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(nadja) all the stars approach you

Revelio

MessageSujet: (nadja) all the stars approach you   (nadja) all the stars approach you EmptyLun 26 Fév - 23:53


NADJA RÄTZER
citoyens & autres



For dreams, too, are ghosts, desires chased in sleep, gone by morning.

INFORMATIONS
Nom ◆ SEIDEL | Afin de faciliter leur intégration en Allemagne, son père a souhaité que ses enfants prennent le nom de leur mère plutôt que le sien, qu'il jugeait trop dur, trop russe, trop lourd ; aussi Koznychev passa-t-il à la trappe au profit de Seidel. À la fois honni et révéré, le patronyme trouve les plus fidèles de ses disciples dans les tranches oubliées de la société et les plus coriaces de ses adversaires dans les hautes sphères du pouvoir. Autrefois agitateurs politiques défendant la veuve et l'orphelin, désormais associés (à raison) à la pègre magique, ils se font toutefois discrets depuis la Grande Guerre et manigancent silencieusement, un pied dans le monde sorcier, un autre dans celui des moldus. RÄTZER | L'époque lui semble lointaine et pourtant, cela fait seulement une poignée d'années, pas même une décennie. La douleur demeure, quoiqu'un peu moins fulgurante que la veille, puis le regard glisse jusqu'à son annulaire nu - et si elle a retiré son alliance, elle a néanmoins conservé le nom du défunt. Après tout, elle a repris ses affaires.
Prénom ◆ NADEZHDA | Nadezhda Alexandrovna Koznycheva. Le contraste de son nom originel (officieux) avec sa version germanisée est saisissant pour le quidam ignorant ses origines. Elle a perdu l'habitude qu'on l'appelle par son prénom, dont le choix imprégné de nostalgie fut laissé aux mains de son père. « Espoir », peut-on traduire - chose qu'elle n'est pas certaine de porter.
Surnom ◆ NADJA | Le diminutif s'imposa dès sa petite enfance et plus tard se substitua à son prénom, jusqu'à se faufiler dans ses papiers.
Lieu & date de naissance ◆ CONSTANTINOPLE, 28 OCTOBRE 1900 | Elle n'aura pas vu grand-chose de la Turquie, où ses parents se sont brièvement exilés alors que sonnait le glas du XIXème siècle.
Nationalité ◆ ALLEMANDE | Ou du moins est-ce la seule nationalité qui vaut la peine d'être mentionnée. Elle n'oublie cependant pas ses origines russes, la « très chère » patrie de son père. À défaut d'avoir foulé la terre de ses ancêtres, elle en a entendu l'histoire et éprouve à l'égard de ce pays dont elle ne connaît que la langue une certaine mélancolie.
Métier ◆ PROPRIÉTAIRE D'UNE BRASSERIE | Héritage de sa famille maternelle — au début petite brasserie de rien du tout, ses grands-parents ont apporté quelques touches « magiques » à cet art si allemand de brasser de la bière et espéraient voir dans le futur se développer la marque Seidel. Aujourd’hui à la tête de cette affaire empoisonnée, elle est contrainte de dissimuler le fruit d'activités illicites dans les fûts. Il n’y a rien de plus pratique pour passer les frontières. BAGUETTISTE | Les Koznychev étaient des artisans baguettistes originaires de Saratov, certes moins fameux que Gregorovitch mais réputés dans leur oblast. Cet art sacré se transmet de génération en génération et les secrets de la confection de ces réceptacles magiques se gardent jalousement : elle a grandi dans l'atelier de son père, toujours fourrée dans ses pattes lorsqu'il s'affairait à son ouvrage, posant mille et une questions sur les bois, les cœurs, les propriétés de cette baguette-ci ou cette baguette-là. Elle entama son apprentissage dès lors que ses pouvoirs se stabilisèrent mais abandonna la profession en 1923 (sans doute à cause de son ivrogne de mari, dit-on) – désormais, elle vend clandestinement des baguettes. CONTREBANDIÈRE | La génération de ses parents et grands-parents avaient réussi, tant bien que mal, à se défaire des affaires interlopes de la brasserie et depuis quelques années, le commerce était devenu tout ce qu’il y a de plus légitime – c’était sans compter de sombres histoires et les dettes contractées par son mari. Pour l’heure, son affaire sert de plateforme, et elle s’en tient aux ingrédients illégaux, aux baguettes, parfois à l’art magique (une valeur soi-disant sûre) et à des produits moldus. Parallèlement, plutôt que subir la mainmise de l’organisation qui s’est invitée dans sa vie, elle organise son marché noir dans le quartier, se livre au troc en veillant à ne pas trop s’éparpiller afin de ne pas éveiller les soupçons de ses « protecteurs ».
Lieu d’habitation ◆ LAND DE BERLIN, BERLIN | Elle habite la capitale depuis toujours et en connaît tous ses recoins. Ne songerait pas un instant à la quitter.
Statut de sang ◆ MÊLÉ | Si le sang n'a pas grande importance à leurs yeux, les Seidel-Koznychev se sont seulement contentés de mariages avec des nés-moldus, aussi purent-ils, un temps, arguer l'absence de « moldu » à proprement parler dans leur arbre généalogique.
Classe sociale ◆ CITOYENNE | Un statut discutable compte-tenu de son pedigree : armée de discrétion et d'une poignée de contacts « là où il faut », elle a évité bien des ennuis avec les autorités et pourrait même remercier les massacres de l'Einsicht – ils ont tant attiré l'attention sur eux que les « petites histoires » dans lesquelles elle était impliquée ont été balayées d'un revers de main par des fonctionnaires débordés. La brasserie lui assure un revenu légal et une couverture solide pour le moment, mais une seule erreur suffirait à la pousser de l'autre côté de la barrière.
État civil ◆ VEUVE | Elle était jeune, très jeune, pas encore dix-huit ans à l'époque. Ce n'était pas prévu - une décision prise à la va-vite en 1918, pendant une permission de son fiancé, Jan. Le conflit s'enlisait, on entendait tout et n'importe quoi et il craignait qu'elle se retrouve sans le sou si jamais il ne revenait pas du front. « Ils te laisseront tranquille, » lui avait-il juré. Techniquement, elle n'est pas « veuve de guerre » mais c'était tout comme : l'humanité de son mari est restée en France, dans un trou d'obus, avec une partie de son visage. (Sa disparition la soulagea, mais c'est une confession que son cœur blessé préfère renier.)

