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la der des ders (anciens de durmstrang & +1)

Revelio

MessageSujet: la der des ders (anciens de durmstrang & +1)   Ven 23 Fév - 16:36


PRELUDE - 1919
LA DER DES DERS


DURMSTRANG
mardi 11 novembre 1919


Tenues de soirée sorties pour l’occasion, verres en cristal soigneusement alignés, invitations envoyées. On aurait pu croire que la soirée était plaisante et joyeuse, une cérémonie qui unirait anciennes et jeunes générations dans un bonheur partagé. Mais les visages étaient tirés, tristes, en cette funeste nuit de 1919. Le traité de Versailles avait été signé -imposé pensaient la majorité des Allemands- il y avait près de six mois, mais l’amertume n’était pas partie. Elle ne disparaîtrait pas avant longtemps, probablement.

Pour autant, aux yeux des autorités ayant organisé cette réception, l’heure n’était plus aux rancœurs des belligérants, mais à la réconciliation internationale, européenne surtout, sur la base des pertes communes. La communauté moldue avait souffert et serait bouleversée encore longtemps par les événements, la communauté magique tentait de se relever plus vite et dans une unité peut-être artificielle. Tout pour maintenir sérieusement le Secret Magique, qui aurait pu voler en éclats à plusieurs occasions pendant le conflit armé. La Grande Guerre avait failli être une catastrophe pour les Sorciers, rien qu’en Allemagne, 90 000 d’entre eux n’étaient jamais rentrés du front ; les pertes étaient équivalentes côté français, et il n’y avait peut-être que les Anglo-Saxons qui n’avaient pas perdus de Sorciers pendant cette horreur mondiale. C’était dans cette optique que la direction de Durmstrang avait ouvert ses portes à tous ses anciens élèves et leur invité(e) : panser les blessures de la guerre, se réjouir d’être encore en vie, et rendre hommage à ceux qui, nationalités confondues, avaient œuvré pour mettre un terme à la guerre. Le nom de tous les anciens élèves de Durmstrang qui étaient morts au combat avait été gravé sur un monument avait été dévoilé lors du discours introductif de cette soirée : les familles de certains défunts avaient aussi été conviées pour participer à cette commémoration, certaines étaient déjà reparties après la chute du drap.




Certes l’apparence de la soirée était festive, mais les esprits étaient moins à la joie qu’ils n’auraient pu l’être. La nouvelle Landgräfin de Berlin avait répondu présente à l’invitation, moins parce qu’elle avait perdu beaucoup de monde à la guerre, que parce qu’elle devait se montrer en public et que cette réception était une occasion parfaite pour ce genre de choses. Elle était arrivée au bras de son frère, Till, et elle l’avait perdu de vue assez vite, sans doute parce qu’il avait trouvé des camarades avec qui renouer. À vrai dire, qu’importe, hein ? Elle était mieux sans l’avoir dans les pattes, notamment parce que cette réception était un moyen comme un autre pour s’assurer que ses alliés étaient toujours vivants. La robe rouge qu’elle portait avait l’avantage -et l’inconvénient aussi- d’attirer les regards, tant la teinte carmin rappelait à certains le sang versé par les morts -et les blessés. Elle avait choisi cette robe parce qu’elle avait l’avantage pour ne pas descendre trop bas, ni devant, ni derrière, ce qui tombait bien parce qu’Anke ne voulait surtout pas qu’on puisse voir les tatouages runiques qui avaient commencé à orner son derme, juste sous les seins et au creux des reins, pour renforcer la protection de ses entrailles face à des sortilèges qu’elle aurait pu recevoir en duel. Il s’agissait de continuer de tromper ses semblables, de ne surtout pas leur laisser soupçonner ses véritables intérêts et ses véritables pensées. Elle devait continuer de paraître l’héritière parfaite d’Alfons Sternberg, dont le corps gisait en terre depuis peu.
Une coupe de champagne à la main, les cheveux noirs maintenus en une coiffure sophistiquée à la mode sorcière, un étui de baguette dont la sangle était passée par la large bande en satin rouge qui lui entourait sa taille de guêpe, l’aînée des Sternberg encore en vie jeta un coup d’œil autour d’elle avant de ferrer celle qui serait sa proie pour un temps. Affichant un demi-sourire de circonstance, la Landgräfin s’approcha d’une jeune blonde (@LUISE GOLDSCHMIDT ), encore élève à Durmstrang pour l’heure, et la salua d’un signe de tête gracieux : « Ma chère Luise. Comment allez-vous, jeune cousine ? Vous plaisez-vous toujours à Durmstrang ? Toujours en 2e cycle, n’est-ce pas ? » Elle semblait réellement s’intéresser à ce que lui répondrait la jeune Goldschmidt, hocha la tête à la réponse tout en trempant ses lèvres un instant dans sa coupe, avant de poursuivre ses questions : « J’espère que le vieux Silverstein ne vous cause pas d’ennuis en Sortilèges… Vous avez bien choisi Philomagie, n’est-ce pas ? » Luise était une gamine, avec vingt ans de différence avec Anke, mais c’était une gamine réfléchie, à l’esprit froid et suffisamment calculateur pour qu’Anke s’y intéresse réellement.


DÉROULÉ DES ÉVÉNEMENTS
17h30 ◆ Fin des derniers cours de la journée (horaire exceptionnel).
19h00 ◆ Ouverture de l’accès à Durmstrang aux anciens élèves, réellement attendus à partir de 19h30.
19h30 ◆ Arrivée des premiers convives.
20h30 ◆ Début du discours introductif. Des elfes de maison passent entre les convives pour leur offrir un apéritif.
20h53 ◆ Dévoilement du monument commémoratif.
21h00 ◆ Apparition de nourriture sur les buffets.
21h10 ◆ Une partie des familles des défunts commencent à quitter les lieux.


ON PEUT ?
Sont encouragés à participer tous les anciens de Dürmstrang (quelle que soit la nationalité - bisous bisous), et leur +1, vu que l’invitation disait « Vous pouvez amener un invité » style
Viendez, on va se marrer.
Promis, y aura pas de dragon ou de troll des montagnes, j’ai promis à Hilda russe

- ♦ -

+ i bow for nobody +

tell me everything will be alright
tell me we'll prevail

Spoiler:
 
Revelio

MessageSujet: Re: la der des ders (anciens de durmstrang & +1)   Ven 23 Fév - 21:01

Quand on lui a parlé d'une soirée des anciens de Durmstrang, Paul a d'abord fait la moue. Il doute qu'il y en ait beaucoup de sa promotion et même si c'était le cas, il ne déborde pas d'affection à leur endroit, leur préférant très nettement la compagnie de la ravissante vélane dont il a su gagner l'attention par quelque miracle. Il a pondéré sa décision en déposant une ligne ininterrompue de baisers le long du dos de son amante, dessinant la perfection de sa peau soyeuse, respirant l'odeur si particulière de ses cheveux flamboyants. C'est dans le creux des reins de Hilda qu'il a finalement pris sa décision. Après tout, si on doit le revoir à Durmstrang, autant que ce soit avec la plus belle de toutes à son bras.
Pour l'occasion, il a offert à sa Dame une robe toute d'argent et de diamants signée d'un grand créateur, une robe qui scintille presque autant que les yeux de la belle. Une qui montrera son dos à la ligne si parfaite. Lui qui d'ordinaire aime à porter des couleurs chatoyantes réminiscentes de ses années au cœur du dandyisme britannique s'affuble d'un simple costume gris, ne désirant pas voler à Hilda l'attention qu'elle mérite. Il sait qu'elle aime les regards, qu'elle tire une certaine puissance de l'attraction qu'elle exerce sur autrui, et il veut qu'elle ait tout cela et plus encore. Qu'elle puisse se rouler dans la fascination d'hommes et de femmes qu'elle tiendra en son pouvoir. Il n'a pas oublié Mars 1915 et l'horreur, la terreur qu'il a vues sur les traits de son aimée – il ne veut plus jamais la revoir. Alors il la gâte, il l'ensevelit sous les bijoux et les robes, la drape dans un manteau de velours noir au col en fourrure pour qu'elle ne souffre pas du froid une fois à Durmstrang. Il ne sait même pas si les vélanes ressentent le froid.
Elle sait sans doute qu'il l'utilise un peu. C'est de bonne guerre, pense-t-il en montant les marches qui mènent à son ancienne école. Ils s'utilisent tous les deux pour obtenir ce dont ils ont besoin ou envie depuis des années et s'il éprouve une réelle affection pour la demoiselle, il n'en attend certes pas en retour. Trop pragmatique. Ce qui compte, c'est que ça lui permettra de redorer un peu son blason, de montrer à ceux qui connaissaient l'adolescent paresseux qui n'a réussi que grâce à l'argent de ses parents qu'il a tout de même fait quelque chose de sa vie. Suffisamment pour qu'une femme comme Hilda daigne apparaître à son bras.

