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dies irae (wagner)

Revelio

MessageSujet: dies irae (wagner)   Mer 21 Fév - 3:05

Elle a échoué.
Échoué.

De rage, elle a brûlé le Parlement de Nuremberg, forte de la puissance de sa seconde baguette. De fureur, elle a transplané chez les autres membres de sa fratrie la nuit même pour ôter la vie à son neveu et sa nièce, histoire de faire payer à sa fratrie leur abandon (car Till n’aurait pas eu le cran de la trahir sans le soutien des autres, elle en était persuadée ; Till trop couard, Till toujours dans les jupes de leur mère, Till trop faible). La frénésie l’a amenée à se faire enlever les ovaires par un de ses alliés, et elle les a brûlés pour maudire l’ensemble de sa lignée fraternelle.

La colère n’est pas retombée, notamment parce qu’elle ne veut pas croire que Till a trouvé son courage tout seul, alors elle cherche un autre traître, un qui aurait susurré n’importe quoi à son cadet pour qu’il la vende au Parlement et révèle son plan formidable et terrible à la fois, loin d’imaginer que c’est la simple ferveur gouvernementale qui a retourné Till contre elle. C’est la prunelle brûlant presque de folie qu’elle est sortie des catacombes de Nuremberg avec son attirail de duelliste et qu’elle est partie en chasse du second fourbe félon. Il y a un nom qui tourne en boucle dans son esprit et elle veut lui donner le bénéfice du doute, si toutefois il arrive à en placer une sans lui hérisser le poil. Alors elle rôde, la paria toute récente, elle rôde dans les ruelles de Berlin, où le gouvernement tout entier s’est replié, tas de souris apeurées toutes réunies dans un seul panier. Si elle avait les forces suffisantes, elle en profiterait, mais cela reviendrait à mettre à feu et à sang Berlin, la capitale de son Landgraviat, et cela elle ne peut s’y résoudre. Certes, elle est déchue de son piédestal, mais elle refuse de détruire ce pour quoi elle a tant œuvré : une ville qui fait la jalousie des autres capitales de Lander, pense-t-elle, un futur centre du monde magique. Alors Berlin reste indemne, tandis que la Sinistre Sternberg cherche un moyen de remettre la main sur son pouvoir politique désormais hors de portée.

Tapie dans l’ombre à la sortie du Ministère des Mœurs, elle guette et finit par repérer sa cible qui en sort. Ni une, ni deux, elle avale le contenu d’une fiole de polynectar où elle a glissé le cheveu d’une inconnue croisée quelques jours plus tôt, et elle s’engage sur l’artère principale. Elle le file de loin, s’assure qu’il n’est lui-même pas suivi, et lorsqu’elle en est certaine, elle transplane à ses côtés et le pousse dans une allée comme si ce n’était qu’un jeu. D’aucuns y verront un couple mal assorti, mais personne ne verra le poignard qu’elle cale sous sa gorge dès lors qu’elle l’a plaqué contre un mur en brique. « Surprise, Herr Wagner. » lance-t-elle entre ses dents serrées, tandis que les yeux lancent, eux, des poignards. Le visage n’est pas le sien, mais la voix, elle, reste d’une tessiture aussi grave que lorsque c’est Anke Sternberg qui parle au perchoir du Parlement. Il ne devrait pas s’y tromper. « Je crois que vous avez quelques explications à me donner au sujet de vous-savez-quoi. », poursuit-elle sans s’écarter, et en appuyant un peu plus la lame nue contre le cou de son interlocuteur, tandis que ses sourcils se froncent un chouilla plus et que le ton se durcit. « On va d’abord commencer par le commencement -et n’essaie même pas de sortir ta baguette ou je te la fais manger, tu sais que j’en suis capable, ne joue pas au con avec moi, tu vas perdre. Entendu ? Tu vas me dire sans omettre un seul détail ce qu’il s’est passé il y a une semaine, ou je te vide de ton sang avant que tu ne puisses prononcer un seul son. Compris ? » Elle doit savoir. Elle doit comprendre. Elle doit avoir la certitude que ce type n’est pas le pire salaud que la terre ait porté -ou en tout cas, pas un salaud doublé d’un traître.

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Desmond Wagner
Gouvernement | Einsicht

Revelio

MessageSujet: Re: dies irae (wagner)   Ven 2 Mar - 19:11

Le sentiment d’être observé colle à ses chaussures. À sa nuque. Dégouline sur lui, non pas comme de l’eau, mais comme quelque chose de gluant, dont il ne peut tout à fait se défaire. Une semaine qu’il endure ce désagréable sentiment, qu’importe où il va. Au Ministère, chez lui, dans la rue, les restaurants, partout. Observé. Suivi. Une semaine qu’il endure, et il endurera aussi longtemps qu’il le faudra, si cela suffit à le blanchir de toutes les accusations qui n’ont jamais été formellement formulées à son endroit, mais qui attendent patiemment un seul faux pas de sa part pour éclater.
Il attend patiemment qu’Anke le contacte, en vérité, parce que c’est pour elle qu’il s’inquiète, à chaque fois qu’il lit son nom dans les journaux, à chaque fois qu’il l’entend prononcé par un de ses collaborateurs, à chaque fois qu’on lui parle de ce que tous appelleront plus tard la Nuit Blanche de Nuremberg.
Anke détesterait qu’il s’inquiète pour elle.