Éducation ◆ ÉCOLE PUBLIQUE | Elle a été éduquée dans une école du Land de Berlin. L'enseignement n'était aucunement comparable au prestige de Durmstrang mais loin d'elle l'idée de cracher dessus : elle y a appris ce qu'elle devait apprendre, et ses moyens n'avaient pas à définir ses qualités de sorcière, au contraire. Son ambition n'avait d'égale que celle de ses parents : son père l'initia tôt aux spécificités des baguettes et aux runes tandis que sa guérisseuse de mère l'aidait à approfondir ses leçons. C'était une élève assidue mais terriblement impatiente, et têtue comme un hippogriffe avec ça, rechignant à reconnaître son erreur. Son cycle obligatoire terminé, elle poursuivit néanmoins quelques cours et quitta les bancs de l'école à seize ans afin de parachever son apprentissage de baguettiste auprès de son père.

Opinion politique ◆ RÉVOLUTIONNAIRE | Dans sa famille, on aime fourrer son nez dans ce qu'il ne nous regarde pas. Un fort esprit de contestation leur a porté préjudice à de si nombreuses reprises qu'ils s'y sont accoutumés, accueillant à bras ouverts les sanctions de leur impudence, trouvant toujours dans leur défaite un éclat de victoire. Son père, Aleksandr Koznychev, a été exilé de Russie à cause de ses penchants politiques tandis que sa mère, Liesl Seidel, véritable boutefeu dans son Allemagne natale, a été plusieurs fois inquiétée pour ses agissements politiques : l'un comme l'autre était opposé à la noblesse et à sa mainmise sur les artères du pouvoir, des valeurs qu'ils ont transmises à leur descendance (qui ressemblent sans s'y méprendre aux idéaux socialistes des moldus). L'un de ses arrière-grands-pères, suivi par un grand-oncle, furent élus au Parlement – modestes artisans de leur état mais porteurs de grandes idées, ils déploraient l'écran de fumée qu'était l'entrée des roturiers dans le gouvernement, une façon déguisée d'éviter une révolution, maugréaient-ils. Nadja s'intéresse de près à la politique mais c'est un terrain qu'elle tâtonne seulement – ses activités ne lui permettent pas de s'y consacrer pleinement (et la discréditeraient sans doute). À dire vrai, elle n'a pas l'étoffe d'une agitatrice : méprisant les bien-nés et leur dédain évident pour la plèbe, elle s'intéresse davantage à la justice sociale. Une fois ses magouilles blanchies grâce à la brasserie, elle fait des dons aux nécessiteux, offre de la soupe aux crève-la-faim – une espèce de Robin des Bois au féminin.

Réputation ◆ FRÄULEIN | On apprécie son sourire bienveillant, ses bons tuyaux et l’ardeur avec laquelle elle défend les causes lui tenant à cœur. Elle s’implique dans la vie de son quartier, et son veuvage prématuré (si jeune !) lui vaut des signes de tête respectueux de la part des messieurs – « son mari a combattu pour l’Allemagne ! Le pauvre ne s’en est jamais remis ! » Quelques médisances s’échappent ici et là, sans consistance aucune, de ces racontars saugrenus qui poursuivent ceux qui attirent l’attention (le décès de son époux est, entre-autre, un sujet de conversation déchaînant les passions parmi les mégères du coin), mais elle ne s’en préoccupe pas outre-mesure. Les gens parlent, ainsi va la nature humaine. Dans l’ombre, lorsque les volets se ferment et les lumières se tamisent, elle commence à s’imposer dans un milieu dangereux – place autrefois occupée par son mari qui, du bout d’une table, avait l’art de commander respect et silence, c’était sans doute à cause du masque qui couvrait une partie de ses blessures de guerre et des gargouillements que produisaient ses cordes vocales esquintées. Elle, sa figure ronde et ses boucles blondes continuent d’être dédaignés – et pourtant, gare à ceux qui empiètent sur ses plates-bandes.  

