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KOD | Stranger.

Revelio

MessageSujet: KOD | Stranger.   KOD | Stranger. EmptyMar 13 Fév - 17:26

« Leave your regrets and impossible longings and scatter them across the sky behind you. And come into my sleep, for my soul to comfort and keep. »
I.1. | 27 janvier 1927, 23h | Demeure du Burggraf, Nuremberg


Douceur des draps le long de son corps nu. Hilda expire. La sensation est délicieuse et elle peut sentir, délicatement, ses muscles se détendre alors qu’elle ferme les yeux. À côté d’elle, Konrad tombe à son tour sur le lit. Elle peut entendre sa respiration distinctement. Le silence les entoure, une sensation rare et précieuse pour la demi-vélane qui, un instant, oublie où elle se trouve. Tout va bien. Elle vient de faire l’amour à Konrad, ils vont ensuite passer une demi-heure à converser, sûrement rire, peut-être sortira-t-il le piano, peut-être chantera-t-elle. Elle voudrait que ce soit Yule, elle voudrait qu’il ne soit pas marié et qu’ils puissent passer une nuit blanche ensemble. La fatigue est en effet réelle, une fatigue profonde et lourde, qui va au delà de celle de l’orgasme. En vain, elle réprime les souvenirs qui y sont liés. Perfides, cependant, ils reviennent. Déjà, les draps sont moins doux, la respiration de Konrad l’irrite, la lumière agresse ses yeux fermés. Hilda expire. Grindelwald a été capturé sous ses yeux.

Enfoirés. Déjà, la Première a ouvert les yeux, et s’est redressée. Un instant, un vertige la prend en comprenant qu’elle n’a aucune idée d’où elle se trouve. Inconsciemment, elle s’était imaginée dans un de ses appartements de Nuremberg. Ce qui l’entoure est cependant un lieu inconnu. Les souvenirs continuent de ré-émerger, avec l’abominable lenteur d’esprit que provoque la satisfaction physique. Elle est chez Konrad. Cette fois-ci, chez lui signifie l’endroit où habite sa femme, ses enfants, sa mère. Elja. La proximité de cette figure qui la terrifie encore la fait frissonner. Frisson qui finit de la réveiller. En d’autres circonstances, elle aurait profité du confort offert par la demeure du Burggraf. L’urgence l’en empêche. (Que fait-elle là ? Pourquoi est-elle venue ici ? Elle n’a pas souvenir d’avoir-) Elle se lève, dégage d’un geste les cheveux qui gênent sa vision, commence à rechercher des vêtements éparpillés artistiquement dans la large pièce. Se rappelle que Konrad est toujours là. “J’ai des choses à faire, je dois partir.” Il le sait déjà, bien entendu, ou s’en doute. Ils n’ont pas parlé, pas véritablement, depuis son arrivée. Elle se souvient de son air interloqué, à la porte, alors qu’elle s’était présentée cachée par une cape de Heimdall. Elle se souvient des escaliers dévalés dans son dos en évitant les regards. Ils n’ont pas parlé, rien dit. Il n’a pas demandé si c’était vraiment sa faute, ou peut-être ne sait-il pas. En réalisant, peu à peu, de tout ce que cela a l’air elle sent ses entrailles se tordre d’angoisse. Si qui que ce soit d’important croit qu’elle a organisé la capture de Grindelwald… (Si Anke…)
Elle trouve ses sous-vêtements, cherche ses collants. Sa baguette doit être quelque part, elle n’a pas souvenir de l’avoir posée. Sa priorité est de trouver de quoi affronter le froid de l’extérieur. Il lui est difficile de se repérer dans cet espace. Partout, des signes de la vie de Konrad, des livres, ses vêtements, aussi, mêlés au sien. Burggraf, père de famille, époux, fils de sa mère. Les marques de toutes ces appartenances qui ne lui sont pas liées lui irritent l’oeil. La coiffeuse de sa femme, surtout, la narguerait presque. “Nous allons sûrement rester chez toi pour l’instant, il y aura du monde. On restera discrets. Ne fais pas de connerie.” Elle ne le regarde pas. Le fait toujours très peu. Trouvant finalement ses collants, elle trouve place sur un siège pour les faire glisser le long de ses jambes. La sensation est désagréable. Quelque chose en elle veut retourner se glisser contre les draps délicats. Le devoir l’appelle, cependant, se dit-elle avec ironie. “Tu as fait un discours ? Remercié Heimdall ? Il ne va pas falloir tarder.” Elle prend presque un ton de reproche, de mise en garde, comme si elle allait lui apprendre son métier. L’intention, cependant, est surtout de garantir sa fidélité. L’alliance qu’il entretient avec l’Einsicht est bien plus importante pour Hilda que la douceur de ses lèvres. Elle le sacrifierait sans un remord. Le garder de la sorte est cependant fort pratique pour sentir, ou non, l’implication du Burggraf. Sa trahison est loin d’être impensable. Voire prévisible. Voire imminente. Et c’est le reproche de cette trahison future qui pointe dans son ton irrité. Ou alors, serait-ce simplement l’expression égoïste de sa propre irritation ?