Il a presque oublié que la soirée était censée commémorer les anciens de Durmstrang tombés à la guerre. Elle est facile à oublier, la guerre, quand on n'y participe pas. Il s'efforce de sourire, d'offrir ses condoléances aux familles qu'il connaît, de ne pas laisser paraître à quel point tout cela l'ennuie. Quelle idée aussi, d'aller taper sur les voisins pour des raisons aussi futiles.
Au moins, quelques visages connus sont épars dans l'assemblée. La petite Anna, l'aînée de feu Alfons Sternberg, en grande conversation avec une autre jeune femme qu'il connaît peut-être mais ne parvient pas à replacer. Si Anke est là, Till doit l'être aussi, occupé à se faire des relations d'affaire quelque part. À voir Anke, Paul ne peut s'empêcher de penser à Konrad. Konrad qui n'est pas en état de venir à une telle célébration, pas maintenant, pas encore. Il a trop de plaies à soigner, trop de traumatismes à oublier. Soudain, toute cette réunion paraît bien triste à Paul.
Il attrape deux coupes de champagne et en tend une à sa dulcinée, un demi-sourire aux lèvres, tâchant de dissimuler son malaise soudain. « Ma belle amie, aucune ici ne vous arrive à la cheville. J'espère que ces formalités trouveront vite leur fin ou qu'au moins on pourra danser. Tout ceci n'est pas très festif. » C'est une soirée pour commémorer des morts, Paul. Ce n'est pas censé être festif, Paul.

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Revelio

MessageSujet: Re: la der des ders (anciens de durmstrang & +1)   Ven 23 Fév - 23:21


PRELUDE - 1919
LA DER DES DERS


DURMSTRANG
mardi 11 novembre 1919

Un verre à la main, je sirote de manière pensive tout en affichant un sourire de circonstance. Si je suis heureuse de pouvoir apprécier un évènement mondain dans l'enceinte de l'école (surtout que cela permet d'échapper à un cours de potion. Mon chaudron en est plus que reconnaissant), je le suis en revanche moins concernant la raison. Renouer des contacts avec ceux qui ont été en guerre hier. La belle affaire ! Ce n'est certainement pas en étant civil avec eux qu'on pourra effacer ce foutu diktat. Quoique, peut-être que quelques elfes de maison ont pu être soudoyé pour empoisonner les petits fours ? Cette pensée serait des plus agréables mais hautement improbable. Afin de ne pas salir la réputation des Goldschmidt, je ne serais pas celle qui gâcherait la soirée en commettant un impair inqualifiable. En revanche, cet engagement ne va nullement à l'encontre de la promesse que je me suis faite en rejoignant la salle à savoir d'écraser consciencieusement les pieds au cours d'une danse si un français a l'audace de m'inviter à danser.

Vêtue d'une robe blanche à la dernière mode avec des gants de la même couleur avec une coiffure dont je suis assez fière pour l'avoir réaliser seule, mon regard se promène sur la pièce à la recherche de mon fiancé. Je ne sais guère s'il est présent ce soir mais je ne manquerai pas de le saluer si c'est le cas.

Après avoir cru apercevoir au loin Demelza, une camarade de la même année, je suis accostée par une invitée. Mon sourire est sincère lorsque je m'aperçois qu'il s'agit de ma cousine Anke.

-Cousine Anke. Je vais parfaitement bien et vous même ? Je suis particulièrement heureuse de voir que vos nouvelles tâches en tant que Landgrafin ne vous aient pas empêché de venir ce soir.

Ma phrase n'est dite sans aucune méchanceté. On peut apercevoir même une certaine forme de soulagement. Le décès d'Oncle Alfons, son père, est encore récent et j'aurais été peiné de voir ma cousine se retrouver submergé par les tâches inhérentes à la fonction de Landgrafin tout en devant faire face à son deuil.

-Vous avez tout à fait raison, je suis bien dans le deuxième cycle pour la philomagie. Contrairement à vous, je n'ai pas eu la chance de rejoindre la classe étoile.

C'est juste une sombre histoire de chaudrons fondus, voyez-vous... Je me garde cependant bien d'en faire la remarque à haute voix. Si ma cousine ne craint plus les représailles professorales, ce n'est nullement mon cas. Je ne tiens pas particulièrement à être qualifier de danger public potionnesque par le-dit professeur devant toute l'assemblée. (Surtout que je n'ai pas encore fait fondre de chaudron cette année.) Je ne doute pas qu'Anke avait du savoir, très certainement par mes parents, que je ne suis pas la prochaine potionniste du siècle.

-Concernant la philomagie... Il s'agit d'un cursus composé de matières fort intéressantes, dispensées par des professeurs exigeants, comme l'ensemble des cours ici.

Intérieurement, je priais pour que ma parente comprenne que je ne ferais pas de commentaires en me trouvant à portée de mes professeurs. Je préfère garder mes notes à un niveau décent, surtout que Monsieur Silverstein prend très facilement les personnes en grippe. Ce n'est pas mon cas pour le moment et j'aimerais que cela le reste ainsi.

-Enfin, je peine à croire que cela fait déjà tant d'années que je suis ici et qui m'en reste peu avant de finir ma formation.

Contrairement à d'autres étudiants ici, je n'ai pas à m'inquiéter de quoi sera composé mon futur puisqu'il a été décidé depuis longtemps. Que je fasse ou non le troisième cycle n'aura que peu d'incidence puisque je deviendrais la Burggrafin de Leipzig d'ici quelques années.

-Avez-vous vu aperçu quelques de vos anciens camarades ?

Ma question est formulée de manière polie et n'est nullement une incitation à ce que nous rejoignons un groupe d'invités déjà présents. Nous aurons bien assez le temps de saluer le reste de l'assemblée plus tard ou ils le feront de même avant.

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kyah



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Revelio

MessageSujet: Re: la der des ders (anciens de durmstrang & +1)   Mar 27 Fév - 1:16



La der des ders.
« School prepares you for the real world... which also bites. »

E
lle attrape la lumière, la robe, épouse avec fluidité les mouvements de la sorcière. Elle n’est pas très à l’aise dans toutes ces mondanités, ce qui explique la présence de ce livre entre ses mains, pour le moment fermé en attendant que l’heure soit à l’oubli. Elle est la fille de bourgeois dont les veines hurlent le commerce et elle sait combien il est important de paraître en société mais l’élève qu’elle est se sent mal, si mal entre tous ces visages resplendissants de perfection. Elle attrape les couleurs, la robe, comme si elle était tissée aux teintes qu’elle croise. Demelza trouve toujours comment appliquer les enseignements de ses cours dans ses loisirs et la tenue qu’elle porte en témoigne. Elle ne sort d’aucun magasin, elle a passé des heures à la réfléchir, à essayer de contourner les problèmes rencontrés dans l’application des sortilèges et ça lui a permis de mémoriser quelques astuces de métamorphose, de jeux de couleurs. C’est une vaste illusion, ce tissu qui brille comme s’il était orné de pierreries onéreuses alors qu’il n’est qu’un effet d’optique ingénieux. Qu’aurait-elle fait de quelque chose d’aussi cher, après tout ? Elle aurait les moyens certes mais aucune envie que son corps attire l’attention. Il lui cause bien trop de soucis, elle la hante, cette enveloppe charnelle. Non, ce sont les brutalités de ses camarades qui hantent son reflet dans le miroir et c’est une épreuve que de jouer l’aisance entre ces plus ou moins inconnus. La guerre, c’est horrible, n’est-ce pas ? La guerre, ça ronge les esprits. Elle a eu de la chance de ne perdre personne, la gamine. Est-ce qu’elle compatit ? Elle l’ignore, émotionnellement verrouillée, en contrôle. Elle a besoin de ce contrôle pour ne pas s’effondrer. Sa scolarité n’est pas terminée et elle n’a pour ambition que l’excellence, sans cette triche infâme et ces coups en douce qui font le quotidien de beaucoup - dont elle fait les frais avec douleur. Pour bien des personnes réunies ce soir là, c’est une commémoration mais pour ceux qui restent, c’est une occasion de déployer le faste, la réputation et les relations sociales.

