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ACTE I ◆ Introduction participative.

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Le Secret Magique
Compte Fondateur

Revelio

MessageSujet: ACTE I ◆ Introduction participative.   Sam 10 Fév - 20:13


ACTE I ◆ INTRODUCTION
La Capture de Grindelwald


LA SITUATION
AUTRES
Le 27 janvier 1927, après plus de vingt-cinq ans de conflits et de terreur, Gellert Grindelwald est capturé. L’annonce, dès vingt-deux heures, est sur toutes les radios, tous les journaux, qui publient un numéro spécial, sans même parler des sorciers hystériques dans les rues. Les Landgrafen et Burggrafen sont très nombreux à émettre discours et communiqués pour célébrer la bonne nouvelle.
En dehors de cela, on sait peu de choses : les alliés ont trouvé des informations, Heimdall a effectué la capture, on a livré le prisonnier aux américains qui vont l’expatrier dans les prochains jours. Cela suffit, pour beaucoup des habitants, mais pas forcément pour tout le monde. Comment a-t-on réussi ? Et le reste de l’Einsicht ? Qui est Heimdall ? Les questions sont nombreuses, pour ceux qui ne sont pas plongés dans l’ivresse (littérale et figurée) de la libération.



Gouvernement
Il y a des on-dit au sein du gouvernement. Bien entendu, certains Ministères sont plus informés que d’autres, et l’Assemblée est devenue un véritable marché aux informations. Parait-il que la localisation de Grindelwald a été fuitée. Semblerait-il qu’un espion étranger a réussi à récolter des informations primordiales. Et que c’est la Monstrueuse qui est la cause de la fuite. On raconte que Grindelwald a perdu leur soutien, et la division des troupes enchante tout le monde.



Heimdall
Les membres de Heimdall ont tous assisté au discours poignant de leur leader, Magnus Röhr. Ils savent qu’ils ont été la clef de la capture de Grindelwald. On se souvient de l’effervescence qui a pris le QG, pendant vingt-quatre heures, pour préparer une mission dont la plupart ne savent encore rien. Ils savent qu’on leur a fuité la localisation isolée de Grindelwald et que l’effet de surprise a fait le reste. On ne pose pas trop de questions, à Heimdall. On savoure la victoire. Certains, peut-être, voudraient pouvoir dire au monde que tout ça, c’est grâce à eux.
Ceux qui ont participé à la mission en savent légèrement plus. Ils savent où et quand. Ils sont allés jusque dans ce petit village du territoire de Bonn. Ils savent que les informations leur ont été transmises par Till Sternberg, qui aurait presque un talent suspect pour avoir des informations sur l’Einsicht, et qu’ils ont dû manoeuvrer avec la présence de la Monstrueuse non loin. Grindelwald devait, visiblement, rendre visite à la Branche avant d’être intercepté durant son voyage par une troupe lourdement armée mettant à mal sa garde personnelle.
Ils ont été aux premières loges, ont pu briller en désarmant et tuant des fidèles importants du Mage Noir. Surtout, ils ont été les tous premiers à apprendre, de la voix même de leur leader, la capture de leur cible.



EINSICHT
Les Obscurs ont regardé de loin, en grimaçant. Quelques uns étaient avec la Monstrueuse, d’autres ont entendu des murmures parmi la Bienfaitrice, la plupart sont restés loin de tout ça. La tension est palpable, depuis plusieurs mois maintenant, entre la Monstrueuse et la Bienfaitrice. Bien entendu, les rapports n’ont jamais été autre chose que cordiaux, mais on pouvait voir toujours plus de Gracieux essayer de raisonner des Monstrueux dernièrement. On sait que Grindelwald avait prévu de rendre une visite à la Première durant un massacre. Personne n’est dupe de l’objectif de cette visite. Et sans que personne ne dise rien, tout le monde se demande si la branche dissidente n’aurait pas poussé l’incompétence jusqu’à la trahison. La nouvelle s’est répandue dans la Branche grâce aux Obscurs mobilisés à la Monstrueuse.
Depuis des semaines, la Bienfaitrice fait pression sur la Monstrueuse. Il faut ralentir, il faut être plus discret, il ne faut pas empiéter sur les efforts des Gracieux et des Ascètes. On craint le zèle de la Monstrueuse. Peu savent que c’est la Cardinale elle-même qui a réussi à convaincre leur leader de se déplacer en personne. Ils ont cependant largement apprécié son initiative. Ils ont moins apprécié quand, à vingt-et-une heures, ils ont appris la capture de Grindelwald. Depuis, la panique est complète, les effectifs sont en ébullition, et on oscille entre le désespoir et le besoin de revanche contre ces Monstrueux qui, certainement, ont organisé la perte de leur organisation.
Les Monstrueux étaient là. La plupart tremblaient de la visite de Grindelwald, comprenant bien son objectif. Dans le même temps, depuis que les massacres sont plus violents la satisfaction est plus grande, la revanche plus douce et les butins plus satisfaisants. On ne veut pas revenir à la misère d’antan. Au début de l’attaque, à vingt heures trente, ils étaient sur place. Ils ont subi une attaque de Heimdall pour les empêcher d’aller défendre leur Maître. Bien que supérieurs en nombres, ils n’ont pas réussi à le rejoindre à temps. Une fois la capture confirmée, la débâcle a été totale. La plupart se sont réfugiés à Nuremberg, d’autres chez Janka, ou dans des cachettes personnelles. Le mot d’ordre est, pour une fois, la discrétion.


DÉROULÉ DES ÉVÉNEMENTS
20h ◆ Heimdall arrivent dans la campagne de Bonn.
20h30 ◆ Début du conflit armé avec Grindelwald et sa garde.
20h55 ◆ Grindelwald est officiellement capturé. Heimdall se réjouit, la Monstrueuse fuit.
21h00 ◆ La Bienfaitrice apprend la nouvelle.
21h10 ◆ L’Assemblée, puis le gouvernement apprennent la nouvelle.
21h15 ◆ Madleen Von Weber, en tant que présidente de l’Assemblée, annonce la capture de Grindelwald sur la RMA.
22h30 ◆ Une grande partie de la population sorcière est dans les rues à célébrer, les journaux tirent des éditions spéciales, toutes les radios ne parlent plus que de cela.


PARTICIPER
Cette introduction permet à chacun de retracer ce que son personnage a comme information sur la situation actuelle. N’hésitez pas à contacter un membre du staff pour avoir la confirmation des informations et des circonstances de votre personnage. Durant tout l’Acte I, la capture de Grindelwald sera un élément primordial qui, si vous voulez participer à l’intrigue, devra être abordé dans vos RPs.

À cet effet, nous voudrions organiser une collecte de témoignages. L’exercice est simple : en un seul message de moins de mille mots, vous allez devoir décrire l’instant exact où votre personnage a appris la capture de Grindelwald. Développez notamment les circonstances, l’heure, le lieu et, surtout, la réaction de votre personnage durant cet événement capital de l’histoire allemande.

De même, bien que ne puissiez poster qu’un seul message par personnage dans l’introduction, vous êtes libres de poursuivre, dans un sujet indépendant, la scène en rp. Au contraire, observez les autres participants, lisez ce qu’ils écrivent, et trouvez peut-être le moyen de lier vos deux expériences. Vous pourrez même placer à la fin de votre participation le lien qui mène à la suite, pour les curieux.

Sur ce, à vos claviers, et n’oubliez pas : pas plus de mille mots !

- ♦ -


COMPTE FONDATEUR ◆ NE PAS MP
Revelio

MessageSujet: Re: ACTE I ◆ Introduction participative.   Sam 10 Fév - 21:55

« Le journal, Monsieur. »
Paul remercie son Majordome qui s'efface, comme toujours, pour n'être plus qu'un meuble de plus dans la salle à manger richement décorée. Le café fume devant lui, la cigarette attend d'être allumée, et un solide petit-déjeuner à base d'oeufs brouillés et de saucisse de volaille exhale un délicieux fumet. D'ordinaire, il parcourrait la Une d'un œil distrait en touillant son café avant de poser le journal et d'attaquer son repas. Paul est un bon vivant et manger lui importe bien plus que les dernières fantaisies d'un monde auquel il n'appartient qu'à moitié.
Pas cette fois.
Grindelwald capturé par Heimdall.
Son estomac fait un nœud et il repose sa fourchette déjà prête à plonger dans les œufs, soudain nauséeux. Hilda. Il pense à Hilda, bien sûr qu'il pense à elle, avant tout le reste. Hilda. Est-ce qu'elle va bien ? Est-ce qu'elle a été capturée aussi ? Personne ne pourrait – mais peut-être que si. Frénétiquement, Paul tourne les pages, cherche à en savoir plus. Le journal décrit la chronologie des événements, congratule Heimdall. Il connaît ce nom. Il s'en méfie comme de la peste.
Paul cale sa cigarette entre ses lèvres et fronce les sourcils. Il n'y a rien dans cette feuille de chou sur les éventuels dégâts collatéraux. Se mettre en contact avec n'importe quel crétin ayant ses entrées à Heimdall pourrait être une option, peut-être...
Mais Grindelwald est tombé. Pour ce que ça veut dire. Au fond, il n'est que la figure de proue d'un mouvement qui existera même sans lui, et Paul doute fort que cela change quoi que ce soit aux vilénies de l'Einsicht. Il y aura toujours des gens pour se penser supérieurs aux autres, pour se croire d'une race bénie et penser pouvoir mettre ceux qui n'y appartiennent pas sous leur joug. Mage noir ou pas, ses adeptes n'arrêteront pas si facilement le combat. Et puis cet Heimdall en face ne lui inspire pas beaucoup plus confiance.
Comment ont-ils su où se trouverait Grindelwald ? Tout cela paraît un peu trop parfait. Un peu trop bien coordonné. Paul est méfiant, il l'a toujours été, on apprend ce genre de choses très jeune quand on est de ceux qui depuis toujours ont souffert de la haine aveugle d'autrui. S'il a longtemps voulu croire en la beauté du monde et être optimiste quant à la nature humaine, la mort de ses frères, assassinés par des groupes antisémites, a balayé tous ces beaux sentiments pour les remplacer par une amertume bien nécessaire.
Et puis, bien sûr, il y a Amelia, Natalia et Sophie, ses petites protégées, ses petites-filles d'adoption. Il ne peut pas s'empêcher de s'inquiéter pour elles. Certaines choses lui font soupçonner qu'elles ne sont pas toutes totalement étrangères à la vendetta que se mènent les différents groupes et cet événement ne risque pas d'améliorer les choses. Si l'une d'entre elle est à l'Einsicht... Il refuse d'y penser. Il refuse d'imaginer avoir cette conversation avec une de ses précieuses enfants, ses petites qu'il aime de tout son cœur. Il refuse de recevoir un jour la nouvelle d'une mort parce que l'une d'entre elle aura décidé d'aller au front.
Le journal est refermé d'un coup sec et le petit-déjeuner abandonné.
« Faites préparer la cheminée, » lance-t-il au Majordome avant de quitter la pièce, accompagné du froufrou de sa robe de chambre en soie.