Irritée de la capture, du travail, de la trahison, du carnage, de la présence de Magnus qu’elle peine encore à nier. Tout l’énerve ce soir, ou cette année, ou depuis des années. Irritée de cette pièce aussi, dans cette maison honnie, non loin de cette femme qu’elle tente de haïr pour ne pas trembler. Irritée d’être chez lui, et non chez elle. Insupportable sensation de ne pas être où elle devrait être.

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Konrad Reinhardt

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MessageSujet: Re: KOD | Stranger.   KOD | Stranger. EmptyMer 14 Fév - 23:19

« Leave your regrets and impossible longings and scatter them across the sky behind you. And come into my sleep, for my soul to comfort and keep. »
I.1. | 27 janvier 1927, 23h | Hôtel particulier Reinhardt, Nuremberg


, il avait chaud.
Les draps gisaient emmêlés à leurs pieds, le matelas lui semblait brûlant et le poids du corps de son amante à ses côtés était une sensation extrêmement satisfaisante.
Les mains de la demi-vélane sur sa peau avaient l’avantage de lui faire oublier, pendant un court temps, tout ce qui pouvait importer. Mais avec le temps le charme perdait de sa force, et Konrad gagnait en pragmatisme. Il n’a qu’une vaine grimace lorsque la cause de ce moment de plaisir lui revint en tête. Ah oui. Gellert.
Un vrai camarade, qui payait de sa personne pour que Konrad puisse profiter d’un moment en tête à tête avec sa femm- Il soupira. Merde. Gellert est capturé.
Merde. Nuremberg.
Merde. Les Monstrueux.
Merde. Sa mère à l’étage.
Merde. Sa femme au bout du couloir.
Merde. La réunion de l’Assemblée.
Ah. C’était bien le moment de prendre son pied.

Il fallait admettre que c’était parfois difficile de penser à autre chose, quand elle était là.

Il la regardait du coin de l’œil.
Ou plutôt pleinement.
Même s’il tentait de dérober son regard à son corps, il n’y parvenait jamais très longtemps. La résistance que son esprit exerçait sur son désir était toujours brève, et symbolique. Existante uniquement pour qu’il puisse se dire, la tête encore à demi embrumée, qu’il a essayé. Oh, il ne se sentait jamais faible, Konrad, de céder à la tentation. C’était une (demi) vélane après tout – le simple fait qu’il ne soit jamais tombé à ses pieds était déjà la preuve d’une fermeté d’âme assez remarquable à son sens.
Ses yeux ne se tournèrent qu’un instant vers la fenêtre, avant qu’un de ses mouvements n’attire de nouveau son regard. Il la regarda se relever, regarda ses cheveux laisser derrière eux un éclat de cendre, regarda la cambrure de son dos luire un instant à la lumière de la chandelle magique avant qu’elle ne soit totalement debout. Alors qu’elle commençait à ramasser ses vêtements, éparpillés avec les siens sur le sol, il tendit la main vers sa table de nuit pour attraper une cigarette et le briquet qui y traînait. « J’ai des choses à faire, je dois partir. » Ses lèvres esquissèrent un sourire en accueillant la cigarette. « Évidemment. » souffla-t-il, en même temps qu’il expirait la fumée légèrement colorée. C’était le principe même de leur relation : elle avait des choses à faire et elle devait partir. Cette fois-ci, l’excuse était bonne.
C’était quelque chose, de la voir s’affairer à retrouver tout ce surplus de tissu qu’ils avaient retiré sans même en prendre conscience en entrant dans la chambre. Konrad aimait la légère paleur de ses mains, lorsqu’elle les serrait sur ses vêtements. La peau un peu plus rouge autour des ongles. Il fit jouer la cigarette entre ses mains.