Particularités ◆ RUNISTE | Loin d'être une passion découverte au cours de ses études ou un passe-temps, c'est une nécessité : un bon baguettiste se doit de maîtriser les runes, ou du moins, en connaître les fondements s'il veut parfaire ses compositions. Elle a un peu traîné la patte lorsque son père lui a fourré entre les mains un lourd grimoire poussiéreux aux pages noircies de signes inconnus. Toutefois, cette magie particulière a immédiatement happé son attention : à l'instar de la confection d'une baguette, les runes exigent de la rigueur - et octroyaient aux créations une énergie spéciale, différente, elle avait observé son père en graver sur certains manches ou à l'intérieur du bois même afin d'équilibrer la magie résidant dans le réceptacle. Elle a conservé cette signature singulière, et a attentivement étudié les bienfaits - et méfaits - runiques sur les baguettes et leurs composants, voire la magie du sorcier lui-même. (Reste à prouver si une seule rune peut en effet améliorer les qualités d'un piètre duelliste, par exemple - elle demeure sceptique.) Cela dit, elle en ignore beaucoup encore : la disparition prématurée de ses parents a interrompu son apprentissage, et si elle met un point d'honneur à persister en autodidacte, la tâche n'est guère aisée, surtout lorsque le temps manque.



HRP
Pseudo : dysania. Âge : 23 ans. Personnage : inventé. Face claim : Lucy Boynton. Credits : tumblr (gifs). Où avez-vous connu le forum : de l'art du stalkage des projets bazzart ! ça faisait un sacré bail que je vous zieutais de loin.  gna  Avez-vous des multicomptes : nope (pas encore  (nadja) all the stars approach you 1867798101 ) Comment décririez-vous votre rythme RP : "peut mieux faire" (je réponds surtout les weekends) Commentaire : je suis toute émue de pouvoir découvrir le forum, depuis le temps que j'espionnais  hiii
Revelio

MessageSujet: Re: (nadja) all the stars approach you   (nadja) all the stars approach you EmptyLun 26 Fév - 23:54

THÈMES
Liens familiaux : Les Seidel habitaient le même quartier populaire depuis plusieurs générations ; ils s’étaient implantés à Berlin par la force des choses, quand l’ère industrielle frappa de plein fouet les campagnes. Au cours du XIXème siècle, alors que l’Allemagne ne cessait de revendiquer ses fondements démocratiques, Ernst Seidel s’était rendu célèbre pour avoir envoyé des lettres piégées à plusieurs Landgrafen ; « rien de méchant », clama-t-il à son procès, au sujet d’une poudre ensorcelée faisant éclore sur le faciès de bien vilaines pustules purulentes. Il n’avait pas cherché à réfuter les chefs d’accusation et se rendit dès le moment où les autorités frappèrent à sa porte. Après un interrogatoire musclé (que sa famille dénoncera plus tard), il avoua sous la contrainte la composition de l’antidote, et fut aussitôt mis aux fers. Les Seidel s’étaient mêlés de la politique dès leur arrivée en ville mais devant la toute-puissance de la noblesse dédaignant les revendications de la populace, leurs positions se firent plus virulentes. Ils étaient gênants, bruyants, piqués d’une fièvre contestataire – un produit du sous-prolétariat comptant dans leurs rangs des brigands insignifiants et des ouvriers forcés de ranger leurs baguettes pour gagner leur pain dans le monde moldu.
La brasserie, clef de voûte de leur réussite soudaine, c’est le fringuant Manfred (dit « Manny ») Seidel qui la remporta dans un tripot, contre une bande de moldus ivres morts, en 1867. L’établissement ne payait pas de mine : c’était un vieux bâtiment délabré où un artisan brassait sa bière, et Manny n’y connaissait pas grand-chose. Il savait parier, s’endetter et s’attirer des ennuis – aussi laissa-t-il ce « cadeau » à son frère Henry, qui reprit vaille que vaille les rennes de cette entreprise tombée du ciel. Henry Seidel n’était pas plus fiable que son poivrot de frangin mais il avait de la jugeote : il trafiqua le fond des fûts de bière et utilisa les douanes moldues afin de transporter des objets volés hors des frontières prussiennes. Les activités criminelles de Henry cessèrent lorsqu’il fut arrêté pour contrefaçons d’artéfact, et son cousin, le grand-père de Nadja, un homme intègre et droit dans ses bottes, hérita de la brasserie.
À des kilomètres de là, en Russie, les Koznychev étaient connus (et inquiétés) pour leurs penchants anti-tsaristes, et si leur commerce de baguette n’avait pas prospéré à la manière d’un Ollivander ou d’un Gregorovitch malgré la qualité manifeste de leur ouvrage, c’était parce qu’ils s’échinaient à fournir une population modeste en produits de qualité. Ils ne taillaient pas leurs baguettes dans un bois médiocre (ou pis, malade !) et veillaient à la bonne tenue de leurs cœurs (quitte à s’en procurer de façon plus ou moins légale, aux frontières asiatiques).
À croire que Liesl Seidel et Aleksandr Koznychev s’étaient bien trouvés – un mariage et un enfant plus tard, Aleksandr fut condamné à quatre ans de bagne en Sibérie pour avoir fourni des baguettes à un groupe de sorciers séditieux. Jusqu’à la naissance de leur cadette, ils ne cessèrent de bouger d’un bout à l’autre de l’Europe.
Mikhaïl, que tout le monde surnommait Misha, était l’aîné de la fratrie – destiné à reprendre la brasserie, il avait l’âme d’un businessman américain, un meneur né. Nadja le trouvait trop autoritaire, surtout après la mort de leur père. Il avait toujours son mot à dire sur tout – sur leurs fréquentations, leurs notes, leur avenir… le bougre se trompait rarement, et avait un bon instinct. Elle regrette ses sermons et ses sourires satisfaits. (Disparu en 1925, déclaré mort en 1926. Circonstances non élucidées. Elle a sa petite idée.)
Ivan est né différent – dénué de magie. Ce n’était pas vraiment un tabou dans leur foyer et ses parents ne l’en aimèrent pas moins, mais cette « infirmité » le rendait morose. Enfant, il jalousait ses frères et sœur, leurs proches sorciers, et les nés-moldus tout particulièrement, parce qu’il avait l’impression que ces derniers ne méritaient pas leur magie, pas quand lui, un fils de sorciers, était incapable d’en produire. Pourtant, contre toute attente, la compagnie des moldus lui permit de trouver une place dans ce monde. Plus tard, lorsque leurs rumeurs du retour de Lénine se propagèrent jusqu’à Berlin, il sauta dans le premier train pour prêter main forte aux bolchéviques ; depuis, il a élu résidence à Leningrad. (Lui écrit régulièrement. Ses lettres sont de moins en moins longues et de plus en plus vagues. Apparemment marié.)
Pavel avait un problème avec les occupations « professionnelles » de sa famille. Enfants, ils étaient proches mais il s’éloigna assez vite des siens – ses convictions étaient différentes, allez savoir ce qui lui passait par la tête. Il s’engagea en 1915 « pour défendre la patrie » et d’après la dernière missive que Nadja reçut, en septembre 1917, il était sur le front de l’Est et se plaignait du froid. (Ils ont enterré une boîte vide.)