Ses parents et Lukas sont sans doute quelque part dans le coin mais elle n’a pas envie d’aller leur parler, de leur raconter combien ses journées sont jalonnées de tentatives d’humiliations en tous genres. Detlev lui dirait d’être forte, Elisabeth ajouterait qu’à Poudlard son anomalie serait un don. Et que cela changerait-il ? Rien, car Demelza refuse de s’avouer vaincue même si son coeur, lentement, s’éteint et se fait bouffer d’acide. Elle s’est écrasée si souvent pour ne pas avoir d’ennuis. C’est terminé, cette attitude. Qu’on la traite de meuble, de plante, que leur imagination travaille, après tout c’est la seule chose qui leur reste s’ils ont besoin de cela pour se sentir exister. Il y’a Luise, la belle @Luise Goldschmidt dans son champ de vision mais elle n’approche pas, elle refuse d’être une ombre au tableau parfait que la noble doit offrir en de telles circonstances et si Demelza l’apprécie, elle sait que sa place n’est pas dans le sillage de ces élites. Sa part de noblesse anglaise lui a apporté autant d’éducation que sa part de bourgeoisie d’audace, un équilibre qu’elle ne trouverait pas avant plusieurs années. « Ma belle amie, aucune ici ne vous arrive à la cheville. J'espère que ces formalités trouveront vite leur fin ou qu'au moins on pourra danser. Tout ceci n'est pas très festif. » entend-elle à proximité, adressé à une femme sublime. Le coup de coude qu’elle sent entre ses côtes manque la faire trébucher et c’est de bleu que se colore la chevelure, le temps d’un battement de cils, tandis qu’elle se rattrape de justesse et heurte légèrement @Paul Lindemann. « Oh je suis navrée, vraiment navrée. Quelqu’un était pressé, semble-t-il. » Quelle merveilleuse première impression, n’est-ce pas ? Un tractopelle diraient des moldus bien des années plus tard. Le livre de sortilèges heurte le sol dans un bruit mat mais la chevelure a déjà repris sa teinte rousse et presque personne n’a finalement eu le temps de constater l’intensité de l’anomalie. Elle leur fera payer, un jour, à ses camarades. Elle ignore encore comment mais elle leur fera payer. « J’ignore de quelle manière me faire pardonner, je suis terriblement confuse. »
©️ nightgaunt
Revelio

MessageSujet: Re: la der des ders (anciens de durmstrang & +1)   Mar 27 Fév - 18:19


« Gentleness and sobriety are rare in this society »
Magnus est un rustre et Konrad un faible. Personne ne sait plus s’amuser depuis cette fichue guerre. Les sorciers sont risibles, avec leur ridicule susceptibilité. Elle ne compte plus tous ces nobliaux qui lui ont expliqué l’échec politique de cette fête. Ils n’ont aucune envie de croiser l’ennemi. De se ridiculiser. De revoir leurs anciens camarades qui étaient de l’autre côté de la frontière. Elle lève les yeux au ciel, sachant que la majorité de ses amants n’ont jamais vu l’ombre d’une tranchée. Lâches. Quant à ceux qui voulaient venir, pas un pour avoir l’audace d’y amener la chanteuse. Ils y vont déjà avec leur femme. C’est surfait, d’aller voir ses anciens camarades avec sa femme. Nouveau soupir. Et puis une demi-vélane, à Durmstrang ? Sous leur nez, Hilda piaille et singe ses imbéciles d’amants. Oui, une demi-vélane, à Durmstrang. Imbéciles. Tout ça parce qu’ils ont peur de la montrer devant leurs anciens professeurs. Pauvres gosses. Puérils petits couards.

Heureusement, il y a Paul.

Paul qui a trouvé que c’était une excellente idée. Qui a ri de ses malheurs, de ses imbéciles d’amants. Qui lui a décrit l’honneur que ce serait d’y aller avec elle à son bras. Qui a pris une mine contrite, en apprenant qu’elle n’avait rien à se mettre qui soit à la hauteur du prestige de l’Institut. Dernièrement, rien n’est assez bien pour elle. Pendant que les autres se morfondent, Paul, lui, la choie et la traite comme une reine. Lui, a du courage. Lui, a de l’audace. Et ce petit grain de folie et d’espièglerie qui la fait rire de toute la gorge déployée et décolleté qu’il aime tant caresser du regard. C’est donc avec lui qu’elle vient, et près de lui qu’elle reste, ravie d’être observée, parfois pointée du doigt par les plus jeunes. Une demi-vélane ! Une demi-vélane ! Ici ! Et oui, messieurs, dissimulez vos yeux fascinés, on dirait que votre Madame fronce les sourcils. Hilda, elle, ronronne de plaisir, sans prêter attention à l’ambiance parfois lugubre et aux blessés parfois grossiers de leurs cicatrices. « Ma belle amie, aucune ici ne vous arrive à la cheville. J'espère que ces formalités trouveront vite leur fin ou qu'au moins on pourra danser. Tout ceci n'est pas très festif. » Une nouvelle fois, il l’a fait rire et l’éclat tinte avec le même éclat que les deux verres de champagne s’entrechoquant. « Voyons trésor, c’est presque cruel de comparer ces pauvres femmes endeuillées avec celle qui a été habillée par tes nobles soins. » Un clin d’oeil, un pas en avant, elle embrasse le coin des lèvres de son trésor avant de murmurer, à son oreille, de ses lèvres mutines : « Ils sont si ennuyeux ici, tu ne trouves pas ? » Sa main libre glisse sur sa taille, elle sourit et ronronne de rire dans son cou : « Cela me donne envie de quelque chose de particulièrem- oh ! » Avant de pouvoir murmurer quelque délicate promesse sensuelle, une secousse les prend, elle sent presque un de ses vertigineux talons la lacher, ne manquant de chuter que par sa prise sur la taille de Paul et la prise que celui prend facilement sur la sienne. Elle en rougit de plaisir, la traitre. « Enfin, Paul... » Comme si elle était pour le moins gênée que son ami soit aussi entreprenant. C’est seulement là qu’elle remarque la petite chose qui a bousculé le couple.

Ce n’est, d’abord, qu’un éclat bleu. Un bleu comme les yeux écarquillés et émerveillés de la demi-vélane. Un bleu qui devient aussi roux que la chevelure de la dame qui se ravit à son tour de telle vision. Une petite souris est venue se percuter à eux, toute petite souris qui s’excuse déjà platement devant les deux terribles fêtards. « Oh je suis navrée, vraiment navrée. Quelqu’un était pressé, semble-t-il. » Le visage de la chanteuse d’opéra passe de la surprise à une expression attendrie alors qu’elle se penche vers la pauvre créature effarée. Qui croit-elle avoir heurté ? Qui croit-elle avoir vexé ? « J’ignore de quelle manière me faire pardonner, je suis terriblement confuse. » C’est tendrement que la main d’Hilda vient caresser et recoiffer des cheveux légèrement dérangés par la bouscule. « Mais non voyons, il n’y a pas à t’excuser, tu n’as causé aucun tort. » Elle sourit, doucement, rigole même un petit peu, en agitant ses lourdes boucles pour insister sur la trivialité de l’événement. « Ces fêtes sont toujours rempliées des malotrus les plus violents, n’est-ce pas trésor ? » Elle lève les yeux vers Paul, dans un regard de connivence amusé. « Les gens peuvent être si mesquins. » Toujours ravie, enchantée, affreusement amusée, la demi-vélane n’arrive pas à lâcher les cheveux de la pauvre jeune fille tombée entre ses longs doigts manucurés. « Crois-moi, j’ai eu mon lot de jeunes garçons jaloux et vexés de ma différence. » Elle a un sourire entendu, dans son mensonge éhonté. Elle devine juste ce qui poursuit la pauvre enfant, pour l’avoir elle-même subi, dans d’autres circonstances, peut-être. Bien plus de femmes bafouées que de garçons jaloux...