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Revelio

MessageSujet: Re: ACTE I ◆ Introduction participative.   Dim 11 Fév - 2:10



― smile a while, laugh in such a happy style. ―
that the world will stop and smile with you. why not grin. (act. i., introduction.)

berlin, 21H15. je me trouvais dans mes loges lorsque j'ai entendu l'annonce pour la toute première fois. j'étais en train de m'atteler à me préparer pour le show de ce soir quand la radio posée à côté de moi déblatérait ses nouvelles sans que je n'y fasse réellement attention, bien trop concentré à peaufiner les derniers détails ; notamment au niveau de mon maquillage et des accessoires. puis le nom de "grindelward" s'est fait subitement entendre comme dans un échos sinistre. tout le monde s'était arrêté à leur tâche pour écouter ce qui allait être dit. et voilà que tombe l'annonce de sa capture. je ne sais pas vraiment ce que j'ai ressentis ce soir-là. est-ce bien ? est-ce mal ? en quoi cela allait bouleverser notre quotidien ? pourtant, des exclamations de joie s'élèvent dans la pièce. enfin ! dit-on. on pense qu'après cela, il n'y aura plus de massacre. on dit que la paix va désormais revenir. et que s'il manque encore quelques membres de l'Einsicht à arrêter, cela n'est qu'une question de temps. moi aussi, j'ai envie d'y croire à cela. On se souvient encore du massacre qui s'est déroulé au village de Beelen, deux ans auparavant et on a pas envie que cela recommence. mais d'un côté ,je me demandais bien ce qui allait se passer en ce qui concerne les créatures. eux qui pensaient très certainement obtenir justice en triomphant avec l'aide de l'Einsicht. moi aussi, je dois dire que j'avais de la peine pour eux. Mais il vaut mieux cela qu'une domination incertaine de la part d'un groupuscule aux idées folles. Dans tout les cas, cela n'allait aucunement m'empêcher de continuer à me divertir ce soir. Qui sait, peut-être serait-ce également l'occasion de marquer ce tournant par en parodiant le criminel au sein d'un spectacle ? Pourquoi pas. Cela serait amusant. Mais pour l'heure, je devais filer sur scène avec les autres pour jouer ce qui était prévu de faire.


✵ ✵

berlin, 22H30. c'est à peine démaquillé que je rejoins le reste de la plèbe afin de fêter la nouvelle. bien sûr, je ne sais toujours pas comment prendre la nouvelle. en réalité, je veux seulement profiter de l'ambiance pour le moment. me mêler à la foule. aller dans les bars. boire. boire. et reboire. chercher à connaître de nouvelles personnes. s'éteindre comme de bon vieux copains alors que nous ne sommes que des inconnus aussi bien pour l'un que pour l'autre. au moins, s'il y a bien une chose que j'apprécie dans la nouvelle, c'est que cela a le don de rapprocher les gens. on ne se chamaille plus. nous sommes tous soudés. comme une grande et belle famille, main dans la main devant la menace. menace dont je me suis surpris à imaginer au sein même de berlin lorsque j'eus un instant de lucidité. parce que ce moment avait été si attendu par la populace sorcière. ça semble irréel. et pourtant. je dois dire que je n'ai même pas envie de chercher. cela devait arriver, de toute manière. tôt ou tard. afin de calmer les gens, de leur rapporter de belles informations croustillantes. pas seulement les malheurs de la vie. heureusement, cela avait fini par arriver aujourd'hui.

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― pétales d'émeraude, chant d'augurey. ―

Revelio

MessageSujet: Re: ACTE I ◆ Introduction participative.   Dim 11 Fév - 18:43

ACTE I. Introduction
Il y avait comme une ambiance de calme et de paix, le feu crépitant dans l’âtre d’une cheminée, la chaleur berçant les habitants de la demeure d’un bien-être que l’on ne trouverait au dehors. Peut-être était-ce une nuit comme une autre, peut-être était-elle au contraire, totalement différente, seuls les évènements nocturnes en décideraient, dans le calme ou la débâcle. Dans la demeure Reinhardt de toute manière, la soirée s’annonçait des plus paisibles, l’époux vaquant à ses occupations habituelles, tandis que mi- assise, mi- allongée dans l’un des riches canapés, l’épouse tenait son fils contre elle, ignorant avec une infinie patience les œillades agacées et soupirs contrôlés du père trop disciplinaire. D’un ton lunatique, elle contait l’histoire que l’enfant, du haut de ses quatre années de vie, avait choisie pour qu’elle l’endorme. Exception faite de l’environnement, la routine était sensiblement la même, l’enfant manifestant une certaine régularité dans son rituel d’endormissement. Sans la mère pour le coucher et lui conter son histoire, il refuserait catégoriquement de se laisser aller dans les bras de Morphée, qu’importe les menaces du père, ou la tentative d’une autre personne pour remplacer l’idole maternelle, il suffisait qu’Anthéa pointe le bout de son nez pour que le petit héritier s’apaise et se laisse docilement mener au lit. Nouveau fait majeur dans l’éducation de l’enfant, les nouveaux choix de lecture de ce dernier. Si autrefois il se contentait d’histoires candides et adaptées à son âge, ce n’était désormais plus tant le cas, délaissant les œuvres réécrites aux images amusantes pour se tourner vers des histoires dépourvues d’images et bien plus effrayantes. Ce n’était donc pas tant étonnant qu’il choisisse la véritable histoire de la Reine des Neiges pour s’endormir, loin de version édulcorée, obligeant la Drache à adapter malgré tout cette dernière pour éviter que l’enfant ne se laisse happer par les songes nocturnes terrifiants. « La Reine des Neiges donna à Kay un second baiser. Il n’eut alors plus le moindre souvenir  pour la petite Gerda, pour la grand-mère ni pour les siens. Maintenant, je ne t’embrasserai plus, dit-elle, car un nouveau baiser serait ta mort. Kay la regarda en… » Un tapotement contre une des fenêtres, bruit caractéristique d’un hibou portant une missive, bien que l’heure tardive ne fit plisser le nez de l’épouse. Destinée au Burggraf, c’est à peine si elle y prête plus d’attention, reprenant sa lecture tandis que le fils semble concentré sur les paroles, demeurant pourtant parfaitement immobile contre sa mère, comme conscient des prunelles assassines du père s’il ose ne serait-ce que bouger d’un iota, prouvant bien l’intention de s’endormir. En fond, la radio ne semble pas perturber la scène, jusqu’à ce qu’un nom bien trop connu pour être ignoré ne soit prononcé, obligeant la narratrice à cesser sa lecture pour tourner toute son attention vers  le bruit de fond. « Grindelwad a été capturé, je répète, Gellert Grindelwald a été capturé ce soir ! » Interloquée, la sorcière caresse la chevelure de sa progéniture, comme un signal pour inciter celui-ci à se taire, ne pas protester, tandis qu’elle tourne déjà son regard vers son époux et Burggraf de Nuremberg qui lui, a déjà été mit au courant. La missive présume t’elle, tandis qu’elle se lève, se dirige vers lui pour replacer correctement un pan de sa chemise qui n’est pas à sa convenance, se contente de caresser ses lèvres des siennes pour mieux s’éloigner. Elle sait qu’il doit aller faire son devoir, et que le sien est de s’occuper de leur fils. Peut-être en parleront-ils plus tard, peut-être pas, cela ne dépend pas que d’elle. Aussi se contente t’elle de retourner dans le canapé, rouvre le livre et acquiesce d’un simple signe de tête aux propos de son époux.  Où irait-elle de toute manière ? Et quand bien-même, il ne fait aucun doute qu’un des chiens de son geôlier la suivrait jusqu’au bout du monde si c’était là qu’elle décidait d’aller. Mais tout de même, Gellert Grindelwald, capturé. C’est plus que ce que l’on attendait, le cœur est en liesse, mais la raison reste posée, l’Einsicht reste encore à mettre hors d’état de nuire.

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The devil's going to set me free
I've busted bones, broken stones, looked the devil in the eye. I hope he's going to break these chains ▬ kaleo & bat'phanie ©
Revelio

MessageSujet: Re: ACTE I ◆ Introduction participative.   Dim 11 Fév - 20:20

ACTE I ◆ Introduction
L’arrivée de Grindelwald est imminente. Maudit soit-il. Maudit soit l’autre pute. Maudits soient tous ceux qui se mêlent de ce qui ne les regardent pas. Hilda fulmine, pendue à la montre d’un de ses Monstrueux, extrêmement irritée que le Mage Noir vienne assister à l’un des massacres. Il vient voir. Il veut s’informer. Admirer sa technique. Comprendre comment elle opère. Mon cul. Il va essayer de la faire ralentir, voire de la destituer. Un assassinat est peut-être déjà en train d’être organisé, comme elle a pu le faire avec l’ancien Premier. Enfoirés. Elle sait bien que, dans ses troupes, malgré l’adhésion générale, des doutes subsistent. Si cette petite feignasse de Manifold a mis le nez dans cette histoire, c’est par sa propre main qu’elle se défigurera. Y a que ça pour bloquer un métamorphomage : tu le défigures bien magiquement, et tu le regardes pendant qu’il échoue à changer ça. L’heure approche. Elle en a déjà marre. Enfoiré. Elle est seule, dans une clairière non loin du reste de la troupe. Il veut la voir, un peu, en tête à tête, avant le massacre. Enfoiré. Juste discuter un peu avant d’assister à l’opération. Putain. Elle est dans la merde.
Un crac. Gellert est devant elle. Un autre crac. Sa garde rapprochée est là. Enfoiré. Tête à tête mon cul. Elle n’a même pas le temps de brandir sa baguette pour se protéger qu’un autre crac se fait entendre. Tout à coup, la clairière est pleine à craquer, et les sortilèges volent. Heimdall.
Pardon ?
Heimdall ?
Avant le début de l’attaque ?
L’adrénaline monte, une sorte de rage, cette rage intense qui l’habite depuis des années qui ne fait qu’enfler depuis son exil. Heimdall est devenu, bien malgré elle, la forme absolue de l’ennemi. Pas le Secret Magique, pas le gouvernement, juste Heimdal. Difficile d’aller plus loin que ceux que tu affrontes presque toutes les semaines. L’ennemi, c’est celui qui est sous tes yeux, pas celui qui tire les ficelles. Pense-t-elle, ou plutôt ressent-elle. C’est d’ailleurs sans réfléchir qu’elle se jette dans la bataille, incapable de comprendre comment ils ont bien pu arriver là. Une taupe, sûrement. Elle la trouvera après. Et elle mourra.