Compétences magiques et baguette : Sa première baguette lui fut offerte par son père, qui confectionna un modèle unique pour chacun de ses enfants. Il avait opté pour du frêne et un crin de licorne, une combinaison simple et pratique, adaptée à l’apprentissage de la magie – il partait du principe que les sorciers devaient changer de baguette au moins une fois dans leur vie, et à l’âge de seize ans, Nadja put choisir les éléments de sa deuxième baguette. Cette fidèle alliée l’accompagne depuis la fin de ses études et elle n’imaginerait pas une meilleure extension de son bras. Taillée dans du bois de tremble, un matériau précieux qui avait les préférences paternelles, elle renferme une plume de phénix (son ingrédient fétiche, du fait de sa fiabilité et de son efficacité) et mesure trente-deux centimètres très exactement. C’est une baguette particulièrement robuste et capricieuse qui n’apprécie guère les changements de propriétaire, aussi inoffensifs soient-ils ; ainsi, lorsque son frère Misha la lui emprunta pour attraper un livre, des étincelles bleuâtres manquèrent de brûler l’étagère entière.
Sorcière habile et ambitieuse, au fait de la faiblesse de certaines baguettes et des forces de la sienne, elle s’entraînait surtout à la maison et se pavanait à l’école, toute fière de maîtriser tel ou tel enchantement – à dire vrai, en tant que « petite dernière », une fille de surcroît, elle tenait à impressionner ses pairs, à montrer à quel point elle était douée, et si aujourd’hui elle peut se targuer d’être une bonne duelliste, elle a essuyé des échecs très cuisants au cours de son adolescence (et si son père ne l’avait pas surprise à temps, elle aurait probablement détruit sa propre baguette à force d’expérimenter dessus). Elle a gravé une série de runes sur le manche afin d’améliorer la trajectoire et la précision de ses sorts, inspirée par les conseils de son père.

Les Moldus et le Secret Magique : « Chacun chez soi, et tout ira pour le mieux. » Si leurs mondes peuvent s’entremêler sans nécessairement se côtoyer outre-mesure, elle n’est pas certaine que l’abolition du Secret puisse accomplir quoique ce soit, au contraire. Certes, elle est très impressionnée par le savoir moldu (l’électricité et les avancées techniques la fascinent plus qu’autre chose) mais ils sont plus nombreux, équipés, et prêts à en découdre, comme l’a tristement démontré la guerre. Qui dit qu’ils ne fusilleraient pas les sorciers ? Qu’ils ne tenteraient pas d’exploiter leurs pouvoirs à leur avantage ? S’il faut sacrifier de possibles progrès intellectuels, ou que sait-elle encore, afin de conserver ce fragile équilibre, qu’il en soit ainsi. (Au fond d’elle, pourtant, un doute subsiste.)