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Ridicule they won't allow Quench abuse and let love flower Rip the cage out of your chest Let the chaos rule the rest
Revelio

MessageSujet: Re: la der des ders (anciens de durmstrang & +1)   Dim 4 Mar - 15:27

Spoiler:
 

Il aime écouter Hilda parler, aime la voir jouer son petit jeu de séduction, battre des cils, sourire en coin. On ne donne pas assez de crédit aux femmes qui maîtrisent cet art et savent si bien profiter de leurs atouts. Plus que tout, il admire l'intelligence et la subtilité de son amante, sa façon si élégante de manier les mots et son propre corps – bref, il est conquis. Trop vieux pour être l'un de ces amoureux tout ébaubis d'adoration qui ne peuvent articuler trois mots sans se baver dessus, trop expérimenté pour se laisser complètement prendre au jeu de la vélane lorsqu'elle ne fait pas usage de tous ses dons surnaturels, un peu déçu de ne pouvoir s'y abandonner corps et âme. Ça n'a pas d'importance. Il n'a pas besoin de perdre la tête pour tout aimer d'elle.
« Mais je suis cruel, ma mie, n'entends-tu donc pas les rumeurs ? » Il a envie de la faire danser. Cette atmosphère à l'odeur de mort lui est désagréable, par trop familière, idée rémanente d'un cellier dont il préfère oublier l'existence ce soir. Durmstrang est un long souvenir plein de lumière et de rires, à défaut d'être celui de l'excellence académique, et il ne désire rien d'autre que de retrouver l'énergie bravache de ses années étudiantes. Il pouvait encore grimper aux arbres, courir après les petits merdeux à lunettes qui répondaient trop bien aux professeurs, draguer les filles en montrant ses muscles. Bien sûr qu'il est content d'avoir changé de n'être plus le sale garnement qui se plaisait à tourmenter ses camarades pour l'une ou l'autre raison, bien sûr qu'il apprécie de savoir séduire une femme avec autre chose qu'un physique avantageux ou une attitude de mauvais garçon. C'est juste une petite nostalgie d'un soir, nostalgie d'une jeunesse depuis longtemps écoulée.

Sa jeunesse, il la retrouve pendant un instant fugace lorsqu'une maladresse pousse Hilda contre lui, la fait vaciller sur ses talons vertigineux, et qu'il a le réflexe de la soutenir par la taille. Qu'importe qu'ils se trouvent en public, la sécurité de sa dame prend le pas sur les notions de bienséance dont il se fiche de toute façon. Pour une fois, il se sent fort et plein du charme adolescent d'autrefois, le charme de ceux qui ne savent pas encore qu'ils vont mourir et se croient encore invulnérables. « Allons, belle amie, je sais que je suis renversant mais... »
Paul ne peut pas finir sa phrase. Elle a déjà repéré la source de sa chute, la belle Hilda, et loin de s'irriter de la maladresse, la voilà qui sourit et roucoule. Il s'amuse déjà de la voir toute à sa séduction, une séduction bien différente de ce qu'elle exerce sur les hommes mais tout aussi efficace. Il ignore ce qui l'a attirée chez cette gamine toute confuse et peu lui chaut ; par principe, il la suivra dans son entreprise. Ce sera de toute façon plus amusant que de conserver un long minois et des manières contrites tout ce qu'il faut pour rester dans le ton de cette macabre soirée.
« Comme le dit mon amie, chère enfant, ne vous excusez pas. Ce n'est pas votre faute. » Le voilà qui se place au niveau d'Hilda et serre la main de sa belle entre ses doigts, juste un instant. J'ai eu mon lot de jeunes garçons jaloux et vexés de ma différence. Elle le dit en connivence, en souriant, et pourtant il connaît assez sa très chère pour deviner que le petit mensonge n'est pas tout à fait anodin. Ce qu'il y a dessous, il ne le cherchera pas. Jamais il ne s'est montré intrusif ou même curieux des secrets d'Hilda, la laissant s'exprimer quand elle le désire. Un beau respect, pour qui regarderait la chose de loin ; une façon de garder une certaine distance entre elle et lui, aussi. S'il ne s'enquit pas des secrets de sa belle, elle laissera les siens tranquilles. S'ils ne se connaissent pas trop, peut-être aura-t-elle une chance de lui survivre.
Hilda est fascinée par les cheveux de la demoiselle. Paul ignore ce qu'elle y a vu, ne cherche encore une fois pas à le savoir. Son sourire se fait bonhomme, charmant, et il poursuit avec les présentations. « Je suis Paul Lindemann et voici mon amie, la célèbre Hilda Jörgen. Sans doute avez-vous entendu parler de son talent incommensurable pour le chant. » Il le dit avec un demi-sourire. Ça l'amuse toujours de passer la pommade à sa douce. Oh, bien sûr, il pense tout ce qu'il dit ; mais il aime le dire avec juste un peu trop d'emphase. De qui il se moque, lui-même l'ignore un peu, s'en fiche surtout. Il prend l'amusement où il le trouve. « Et vous, petite souris ? J'espère que vous ne vous êtes pas fait mal. Désirez-vous boire quelque chose ou peut-être que nous trouvions le malotru qui vous a bousculée ? »
Ah, la chasse au goujat, voilà qui est encore plus amusant que toutes ses précédentes idées. Retourner une bonne paire de gifles à un rustre devrait mettre l'ambiance dans cette fichue soirée.

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MessageSujet: Re: la der des ders (anciens de durmstrang & +1)   Dim 4 Mar - 16:47



La der des ders.
« School prepares you for the real world... which also bites. »

C
’est une beauté envoûtante, à n’en pas douter. C’est un charme certainement électrique, à faire tourner la tête. C’est surtout une incommensurable angoisse pour la sorcière. Qu’est-on, à 16 ans ? Beaucoup sont fougueux, téméraires, imprudents et trop sûrs d’eux, surtout entre les murs de cette école. Demelza n’est que l’embryon des rejets qui la détruiraient tôt ou tard. A ceux qui flirtent, elle préfère les livres. A ceux qui s’adonnent à des plaisirs sans fin, elle s’abreuve déjà d’un travail acharné et solitaire alors, lorsqu’elle devient le centre de l’attention de ces deux étranges personnages, elle a la vague sensation d’étouffer. « Ces fêtes sont toujours rempliées des malotrus les plus violents, n’est-ce pas trésor ? » Toute en contrôle, elle n’ose pas repousser la pulpeuse créature, ce serait impoli d’envoyer sur les roses quelqu’un qui ne cherche pas à lui reprocher sa maladresse, quelqu’un qui pardonne ce que d’autres n’auraient pas toléré - pourtant elle se sent comme emmêlée dans la toile d’une araignée, d’une reine impitoyable qui pourrait la dévorer toute crue. « Les gens peuvent être si mesquins. » Son père lui dirait de rester polie, de feindre être à l’aise dans cette situation, quand bien même son instinct la pousserait à fuir le plus loin possible de ces mondanités. Elle s’est promis de ne plus s’écraser, de ne plus s’effacer derrière la perfection de ses camarades mais comment ne pas envisager de reprendre ses mauvaises habitudes ? Les longs doigts jouent de cette chevelure qui pourrait à nouveau la trahir si elle n’y prend pas garde. Hantise. « Crois-moi, j’ai eu mon lot de jeunes garçons jaloux et vexés de ma différence. » Un réflexe idiot l’incite à regarder sur les côtés afin de vérifier qu’il n’y’a pas de témoins supplémentaires. Elle sait. Elle voit bien dans l’attitude de la beauté surnaturelle qu’elle sait, dans ses mots aussi. Différence a-t-elle souligné. Et les prunelles d’ambre reviennent sur le visage qui lui fait face, cherchent à déterminer si chantage il pourrait y avoir un jour. Pas avec elle, elle n’est personne mais peut-être avec sa famille, le fameux commerce. Si les Rosenbach ne semblent pas vraiment s’apitoyer sur leur sort, sur la génétique, Demelza ne tient pas à ce que sa mère souffre une énième fois de cette métamorphomagie maudite.