Elle ne le regardait pas. Lui ne la lâchait pas.

« Nous allons sûrement rester chez toi pour l’instant, il y aura du monde. » Oui. Vrai. Il fallait revenir à ce qui comptait. Nuremberg. Konrad redoutait les exactions qu’une meute de monstrueux livrés à eux même dans sa ville. « On restera discrets. » « Tu lis dans mes pensées. » se contenta-t-il de lâcher. C’était, après tout, ce qu’il voulait : la certitude que la Monstrueuse se tienne tranquille. La dernière remarque le fit sourire : il reposa sa cigarette sur le cendrier de la table de nuit et se redressa un peu plus sur le lit. Lui ne se précipitait pas vers ses vêtements, même s’il faudrait y songer. Il voulait encore profiter de la sensation que ses doigts avaient imprimé sur sa poitrine et le reste de son corps. « Ça te va bien, de me dire ça. » Il avait l’impression que ce ne fais pas de connerie ressemblait à un moyen de se dédouaner. Que s’était-il passé ?
Il s’imaginait bien, demander des détails sur la capture de son ancien camarade, encore nu sur son lit, tandis que sa vélane d’amante enfilait prestement ses collants. Il pouvait entendre le frottement élastique contre la peau qu’il venait de caresser. Il s’assit complètement, repoussa les derniers pans de draps qui l’entravaient : « Ne t’en fais pas pour la politique et les boniments. Je sais comment m’en sortir. » Il imaginait déjà ce qu’il allait dire, comment il allait le dire, avec quelles expressions et quels regards. Il suffisait de lâcher les mots clés au bon mot, supporté par un rythme ternaire suffisamment accrocheur. Liberté. Soulagement. Fierté allemande. Salvateur. Merci. Libérateur. Plus nombreux étaient les mots dérivés de libertas, atis, f : la liberté, mieux ce serait. Ce n’était pas le problème.

Le problème était qu’il ne fallait pas que le gouvernement puisse remettre les pieds à Nuremberg. Qu’il fallait garder la Milice loin, et les fouineurs également. Il fallait que le Bourg reste une zone à éviter pou les civils et les politiques. Il fallait qu’il puisse garder ce visage de Burggraf à demi-débordé par les évènements, trop occupés à endiguer la violence dans sa propre ville pour pouvoir représenter le moindre danger à l’extérieur. Il fallait que personne ne puisse se pencher sur tous ses trafics avec Munich. Unique traduction de sa nervosité, il avait repris une nouvelle cigarette, et ses yeux se fermaient lorsque la fumée s’échappait de son nez et de sa bouche.
« Heimdall, hein. Ils vous sont tombés dessus comme ça ? » Il ne savait rien, Konrad, il ne savait même pas si elle avait été présente. Mais il s’en doutait, et souvent il se doutait bien. Il se pencha pour venir attraper une des chaussures de la vélane qui avait glissée jusque de son côté du lit. Il la lui envoya, presque surpris du bruit que la lourde godasse fit en s’écrasant sur le parquet. « L’Einsicht fuit comme le tonneau des Danaïdes. D’abord la Nuit Blanche puis ça. » Deux fuites majeures en six ans pourraient sembler mineures, mais Konrad n’oubliait pas un échec. Surtout pas quand on lui donnait l’occasion de ressasser. Après, qui était-il pour juger des mouvements internes de l’organisation de Gellert ?

« Je compte sur toi pour les tenir. Tu peux compter sur moi pour que vous restiez. Je ne veux pas du gouvernement dans mes pieds. Encore moins d’Heimdall. » Avec cette simili-organisation, il ne savait pas à quoi s’en tenir. La cigarette s’éteignit. Il se leva pour reprendre ses sous-vêtements, puis sa chemise qu’il défroissa d’un simple sort avant de la remettre, machinalement, sur son dos encore couvert de sueur. Avant de revenir vers elle. « Gellert n’est qu’un homme, » fit-il en tendant simplement une main vers ses cheveux, attiré par leur éclat qui lui rappelait ce feu bombardant du salon. « Mais pas du genre à prévenir toute l’Allemagne de l’endroit où il compte aller, pourtant. » Il pris une mèche entre ses mains, la fit glisser entre ses doigts. Il lui semblait que c'était chaud. Comme le feu de la cheminée.