Tout est un immense bordel. Ils sont en infériorité numérique et, clairement, la surprise joue en leur faveur. Hilda a juste le temps de se glisser derrière un membre de la garde pour qu’il prenne un sortilège mortel lui étant destiné. Avant de chercher à sauver son Maître, elle guette un moyen de s’échapper. Elle voltige un peu, bien consciente que personne ne la protégera, dans tout ça. Le filet est dru, les sortilèges incessants, et la défense n’est pas son fort. Enfoirés. Un membre de Heimdall, surtout, l'interpelle. Il se focalise vite sur elle, l’enfoiré. Il faut éviter, surtout, et essayer d’au moins l’incapaciter. Il a une façon de se mouvoir, cependant, qui la fait tiquer. Malgré son visage dissimulé, il a un air familier. Sa main, autour de la baguette. La façon de lancer ses sortilèges. La carrure, le corps, si souvent touché et observé, nu ou habillé. Oui, bien sûr, elle le connaît, elle le sait, sans que son cerveau n’arrive, dans l’agitation, à se focaliser assez pour admettre ce qui est évident. Elle le connaît, très bien, c’est lui. Bien sûr que c’est Lui. Qui d’autre ? Et tout s’explique, sans que sa pensée arrivée à articuler le nom précis de l’individu. C’est dans un murmure, effacé par le bruit d’explosion, de sortilèges et les cris qui l’entourent, dans un très fin murmure qu’elle arrive à concevoir l’impensable et l’évident :
Magnus...
Elle n’a pas le temps de s’en remettre, de digérer l’information. Elle entend un cri de victoire, des hurlements de rage, elle se retourne, et voit Grindelwald. Capturé. Merde. (Par… Magnus ?)Elle ne perd pas de temps à réfléchir aux conséquences, elle n’a pas le temps. Juste le temps de prendre la scène dans sa rétine et de remarquer, déjà, les lignes de Heimdall se détendre. Ils sont heureux, satisfaits, ils croient avoir gagné. Ni une, ni deux, elle réussit à transplaner. (Trois mètres trop à gauche.) Elle commence à courir, essaye de nouveau de transplaner. (Cinq mètres trop à droite, elle se prend un rocher.) Dès qu’elle ressent trop fort, sa magie part en couilles. Merde merde merde. Elle court vers ses troupes, entend là-bas aussi le bruit des combats. Un agent de Heimdall lui barre la route. Enfoiré. Un sortilège, et elle saute par dessus le corps étalé. Son coeur bat effroyablement vite. (Magnus ?) Incapable de Grindelwald. Si ses Monstrueux sont en péril par sa faute… (Magnus ? Vraiment ?) Heureusement, ils sont visiblement là uniquement pour les empêcher d’intervenir. Elle respire, un peu, avant d’atteindre le groupe. C’est là qu’elle hurle :

REPLI IMMÉDIAT. CASSEZ-VOUS.

Personne pour aller sauver ce qu’il reste de la garde rapprochée de Grindelwald. Personne pour essayer de suivre les agents et sauver leur chef. On sauve juste sa peau. Et l’ordre a la force de l’impératif et personne ne pourra rester derrière pour faire du zèle. Ils vont se casser, tous, maintenant, où elle les bute tous. Elle ne va pas laisser son armée tomber juste parce que l’autre s’est fait capturer. (Merde merde merde.) Elle ne peut pas transplaner, c’est impossible. Elle les voit tous partir. Elle aimerait un transplanage d’escorte mais impossible de les croire. La taupe est là. Tous des traitres. D’un mouvement, elle récupère la cape d’un ennemi, la passe sur son dos tout en continuant de courir, dissimule ses cheveux derrière la capuche, sent le sortilège assombrir ses traits puis elle murmure, d’une voix paniquée, alors que la débâcle prend de plus en plus forme :

Wunschpferd, Wunschpferd, Wunschpferd. Bouge ton cul, cheval de malheur.

Et le reste n’est que fuite vers-

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Ridicule they won't allow Quench abuse and let love flower Rip the cage out of your chest Let the chaos rule the rest

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Konrad Reinhardt
Gouvernement | Autres

Revelio

MessageSujet: Re: ACTE I ◆ Introduction participative.   Dim 11 Fév - 20:24

Capture de Grindelwald
Il n’était pas tard, mais le soleil était déjà couché depuis longtemps. Derrière la fenêtre du salon, au premier étage de la demeure, Konrad pouvait voir les branches des arbres de la rue ployer sous les rafales de vent. Dans son dos, le crépitement du feu lui semblait anormalement sourd – mais au moins il faisait chaud. Il lâcha la rue du regard pour baisser le regard vers le petit papier déroulé entre ses doigts. Un rapport minimal sur les agissements du père de madame ; minimal parce qu’il n’y avait pas grand-chose à dire. Il froissa la lettre entre ses mains, presqu’avec un sourire satisfait : c’était presque trop simple.
Il tourna la tête afin d’observer la raison pour laquelle tout était simple. Son épouse était bien sagement installé sur le canapé, leur fils entre les bras. Sa voix était toujours plus adoucie quand elle lisait une histoire à Niklas, et il se souvenait qu’Annika faisait ça également. Il la regardait tourner les pages, en se concentrant sur son ton et le détachement de chaque syllabe jusqu’à ce que sa voix devienne plus forte dans sa tête que le craquement du feu.
L’horloge sonna les neuf heures. Konrad soupira – il n’aimait pas quand les gamins ne dormaient pas tôt, mais Niklas était impossible à gérer une fois la nuit tombée, si on ne lui lisait pas au moins une histoire. Tant que ses terreurs nocturnes pouvaient n’être guéri que par une histoire et un bisou sur le front, mieux valait en profiter. Trois minutes plus tard, l’horloge sonna le rappel. Neuf minutes plus tard, un hibou vint se manifester à la vitre.

Ouvrir la fenêtre le répugne. Il n’aime pas le froid de la nuit.

D’un mouvement sec du poignet, il attrapa rapidement le message que lui portait le volatile en laissant à l’animal le droit de se reposer à l’intérieur. Il n’y avait que les immenses yeux du hibou pour regarder ses doigts trembler légèrement lorsqu’il ouvrir la missive. Qui n’était pas signée, ni même scellée. Pour cela qu’il crut à une mauvaise blague. Il y crut pendant trois minutes entières, avant que la radio n’annonce la nouvelle.
« Grindelwald a été capturé. »
Comme victime d’un déjà-vu, il réentendit les bruits de couloir lors de sa dernière année du secondaire à Durmstrang. « Gellert a été viré. » Et comme à l’époque, il ressent le même serrement au cœur et la même exaspération : mais. quel. imbécile. Sauf qu’il fallait bien vite s’arracher aux souvenirs, pour retourner à la réalité. Ce n’était plus l’école, et Gellert n’était plus simplement un étudiant un peu trop libéral avec le règlement et l’éthique. C’était un tueur, activement recherché par toute la communauté sorcière occidentale pour meurtres de masse, terrorisme et tout ce genre de joyeuseté.
Ce qui changeait la donne également était que Konrad pouvait être relié à ces agissements, si des esprits vicieux voulaient vraiment s’y mettre. Que Konrad avait usé de l’appui tacite de Gellert pour renverser la vapeur dans le Land de Munich. Que Konrad était le dirigeant d’une ville où se trouvait les troupes de choc de ce même Gellert.
Il n’était jamais trop tard pour intriguer, mais il y avait tout de même des heures plus propices aux manigances politiques que d’autres. Quelle idée, cet imbécile, de se faire capturer en pleine nuit.
Les conséquences se listaient d’elle-même dans son esprit.
Alors qu’il décidait du chemin à prendre, Anthéa s’était levée et avancée jusqu’à lui. Le léger baiser le ramena sur terre un instant et il baissa les yeux vers elle, puis jeta un regard à son fils : « Vous ne sortez pas, sous aucun prétexte. Je vais prévenir les autres. » Rapidement, il passa la lettre qui venait de l’informer au dessus de la flamme d’une bougie, avant de laisser la missive s’embraser totalement sur le rebord de la fenêtre. « Quoi qu’il se passe dehors. Vous ne sortez pas. » Il ne savait rien des circonstances de la capture, mais il se doutait que l’effet sur les troupes de son ancien camarade allait être immédiat. Il quitta le salon pour distribuer quelques ordres, stipuler à ses hommes de barricader la porte, les fenêtres, avec des charmes de protection : « Et vous ne laissez personne entrer ! » On acquiesça, eux aussi devaient se demander ce qui allait advenir de la ville si jamais les monstrueux décidaient de perdre totalement la tête face à la chute de leur leader.

Les monstrueux…
Il revint en arrière, vers ses hommes : « Ne laissez personne entrer mais… si quelqu’un vient, prévenez-moi immédiatement. » Où était-elle ?