« Je suis Paul Lindemann et voici mon amie, la célèbre Hilda Jörgen. Sans doute avez-vous entendu parler de son talent incommensurable pour le chant. » ‘Amie’. Ils ont l’air de plus que des amis, bien qu’en vérité Demelza n’y connaisse pas grand chose. Comment le pourrait-elle ? Qui voudrait d’une telle anomalie ? Et pourtant l’on raconte que la particularité va avec le vice. Vaste farce. « Mère apprécie beaucoup votre voix, Mademoiselle. » On dit ‘Madame’ pour être polie, on dit madame, dans le doute, mais Hilda est bien trop rayonnante pour un simple ‘madame’, pour être mise au niveau de ces créatures tristes qui peuplent l’assemblée ce jour-là. Mademoiselle c’est flatteur, n’est-ce pas ? Detlev sourirait du choix de vocabulaire. Elisabeth aimait écouter les artistes hors du commun et elle en avait transmis le goût à sa première fille, comme un peu d’ouverture d’esprit inculquée dans un monde d’arriérés. « Vous êtes le tintement du cristal dans la tristesse d’une époque. » La tristesse de la guerre. Un petit sourire un peu timide orne les lèvres de l’élève sans vraiment laisser deviner si elle est gênée par la proximité d’Hilda ou par le simple fait de sa célébrité. Ou peut-être a-t-elle la même fibre commerciale que ses parents. Qui sait ? Combien entre les murs de Durmstrang cherchent déjà à planter les graines de leur avenir ? Diable, Demelza est encore bien incapable de dessiner le sien. Il est bien beau de créer des robes, personne n’acceptera jamais de porter quelque chose fait par une anomalie. « Et vous, petite souris ? J'espère que vous ne vous êtes pas fait mal. Désirez-vous boire quelque chose ou peut-être que nous trouvions le malotru qui vous a bousculée ? » « Demelza Rosenbach. Ravie de faire votre connaissance, monsieur. Bien que les circonstances ne soient guère idéales. » La bousculade, les commémorations, un cocktail bien peu ravissant, à vrai dire. « J’ai l’habitude de ces.. comment dire ? Maladresses. Inutile d’aller châtier de quelconques malotrus, il vous faudrait prendre tout Durmstrang en chasse. » Oh qu’il est nerveux, le faible rire qui lui échappe.  
©️ nightgaunt
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MessageSujet: Re: la der des ders (anciens de durmstrang & +1)   Lun 12 Mar - 15:24

17H30, fin exceptionnelle des cours, afin de permettre aux étudiants de se mettre sur leur trente-et-un. Soirée commémorative en perspective, anciens étudiants pour invités d’honneur. Sans doute ses frères seront ils de la partie. L’idée de les voir en cette soirée est excitante, mais d’un autre côté l’idée de devoir se rendre à une soirée au lieu d’étudier ne semble pas l'animer. Et puis il y a Ahren, début de flirt innocent, plus poussé, jusqu’à ce que leurs lèvres se frôlent, se trouvent. Elle ignore encore si elle est attirée par lui. Non, mensonge. Elle est attirée par le fils Hafner, plus que de raison, mais sans jamais vouloir le lui avouer, sans glisser les mots sous sa langue. Oui, elle espère qu’il sera là, c’est peut-être même cette pensée qui l’incite finalement à quitter son lit, délaisser son livre et commencer à fouiner dans son placard. Elle y trouve bien une robe, une de ses créations, créée pour une toute autre occasion, mais qui fera certainement l’affaire pour cette nuit. Naturellement, une robe ne fait pas tout, l’oblige à rejoindre la salle de bain pour commencer à se préparer, aux côtés des autres jeunes filles de son âge. Toutes excités à l’idée de rencontrer les anciens, de se fondre dans la masse, et surtout de manquer des cours, mettre aux oubliettes une soirée ennuyeuse de révisions et autres. Des rires, des suppositions, et plusieurs d’entre elles finissent par quitter la salle d’eau, prêtes à descendre. C’est aussi son cas, il ne manque rien, si ce n’est de l’assurance.

20H17, une inspiration, et voilà qu’elle descend, repère plus ou moins des têtes connues, pas sa famille en tout cas, sans doute arriveront-ils plus tard. Mais elle entrevoit un air connu, non deux, et déjà ses lèvres s’illuminent d’un sourire ravi, tandis qu’elle rejoint Paul Lindemann, grand-oncle de cœur de son état. « Grand oncle Paul ! » S’exclame t’elle tout en le rejoignant, avant de se figer à la vue de la rousse qui l’accompagne. Ah, sans doute faut-il être inculte pour ne pas reconnaître la célèbre chanteuse d’opéra, il faut dire qu’Anthéa admire particulièrement la voix de celle-ci. « Je… oh mais ! Vous êtes Hilda Jörgen ! » Et voilà qu’elle regrette de ne pas avoir de papier sous la main, ni même de plume, se tournant vers Demelza, qui elle aussi est aux côtés de la petite troupe, amie et créatrice, tout comme elle. « A tout hasard, tu n’as pas un bout de parchemin et une plume ? » Oui, un autographe, c’est bien tout ce que souhaite la Drache. Elle a assisté à bien des représentations de la jeune femme à la poitrine oppulente, et chacune d’elle a toujours su lui arracher plus d’une émotion.

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The devil's going to set me free
I've busted bones, broken stones, looked the devil in the eye. I hope he's going to break these chains ▬ kaleo & bat'phanie ©
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MessageSujet: Re: la der des ders (anciens de durmstrang & +1)   Lun 12 Mar - 18:29


LA DER DES DERS
11 novembre 1919 — Neuf heures du soir

De toute évidence, l'ancien militaire avait placé un espoir naïf sur son infirmité encore fraîche de douleurs musculaires, égide ratée qui ne parait pas les obligations sociales. Bien que ce fiasco devait aussi être incombé à Margrethe, l'épouse traîtresse qui avait embarqué son mari dans cette commémoration au sein de l'établissement scolaire qu'ils pensaient tous deux ne jamais revisiter. Si auparavant il était courant de voir le runiste présent aux bringues réunissant les anciens camarades de classe où il se faisait joyeux fêtard, la guerre ne lui avait pas arraché qu'un demi-bras et des amis. Sourire déjà bien rare désormais endormi au creux de ces rides mornes, il était aussi devenu ermite affable, n’apparaissant hors de son logis que pour l'exécution de son travail, retranché dans l'opprobre de la défaite, écœurement de cette silhouette amputée dont il était désormais affublé et des quelques tressauts encore incontrôlables qui l'étreignaient au moindre fracas lui rappelant les mélodies macabres des tranchées. Mais aujourd'hui, l'on rendait hommage aux tombés. On se souvenait de tous ces étudiants médiocres, brillants, discrets ou volontaires qui s'en sont allé clamser sous les balles moldues, dans la tourmente des violences innommables et de leurs voix brisées désormais éteintes, témoignages enfouis à leurs côtés. Alors, Gerhaldt avait accepté de venir, cédant même auprès de sa femme qui lui avait présenté son uniforme de Lieutenant qu'il aspirait pourtant à ne plus jamais en sentir l'étoffe sur son derme. Parure de cérémonie impeccable, camouflant les blessures et le corps meurtri, il était venu. Il avait écouté le discours et regardé les noms gravés de ses compagnons. Son blase aurait du y être. Un de ses cousins et un oncle éloigné y figuraient d'ailleurs, du côté de la lettre H. Et Gerhaldt n'en éprouvait aucun regret. C'était le sacrifice nécessaire. Ils s'étaient battus pour leurs terres, leurs valeurs.
Une idée dont les piliers étaient désormais honteusement secoués par les propos de l'opportun en face de lui.