Comme le feu qui avait brûlé le Parlement, en vingt-et-un.
Il ne voulait pas revoir un nouvel incendie dans sa ville.

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Il y a des gens sans orgueil qui se résignent à végéter sous notre domination. Ils préfèrent vivre avilis sous notre botte que mourir glorieusement pour la Liberté...
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MessageSujet: Re: KOD | Stranger.   KOD | Stranger. EmptyDim 18 Fév - 18:03

« Leave your regrets and impossible longings and scatter them across the sky behind you. And come into my sleep, for my soul to comfort and keep. »
I.1. | 27 janvier 1927, 23h | Demeure du Burggraf, Nuremberg


Konrad est calme. Elle déteste ça. Elle aurait sûrement dû s’y habituer, au cours des années. Elle se rappelle d’un temps où elle avait même pu rechercher ce stoïcisme. Rien ne pose problème entre les lèvres de Konrad. Une simple cigarette désamorce toutes les tensions et les rares moments où elle le voit se départir de sa sérénité, c’est bien entre ses bras. Fut un temps, cela la flattait tant qu’elle faisait abstraction de sa bonhomie habituelle. Aujourd’hui, son ton placide la trouble. Comme un portoloin qui avancerait, peu à peu, selon le tic et tac de l’horloge avant de partir, définitivement, à un moment qu’elle ne saurait prévoir. Il était, bien entendu, hors de question de s’y accrocher. « Ne t’en fais pas pour la politique et les boniments. Je sais comment m’en sortir. » Elle ne s’inquiète pas pour lui. Elle voudrait le lui cracher à la figure, juste pour voir l’expression que cela dessinnerait sur son visage de marbre. Elle s’inquiète pour elle, et sa Monstrueuse. Peu importe. Qu’il brûle, ou crève, elle n’en a cure. Pour seule réponse, cependant, elle hausse des épaules, délègue d’une main évasive, dans une confiance toute relative qu’elle lui confierait. Fais ce que tu veux.
Et bien sûr, de sa langue perfide, il vient se mêler de ce qui ne le regarde pas. « Heimdall, hein. Ils vous sont tombés dessus comme ça ? » Heimdall. Le mot vibre avec une nouvelle sonorité maintenant. Elle a encore, imprimée sur sa rétine, la silhouette de Magnus. Il y était. Il en fait partie. Elle l’a toujours su, quelque part. Bien sûr, qu’il y est. Qui d’autre ? Qui d’autre dans ce foutu pays arriverait à entreprendre quelque chose de cette envergure ? Certainement pas cette petite fouine sans ambition de Konrad. Il n’y a que son Magnus pour - Le bruit de la chaussure qui échoue sur le sol la fait sursauter. Elle se reconnecte à la réalité, à la pièce, à l’étrangeté de cette ambiance où cette coiffeuse ne lui appartient et où ce geste a connu d’autres jambes que les siennes. Cette partie de Konrad qui ne lui appartient pas l’irrite. La chaussure est attrapée, puis chaussée, par dessus les collants. Aucune réponse ne vient éclairer la remarque de Konrad. Deuxième chaussure, et aucun signe de sa baguette. « Je compte sur toi pour les tenir. Tu peux compter sur moi pour que vous restiez. Je ne veux pas du gouvernement dans mes pieds. Encore moins d’Heimdall. » Elle tique, enfin, et des yeux bleus viennent enfin se poser sur la figure impassible du Burggraf. « Ne t’inquiète pas pour la Monstrueuse. Je sais comment m’en sortir. » Elle a une grimace dédaigneuse, tout en le regardant s’approcher. La tête relevée, elle le défie presque du regard. De quoi ? « Reste tranquille, les méchants américains n’approcheront pas de ton Eden. » La grimace devient sourire, moqueur, potentiellement tendre. « Je suis sûre que nous avons de quoi te protéger à l’Assemblée. » Pauvre petit Konrad, dans son petit manoir, avec sa mère, sa femme, ses enfants. Le dégoût et la jalousie laisse peu à peu place au mépris. Elle qui n’a plus rien ne peut que regarder de haut ceux qui s’accrochent à tout ça. Fut un temps, elle pensait qu’il pourrait tout abandonner pour elle. Ne jamais prendre Konrad pour acquis, cependant. Elle a appris cela des pires façons.