Sa mère, quand elle apprit la nouvelle, enfoncée dans son fauteuil au deuxième étage, lui proposa ce qui lui semblait être la meilleure option : « Elle est morte, voilà où elle se trouve. Bon débarras. » « Je voulais ton avis pour Nuremberg maman. » « Que tu crois. » « Maman ! Nuremberg ! Urgent ! » « Ne quitte pas la ville. Ce qui arrivera arrivera. Mais si tu quittes la ville, tu ne la retrouveras plus quand tu reviendras. » Un Reinhardt n’abandonne jamais Nuremberg, ça il le saura. « Merci du conseil pas du tout éculé. » « De rien, et maintenant laisse-moi seule avec Goethe. » Il savait qu’une fois qu’il aurait franchi la porte, elle jubilerait en imaginant le cadavre d’Hilda abandonné dans un champs.

Il avait rédigé une lettre vague pour ses collègues parlementaires et allait trouver son père, quand on vient vers lui : « Burggraf. Vous nous avez dit de vous prévenir et… » « Quoi ? » « Comme vous avez dit. Il y a quelqu’un qui est à la porte. »

Quitte ou double. Il inspira, et renvoya ses aides d’un geste : « Je m’en charge. Gardez un œil sur ma femme et mon fils. » Avant d’aller vers l’entrée, la main sur le manche de la baguette. Quitte ou double.

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Il y a des gens sans orgueil qui se résignent à végéter sous notre domination. Ils préfèrent vivre avilis sous notre botte que mourir glorieusement pour la Liberté...
Revelio

MessageSujet: Re: ACTE I ◆ Introduction participative.   Dim 11 Fév - 22:50

ACTE I ◆ Introduction
Ce jour, aurait lieu un massacre parmi d'autres. Cette perspective, autrefois révoltante à ses yeux, éveille désormais le besoin sauvage d'y être déjà. Pas pour le sang qui coulerait, dont elle ne tirerait aucun plaisir. Pas pour la souffrance et les hurlements. Non, c'est surtout une question de satisfaction, d'objectif qui se rapproche lentement et semble tout à coup à portée de main. Elle sent cette même excitation s'éveiller autour d'elle, sur le visage et dans la posture de ses pairs. Monstres de tous horizons échangent des regards de connivence. D'ici peu, ils auraient tous le même visage, porteraient le même fardeau et laisseraient s'exprimer leur rage longtemps retenue. Elle est fière, Silke. Ses yeux le disent à qui veut bien la regarder de près, ses épaules l'affirment à tous. Elle a vu grandir beaucoup d'entre eux - et mourir des dizaines d'autres, qui ne seraient pas là aujourd'hui pour assister à ce combat, ni ensuite pour en voir l'issue finale. Elle y pense un peu trop souvent, peut-être. Quand elle ferme les yeux, leurs visages apparaissent, accompagnés d'une d'amertume coupable. Seraient-ils encore vivants s'ils n'avaient pas été entraînés dans cette folie ? Peut-être, mais quelle sorte de vie serait-ce ? Pour Silke, plier n'est plus une option depuis longtemps et aveugles sont ceux à faire ce choix.

Elle est nerveuse cependant, de voir la Première s'éloigner. Cette rencontre avec Grindelwald, ce cinéma tout entier, la laisse perplexe et agacée. N'a-t-il pas d'autres chats à fouetter, de plus grandes missions à accomplir que de les surveiller comme une bande de gamins échappant à son contrôle ? Elle n'a jamais fait qu'apercevoir l'homme, pas même intéressée par la perspective de lui parler. Il n'est qu'un symbole, une tête de proue qui pourrait sans peine être remplacée par une autre, surtout s'il s'avérait être un empoté. Jusqu'à présent, il en a fait l'exemple contraire, mais allez savoir. Les déceptions sont par nature imprévisibles. Elle a par ailleurs senti la contrariété d'Hilda, connaissant la Première depuis de trop longues années pour que les signes lui échappent. Cette mise en scène lui déplaît autant qu'à Silke, de toute évidence, mais quelle raison valable auraient-ils de protester ? Si le grand Gellert est venu pour poser un regard méprisant sur les bêtes de foire qui composent pourtant le plus gros de son armée, Silke n'est pas certaine qu'elle saurait le supporter en silence. Elle et les siens ne s'écraseraient devant personne, pas même le Mage Noir.

Elle fixe d'un oeil noir le lieu de rencontre, au loin, aussi comprend-t-elle très vite ce qu'il se passe. Une première pensée la traverse, dents serrées et couteaux déjà en main. Qui a trahi ? Avec d'autres, elle tente de repousser ces chiens d'Heimdall qui s'interposent, une sensation pressante lui intimant de faire vite, qu'il serait bientôt trop tard. Elle ne pense pas à Hilda, ni à Grindelwald - elle pense au temps qu'il leur faudrait pour se reconstruire, au chaos causé par leurs morts. Ils sont moins nombreux, et pourtant. Elle évite la première ligne, se faufile derrière ses adversaires plutôt que d'affronter leur baguette tendue ; mais un sortilège finit par la toucher et l'envoyer au sol, un grognement aux lèvres. Elle entend les cris de joie. Que se passe-t-il ? Sont-ils déjà morts ? Capturés ? En se redressant, elle aperçoit la forme d'Hilda s'approchant. « REPLI IMMÉDIAT. CASSEZ-VOUS. » Ses yeux s'écarquillent. Le chaos règne en maître, et elle réalise soudain qu'autour, les corps commencent à s'aligner et à souiller l'herbe écrasée. Fuir ? Comment ? En transplanant ? Peu d'entre eux sont doués pour ces choses là, mais déjà ils s'amassent en petits groupes qui disparaissent brusquement. Ignorant ses propres blessures, elle se penche pour soulever le corps tremblant d'une amie. Un autre s'approche pour poser une main sur son épaule, et la seconde d'après le monde se déforme. La nausée la saisit aussitôt. Elle n'a jamais aimé transplaner, surtout dans ces conditions. Ses genoux rencontrent le sol humide des Catacombes de Nuremberg. La louve entre ses bras respire encore, quoi que faiblement. Il n'y a pas de soigneur dans leurs rangs, ou du moins sont-ils rares, alors Silke sait ce qu'elle doit faire. Posant le corps sur la pierre, elle déchire les vêtements, puis les presse sur les plaies. On lui tend de l'alcool, qu'elle fait couler sur la chaire meurtrie, lui arrachant un hurlement de souffrance. Le son est familier à présent, là où autrefois elle aurait encore entendu ce cri dans son sommeil la nuit suivante.

Les yeux fatigués, hagards, avisent enfin le reste du monde. Quelques blessés. Beaucoup d'êtres en colère, d'avoir été à nouveau trahis, bafoués. Par qui ? Elle ne peut s'empêcher de penser à quelqu'un. Voilà trop longtemps que Maja et sa fille ont disparu. Au début, elle les a pensé mortes, mais à présent... Volontairement ou non, les deux vélanes ont peut-être causé la chute de Gellert, si elles sont aux mains d'Heimdall. Où est la Première ? entend-elle certains murmurer. La méfiance s'éveille, le doute assombrit les visages. Cette nuit semble devoir durer une éternité. Les genoux repliés contre elle, Silke partage une bouteille de whisky pur feu avec les plus calmes des Massacrés. Ceux qui comme elle, savent que pour l'instant, il ne sert à rien de pester et tourner. Que ce n'est que le début, mais qu'il n'y a rien à faire que d'attendre la suite. Bientôt, ses sens l'informent que le cœur de la louve s'est arrêté de battre. Doucement, elle repose la main qu'elle tenait, à présent lourde, sur son corps. « Gute Nacht, Mein Kleiner, souffle-t-elle. »

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If you're not angry, you're not paying attention.
Sometimes, the world doesn't need a hero. Sometimes, what it needs is a monster.

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Ahren Hafner
Heimdall

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MessageSujet: Re: ACTE I ◆ Introduction participative.   Dim 11 Fév - 23:05

ACTE I. Introduction
Dans le salon du manoir des Hafner, la mélodie du piano était souveraine. Ahren était seul, laissant librement ses doigts parcourir les touches tantôt noires tantôt blanches de l’instrument à queue. Il n’avait pas pris la peine de vérifier l’heure, ni même de s’inquiéter d’où étaient passés les siens. Quand des exclamations d’allégresse éclatèrent soudain à l’extérieur, l’homme ne s’embarrassa même pas de s’arrêter de jouer. Seul le fin sourire au coin de ses lèvres confirmait qu’il les avait entendus. Grindelwald était déchu. Il devait être vingt-et-une heures passé maintenant. L’attaque avait été prévue pour le début de soirée, c’était tout ce à quoi avaient eu droit les agents qui n’interviendrait pas pour son arrestation. Une tension avait été palpable toute la journée dans les quartiers de l’Heimdall. Ça n’avait jamais été aussi animé et frémissant dans les couloirs, comme si on souhaitait suspendre le temps avant l’action fatidique, de crainte que tout ça n’échoue. Par superstition peut-être, personne n’avait parlé à haute voix de ce qui allait se passer. Mais tout le monde savait. On espérait juste la victoire retentissante à laquelle on s’était préparés depuis des mois. Aux lueurs du crépuscule, Ahren avait décidé de rentrer chez lui, pour jouir de ces instants de calme avant la tempête. Il avait accompli son devoir dans cette affaire, ce n’était plus de son ressort. Comme un soldat docile, il avait tourné le dos et s’était empressé de tout oublier et de redevenir le fils Hafner pour qui rien n’importait vraiment. Il saurait le trouver, sitôt les répercussions de ce coup de poing dévoilées. Dehors, les cris redoublaient d’ardeur et on croyait même entendre de la musique retentir. Ahren ne prit pas même la peine d’allumer la radio pour entendre l’annonce du gouvernement. Il ignora les tapotements pressés à la fenêtre du hibou qui venait porter la nouvelle. Aucune nouvelle officielle ne serait aussi véridique que les dernières vingt-quatre heures qu’il venait de passer. Ils avaient réussi.