Margrethe l'avait abandonné depuis bien cinq minutes aux prises de cet homme qu'il ne connaissait ni d'Ève ni d'Adam. Un plus-un n'ayant aucun lien avec Durmstrang, aucun souvenir frappant ces murs mais qui se permettait malgré tout d'en être acerbe critique de sa philosophie. Gerhaldt l'observait, ce crétin qui lui expliquait en long et en large comment Durmstrang avait formé des martyrs se croyant dotés de belles cervelles pour ensuite aller se les faire exploser au nom d'un patriotisme naïf et navrant pour le futur de ce pays, auquel il n'appartenait même pas. Il semblait même aveugle à l'uniforme et aux insignes que portait le Lieutenant à qui il s'adressait, ou bien était-il encore plus grossier personnage jouant dangereusement et inconsciemment, sous le brouillard de l'alcool qui le faisait un peu tanguer ou juste de sa naissance qui était anicroche évidente. Et Gerhaldt fut donc bien vite ennuyé, décidant soudainement — après plus de deux minutes sans avoir plus placer la moindre palabre — qu'il était temps de faire valdinguer son poing sur l'immonde paluche de l'inconnu pour lui faire lâcher son verre de vin dont il avait décidément bien trop abusé, bruit strident du cristal explosé sur le sol faisant sursauter quelques convives non loin d'eux et breuvage tâchant godasses, pantalon et même le coin d'une chemise, éclaboussures majestueuses que Gerhaldt remercia. « Oups... Il semblerait que par franche inadvertance je sois venu briser vos abjects propos sur vos arpions qui tentent vainement de supporter votre ego et faux-intellect. Mes excuses. » L'homme gronda des injures dans un dialecte exotique que le runiste ne parvint même pas à identifier, grimace contenue en voyant le sang-froid de l'étranger déjà vibrer, en difficulté face à cette incivilité soudaine de la part d'un gradé dont il aurait espéré plus de contenance pour mieux l'emmerder. Et du coin de l’œil, Gerhaldt pouvait déjà percevoir les pans violets de la robe de sa femme apparaître pour venir le rabrouer avec son éternelle et insupportable voix de charmeuse, les sourcils à la douce esquisse qui camouflaient la grogne qu'elle lui cracherait au sein de ses esgourdes dès le premier instant d'intimité disponible. Dès lors, il fallait agir vite. Et l'homme qui s'abaissait désormais avec un sombre mouchoir pour nettoyer ses souliers de cuir se gorgeant de vin lui offrit cette dernière opportunité de lui exprimer sa révolte. Échange par sa seule main encore habile, prothèse désormais armée de sa flûte de champagne, Gerhaldt vint placer le récipient à une vingtaine de centimètres au-dessus de l'éclanche de l'hérétique pour lui déverser une jolie cascade ambrée sur le costume, lente pluie d'ennui, de tristesse furieuse et d'une sorte de vengeance enfantine mais si délectable pour l'affection éprouvée envers les compagnons tombés et au sacrifice souillé par ce rustre. L'ancien militaire entendit un hoquet de surprise et à ses yeux c'était donc le signe d'une soirée réussie. « Et voilà que je renverse en plus tout mon dégoût sur votre épaule... Quel maladroit je fais ! Veuillez pardonner ma nouvelle prothèse magique, encore quelques réglages à faire. » Et s'il y eu un mouvement affirmé de la part de l'homme pour se saisir discrètement de sa baguette magique coincée dans un pan de son costume, l'arrivée de Margrethe stoppa l'instant, grogne suspendue en l'air, presque innocemment. Gerhaldt se souciait peu d'une quelconque réputation à préserver, faire des vagues ne le dérangeait pas, mais il était aussi conscient de l'importance du jour, seule raison à sa présence pour tout dire. C'est donc las et fatigué — toutes ses forces ayant été dédiées, aspirées jusqu'à la moelle par les batailles de cette guerre passée et du deuil d'un enfant ces cinq dernières années — que le runiste décida de se contenter d'un haussement d'épaules en direction de son épouse et se diriger vers le buffet, regard épars pour la tablée de mets qui ne l'attiraient pas le moins du monde. S'il avait eu plus de volonté, il serait allé saluer quelques anciens amis en leur demandant qui avait invité l'étranger un rien pignouf sur les bords. Il aurait passé une heure entière à dévorer différentes parts de desserts pour en dresser une liste précise des recettes à tester de retour chez lui et aurait même pu s'adonner à dépoussiérer des mémoires de jeunesse avec des professeurs encore loin d'être séniles, érudits qu'il avait en respect. Mais Gerhaldt n'y avait pas le cœur, préférant se servir deux verres d'un alcool plus fort et se rendre devant le monument pour boire en compagnie de ces noms aux faciès disparus, peu enclin à voir l'instant comme étant celles de retrouvailles quand il s'agissait surtout d'un dernier adieu.

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Ahren Hafner
Heimdall

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MessageSujet: Re: la der des ders (anciens de durmstrang & +1)   Lun 12 Mar - 21:45


PRELUDE - 1919
LA DER DES DERS


DURMSTRANG
mardi 11 novembre 1919
Jusqu’au dernier moment, Ahren hésita à quitter son manoir. Il s’était préparé, comme à son habitude, pour la réception organisée à Durmstrang en hommage aux anciens étudiants. Pour un Hafner, la question de sa présence ne se posait même pas, mais cette fois-ci, c’était différent. Après que Mitty l’ait aidé à enfiler son manteau de laine, elle lui tendit l’invitation. « Vous allez vous amuser, Ahren. » dit-elle de sa voix chevrotante sur un ton calme. Elle savait ce qui le tracassait. Il y a quelques mois à peine, le sorcier traînait encore dans la boue des tranchées, la mort au tournant. Il y a quelques mois à peine, il oubliait le parfum des vêtements fraîchement lavés et ne connaissait que l’odeur de la crasse et de la faim. Pour la première fois de sa vie, l’aîné Hafner se méfiait du faste et du divertissement promis. Était-ce de circonstances, alors que des familles pansaient encore leurs blessures ? Si les moldus étaient les principales victimes de cette Grande Guerre, les sorciers n’étaient pas sortis indemnes. Personne ne l’oubliait. Alors, Ahren ne se sentait pas à sa place. Il n’était pas prêt à fêter la vie, alors que d’autres pleuraient la mort. Mais c’était sans compter sur la domestique qui posa une main aux doigts fins sur l’épaule du grand gaillard qui portait encore les stigmates de la guerre. « Il n’y a pas mieux qu’un Hafner pour donner le sourire, monsieur. » En tout cas, là-bas, il y aurait peut-être quelque chose – ou quelqu’un – qui saurait lui redonner le sourire. Le baume au cœur, le sorcier lui adressa un dernier regard attendri à Mitty avant de se diriger vers la cheminée qui lui permettrait d’arriver à l’école où tout avait commencé.

Quand il pénétra dans les lieux, Ahren sentit la nostalgie le submerger. Durmstrang avait toujours su susciter la fascination, tout autant que le respect. La bâtisse était déjà impressionnante, mais tout le monde avait travaillé pour que chacun se sente chez soi. Ce sentiment d’appartenance, c’était ce qui les fédérait tous – du moins en apparence. Ahren n’était pas dupe. Il gardait néanmoins son enthousiasme de façade, saluant ça et là ceux qui le reconnaissaient. Du coin de l’œil, il remarqua le profil d’@Anthéa Drache, en pleine conversation avec Herr @Paul Lindemann et la chanteuse @Hilda Jörgen. Ainsi, les étudiants allaient être de la partie... Il décida de faire profil bas pour l’instant et accueillit une coupe de champagne, retardant le moment où on finirait par l’aborder. Ses yeux se perdirent sur la plaque commémorative qui portait tous les noms des sorciers à qui il avait potentiellement volé la chance de vivre. Non, ça n’avait pas la même saveur en 1919.

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Amare et sapere vix deo conceditur
Everybody knows that the Plague is coming. Everybody knows that it's moving fast. Everybody knows that the naked man and woman are just a shining artifact of the past. Everybody knows the scene is dead. (c)lazare.

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Lev Teczynski
Gouvernement | Autres

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MessageSujet: Re: la der des ders (anciens de durmstrang & +1)   Dim 18 Mar - 23:37

La der des ders ◆ Über alles in der Welt


Avachi sur son fauteuil, Lev fixait les quelques gouttes de Gibson restées au fond de son verre. Sorte de William Turner des alcools, le gin transformait son esprit en vaste champ brumeux. En ce onzième jour de novembre, chaque polonais fêtait l'anniversaire de l'indépendance nationale, journée grandiose que seule l'aurore saurait modérer. L'Helfer, pourtant, chassa l'idée d'une nuit de beuverie familiale. Animé par un sens des responsabilités exacerbé, il privilégia l'enceinte lugubre de Durmstrang aux accolades claniques, sacrifiées sur l'autel du devoir. Introduit en politique depuis trois semaines à peine, il devait faire ses preuves et accroître l'influence Teczynski en dehors du cercle paternel. La perspective d'un coup de force polaque au sud-est d'une Allemagne malingre paraissait de moins en moins saugrenue. Mais cela nécessitait de nouvelles alliances. D'où sa présence au pays des tartufes, dans l'immense salle des fêtes dont la morbide atmosphère imprégnait chacune de ses gorgées.