« Gellert n’est qu’un homme, » dit-il, et elle hausse les épaules, regardant ses doigts mêlés à ses cheveux. « Parait-il. » Toujours est-il qu’il a résisté à des charmes vélanes auxquels d’autres se sont soumis docilement. « Mais pas du genre à prévenir toute l’Allemagne de l’endroit où il compte aller, pourtant. » Elle fronce finalement les sourcils. Ses yeux remontent, dessinent presque une quelconque taillade de son cou. Elle déteste ces yeux trop sereins. Il ne lui semble familier qu’ainsi, à la dévorer du regard. « On va s’en charger. On va trouver celui qui a fuité. Puis on le tuera. On risque même de vous envoyer la tête. » Elle a rire rapide. Devant elle, elle parle de on quand derrière elle a déjà une liste d’Obscurs à suspecter. Ce sont eux, elle en est persuadée. Bien que cela soit le moindre de ses soucis. Gellert, après tout, voulait la détrôner. Qu’il disparaisse, on lui a fait un bon service. (Un service beaucoup trop grand pour qu’il ne soit suspect.) (Saloperie.) Elle agite la tête, les cheveux avec, faisant voler les mèches prisonnières. « Les fuites ne me concernent pas. Les autres foirent. Nous continuons de nous étendre. » Seule chose qui importe.

Les discussions politiques avec Konrad sont courantes. Elles disent rarement grand chose, car ils sont loin de manigancer en profondeur l’un avec l’autre. Les ressentis, pourtant, sont souvent énoncés, partagés, commentés. Tout est normal et, pourtant, elle rompt le contact et se lève, pour le dépasser. Les chaussures lourdes traversent la pièce pour rejoindre la robe sombre, lourde, épaisse, dans laquelle elle rentre et qui l’habille vite. Son armure de Première a rarement été aussi appréciée. « Cette pute d’Anke par contre... » Elle a un ricanement, fixe une étagère comme si elle était l’incarnation de la Cardinale. « Je peux te dire que ce qui lui reste de pouvoir va trembler cette nuit. » L’hilarité va jusqu’à la gorge, ronronne le long du décolleté. « Sans Grindelwald, elle n’est rien. » Hilda, elle, ne refera plus l’erreur de se subordonner à un homme. Une fois, deux fois, on arrête les frais. Elle présente son dos nu à Konrad, jubilant dans son malheur. « Tout n’est pas si noir ce soir, je suppose... » Ou c’est juste qu’il faut se dire, pour affronter la perspective d’un retour dans les sous-sols de la ville.

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Konrad Reinhardt

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MessageSujet: Re: KOD | Stranger.   KOD | Stranger. EmptyJeu 22 Fév - 21:16

« Leave your regrets and impossible longings and scatter them across the sky behind you. And come into my sleep, for my soul to comfort and keep. »
I.1. | 27 janvier 1927, 23h | Hôtel particulier Reinhardt, Nuremberg


Elle ne pouvait pas vraiment être elle-même si cete rage ne l’habitait pas : elle crachait, se moquait de ses remarques, le diminuait comme elle le pouvait : méchants américains, nous avons de quoi te protéger… Elle en avait besoin, évidemment. Le choc, l’angoisse, la rage. Elle fonctionnait ainsi. À diminuer, diminuer toujours plus : du moment qu’elle n’y croyait pas véritablement, il pouvait bien la laisser charger ses crocs de venin : « Je ne vous demande rien. Ne tente pas de faire passer le maintien des troupes à Nuremberg pour une faveur que tu me ferais. » Il eut un haussement d’épaule, assez bref. « Ou alors, ne le fais pas quand je suis là pour l’entendre. Ce que tu dis à tes collègues m’importe peu, finalement. » On ne pouvait pas la contrôler, dès qu’elle passait la porte c’était un jet de dé : ce qu’elle allait faire, ce qu’elle allait dire, quand elle allait revenir – Konrad n’avait pas appris à faire confiance, mais avait appris à gérer les conséquences.