« Que se passe-t-il ? » La silhouette de Matilda apparut dans l’encadrement de la porte, probablement alertée par le raffut. Seulement à la fin de son morceau, le sorcier daigna se lever de son siège et aller ouvrir la fenêtre. Le hibou, frigorifié, se précipita à l’intérieur puis se percha au-dessus de la cheminée qui crépitait depuis plusieurs heures déjà. Son fils demeura silencieux suffisamment longtemps pour que la femme cède à la curiosité et ne détache le morceau de papier accroché à la patte du volatile. Grindelwald a été capturé. « Oh. » Ahren n’eut pas besoin de tourner la tête pour deviner l’expression de surprise qui apparut sur le visage de porcelaine de sa mère. Elle s’inquiétait, elle, qui s’était toujours appliquée à ignorer l’existence et l’importance d’un groupuscule qui avait pris de plus en plus d’ampleur au fil des années. Il ne s’étonna pas non plus de l’entendre répliquer, sur un ton qui se voulut neutre : « J’imagine que c’est une bonne nouvelle. » Dès demain, le sujet Grindelwald ne serait oublié par les Hafner. Ne pas prendre de risque à trop parler, jamais. C’était un accord tacite, comme un mutisme qui prenait les membres de la famille dès que le sujet était trop important. Et pourtant, ça n’empêchait pas chacun de réfléchir. Ahren le savait. L’homme finit par se retourner et s’avança vers sa mère avant de déposer un baiser sur son front. « J’imagine oui. » Il esquissa un sourire réconfortant avant d’ajouter : « Que dis-tu d’une coupe de champagne ? »

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Amare et sapere vix deo conceditur
Everybody knows that the Plague is coming. Everybody knows that it's moving fast. Everybody knows that the naked man and woman are just a shining artifact of the past. Everybody knows the scene is dead. (c)lazare.
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MessageSujet: Re: ACTE I ◆ Introduction participative.   Mar 13 Fév - 21:42

ACTE I. Introduction
(ambiance)
Il y a des moments où la jubilation tourne court. Où le plan fomenté se casse la figure en deux secondes. Où l’on abat ses cartes, pour se retrouver face à une quinte flush, et plus rien pour contrer le coup, plus rien pour gagner la partie.

La Cardinale avait regardé l’heure, vautrée dans son fauteuil en cuir noir. Vingt heures et trente minutes, Gellert devait être arrivé, accompagné de quelques Bienfaiteurs triés sur le volet, des figures qui auraient donné leur vie pour protéger Grindelwald, notamment au cas où la Première prenait comme une insulte le passage du Père des Pour le Plus Grand Bien, et entamait une rébellion interne en lâchant ses légions sur son supposé supérieur hiérarchique. Anke avait tanné le cuir de Gellert pour qu’il n’y aille pas tout seul : pas parce qu’elle n’avait pas confiance en la puissance magique de son ancien protégé devenu mentor, mais parce qu’elle connaissait la rouerie potentielle d’Hilda. Et aussi, et surtout, parce qu’on n’était jamais assez prudent.

À l’heure précise de l’apparition de Grindelwald dans la clairière, Anke ouvrit un dossier posé sur son bureau par un sortilège. Un rapport sur des discussions dans les couloirs de l’Assemblée, défavorables à son égard mais commençant peut-être à fléchir du bon côté de la barrière -le leur- pour les histoires de Secret Magique. La chevalière à son doigt avait l’œil grand ouvert -une promesse de la Cardinale faite à Gellert : elle n’espionnerait pas, et attendrait qu’il rentre pour qu’il lui raconte. Dans le même ordre d’idées, elle ne s’y rendrait pas avec lui : il fallait qu’il s’y rende seul, pour que nul n’ait l’impression que la Bienfaitrice œuvrait pour passer au-dessus de la Monstrueuse dans les plans de bataille possible.
Le rapport est long à lire, il y a des noms qu’Anke connaît, d’autres qu’elle connaît moins, alors elle attire à elle avec nonchalance des fiches d’informations, rassemblées depuis près de trente ans, parfois obsolètes, parfois très récentes, sur tel ou tel personnage invoqué dans le rapport, et hoche la tête en lisant en silence.

Ce n’est que lorsqu’on toque à sa porte ouverte qu’elle relève la tête du parchemin et dévisage son visiteur. Un coup d’œil à l’horloge : il est vingt-et-une heures. « Parle. », l’invite-t-elle d’une voix plutôt intriguée, tout en reposant le parchemin sur le bureau. Que peut-il avoir de si urgent à lui communiquer, et pourquoi tremble-t-il ? Il hésite sur comment débuter son récit. C’est qu’il sait -on en parle assez souvent dans les catacombes- que la Cardinale est bien proche de Grindelwald, et il aurait aimé ne pas être celui qui lui annonce cette funeste nouvelle. « Parle. », répète-t-elle, un brin plus fort, les sourcils qui se froncent un bref instant, tout en baissant la tête vers le parchemin : s’il ne se décide pas à parler, elle continuera de lire.

Mais il retrouve l’usage de la parole.
Et le glas tombe.
Gellert. Capturé. Attaqué. Prisonnier. Disparu.
Elle lui demande de répéter, vérifie les dires, et finit par poser la question qui fâche, d'une voix charrie des glaçons : « Et la Première ? » L’autre balbutie une réponse insuffisante, elle l'interrompt : « Dehors. »

Baguette en main, la Cardinale ferme violemment la porte de loin et s’appuie un instant sur son bureau, tentant tant bien que mal de contenir la rage qui lui enserre le palpitant. Ça cogne, dans son poitrail, dans ses tempes, dans tous ses membres, et les tatouages se déplacent au rythme des pulsations. L’ire est sourde, et les seules exclamations de colère qui jaillissent d’entre ses lèvres sont dirigées vers la Première. « Quelle petite pute ! », gronde-t-elle enfin, les mâchoires serrées.
Car c’est Jörgen qui a causé la perte de Gellert. Jörgen et ses manigances. Jörgen et sa connerie. Jörgen et ses massacres à répétition, tous plus sanglants les uns que les autres, tous plus médiatisés au fur et à mesure que les mois ne passaient. Hilda est responsable de tout, elle a peut-être même vendu Gellert à leurs ennemis, outrée d’être placée sous surveillance. Après tout, on ne peut pas faire confiance à une vélane, qu’elle le soit à demi, quart, ou à simple part. Pas moyen de s’y fier, pas moyen de travailler avec elles.
Bien entendu, si quelqu’un tentait de la raisonner, il s’y prendrait avec des pincettes : mais personne ici pour lui dire qu’elle extrapole. Personne pour lui suggérer, aussi, qu’elle a peut-être une part de responsabilité dans ce fiasco. Personne qui ne tient à mourir pour la satisfaction de proférer pareilles paroles, évidemment.

La baguette est posée sur le bureau, entre le bois et la paume de la Cardinale, et c’est tant mieux comme ça. Nul doute que si la brune se détachait de la table, baguette en main, elle brûlerait l’ensemble du mobilier, histoire de ne tuer personne. Elle compte, dans sa tête, jusqu’à 7, tout en fermant les yeux.
Les battements de son cœur s’apaisent, les tatouages vibrent moins, le souffle est moins rauque, la colère moins mordante. La Cardinale a besoin d’air frais pour se tranquilliser l’esprit, sinon il est évident qu’à la première vision d’Hilda, elle la réduit en charpie, alliée ou pas. Elle prend ses deux baguettes, les glisse dans un étui à sa ceinture, ouvre une armoire et y prend une fiole qu’elle ouvre et hume. Elle pioche dans sa réserve de cheveux coupés, et en glisse un dans la fiole, secoue encore et avale d’une seule traite. Une cape couvre très vite ses épaules, et alors que les changements physiques se produisent, la Cardinale quitte les catacombes pour faire en tour en surface, sous l’apparence innocente d’un type croisé avant 1921, qui doit encore être en vie, mais n’a aucune chance de se balader dans Nuremberg alors que la bonne société -ces fumiers- célèbrent tous la prise de Grindelwald.

Et après, seulement après, elle s'occupera d'Hilda.

- ♦ -

+ i bow for nobody +

tell me everything will be alright
tell me we'll prevail

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: ACTE I ◆ Introduction participative.   Mer 14 Fév - 0:54

ACTE I | La capture de Gindelwald
demeure winkler, à bonn. 26 janvier 1927. Des bras protecteurs, intimes, peut-être l'enlacement le plus sincère. Mais tout ça était triste. La froideur de la peur. Il fallait rester forte. Soudés. Natalia savait qu'elle pouvait compter sur cet homme qui partageait sa vie. Pourtant cette veille là il ne sembla que trop coléreux. « Si tu y vas tu vas y passer. Les forces d'Heimdall ont prévu une attaque demain à Bonn. Et n'ose pas me dire que c'est une coïncidence si demain tu dois y aller pour un rassemblement. » La voix de Björn était cinglante mais également bercée d'inquiétude. De son côté, la Winkler le comprenait, alors elle ne pouvait qu'acquiescer, et non lui en vouloir. Elle aurait réagi de la même façon. « Je dois y aller. Je me suis dérobée trop de fois, les représailles seraient irrévocables autrement. Et puis...» Un soupir qui en disait si long. « Je dois y aller, c'est tout. » C'était une fiancée qui s'efforçait de montrer sa confiance en elle pour éviter que son aimé ne s'en mêle. « Je serais prudente, c'est promis. »

. . .

Mrs.Manifold n'avait pas failli à sa promesse car elle avait tout fait pour le rester ce soir là. Son apparence était pour le moins des plus remarquables et rarement elle ne se métamorphosait ainsi. Le teint halé, les cheveux tressés depuis le haut du crâne, longs et d'un noir d'ébène. Impossible de faire une quelconque allusion à la jolie blonde raffinée qu'elle était à l'origine. C'était même peut-être à s'y méprendre, à se méfier, c'était trop évident qu'une grande femme telle qu'elle soit véritablement de ce milieu.

Ce n'était pas la première fois que l'inconnue de la Monstrueuse se présentait sous cette forme. En fait, c'était peut-être la plus courante lors des réunions. Un mot particulièrement dérisoire lorsque, au sein de l'organisation, finalement tous savaient pertinemment qu'un grand coup allait frapper. Cette nuit là, sur le sol qu'elle connaissait bien, à Bonn ne serait pas l'équivalente d'une autre. Les bruits courraient chez les missionnés de cette branche qui s'était rassemblés : Grindelwald serait là. Grindelwald était même peut-être déjà là, à la rencontre de la Première. Loin de cette curiosité, Mrs.Manifold gardait profil bas, à plusieurs mètres de l'affrontement dit cordial qui se déroulait sous la lumière lunaire. Elle ne faisais qu'observer de loin cette silhouette assombrie. L'homme qu'elle servait était là, pour une fois, devant elle. Sa peau s'était même hérissée à l'idée. C'était donc pour ce-dernier qu'elle était devenue le monstre que beaucoup s'étaient acharnés à voir en elle. Encore à ce jour, le Gouvernement la traquait sans le savoir. A cette unique pensée, la blonde aux couleurs bien changés serra les mâchoires et les doutes disparurent sans laisser leurs restes.