L'écho sinistre des noms de martyrs auxquels on rendit hommage tua ce qui lui restait d'enthousiasme. Sebastian Becker, un brave garçon rencontré dans une caserne bruxelloise. Son élan vital marqua Lev, qui se sentit obligé d'écrire aux parents pour leur conter les exploits de leur fils lorsqu'il mourut. Ils avaient combattu ensemble pas loin d'Havrincourt, bondissant de cratère en cratère, enjambant barbelés et corps humains, jetant pêle-mêle grenades et cris de guerre. Rendus inconscients par l'haleine de feu tellurique des canons, ils avaient bataillé au sein d'une même division jusqu'au plongeon furtif d'une ombre aux pieds de Sebastian. Silence artificiel d'un obus de 75mm. Encore aujourd'hui, Lev visualisait parfaitement l'agonie du fusilier, rampant en dehors d'un entonnoir, une jupe de viscères sur les genoux.

Émergeant des ténèbres, Lev parcourait l'assemblée du regard. @Anke Sternberg se trouvait là, longue et gracieuse, auréolée d'une aura d'étrangeté. Un orage conquérant guettait le fond de ses pupilles, capable d'écraser toute la délicatesse de son visage. Depuis toujours, charisme et paradoxe forment de merveilleux compères.
En tant que Burggraf et Landsgraf de Berlin, leurs pères se connaissaient bien. Pourtant, les deux héritiers n'avaient - jusqu'ici - jamais échangé le moindre mot ; quelques sourires courtois, tout au plus, à l'occasion d'une ou deux mondanités similaires.

Dans son dos, un cri de surprise. Et l'explosion du cristal sur le sol lustré. Lev se retourna avec une lenteur toute flegmatique. Deux êtres se faisaient face. L'un (@Gerhaldt Hamelinheim) surplombait l'autre de toute sa hauteur, et voilà qu'il l'arrosait de champagne avec plus d'indifférence encore que pouvait en avoir un chien pour une borne incendie. Lev se releva avec l'aide de sa canne. Une fête en l'honneur de la paix entachée d'un meurtre ? Ironie cruelle, malheureusement interrompue par l'intervention d'une femme capable d'amadouer les deux coqs. Ils se séparèrent, comme si de rien n'était. Situation légitimement incompréhensible pour l'observateur extérieur.
Faisant signe à un elfe de maison, Lev se servit à nouveau puis s'approcha du pugiliste, remarquant par la même occasion sa prothèse-magique. Son visage lui paraissait familier, mais le nom qui y était associé restait flou.

- Joli souvenir de France. Où vous a-t-il été offert ?

Lorsque l'on revient des tranchées, on développe une forme d'aversion pour tout ce qui s'apparente à un dédale, y compris verbal. Alors on va à l'essentiel.

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MessageSujet: Re: la der des ders (anciens de durmstrang & +1)   Lun 19 Mar - 18:47

Paul adore qu'on complimente Hilda, surtout devant lui. Il aime voir le visage de la belle s'illuminer, ses yeux pétiller, il aime le sourire qui se peint sur ses lèvres délicieuses. Elle les mérite, ces fameux compliments, elle dont la voix a enchanté plus d'une âme et perdu plus d'un homme. Il rit des paroles de la jeune fille, sans moquerie, tout de gentillesse et d'appréciation. Cette gamine sait se faire apprécier d'une audience, quels que soient ses autres défauts par ailleurs, qu'elle doit avoir pour qu'on la bouscule ainsi sans ménagement.
Ça le ramène bien loin, tout ça – et l'idée de chasser tout Durmstrang plus encore. Il était jeune et beau, plein d'énergie et de charme pétillant, ses cheveux bruns toujours coiffés à la dernière mode et ses habits taillés par les meilleurs couturiers de Vienne. Il était jeune et beau, il était un petit con. Combien de premiers de la classe a-t-il balancé dans un marais, combien en a-t-il menacé de leur faire manger leur animal de compagnie, combien encore ont retrouvé leurs dissertations au fond des toilettes ? Il ne sait même plus pourquoi il faisait ça. Il ne sait pas trop pourquoi il le referait encore. L'arrogance, peut-être, le besoin de s'affirmer d'une façon ou d'une autre, frapper avant d'être la victime. La nécessité de dire au monde qu'il n'est pas inférieur. Mauvaises notes, peut-être, mais viens un peu t'en moquer si tu l'oses. Vieux décati aux allégeances douteuses, sans doute ; fais-moi donc la critique en face.
Il secoue la tête, chasse ces pensées tortueuses et adresse un nouveau sourire lumineux à Demelza. « Si ça ne tenait qu'à moi, petite souris, cette grande chasse au couillon serait déjà ouverte. Ce serait déjà plus distrayant que tout ce qu'on nous a proposé dans cette petite sauterie. » Il adresse un regard de connivence à Hilda. Même s'il sait la jeune femme satisfaite d'avoir été invitée à cette soirée par un homme qui n'éprouve aucune honte à s'afficher à ses côtés, loin de là, il peut imaginer qu'elle s'ennuie à mourir – ou que ce sera pour bientôt. Après tout, même lui commence à trouver la chose passablement gonflante.
Et puis Anthéa montre sa frimousse. Décidément, la soirée est aux rosières, et ce n'est pas pour déplaire à ce vieux gandin de Paul. Le voilà qui sourit plus encore et gratifie sa petite nièce d'un baisemain à l'élégance surannée, parfaitement conscience du vague ridicule qui plane autour de son geste mais indifférent à la chose. « Ma nièce, te voilà splendide ce soir. Effectivement, mon amie est Hilda Jörgen. Hilda, ma tempêtueuse, voici ma petite-nièce adoptive, Anthéa Drache. » Il ne doute pas un instant que Hilda reconnaîtra le nom et saura quoi en faire. Après tout, elle a suffisamment fréquenté les nobles allemands – dans de nombreux sens de ce terme – pour être familière avec toutes les appellations.
Voilà que ça parle d'autographes. Décidément, Hilda aura l'ego flatté, ce soir. Idiots que sont ses autres amants qui ont refusé de l'emmener ou n'ont tout bonnement pas pensé à le lui offrir, les voilà qui se privent du spectacle délectable d'une vélane à qui l'on offre l'attention qu'elle mérite. Enfin, de ce qu'il en sait, les autres sont des jeunes cons encore tout drapés de leur fierté et de leur foutue réputation qu'il faut préserver coûte que coûte, quitte à irriter leur maîtresse. Ils comprendront bien assez tôt que cela n'est jamais une bonne idée.
« Ma tendre amie, ma nièce, petite souris ; je vous demande de m'excuser, il me faut m'absenter un moment. Soyez sages, » finit-il avec un clin d'oeil avant de partir en quête d'un endroit où il pourra s'asseoir un moment, fumer une cigarette, satisfaire certains besoins naturels et réajuster ses notions sociales un brin.