Son air distant est parfaitement en place, à chaque instant. Au travail comme ailleurs. Au cas où on l’observe jusque dans son logis. Il quitte le Ministère des Moeurs toujours à la même heure, toujours sans se presser, épousant ces habitudes routinières, ennuyantes, qui font de lui un tel personnage. Cette fois, cela dit, une chose change, et sans qu’il s’y attende, il se retrouve poussé dans une ruelle et sous sa gorge, ce n’est pas une baguette qui le menace, mais bien un poignard. Splendide. Charmant. « Surprise, Herr Wagner. » Le visage lui est inconnu, mais pas la voix grave. Il ne répond pas, ne sachant pas s’il doit flairer le piège, l’illusion, ou si au premier mot, la sorcière l’égorge. Trois options valables. « Je crois que vous avez quelques explications à me donner au sujet de vous-savez-quoi. On va d’abord commencer par le commencement -et n’essaie même pas de sortir ta baguette ou je te la fais manger, tu sais que j’en suis capable, ne joue pas au con avec moi, tu vas perdre. Entendu ? Tu vas me dire sans omettre un seul détail ce qu’il s’est passé il y a une semaine, ou je te vide de ton sang avant que tu ne puisses prononcer un seul son. Compris ? » Il est physiquement impossible pour lui de rouler davantage des yeux, mais s’il le pouvait, il le ferait. Anke est toujours si dramatique, et il craint que ça ne s’améliore pas en vieillissant. Wagner dépose lentement sa main sur la taille de la sorcière, histoire de parfaire l’illusion d’un couple abrité dans une ruelle. Un simple, innocent couple, sur lequel les passants ne poseront qu’un regard vague avant de détourner les yeux et de retourner à leurs occupations.

Desmond parle pratiquement sans bouger les lèvres, la tête d’une parfaite immobilité pour ne pas que la lame entaille la peau nue de sa gorge. « Ton frère a tout découvert. Nous n’avons pas eu le choix de partir, tous. Ma résistance aurait été suspecte, de par notre proximité, et mon inculpation - ou même ma mort - aurait été inutile à tous. Elle comprendra. Il espère. Quoique la mauvaise foi d’Anke n’est pas à écarter. Sur quels détails désires-tu que je m’attarde ? » Son ton est vaguement ironique, un de ses sourcils haussé en questionnement.
Revelio

MessageSujet: Re: dies irae (wagner)   Jeu 15 Mar - 18:58

Elle ne bronche pas lorsqu’il pose sa main sur sa taille, pas plus qu’elle ne cille, grogne, ou montre les crocs. Et pourtant, elle pourrait ne pas apprécier le geste, s’il ne s’agissait pas de donner l’illusion parfaite d’un couple affairé à quelques répréhensibles désirs. Un comble quand on songe aux projets que leurs parents avaient pour eux, deux décennies plus tôt. Le poignard reste en place alors qu’elle attend qu’il parle. Le connaissant, il est en train de choisir prudemment ses mots : Desmond n’est pas un de ceux qui parlent sans réfléchir quand une Anke en furie est dans les parages, et c’est peut-être pour cela qu’elle estime et apprécie sincèrement le bougre. Il a appris à la connaître et à manœuvrer en eaux troubles, à ne pas surestimer la patience de la Sternberg, et surtout -surtout- à ne pas faire de geste brusque en sa présence. Trop de qualités en un seul homme, me direz-vous certainement.

Les mots de Desmond confirment ce qu’on lui a soufflé le soir-même, lorsqu’elle est arrivée dans une assemblée déserte alors qu’elle l’avait à peine quittée. Till. Cette petite enflure. Ce couard. Ce traître. « Mon frère. », gronde-t-elle, dragonne à l’arrêt, lorsqu’il s’enquiert de ses desiderata en matière de récit. Ses narines se plissent, signe du dégoût que lui inspire ce type qui partage hélas son sang. « Était-il seul à la tribune ? » Elle redoute une trahison plus grande. Elle redoute qu’un certain Reinhardt ait choisi son camp et n’ait profité de cette manœuvre que pour la confondre, elle et son ambition mordante. Car elle sait qu’elle a manqué de prudence à un moment dans l’engrenage, qu’elle s’est laissée prendre et que les rouages de la machine infernale ont entraîné sa main et ses phalanges broyées par la honte et le déclin. Le tout est de savoir où, maintenant, sans se laisser à la rage pleine et entière qui la dévore pourtant. Paria alors qu’elle brillait. Déchue si près du but. « Décris-le moi le plus précisément possible, s’il avait l’air serein, s’il tremblait, s’il semblait avoir pris une potion de vigueur, n’importe quoi. Je veux le voir comme si j’y étais. » Parce qu’elle ne peut pas se le représenter. On a beau lui avoir dit et décrit la scène, elle ne parvient toujours pas à y croire.