Un grondement. Le grondement d'un éclair tandis que le ciel demeurait immaculé. Tout s'accéléra. Les cris. Les sortilèges fusants de chaque côtés. Heimdall. Comme le russe le lui avait dit. Sa paume serra tant la garde de sa baguette qu'elle sentit même la douleur de l'anneau qui coupa le sang coulant dans son annulaire droit. Cette bague qu'elle avait gardé au cas où. Sa seule attache à la vie de Natalia Winkler. Son unique trahison. « REPLI IMMÉDIAT. CASSEZ-VOUS. » Elle n'eut pas un regard pour sa Première qu'elle regrettait seulement de ne pas avoir écouté son fiancé. Peut-être avant les réactions de beaucoup de tous ces Monstrueux, Manifold brandit sa baguette avant de transplaner.

Natalia avait tout prévu pour Mrs.Manifold. Se donnant alors rendez-vous dans la gare la plus proche pour éviter de faire un trop grand saut magique, elle avait gardé une clé au fond de sa poche de manteau. C'était celle d'un casier numéroté. Dans lequel se trouvait un balais. Son moyen de voyage de prédilection. Parce qu'elle se doutait pertinemment que les environs, là où pourrait se réfugier le plus facilement les membres de l'Einsicht, l'Heimdall et ses agents ne seraient pas bien loin. Ce qui ne manqua pas puisqu'à peine à califourchon sur le morceau de bois lisse et entretenu, un duo l'interpella. La métissée s'envola sans plus de zèle. Prise en chasse, elle ne semblait songer qu'à leur médiocrité face à une joueuse de Quidditch. La poursuiveuse de l'équipe allemande avait été entraînée pour ça. Il lui fallu tout de même une petite dizaine de kilomètres pour qu'elle sème ses chasseurs.

Elle ne put empêcher son cœur de se serrer lorsqu'elle débarqua aux Catacombes de Nuremberg. Le visage fermé, elle songeait à démontrer le moins de sentiment possible. S'effacer des lieux. Il fallait avancer sans se faire remarquer, au risque de devoir suivre les élans vengeurs de ses confrères. Une simple brise. Un mirage. Mrs.Manifold devait s'atteler à ce qu'elle savait faire de mieux depuis bien une cuvée : se faire oublier.

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Magnus Röhr
Gouvernement | Heimdall

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MessageSujet: Re: ACTE I ◆ Introduction participative.   Ven 16 Fév - 0:10

ACTE I | La capture de Gindelwald
À 20h25 dans la campagne àu sud de Bonn, on entend que le bruissement du vent dans les branches nues des arbres, les hululements lointains des hiboux et la tranquille agitation du camp de la montueuse qui prépare son attaque. Dans l'ombre et en silence, Heimdall est Les troupes de Magnus ont pris place autour du futur champ de bataille, dans un silence absolu; elles attendent le signal. Le piège se referme sur l'Einsicht et sur Gellert Grindelwald.

Il n'y aura pas de seconde Beelen ce soir.

« Nous sommes près mon général », dit le commandant d'Odin en se postant prêt de lui. « Bloquez-les contre le fleuve. »D'un geste de la main, il désigne le Rhin à l'Ouest. « Beaucoup d'entre eux ne savent pas transplanter. Ils ne pourront pas traverser. » « Bien, mon général. » « Si vous trouvez la première, ramenez-la immédiatement au siège. » Il ajoute « Doit-on faire d'autres prisonniers ? » « Non. » Répondue le général après un bref silence. Il y aura au moins prisonnier ce soir. Le plus important de tous. Pour les autres, le message doit être fort. « Brulez les corps. »

Il laisse au Commandant d'Odin le soin de s'occuper de la monstrueuse. Lui serait également sur-le-champ de bataille, mais pas au milieu des monstres. Magnus avait à faire avec Grindelwald, ce soir. « Bonne chance mon General. » Fait le commandant alors que Magnus tourne les talons. « La chance n'a rien à voir là-dedans, commandant. » Répondit Magnus sans se retourner. Ce n'était que le résultat de six ans de travail acharné. À cet instant, le fondateur de Heimdall est plus serein qu'il ne l'a jamais été ces derniers mois. Juste avant la bataille n'est pas le bon moment pour douter, c'est trop tard pour ça.

À l'instant où Gellert Grindelwald apparait au centre d'une petite clairière. Le signal est lancé. Dans une série de craquements, les unités d'élite et leur général, le visage masqué par leur cape ensorcelée, encerclent le mage noir et son escorte. À quelques centaines de mètres, le reste des soldats d'Heimdall fond sur la monstrueuse.

Magnus n'a pas besoin de donner d'ordres; ses hommes savent ce qu'ils ont à faire. Le plan est établi, ses soldats le connaissent. Il faut les attaquer, les disperser, les harceler, les empêcher de fuir, les tuer, le neutraliser. Tout cela il l'a déjà dit et répété. Il n'a pas besoin de donner d'ordre; ils ont l'avantage du nombre et l'effet de surprise. Ses hommes savent ce qu'ils ont à faire. Ce sont les meilleurs et c'est pour cela que Magnus les a lui-même choisis.
Ils serraient même parfaitement capables d'attraper Gellert Grindelwald sans lui.

Alors il peut s'occuper d'Hilda.
Puisqu'elle est là.


Ses cheveux flamboient à la lumière des sortilèges, comme une flemme dans la nuit. Elle rallume sa colère, attise sa haine, consume sa rage. Sa présence, aussi proche, est à elle seule, une provocation. Le premier sortilège file de sa baguette, elle l'évite de justesse. Plus tard il se dira que ce n'est pas plus mal. Il n'aurait pas voulu la tuer comme ça. Pourtant il ne la lâche pas, continue et s'acharne encore un peu. Un peu trop. Il ne devrait pas.
Elle le reconnait.
Elle le voit. Elle sait.
Il n'entend pas le mot, mais il voit ses lèvres qui bougent, et devine son prénom qui roule sur ses lèvres. C'est comme si la voix d'Hilda résonnait dans sa tête. « Magnus..? » Le temps est comme en suspens. Il aimait tant, autrefois, quand elle prononçait son nom. Il se rappelle quand elle le murmurait à son oreille, et qu'il se délectait avec délice de chaque syllabe. Il se rappelle quand elle le soupirait, parfois comme un soulagement, parfois comme une supplique, quand ils faisaient l'amour. Il se rappelle de quand elle le hurlait avec hargne quand ils se disputaient; quand elle le crachant comme une insulte.

Il s'apprête à lancer un nouveau sort. « Général ! » Il se détourne, instinctivement. Et avant même qu'elle disparaisse de son champ de vision, il sait déjà qu'il l'a perdu. Pour cette fois. Hilda disparait et il se ressaisit, presque instantanément. Gellert est au sol, figé par un puissant sortilège, une quinzaine de baguettes sont pointées sur lui. « Quelles sont nos pertes ? » demande Magnus à l'un de ses capitaines en s'approchant. « Trois morts, et six blessés, Herr. Par lui. »

La haine et la rage marquent chacun des traits de Geller Grindelwald. Il a l'air rongé de l'intérieur; par quelque chose d'ignoble, quelque chose qui répugne Magnus le dégoute profondément. Gellert n'est plus celui qu'il a connu à l'école. Magnus non plus. Il lui lance un regard mauvais. « Entravez-le », il ordonne. Sans ménagement deux soldats se saisissent du prisonnier, un troisième lui passe deux larges bracelets en fer gravés de runes autour des poignets. Quoi qu'il arrive, Gellert ne pourra pas transplaner par lui-même. « Où est son arme ? » On lui tend la baguette de Grindelwald. La même que celle qu'il avait lors de leur dernière année. Il se rappelle de cette baguette. Ce soir elle avait cruellement fait défaut à son propriétaire. Il s'en saisit. Une étrange impression lui traverse l'esprit. Il la rejette. Les chimères de Gellert sont toujours des chimères. Les américains en feront bien ce qu'ils voudront.

Au loin on entend le ravage des combats qui se livrent dans le camp de la monstrueuse. Magnus s'approche un peu plus de Gellert, se met exactement ne fasse de lui. Il retire son capuchon. Il veut que Gellert le voie. Il veut qu'il sache. Que c'est lui, qui l'a eu. Sur le visage de son ancien camarade, la rage se mue en une haine profonde, viscérale.
« On s'en va. » Dit Magnus en lui attrapant fermement l'épaule.

Et dans un craquement sonore, la clairière est à nouveau vide. Seuls restent sur le sol les corps enflammés, de ceux dont le fanatisme à causé la perte.

- ♦ -

Cold
Little
Heart.