La Grande Guerre : « Meine Liebe,
J’espère que tu ne m’en voudras pas si je te dis que je n’ai plus vraiment envie de découvrir la France, maintenant. [tache d’encre] Voilà quinze jours que nous attendons que quelque chose se passe, prisonniers de la boue et des rats qui s’infiltrent partout. J’ai parfois l’impression de perdre la raison, de t’apercevoir de loin, sur le champ d’en face, et si j’avais un peu plus de fièvre, peut-être serais-je capable de courir à ta rencontre – heureusement que Max est là pour me remettre les idées en place. Vous vous entendriez bien. Je n’ai plus beaucoup de papier [phrase raturée] je t’écrirai plus longuement la semaine prochaine.
Ne m’attends pas ce soir mais attends-moi demain. Jan.
 »
Elle avait dormi avec chaque missive de Jan sous son oreiller, le cœur battant. Il était parti en 1916, et elle l’avait attendu, la peur au ventre. Et c’était terrible, de l’avoir tant attendu, pour plus tard, souhaité qu’il ne soit jamais revenu.
Ne m’attends pas ce soir mais attends-moi demain.

Sport et Arts : Elle a grandi avec trois frères. Trois grands imbéciles obsédés par les balais volants et les sacro-saintes règles du tout autant sacro-saint Quidditch. Elle ne partage pas leur fièvre ardente pour un simple jeu où on s’échange une balle jusqu’à ce qu’un péquenaud aux aguets repère enfin une autre balle. Bien sûr, elle comprend l’engouement que provoque un match – un score serré, un accident inattendu amputant l’équipe d’un joueur ou la foule en liesse dans les gradins ne laissent pas indifférent, mais de là à en parler tous les jours ? « Nadenka, Pavel avait posé un bras sur ses épaules, le Quidditch n’est pas qu’un sport, et il le disait avec une telle conviction qu’elle était prête à le croire sur parole, le Quidditch est un art.Un art subtil ! renchérit aussitôt Misha d’un ton sérieux. – Vous êtes bêtes.Un jour, tu verras la lumière.Ou un cognard, comme oncle Werner.Ce bon vieux Werner ! Toujours là au mauvais moment.Il avait la tête dure. » Aujourd’hui, elle aimerait pouvoir deviser une dernière fois avec eux, et leur stupide Quidditch.
Plus intéressée par les fêtes et la musique, elle aime danser et s’amuser ; se pique d’intérêt pour la peinture magique qu’elle trouve enchanteresse, adorerait posséder une collection, aime rencontrer des artistes, échanger avec des musiciens – elle apprécie l’art sous toutes ses formes mais n’est malheureusement pas pourvue d’un talent particulier, à son plus grand regret.  

Casier judiciaire : (Arrêtée une fois, en 1924, pour avoir craché sur un noble. Aucune charge n’a été retenue, et la raison n’a pas été ébruitée.)
Elle aurait pu être inculpée pour beaucoup de choses ces dernières années, mais rien. Des murmures, tout au plus, des rumeurs infondées, des histoires que l’on feint d’ignorer. Elle a cultivé quelques amitiés là où il fallait, « au cas où ». Puis Jan a tout gâché. Elle ignore dans quoi il s’est fourré exactement, mais il a merdé. Royalement. Et s’est permis de l’entraîner dans sa chute. Il connaissait pourtant les règles – leurs règles : le business appartenait à leur famille, seulement à leur famille, et il a ramené avec lui des trouble-fêtes associés à une organisation criminelle bien plus étendue que les quelques rameaux de leur arbre généalogique, un pendant sorcier des Ringvereine, avec qui elle doit désormais composer pour conserver son territoire et la marque familiale.

Noblesse : « Les moldus ont renversé le Tsar, a-t-elle répété plus d’une fois, si j’étais un arschloch de nobliard, je ferais gaffe. »
Revelio

MessageSujet: Re: (nadja) all the stars approach you   (nadja) all the stars approach you EmptyLun 26 Fév - 23:55

