut savoir, et en même temps comme avec les runes délaissées, son carnet presque oublié, sa passion mise au placard, une part d’elle rejette le besoin quand bien même pressant. “ Tu penses bien que les autorités égyptiennes ne m’auraient pas laissé repartir s’ils m’avaient soupçonné. Sorcières et moldues. ” Parce que Crescentia a peur. Peur d’avoir raison, pour une fois, elle pense qu’elle n’aimerait pas ça. Elle pense qu’elle préfèrerait encore qu’August n’ait été un monstre que pour elle, qu’à part ça il soit certes odieux, mais pas intrinsèquement mauvais, parce qu’il faudrait ça, au moins, pour tuer leur pauvre maître sans raison. Elle a peur d’à quel point l’idée lui est vite venue, peur de voir comme la possibilité lui semble bien réelle et pas ridicule comme elle devrait l’être, peur de prendre tout ce qu’il fait et dit comme une potentielle confirmation.

Ils pensent que c’est l’employé du musée qui l’a fait, mais ils ignorent pourquoi et comment. Comme je te l’ai dis, ils ne l’ont pas retrouvé. ” Bref hochement de tête, elle aimerait bien y croire, elle aimerait bien pouvoir oublier son soupçon, juste le réduire en cendre comme toute trace d’August dans sa vie. L’histoire est crédible après tout et elle a envie d’y croire. “ Quand je suis rentré à l’hôtel, toutes ses affaires étaient là, mais pas lui et après examen de sa baguette, il s’est avéré que le dernier sortilège lancé était un sortilège de Duels. Peut-être est-il encore vivant mais j’en doute, il ne serait pas parti sans ses affaires, et encore moins sa baguette. ” Il lui souffle sa fumée au visage, mais elle semble trop préoccupée pour grimacer, froncer le nez comme elle devrait, en sentant ses doigts trembler un peu crevant de récupérer une cigarette, elle aussi. Mais elle s'est promis d'essayer d'arrêter, depuis lui. Elle se demande si c’est la même histoire qu’il a servi aux autorités égyptiennes avec son arabe maladroit. Elle se demande surtout si c’est vrai. “ Mais après tout, si tu ne ferais pas confiance au carnet après qu’il soit passé entre mes mains, pourquoi croirais-tu mes mots? ” Son sourire dans toute sa moquerie lui fait l’effet d’un électrochoc, la tire de ses pensées, de sa confusion de son espoir fou. Elle n’est plus la Crescentia qui essayait de voir du bon en August, elle a grandi, mûri. Mais tout de même, elle pense qu’elle préfèrerait encore ne pas se savoir avoir été si proche d’un meurtrier, surtout un qui oserait parler de son crime avec tant de légèreté, presque de l’amusement. Il a raison, elle ne peut rien croire qui sorte de sa bouche, comme elle ne peut faire confiance à rien qu’il ait touché — et il a même su rendre ça vrai d’elle-même. Son sourire lui fait presque mal quand elle croyait pourtant que ce n’était plus possible, c’est qu’elle l’a déjà vu tordre ses lèvres, mais jamais à son adresse à elle. Il était si bon acteur.  “ Tu sais que tu ne peux pas me faire confiance, Crescentia. ” Sûrement l’est-il encore. Il est horriblement doué en tous cas quand il s’agit de lui retourner les idées, l’empêcher de penser correctement, crime presque pire encore que celui dont elle l'a accusé. “ Non, effectivement. ” Et elle ne cessera jamais de s’en vouloir pour avoir pu penser le contraire un jour, pour l’avoir laissé rentrer, se faire une place qu’il n’aurait jamais du avoir dans son cœur. La nausée lui revient brusquement, comme si penser à cette faiblesse pas si ancienne la rendait physiquement malade. “ Et tu conviendras bien que, puisque, comme tu l’as admis, je ne peux croire rien qui vienne de toi, cette conversation a plus que largement démontré sa propre inutilité. ” Si elle veut des réponses, il faudra qu’elle aille les chercher elle-même. Comme pour les runes observées, mais intouchées, ses recherches laissées incomplètes dans le carnet qui lui tenait tant à cœur à peine deux mois plus tôt, il lui faudra faire un choix entre soif d’apprentissage, ici de la vérité, et santé mentale. Quoiqu’il en soi, elle n’a pas besoin de lui dans les parages. Elle repousse de nouveau sa chaise sans attendre de réponse et se lèvre, profitant de sa hauteur toute nouvelle pour le toiser d’un regard haineux. “ Je te souhaiterai bien une bonne journée, mais suffisamment de mensonges ont été proférés pour la matinée. ” Pour la vie même, vu tout ce qu’il lui a fait croire par le passé. Crescentia aimerait pouvoir lui dire adieu, mais elle sait pertinemment que leurs chemins se croiseront, c’est inévitable vu la solution insatisfaisante pour tous qu’ont trouvé leurs parents au problème créé par August. Elle est mariée à son frère et ils vivent dans la même ville — peut-être pour ça, au fond, qu’elle sort si peu —, mais s’il a détruit beaucoup en elle, sa résolve est loin d’avoir rendue l’âme et elle fera tout pour, comme la veille à la sauterie donnée par Hildegarde Häring, l’éviter. Elle s’éloigne sans un regard en arrière pour récupérer son manteau et partir en lui laissant bien évidemment l’addition.



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