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MessageSujet: Re: ACTE I ◆ Introduction participative.   Sam 17 Fév - 0:36

ACTE I - Introduction
Le coeur cogne dans la poitrine avec une violence qui lui semble inouïe. Elle le sent, là, taper contre ses côtes, elle lui trouve une horrible réalité. Elle le préfère silencieux, le myocarde, invisible et muselé. Le soleil se couche à l’horizon et baigne les lieux de sa lumière déclinante sans que sa beauté ne parvienne à émouvoir la sorcière dont le contrôle s’étiole. Elle en avait caché des choses, au regard bleu d’Ebenezer Eiche mais dès l’instant où la sensation d’étouffement s’est répandue dans ses veines, elle a su que la mascarade ne tiendrait pas une nuit de plus. L’horloge indique vingt heures. Demelza vient tout juste de sortir de la salle de bains, les cheveux encore mouillés en témoignent même si la robe turquoise laisserait penser qu’elle s’apprête à sortir. Le décor tangue, les teintes du boudoir paraissent se mélanger devant les yeux devenus gris. De quoi a-t-elle peur ? Si elle le savait, les choses ne seraient-elles pas plus simples ? Elle se sent tel un ectoplasme dans un monde trop palpable, pauvre créature anormale, invisible ou dérangeante. L’adrénaline pulse dans ses veines, la gorge se noue et les larmes montent au bord des billes claires. La métamorphomagie, lentement, lui échappe et sa baguette glisse d’entre ses doigts tremblants. La nausée est trop violente, la carapace effritée, craquelée. Elle se sent enfant effrayée, fragilisée, quand elle voudrait pouvoir continuer à feindre l’indépendance solitaire et satisfaisante. La tasse de thé vide s’écrase au sol lorsqu’elle se rattrape à la petite table, espérant regagner un soupçon d’équilibre. Ne pas tomber, résister. C’est le vide qui l’avale, le manque qui l’étreint. L’avouerait-elle ? Non. Pas même à elle-même. Combien de temps ? Cinq minutes ? Peut-être dix. L’enveloppe charnelle relâche la prise sur le bois et s’abandonne à l’oppression qui écrase tout son être. L’amertume sur le bout de la langue et le sel de ses pleurs étouffés. Le bleu profond teinte la longue chevelure rousse et meurt sur les pointes dans un blanc terni. Elle avait pris l’habitude de retrouver le salon chaque soir à la recherche d’une nouvelle lecture. Pas cette fois. On ne remarquerait pas son absence, n’est-ce pas ? Qui s’intéresse vraiment à elle ? Personne. Elle n’est qu’une erreur, un scandale, une aberration. Elle se laisse dévorer par ses démons intérieurs. Par chance, le miroir est trop loin, elle ne peut pas le briser pour s’en déchirer l’épiderme, elle ne peut rien faire sinon trembler, laisser son apparence à la merci de sa particularité, des traces sombres qui se dessinent par endroits - les mêmes qu’à son arrivée, les présents d’Emil. Il y’a aussi ce qui ressemble à des cicatrices, fines, discontinues, indescriptibles. Elle est tristement trahie par l’inconscient qui demande de l’aide tandis que ses lèvres musèlent les vérités.

Herr Eiche, la voix ose au milieu de la musique.
Ebenezer est calme, posé dans un canapé confortable. De fines lunettes sont perchées sur l’arrête de son nez alors qu’il lit la dernière écriture d’un traité obscur. Un rapport signé de la main de Franz qu’il déchiffre lentement. La jolie Anuja le fixe, dans son habit blanc. Ce n’est pas une invitation cependant. A en avoir son visage tordu d’inquiétudes, il se trame quelque chose.
C’est à propos de Miss Rosenbach ?
Elle hoche vivement la tête en même temps qu’il détache de son nez les lunettes et se lève. Il est élégant, Ebenezer Eiche, même quand il est ennuyé. Il savait que ça allait arriver. Les contre-coups de la magie noire ne tardent jamais. Il ne le sait que trop bien.
Je vais y aller. Faites le tour des autres chambres.
Vous aurez besoin d’aide, elle est -
Non, ça ira Anuja.
Il a un sourire qui la remercie, mais il ne souffrirait pas un nouvel affront. Il n’a pas besoin d’aide, et certainement pas d’une petite infirmière de rien du tout. L’autrichienne le comprend rapidement et hoche de nouveau la tête, s’excusant pour mieux disparaître entre deux portes. Le Doktor finit par remonter calmement les marches, sans se pressé. Qu’importe le temps qu’il prendra, la magie noire sera toujours là. Oppressante. Saisissante.
Il le sait, il la sent.
Quand il arrive devant la porte, il ne peut pas s’empêcher de ravaler douloureusement sa salive avant de pousser la porte. Il prend bien sûr son air le plus inquiet du monde, approche à pas vifs mais sans la brusquer. Il n’est pas alarmiste, au plus préoccupé.
Miss Rosenbach ?
Il l’attrape doucement par les épaules, même si elle déteste être touchée. Il se fiche bien de ce qu’elle veut à ce moment-là, se concentrant pour contenir tout ce qu’il veut.

Elle tremble comme une feuille, la pauvre petite chose soudain insignifiante face à Ebenezer, elle ne cherche même pas à se défaire de sa prise. Il n’y’a que la toux sèche qui la fait bouger, bien malgré elle. Pas de réponse verbale, alors, pas non plus son regard dans le sien.

Il secoue la tête, à peine, avant de finalement la serrer contre lui. D’une main habile, il tapote doucement son dos, comme s’il voulait la faire vomir, ou libérer ses poumons qui se compressent.
Détendez-vous, détendez-vous. Est-ce que ça fait mal ?
Il tappe de nouveau dans son dos, cette fois plus bas, au niveau du diaphragme.

Qu’est-ce qu’elle peut lui dire ? Qu’elle n’en sait rien et il la trouverait sans doute bien stupide de ne pas savoir une chose aussi simple. Elle a mal partout et nulle part à la fois. Après tout, tout est dans sa tête, nulle part ailleurs. Elle s’accroche, étrangement, au lieu de le repousser. Les ongles griffent un peu le tissu du vêtement, à l’épaule, sans compassion.



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Revelio

MessageSujet: Re: ACTE I ◆ Introduction participative.   Sam 17 Fév - 0:36

ACTE I | La capture de Gindelwald
– Ça va aller, ça va aller, qu’il lui murmure avec conviction même si en réalité il n’en sait rien, tout va aller pour le mieux.
Il ravale de nouveau sa salive, lève un instant les yeux au ciel parce qu’elle s’agrippe à lui et que dans le même temps, il serait si facile, si tentant, de la laisser agoniser au sol. De la voir lutter, se battre. De la voir pleurer. Qu’il serait doux de recueillir le sel de ses larmes.
Ebenezer fait claquer sa langue contre son palais avant de finalement l’attirer doucement hors de la chambre. Il la soutient, il la tient de tout son poids car elle ne se tient qu’à lui, comme s’il était sa seule ancre.
– Je vais vous remettre dans le lit si vous le voulez bien. Vous y serez mieux. Vous avez besoin de repos, Miss Rosenbach.
Comme il en parle, il finit par l’attraper par en dessous les genoux et la soulever sans grand mal. Il est plus fort qu’il n’y paraît, finement musclé à n’en pas douter. Il dépose comme il l’a dit la jeune femme dans son lit, se disant qu’il ferait bien mieux d’aller chercher de quoi l’aider et la tranquilliser. La crise ne passera pas avec de beaux mots, pas cette fois.

Elle lui attrape la manche, sans guère lui laisser le choix. Elle n’a pas envie d’être seule - pour une fois. Il n’est pas d’une compagnie si désagréable, le maître des lieux, et tant qu’il est là, elle sait qu’elle ne peut pas céder à l’envie de retourner chercher la saveur de la magie.
– Je n’ai pas besoin .. de repos.

– C’est ce qu’ils disent tous, sourit-il.
Bien sûr il est moqueur, mais il ne partira pas. Il ne devrait pas lui céder, ce n’est d’ailleurs pas dans ses habitudes d'obéir aux caprices, mais il comprend. Il a lui-même été ici, dans un grand lit, à s’accrocher au fantôme placide de sa mère. Doucement alors, il s’assoit dans le lit, sans y entrer. Il a une éducation, c’est ce qu’il avait dit à Lukas et ce n’était pas un mensonge.
– Anuja ?
Sa voix se fait forte, un instant. Dans le couloir, on entend à peine trottiner, et rapidement, c’est une tête blonde qui passe par le cadre de la porte.
– Herr Eiche ?
– Ramenez-moi mon sac, s’il vous plaît.
Elle repart, en silence. Il est tard. Il repose ses yeux sur la métamorphomage, avec un sourire en coin, moqueur.
– Vous êtes mal-en-point. Vous ne m’avez pas repris, Miss.

Elle a l’air d’hésiter un moment, à cause de l’infirmière. Elle ne l’aime pas, de façon parfaitement injuste et elle ne s’en est pas cachée. La femme partie, pourtant, elle cède à ce que les crises peuvent lui faire faire d’irrationnel et vient se dissimuler contre le sorcier.
– Vous êtes trop têtu et je suis trop fatiguée.

Il a un sourire en coin alors qu’il glisse ses doigts sur sa tête, caresse ses cheveux un instant comme pour consoler une enfant. Fut une époque, il le faisait pour Lise quand elle pleurait la nuit. Après tout, Lukas le lui avait dit : ce n’est qu’une enfant. Une toute petite enfant qui a peur de son reflet dans le miroir.
– Vous avez besoin de repos… Reposez-vous. Je veille.
Sur quoi ? Difficile à savoir. Sur les monstres ? Dans les placards ? Sous le lit ? Allons, Ebenezer est tous ces monstres à la fois.
De nouveau la porte s’ouvre, et le brun relève la tête, sans pour autant s’arracher à la jeune Demelza. Qu’importe ce qu’on dit entre deux portes, il n’est plus à ça près.
– Posez ça sur la table de chevet. Et couvrez le miroir.
– Bien, Artz.
Elle a un hochement de tête aimable mais à son visage, l’allemand sent qu’il y a quelque chose qui la dérange. Quelque chose de désagréable. Il ignore s’il s’agit de Demelza ou d’autre chose, mais il ne tardera pas à le savoir.
– Vous avez quelque chose à me dire, Anuja ?
La blonde descend le rideau pour ouvrir la coiffeuse avant de se tourner vers Ebenezer, l’air ennuyé. Ses yeux sont fuyants.
– Qu’avez-vous fait ?
Elle se tord les doigts, ennuyée, mais se lance. Elle n’a de toute façon pas le choix. Personne n’ignore parmi les domestiques que le Eiche lit tout, jusque dans l’âme, au plus profond des décombres de chacun.
– Herr, Gellert Grindelwald… Il vient d’être arrêté, Herr Eiche.
Le couperet tombe. L’Obscur ne bouge pas. Au mieux, sa poigne se renforce légèrement sur la tête de Demelza. Son visage parfaitement indifférent joue la comédie, mais à l’intérieur, il comprend que la prophétie s’est réalisée.
Ce n’est pas Gellert qui l’inquiète sur le moment.
Il se demande où est Silke.
Silke ?
Bien. Tu peux disposer.
L’autrichienne secoue vivement la tête et disparaît, les laissant de nouveau dans la pénombre tamisée d’une lampe et le silence.