Histoire

1900
And what did you want?
To call myself beloved, to feel myself beloved on the earth.

« Mais maman a mal ! » Un jeune garçon en retint un autre, beaucoup plus frêle, par le col de sa tunique. De grosses larmes coulaient sur les joues rebondies du cadet. « Maman t’a expliqué, commença calmement Mikhaïl, on va avoir un petit frère ou une petite sœur. Mais elle crie !! » Si Ivan s’était assoupi près d’une fenêtre et dormait à poings fermés – un troupeau d’hippogriffes enragés à la poursuite d’une armée de trolls ne l’aurait pas tiré de son sommeil –, Pavel ne cessait de pleurnicher depuis que leur mère avait eu ses premières contractions, et l’aîné de la fratrie commençait à perdre patience. Du haut de ses dix ans, il s’était vu incomber le rôle de chef de la famille, et bien qu’il prît ses responsabilités à cœur, il espérait chaque soir le retour de papa – son absence rendait maman triste, même s’il la secondait du mieux qu’il le pouvait, et Pavel plus inconsolable encore. Il n’avait pas compris pourquoi ils avaient dû venir à Constantinople, mais il n’avait pas posé de questions (surtout pas quand maman soupirait de lassitude à chaque fois que Pavel lui tirait la manche et ponctuait ses phrases hésitantes de « je veux papa »). C’était une belle ville, très grande, et s’il grimpait à l’étage et regardait par la fenêtre de la chambre de Semra, il pouvait contempler le Bosphore, et toute la vie grouillant dans les rues de la capitale. Le changement de température l’avait un peu surpris au début, mais il s’y était accoutumé – Ivan ne partageait pas son avis et regrettait la neige. (De toute façon, Ivan n’était jamais content.) « Je veux pas de petit frère.Et une petite sœur ?C’est nul les filles. » Misha s’abstint de répondre, accueillant avec soulagement le changement d’humeur inattendu de son cadet ; il préférait ça à sécher ses larmes. À l’étage, les cris de maman faiblissaient, et bientôt, furent remplacés par les pleurs d’un nouveau-né. Misha se redressa, juste à temps pour apercevoir Semra dévaler les escaliers, passer en coup de vent dans le petit salon où somnolaient les garçons et disparaître à nouveau, les bras surchargés de linges. « Semraaaaaa ! – Même le bébé sera moins bébé que toi, » Misha marmonna. « J’aimerais que papa revienne. Il faut attendre.On attend depuis longtemps. » Il ouvrit la bouche mais fut interrompu par Semra, qui de l’étage, les convia à rejoindre leur mère, coupant court aux insupportables jérémiades du cadet.
« C’est votre petite sœur, Nadezhda.Elle est toute rouge.Et fripée, » observa Ivan. Pavel s’était hissé sur les couvertures et scrutait la moue boudeuse du nourrisson, les sourcils froncés. « C’est vachement moche un bébé.Pas plus que toi. – Les garçons ! »

1912
there is a light somewhere,
it may not be much light but it beats the darkness

« Tu t’appelles comment ? » Elle avait onze ans. Un livre sous le bras et une plume dans la main, elle examinait attentivement le nouveau venu et la petite valise marron qui trônait dans l’entrée de leur maison, tandis que sa mère conversait avec deux autres personnes dans le salon – avec leur mine austère et leurs accoutrements grisâtres, plus tristes encore que le ciel de Berlin un soir d’hiver, elle en déduisit distraitement qu’il s’agissait là de « gens importants ». Cela dit, ça n’expliquait toujours pas la présence du garçon. Il était plus grand qu’elle, et s’empressa de cacher ses mains lorsque ses yeux tombèrent dessus. « Moi, c’est Nadezhda mais tu peux m’appeler Nadja. » Elle décrocha un énième regard vers les ombres des adultes ondoyant dans le couloir avant de reporter son attention sur son vis-à-vis. « Jan. – Quoi ?Je m’appelle Jan. » Sa bouche forma un « o » muet, et aussitôt, elle lui tendit une menotte blanche, d’une façon très solennelle. Jan hésita un instant puis la serra, pris au dépourvu par la gamine et ses boucles blondes indisciplinées. Elle avait de la terre sur les genoux, le bas de sa robe déchiré et un ruban autour du poignet. « C’est qui ? » D’un coup de menton, elle désigna vaguement la porte entrouverte d’où s’échappaient des bribes de discussion. « Je… le rouge lui monta aux joues. Je sais pas trop. – Oh. Tu veux venir avec moi ? Je vais faire mes devoirs chez ma grand-mère, elle habite en face.Je… je dois attendre ici. Désolé. »
Jan Rätzer était un né-moldu de treize ans que les autorités avaient trouvé dans un village isolé, « au nord » avait distraitement ajouté Pavel lorsque, le soir venu, il avait enfin daigné répondre à sa kyrielle de questions. Nadja était curieuse – trop, au goût des adultes du reste, elle avait besoin de tout savoir, quoiqu’il arrive, et surtout si ça ne la regardait pas. À l’école, elle ne prenait plus la peine de lever la main et se contentait d’interrompre son professeur dès lors que son ennui commençait à poindre. Elle détestait les cours – ce n’était pas aussi intéressant que les histoires de son Oma Madga ou les longs discours de son père à propos des baguettes. Par conséquent, elle y mettait de la mauvaise volonté et s’amusait à animer ses fournitures (tout particulièrement son encrier), un sortilège enfantin que lui avait enseigné Pavel et dont sa mère réprouvait l’utilisation. « Est-ce que Jan va rester ? » Liesl échangea un regard avec Aleksandr. « Oui, il s’installera dans la chambre d’amis.Pourquoi il vient en fait ? (Ivan poussa un soupir exagéré qu’elle feignit d’ignorer.) – Pour l’école.Mais pourquoi chez nous ?Parce que Jan n’a pas de parents sorciers et que son village… ne les aime pas trop. Ce sera plus facile ici. » Plus tard dans la soirée, alors qu’elle achevait la lecture laborieuse d’un livre d’histoire (« La Prusse Magique à travers les siècles », un ouvrage on ne peut plus barbant), elle entendit ses parents s’affairer dans la pièce d’à côté – ils l’appelaient la « chambre d’amis » mais ce n’était qu’un débarras où chacun entassait son bric-à-brac. Ce serait peut-être bien d’avoir un voisin. Ses frères grandissaient, Misha ne vivait plus à la maison, Ivan traînait désormais avec ses amis moldus et Pavel était en apprentissage chez un apothicaire. Au moins, il y avait toujours papa et son atelier.