Les cheveux roulaient, roulaient dans ses doigts. La couleur semblait se raviver, à chaque frottement contre ses phalanges. Il crut, pendant un bref instant, que c’était lui qui produisait ce phénomène, avant de pleinement prendre conscience qu’il s’agissait de la hargne de son amante qui alimentait la braise que soufflaient ses mèches. « On va s’en charger. On va trouver celui qui a fuité. Puis on le tuera. On risque même de vous envoyer la tête. » Il lui semblait que les cheveux devenaient plus chaud : « Tu peux te passer de la mise en scène, même si je connais ton amour pour la chose. » Un de ses ongles vint crisser contre la douceur des cheveux, brièvement, avant qu’il ne se reprenne : « Ce qui compte c’est que la personne qui balance comme un bon dieu d’élève de classe étoile arrête de nous mettre des coups de hache dans le balai. Ou les personnes. » Son mouvement de tête arracha les cheveux de son emprise, et il les sentit glisser entre ses doigts. Rougeoyeant, puis plus terne, puis de nouveau éclatant, comme la respiration douce d’un feu.
C’était ironique, que ce soit lui qui s’inquiétât presque le plus des mouchards qui pouvaient grouiller au sein de l’organisation – après tout, l’Einsicht, il n’en faisait pas parti, cela devait être d’avantage le problème de la demi-vélane que le sien. Peut-être était-ce sa désinvolture qui le poussait à s’y attarder, ou bien alors le fait qu’il ait une rancune toute particulière contre la personne, quelle qu’elle soit, qui aurait pu foutre en l’air tout son pl- Il inspira.
Sa rage à lui ne faisait pas davantage briller ses cheveux, c’était inutile de s’y laisser aller.

« Cette pute d’Anke par contre … » Elle rageait sur Anke tout comme il avait tenté de diminuer Gellert en le ramenant à l’humanité la plus simple ; jusqu’ici rien de nouveau et l’on aurait pu croire que cette soirée était comme toutes les autres. C’était aussi ce qu’il appréciait, c’était aussi ce qu’il recherchait, sachant fort bien que ces moments n’étaient que trop courts et qu’assez vite il serait bien forcé de revenir à la réalité. « Sans Grindelwald, elle n’est rien. » Le rire gonflait sa poitrine, la faisait vibrer presque devant lui, trop ostentiblement pour qu’il n’y prêtât pas à attention, pour qu’il ne s’intéressât au souffle et à l’éclat blanc de sa peau. « Je ne peux que te conseiller de ne pas la sous-estimer. Elle risquerait de te trancher la gorge avec les dents » Véridique. Ou très proche de la vérité. C’est qu’il la connaissait depuis un sacré nombre d’année, la Sternberg, et qu’il avait eu le temps de l’étudier : acculée, elle était imprévisible et surtout très sensible à sa rage. Un peu à la manière de la vélane. Qui lui présentait à présent son dos, dénudé par sa robe ouverte. Il ne s’écarta qu’un bref instant pour glisser une nouvelle cigarette entre ses lèvres, avant de venir boutonner l’habit de son amante : « À jubiler comme ça on pourrait presqu’avoir l’impression que tu es satisfaite de ce qui s’est passé. » Il avait commencé par les boutons du bas, faisait glisser sa paume sur la cambrure, fermait les yeux un instant, tire une taffe de sa cigarette avant de la coincer de nouveau entre ses lèvres pour continuer son œuvre. Jusqu’au milieu du dos, passant à chaque fois un doigt sur la peau nue. « Fais attention à toi, Hilda. » Il lâcha sa cigarette, l’éteignit avant de la laisser par terre. Et il se pencha un avant, les genoux à demi fléchis, pour pouvoir poser ses lèvres entre ses omoplates, puis contre son cou, pour remonter près de son oreille : « Je serais affligé de voir ta tête être envoyée à Berlin. » Il posa ses mains sur ses hanches, pour la tenir contre lui. « Tu sais que j’aime quand tu te rengorge, mais je pense être un des seuls, surtout cette nuit. »

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