Demelza pourra dire ce qu’elle veut, elle n’est pas tout à fait insensible aux signaux que les gens peuvent envoyer et si Ebenezer n’a rien dit de suspect, elle a eu l’impression qu’il était plus tendu qu’à son arrivée alors, doucement, et dans ce silence toujours aussi religieux, elle a glissé ses doigts sur le tissu du vêtement qu’elle avait déjà martyrisé un peu plus tôt pour y dessiner du bout de l’index des formes invisibles. Une enfant, avait dit Lukas, en effet.

– Il faut dormir, souffle-t-il, posant finalement sa tête sur l’oreiller, tête trop lourde pour résister.
Il est fatigué, Ebenezer, mais surtout, inquiet. Toutes ses pensées vont vers Silke. Il sait qu’elle participait au Massacre. Il sait pour la visite. Il sait pour tout, mais il n’a pas voulu faire le déplacement.
S’il avait su…
Il soupire et la serre contre lui, plus fort qu’il ne le voudrait. Pour se réconforter avant tout.

Elle est trop docile, sans doute, ou trop fragile, toujours est-il qu’elle ne résiste pas, ne cherche pas à le repousser, fixant l’obscurité légère de la pièce. Elle n’a pas envie de dormir, trop de choses tournent dans ses pensées.
– Vous êtes contrarié ?

– Inquiet.
La réponse est sincère, chaude, comme une morsure, une brûlure même. Il ne se cache pas Ebenezer, même s’il ne montre pas à tous quand il souffre. Il ferme les yeux, à peine.
– Si vous mourrez, votre frère me tuera.
Si Silke meurt…
Anke...
Hilda...

Ecrit à deux mains avec Demelza.
Revelio

MessageSujet: Re: ACTE I ◆ Introduction participative.   Dim 18 Fév - 20:27

Tu tournes en rond dans la salle d’entraînement comme un loup en cage. Tu rumines dans ton épaisse barbe rousse, récitant les étapes de la mission de capture de Grindelwald. Tu les connaissais par coeur, tu aurais presque pu te représenter l’endroit, si tu l’avais vu de tes propres yeux. Ils y étaient tous. Et pas toi. Comme un gamin serait privé de sortie, Magnus et Sonja avaient refusé que tu participes à cette arrestation. Qui sait ce qu’il serait advenu de ton allégeance si tu avais été en présence de la Première. Des foutaises, à ton avis, Sonja avait fait ce qu’il faut pour que tu ne sois plus atteint par ce genre de pacte maudit. Tu te serais auto-dévoré plutôt que de te retourner contre eux. Foutaises donc, peut-être, mais des foutaises qui avaient eu le dernier mot.
C’était à la fois de la frustration et de la peur qui animaient ta démarche lourde. Tu avais suivi les préparatifs avec minutie, avais procuré des conseils aux soldats jusqu’au bout, comme une mère hâtant son enfant, au matin de la rentrée. Parce qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. C’est pas que tu ne faisais pas confiance aux recrues que tu avais toi-même formé, pour la plupart d’entre eux. C’est juste que tu étais persuadé qu’avec toi à leurs côtés, elles ne s’en seraient que mieux portées. La mission s’en serait mieux portée. C’est que tu craindrais presque qu’ils échouent simplement parce que tu n’étais pas là.

Mais ça n’est pas pour autant que tu n’as pas ressenti un incommensurable soulagement en entendant les exclamations résonnant dans les couloirs.
Tu t’étais replié dans ta tanière ; la salle d’entraînement dévastée dans laquelle Sonja t’enfermait quand tu te changeais en bête. Pas de pleine lune ce soir, et pourtant, tu t’y étais rendu de toi-même, comme si, avec le temps, cette pièce était devenue ton défouloir, de manière plus générale. Ton poing s’extrait du mur dans lequel tu l’avais enfoncé, et tu te retrouves tellement rassuré que tu en oublies que tu viens de te péter les phalanges.

Un importun finit par juger bon de passer la tête dans l’embrasure de la porte pour te mettre au courant. « On t’a jamais appris à frapper, sombre idiot ? » grognes-tu. Un silence, pesant, et finalement, très vite -trop vite-, ton sourire, fendant ta barbe en deux. « T’en fais une tête, compère, t’as pas entendu la nouvelle ? » plaisantes-tu. En deux pas de géant, tu es sur lui, et passes un bras beaucoup trop fort autour de ses épaules. « Qu’est-ce que tu fabriques encore là, t’es pas en haut pour faire la fête avec les autres ? » que tu ne lui laisses pas le temps de répondre. Il ne s’agirait pas qu’on pense que tu n’étais pas resté de ton plein-gré au quartier général. Tu préférais qu’on imagine que le Général avait laissé sur place au moins une personne de confiance, à qui confier l’organisation, si jamais l’opération tournait au jus de citrouille.

Et la pression dans ta main sur son bras est telle qu’on a le sentiment qu’elle englobe non seulement ta frustration, mais aussi toute la pression qui retombe. Peut-être que tu ne commençais que tout juste à réaliser ce dont ils avaient été capables sans toi. Grindelwald était tombé. Tu ne donnais pas une semaines aux factions de l’Einsicht pour se disloquer, la Monstrueuse en premier. Cet amas grouillant d’animaux sauvages avaient intérêt à se disperser comme les cendres d’un vampire au soleil, au risque de s’entre-déchirer, avant même que l’Heimdall ne s’en charge.
Ce n’est qu’arrivé au coeur de votre repère que tu te décides à libérer ton otage de fortune. Ils sont beaucoup à venir te voir, déjà gonflés et enivrés par la nouvelle. On a tellement hâte qu’ils reviennent -tous, cela va sans dire- pour écouter leurs récits. Pour une fois, ce n’est pas toi qui conteras les histoires. Alors, tu feras semblant d’en inventer des nouvelles.

Tout était fini, maintenant. Et tout restait à recommencer.
Qui sait, tu allais peut-être -non, tu en étais certain- pouvoir revenir à la vie.

- ♦ -

big bad wolf
Ain’t no fairytale What I see in your eyes Awaiting your mistake Not too close, not too far Sneaking in the pain Every truth becomes lie I won’t trust myself Once I hear your call I’m out of my head Of my heart and my mind 'Cause you can run but you can’t hide I’m gonna make you mine Out of my head Of my heart and my mind 'Cause I can feel how your flesh now Is crying out for more



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MessageSujet: Re: ACTE I ◆ Introduction participative.   Lun 19 Fév - 0:31

Le discours de Magnus Röhr raisonnait encore dans la tête d'Amelia, dont la silhouette était encastrée dans un fauteuil, près d'un feu de cheminée dont les flammes flamboyantes se reflétaient comme un miroir dans les yeux perçant de la jeune femme. Silencieuse, contemplant l'élément dansant au dessus du bois qui se craquelait sous les morsures du feu, la benjamine Winkler prêtait aussi bien attention aux cris de joie et au mouvement festif de la foule dévalant les rues que des réactions et commentaires des animateurs radio. Grindelwald avait été mis hors d'état de nuire. Il allait ainsi stopper toute activité, et les ténèbres qu'il avait porté à ses côtés comme compagne durant des années allaient se dissiper. C'était un pas en avant. Un énorme rebondissement dans l'histoire de l'Allemagne, noyée bien trop longtemps dans une noirceur qui avait bercé la vie de la blonde. Heimdall avait fait naître un soulagement immense parmi toutes ces âmes bercées par la nouvelle. Mais Heimdall avait probablement aussi créé un sentiment de crainte chez ses adversaires. Après tout, si le fameux sorcier noir Grindelwald avait été enfin capturé après tant d'années de dur labeur, pourquoi l'organisation si appréciée et désormais vainqueur n'arriverait-elle pas à démenteler tout groupe prêt à suivre les traces de Gellert ? Un faible sourire pensif se dessina sur les lèvres d'Amelia, qui égara son regard vers la fenêtre close, où les somptueux rideaux n'avaient pas encore été tirés, laissant alors la clarté des rayons lunaires s'abattre sur les carreaux, les transpercer et venir épouser l'intérieur de sa bâtisse luxueuse.

En son sein battait un cœur heureux, satisfait d'avoir réussi à repousser la noirceur qui s'était trop longtemps répandu sur les terres allemandes. C'était un pas de plus vers un monde meilleur, et cet événement des plus marquants aurait pu l'emplir davantage de bonheur si elle n'avait pas cette inquiétude vis-à-vis de sa sœur. Cela faisait un moment qu'elle ne l'avait pas croisé. Où était-elle présentement ? Avait-elle été touchée par cette bataille, d'une manière ou d'une autre ? Amelia n'était pas au courant de l'allégeance de Natalia pour l'Einsicht, mais elle avait peur qu'elle soit sortit au mauvais moment, et qu'elle se soit retrouvé au mauvais endroit. Pourtant, ses souvenirs ne la ramenaient à aucun visage familier, aucun visage fraternel. Elle avait simplement toujours eu cette peur de perdre la métamorphomage. Sa main droite se porta sur la joue du même côté, et son index vint effleurer l'entaille rougie et ancrée dans son épiderme. Infiltrée pour Heimdall, la benjamine Winkler avait tout de même participé à l'affront sous le commandement de Magnus. Fidèle à celui-ci, elle l'avait suivi jusque sur le champ de bataille et avait arboré un masque afin de cacher son visage et ne pas se faire repérer. Cependant, la guerre s'était bien vite terminée pour elle lorsqu'un sort vint l'expulser quelques mètres plus loin et que des débris des murs éclatés, victimes de sortilèges qui n'avaient pas atteints leur cible, vinrent s'étendre sur elle et à côté, l'un d'eux venant la retirer son masque tandis qu'un autre vint lui couper la joue. Ses cheveux cachaient son faciès, mais elle devait s'en aller.Tout de suite alertée par le fait que son identité pourrait être révélée, elle s'évapora aussi vite qu'elle était venue, rejoignant les locaux d'Heimdall. Elle se rappelait encore son cœur battant, la peur se lisant sur son visage d'habitude fermé. Il lui avait fallu quelques minutes pour se reprendre et puis, elle avait patienté, encore et encore, jusqu'à ce que les forces alliées reviennent et que Magnus annoncent la nouvelle.

Tout s'était passé si vite. Les émotions avaient été si fortes et poignantes. Désormais, le repos était mérité pour ce soir. Heimdall avait gagné.



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ACTE I ◆ Introduction participative.

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