« Papa voulait qu’on aille à Koldovstoretz mais c’était compliqué.Koldovstoretz ?C’est en Russie. Il y a plusieurs écoles dans le monde, mais Durmstrang… » Elle aurait voulu intégrer Durmstrang, et elle ne pouvait s’empêcher de brûler de jalousie à chaque fois que quelqu’un mentionnait le prestigieux établissement ; certes, elle aurait dû s’habituer à l’austérité de l’endroit et à la rigueur disciplinaire des professeurs, à la compétition régnant entre les élèves ou à la compagnie de têtes à claques nobliardes, mais c’était plus fort qu’elle, et elle s’en trouvait blessée dans sa fierté. Aleksandr lui avait maintes fois répété que tous les marks du monde ne faisaient pas la qualité d’un sorcier – combien de fois avait-il vu quelque noble passer une commande de baguette d’une extravagance folle alors que ses talents magiques n’en étaient pas à la hauteur ? « Ils ne connaissent rien à rien, marmonna-t-elle, en arrachant des brins d’herbe et en les disposant méthodiquement sur son mollet découvert. Ils passent leur vie dans un château, puis dans une école, puis dans un autre château. – Tu voudrais un château ? » Nadja haussa les épaules. « Non. » Au loin, elle entendit la cloche annonçant la reprise des cours et suivit du regard les élèves se ranger près des professeurs, sans pour autant se relever. « Tu viens ? » Elle lissa un pli imaginaire de sa robe, la moue songeuse. « Tu connais le quartier du Thestral ? – Non… ? Suis-moi. »
Plus tard dans la journée, elle reçut le sermon du siècle.

1916
The stars are not wanted now,
put out every one

Sur le quai de la gare, elle refusait de lâcher Ivan. Toute vêtue de noir depuis le départ de Jan au front, elle tentait laborieusement de retenir ses larmes, mais les rares mots s’échappant de sa gorge serrée se télescopaient dans sa bouche. Son monde volait en éclats mais que représentait-il face à l’Europe qui s’embrasait ? Ses sanglots, son sentiment d’injustice, tout ça n’était pas comparable à la douleur de million d’autres, et si elle partageait le chagrin de cette mère serrant son fils contre elle, trop frêle dans son uniforme militaire, ou de ces couples craignant que ce au revoir soit le dernier, elle était terriblement seule dans son désespoir. Ivan, lui, ne partait pas dans les tranchées – il rejoignait la Suisse où se fomentait un autre combat, dont elle préférait ne rien savoir. « Nié proshshaemssia, » l’entendit-il glisser dans son oreille. Elle ravala un hoquet, et comme frappée d’un éclair de lucidité, elle s’empressa de fouiller à l’intérieur de son sac à main duquel elle extirpa la flasque de leur père, où y étaient gravées ses initiales cyrilliques. « Au cas où il t’arrive quelque chose. C’est la potion de maman. » (Une concoction au goût épouvantable mais qui avait le mérite de soulager n’importe quel mal.) Ivan la glissa dans la poche intérieure de son veston et lui décrocha un dernier sourire avant d’embarquer dans un train en partance pour Zurich.

Sur le chemin du retour, elle trouva les rues de Berlin si calmes que c’en était angoissant. Elle traînait le pas, son foulard à la main. Observait de loin les terrasses de café désertes. Les commerçants s’ennuyant à leur comptoir. Les enfants jouant sur le pas d’une porte. La brasserie aussi marchait au ralenti – Mikhaïl avait remplacé les brasseurs avec un système magique plus élaboré, mais en temps de guerre, on vendait les fûts au front, en espérant que les spiritueux embrumeraient l’esprit des soldats et leur feraient oublier leur condition. À seize ans tout juste, elle avait l’impression d’avoir manqué son adolescence et les erreurs que cet âge insouciant lui autorisait. Était-ce à cause de la guerre, ou de sa famille éclatée ? À l’entrée de la maison familiale, elle revint sur ses pas et se réfugia chez sa grand-mère qui, en dépit de ses soixante-treize ans bien tassés, demeurait la véritable matriarche des Seidel. Surnommée « Oma Magda », l’aïeule restait confinée chez elle et s’occupait uniquement de son petit bout de jardin et de sa serre – les sorciers du coin avaient l’habitude de la visiter lorsqu’ils avaient besoin de plantes que les herboristes vendaient trop chères, et elle en profitait pour pester contre tous ces commerçants qui les « saignaient à blanc ». « Ivan trouvera sa place en Russie, la certitude de Magda laissait peu de place au doute. D’un coup de baguette, elle débarrassa la table d’épais grimoires et convoqua son service à thé. J’aurais aimé qu’on puisse ramener votre pauvre père là-bas… Enfin. Les choses sont ce qu’elles sont. » Sa grand-mère eut un sourire contrit. « Tu as reçu des nouvelles de Pavel ?Non. Il écrit peu en ce moment.Et ton apprentissage ma chérie ?Ça se passe. Ce n’est pas comme avec Papa, mais ça se passe. » Son père était mort six mois auparavant, et elle avait dû se résoudre à poursuivre sa formation chez un artisan baguettiste berlinois qu’elle n’aimait pas beaucoup. Il multipliait inutilement les règles et les règles, chacun savait ce qu’elle en pensait. Il y eut un silence, pourtant lourd de confessions qu’elles n’osaient pas partager, que Magda finit par rompre, « tu sais, tout finit par s’arranger. Tôt ou tard. »