Elle ne revient pas sur l’action de Desmond. Le bras droit parlementaire qu’il a été n’a jamais failli à son devoir et les raisons froides qu’il lui a présentées lui suffisent -pour le moment. Il lui doit tout, et Till n’a jamais eu un intérêt quelconque pour les Wagner. Probablement s’en est-il méfié quand elle l’a désigné comme Helfer, mais elle ne considère pas son frère capable de retourner un atout contre elle -peut-être devrait-elle se méfier, cela dit… Elle reviendra après, peut-être, là-dessus. Pour l’heure, c’est le palpitant qui s’enserre, celui-là-même qu’elle a fait taire. Le poignard reste là, affirmation de son autorité, de sa dangerosité, de sa fureur, encore un temps. Parce que si elle le lâche, elle craint d’avoir la poigne qui ne tremble, et la faiblesse qui ne l’étreigne. Alors elle reste, contre lui, comme une donzelle emportée par les transports de la passion, alors que pour l’heure, si elle s’écarte, elle chancelle. Le poignard mord la peau du sorcier, sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte, les prunelles plantées dans celles de son allié.

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Desmond Wagner
Gouvernement | Einsicht

Revelio

MessageSujet: Re: dies irae (wagner)   Ven 30 Mar - 21:27

Tout hypocrite Desmond soit-il, il ne lui vient pas en tête, pas un seul instant, de servir autre chose que la vérité à sa camarade. Inutile de plaider autre chose, alors qu’Anke sait probablement tout ce qu’il y a à savoir. Le moindre mensonge sera chèrement payé, par l’Ascète. « Mon frère. Était-il seul à la tribune ? Aucun hochement de tête pour accompagner sa réponse positive. Oui, il était seul. Je ne crois cela dit pas que Till ait été capable de découvrir tout ceci par lui-même, et uniquement lui-même. » Wagner n’a jamais eu grande affection pour les cadets d’Anke. Mous, incapables, si éloignés du charisme renversant de l’aînée, ils n’ont toujours été que du menu fretin à ses yeux. Quel intérêt de se pencher sur les demandes et l’évolution de ces personnages eux-mêmes dépourvus de toute particularité ? Il faut croire qu’il a eu tort, lui qui a toujours raison. Il faut croire qu’il n’a pas été le seul. Néanmoins, il refuse de croire Till suffisamment vif, ou intelligent, pour avoir tout orchestré par ses seules capacités. Il a forcément des complices, des alliés, d’autres traîtres qui rôdent dans les différents niveaux du gouvernement.

« Décris-le moi le plus précisément possible, s’il avait l’air serein, s’il tremblait, s’il semblait avoir pris une potion de vigueur, n’importe quoi. Je veux le voir comme si j’y étais. » La brûlure contre son cou trahit la morsure de la lame contre sa chair, sous juste la pomme d’Adam qui ne peut se retenir de tressauter à chacun de ses mots. Un grognement mécontent, celui d’un chat déplu, remonte de sa poitrine, mais il ne se dégage pas. Sent-il la nervosité se dégager d’Anke ? Cette faiblesse, inattendue chez cette personne toujours si forte ? Peut-être. Peut-être que non. Une part de lui, latente, sans doute. Sa deuxième main vient également l’enserrer, le bras la rapprochant un peu plus de lui. Wagner a la pensée soudaine de leur petit jeu, de faux fiancés, de rumeurs amusantes qu’ils ont aimé amplifier sans jamais y répondre. Si on les avait surpris dans cette position, il y a une semaine, ça aurait eu un tout autre goût. Maintenant… ils risqueraient des choses encore plus désagréables que des ragots dans la presse à potins.

Ses yeux noirs se ferment, pour que derrière ses paupières se rejoue parfaitement la scène vécue il y a une semaine. Un mince filet de sang dégringole le long de son cou, déjà, et tache le col immaculé de sa chemise. Détail anodin. « Serein. Décidé, comme il ne l’a jamais été, presque charismatique. Il a exposé ton plan et t’en a placé comme seule maîtresse, et a réussi à convaincre l’Assemblée de partir avant que tu arrives sur place, vraisemblablement accompagnée.  Ses yeux se rouvrent et descendent sur le visage attentif de la brune, captent son regard profond. Il connaît ton sens du théâtre, Anke. » Impossible de se retenir de glisser ce commentaire, finement narquois, mais pas haineux. À peine déplacé, peut-être, mais contre le sang qui coule sur sa peau, il a bien le droit de s’arroger ce bref amusement.



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