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Revelio

MessageSujet: Re: la der des ders (anciens de durmstrang & +1)   Dim 1 Avr - 10:53

La Der des Ders
Course des fous sur l'échiquier. On attendait depuis quelques années déjà la fin de toute l'ignominie. Guerre encore dans les synapses. Sang tâchant encore les murs. Elle voit la douleur partout. Elle se remémore ceux qu'elle a pansé. Un passé pas si révolu, pas si lointain si on y pense. Combien de temps encore les morts tomberont. Le mot "guerre" n'est-il pas seulement une justification. Une purge déguisée, à ses yeux. Lancinants souvenirs qui la tiraillent et qui l'oppriment. Blanche colombe, Kora, dans vêtement sombre. Soirée soi-disant optionnelle pour certains, obligatoire pour elle. Elle qui a vu certaines victimes que l'on pleure. Elle qui a vu certaines victimes que l'on enlace. Elle serre la main qu'on lui a tendu plus encore. Attache vaine à une réalité mortifère qu'elle ne parvient plus à digérer. Les échos des cris lui sont infernaux, résonances dans la boîte crânienne qu'elle ne peut désormais plus annihiler. C'était plus facile, autrefois, lorsqu'elle n'avait guère le temps de penser. Aujourd'hui, seulement, ce sont des heures qu'elle peut s'octroyer pour revoir les événements qui se sont déroulés. « Merci. Merci encore pour tout ce que vous avez fait. Nous ne l'oublierons pas. » qu'on lui murmure, une larme glissant tout près des lèvres. Elle aimerait pleurer, elle aussi, mais elle semble totalement sèche. Asséchée par les milles fois où elle pleura, ces derniers jours. Oh oui, elle a pleuré, Kora. Pleuré pour avoir vu telles horreurs. Pleuré pour avoir réalisé qu'elle avait accompagné des dizaines de personnes dans la mort. Des dizaines, mais pas sa mère, qui est morte chez elle en l'attendant. « Je prierai pour lui. » Comme elle prie pour tous les autres.

Lorsqu'elle s'écarte de la foule, c'est pour mieux se noyer dans un verre. Alcool, seul réconfort qu'elle parvient encore à ressentir. Lui qui efface les traces d'une tristesse bien ancrée. Lui qui vient l'enlacer pour mieux lui faire oublier. Elle inspire profondément, à travers ce masque de contenance qu'elle ose porter chaque jour depuis des années. Rien ne semble facile. Et rien ne le sera non plus ce soir. Lorsqu'elle aperçoit, parmi les convives, une chimère qu'elle n'aimerait plus voir. @Hilda Jörgen. Ancienne aimée partie trop tôt. Ancienne amante et son couteau. Cheveux de feu qui ont maculé ses draps pendant plusieurs mois. Avant de s'éteindre, ne laissant sur son coeur que des cendres. Elle baisse les yeux avant de croiser son regard. Elle n'a pas le courage, pas la force, pas ce soir. Elle ne peut porter plus de fardeaux. Elle ne peut se résoudre à galvaniser plus de douleurs encore. Alors elle s'échappe, tête baissée. « Miss Schäfer ? » Quelqu'un l'arrache à son délire. Elle cherche l'interlocuteur inconnu. Celui qu'elle semble pourtant bien reconnaître. Visage offrant enfin un sourire. Une lumière dans le noir. « Chester ? » L'accolade qu'ils s'offrent attire quelques regards alentours. Comme deux amants se retrouveraient après des années de séparation. Elle pose ses deux mains autour de son visage. « I can't believe that you're here, i thought you were in Brighton since 6 months ? » Il secoue finalement la tête. « I wanted to see you one last time. To thank you again. You saved me and... You were already gone when I finally woke up. So, I believe I had to meet you a last time. » Les yeux de Kora s'embuent. De ces larmes qu'elle ne pensait plus possible à telle heure. « Don't try to die again, I won't be there next time, okay ? » Ils rient tous les deux. Partagent un verre près du buffet. Avant de définitivement se quitter.

Tout semble si calme. Il n'y a pas réellement de musique, ou est-elle seulement mise en sourdine ? Il n'y a pas vraiment de rire. Ou peut-être quelques uns qu'elle n'entend même plus. Son esprit filtre tout ce qui semble entrer dans ses tympans. Rendre le drame plus dramatique encore. Pour oublier, ensuite. Tourner la page, demain. Mais tout ceci n'aura pas disparu avant qu'elle ne se couche dans sa tombe. « Mama ! » La main de Mira vient trouver la sienne. Et le regard de sa fille suffit à l'apaiser, un instant. « Ce n'est pas trop difficile ? » Kora lui offre un sourire. « ça l'est. Mais ne t'inquiète pas. Profite de la soirée pour retrouver tes amis. » La jeune fille l'enlace doucement. Et pendant cette étreinte qui lui met du baume au coeur, c'est bien un autre visage qui porte atteinte à son myocarde. Elle papillonne des cils. Observe sans vraiment observer. Tandis que Mira s'écarte doucement pour mieux la quitter. Kora ne bouge pas. Elle contemple, et n'ose pas. Insertion dans une discussion lui semblant des plus impolis, elle préférerait, et de loin, se laisser aller à d'autres occupations. Pourtant, lorsque le regard de @Anke Sternberg croise le sien, elle semble dans l'obligation de le soutenir. De lui faire un léger signe de tête. Une salutation tacite. Implicite. Tandis que les ventricules s'entrechoquent.

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K o r a

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Desmond Wagner
Gouvernement | Einsicht

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MessageSujet: Re: la der des ders (anciens de durmstrang & +1)   Mer 4 Avr - 4:04

Aussi sauvage, désagréable et taciturne soit-il, Wagner a l’habitude des festivités. Des rassemblements divers et autres bals où il affiche toujours un air impeccable(ment maussade), où il fait rayonner le nom de sa famille, où il s’affirme comme un homme d’honneur et de confiance. Deux qualités que certainement personne de sain d’esprit, ou le connaissant un tant soit peu, irait lui accoler, mais qu’importe : ce sont les apparences, qui comptent, dans ce jeu. Ne pas se présenter à cette soirée de commémoration des anciens disparus lors de la Grande Guerre aurait été du plus mauvais effet et c’est donc de mauvaise foi, mais digne, qu’il y est présent.

À l’heure, évidemment, en pleine conversation avec d’anciens camarades moins détestés que les autres (sa misanthropie ne s’améliore pas, avec les ans - dire qu’avant, il avait des amis). Ses yeux noirs parfois dérivent afin de détailler les nouveaux arrivants. La vue de la demi-Vélane de l’Einsicht (@Hilda Jörgen) le vexe, en son for intérieur, alors qu’il ressent les tiraillements familiers de l’attirance, de la fascination, s’emparer de lui. Il a bien de la difficulté à retirer ses yeux noirs de la figure hypnotisante de la rousse, se forçant à regarder partout, sauf en sa direction. Il n’est pas comme ces faiblards à genoux devant sa beauté monstrueuse. Il a applaudi le discours d’introduction de la soirée, et donc de dévoilement du mémorial aux disparus, avec une chaleur parfaitement feinte. Comme s’il avait réellement un intérêt envers les décédés. Ou envers qui que ce soit, vraiment, outre que lui-même. Le change, Wagner le donne avec excellence, et s’applique à cette tâche, jusqu’à ce que la figure gracieuse d’@Anke Sternberg lui tombe dans l’oeil. « Excusez-moi, mais j’aperçois une amie et j’ai promis de la rejoindre. » Il s’est excusé, au lieu de tout simplement se casser : un bon point pour lui. Il est définitivement de bonne humeur.
il navigue aisément dans la foule, jusqu’à atteindre la Cardinale, en pleine conversation avec une jeune demoiselle blonde (@Luise Goldschmidt), qu’il identifie comme étant la fille Golschmidt. Connaissance de tous les nobles obligent, que ceux-ci le connaissent ou pas en retour. C’est-à-dire, pas, dans ce cas-ci. Qu’importe. Sa main glisse sur la taille d’Anke, à laquelle il adresse une salutation polie lorsqu’elle tourne la tête vers lui. Noir contre noir. « Anke, mon amie. » Il a hésité à porter quelque chose de rouge, afin de s’assortir à la Sternberg, et de mener encore un peu plus tout le monde en bateau. Il a résisté à ce désir malicieux, par une force inconnue, et est plutôt vêtu de noir - comme toujours. Costume élégant sous une robe de sorcier de la même élégance, le tout parfaitement coupé. Au col et aux poignets de la chemise, discrètes broderies d’or et d’argent. « J’espérais bien te voir ici, malgré ton horaire chargé. Il reporte son regard froid sur la demoiselle, à laquelle il adresse un signe de tête apparemment respectueux. Pardonnez ma goujaterie. Desmond Wagner, Helfer de la charmante Landgräfin ici présente. » Il ne pousse pas le vice à sourire, mimique qui aurait surtout l’air d’une immonde grimace de gargouille sur son visage peu habitué à l’exercice, mais toute ironie est absente de sa voix.



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la der des ders (anciens de durmstrang & +1)

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