1919-1925
someones married their everyones
laughed their cryings and did their dance

Jan avait perdu un œil et une partie de sa mâchoire – au début, il n’en disait rien, tentait de reprendre le cours d’une existence normale après deux ans passés dans la boue à côtoyer la mort. Elle non plus n’évoquait pas ce qu’il avait pu vivre sur le front, mais leurs silences devinrent inconfortables ; ils ne conversaient plus comme avant, ne parlaient plus jusqu’à ce que le sommeil les fauche au beau milieu d’une phrase, ne s’esclaffaient plus pour des idioties que seuls étaient capables de comprendre. Jan portait un masque qui couvrait la moitié de son visage. Une paire de lunettes l’aidait à le fixer correctement. Il avait retiré tous les miroirs de la maison mais pourtant, dans la rue, à chaque fois qu’il passait une vitrine, il ne pouvait s’empêcher de jeter une œillade morne au vague reflet que la surface de verre renvoyait, et elle sentait ses épaules s’affaisser. Il n’était pas revenu de France – un morceau d’âme, une part d’humanité erraient dans les tranchées en compagnie d’autres cadavres oubliés. Et dans une société où chacun tentait d’aller de l’avant malgré l’humiliation de cette défaite, personne ne voulait qu’une gueule cassée leur rappelle ce qui avait été perdu, là-bas, en France. Les enfants le pointaient du doigt, les adultes ignoraient quel œil soutenir. La nuit, lorsque le silence et l’obscurité réclamaient leurs droits, le sommeil agité de Jan l’empêchait de dormir : les gémissements se muaient en cris désespérés, et une fois, quand elle tenta de le tirer de ses cauchemars, elle prit une gifle involontaire. En pleine figure. Sans mot dire, elle ramassa son oreiller, prit une couverture dans le placard et s’en alla finir sa nuit sur leur ottomane cabossée. Il se confondit bien sûr en excuses, honteux comme jamais, « ce n’est pas ta faute », lui avait-elle assuré. Ce n’était pas sa faute, c’est vrai – mais ce geste malencontreux eut des répercussions aussi insidieuses que la dépression de Jan.
D’abord, il y eut l’alcool, mais il avait du mal à boire correctement avec sa bouche tordue, et dans un excès de rage, il balança sa flasque de whisky pur-feu contre le mur du salon, le menton couvert de liqueur. Elle s’était dit, peut-être que c’est un mal pour un bien. À l’ivresse succéda la colère. Contre tout et n’importe quoi – les Français qui lui avaient ravi sa vie sans avoir la décence de le tuer, les Allemands qui préféraient changer de trottoir plutôt que confronter son infirmité, le gouvernement pour lui refuser une pension d’invalidité, les sorciers pour ne pas avoir été capables de le rafistoler, les moldus pour cette guerre à la con, et Nadja – Nadja qu’il ne pourrait plus rendre heureuse. Nadja qui était prisonnière d’un mariage malheureux. Nadja qui méritait mieux que sa sale gueule. Nadja qui restait.
Il rentrait tard. Lui criait dessus. L’ignorait. Lui apportait des fleurs. L’envoyait valser contre un mur si d’aventure elle lui reprochait de ne pas être allé au marché. S’excusait. Disparaissait. Et elle ne voulait pas partir, elle refusait de l’abandonner, de peur qu’il commette l’irréparable ; elle s’était persuadée qu’avec du temps et de la patience, elle retrouverait celui qu’elle avait vu monter dans ce train, en mai 1918, mais force était de constater qu’elle se leurrait.

« On pourrait ouvrir un restaurant.Tu veux lancer un restaurant en pleine crise ? » Nadja mordillait le bout de sa plume en sucre devant un Misha dubitatif. Il ne manquait pas d’idées pour développer l’affaire familiale mais la plupart du temps, son ambition avalait leurs moyens limités. Qui plus est, leurs grands-parents s’étaient évertués à redorer l’enseigne de l’établissement ; ce n’était guère le moment de s’embarquer dans une entreprise qui ne tarderait pas à les dépasser. « T’as lâché ton boulot en pleine crise, » son frère renchérit. « C’est différent. Puis je t’aide. » Aucun des enfants Koznychev n’avait repris la suite de leur père baguettiste, mais peut-être était-ce uniquement parce que ce dernier ne leur avait pas légué de commerce. Il n’avait jamais repris la vente de baguette, et se contentait simplement d’en rafistoler à moindre coût. Un gâchis de son talent. « Les sorciers ont toujours besoin d’une baguette. Je me voyais pas là-dedans. » Aux ordres de quelqu’un, à tenir la caisse plutôt qu’à créer. Elle n’était pas une potiche, et c’était pourtant ainsi que son ancien patron la percevait en dépit de la qualité de ses ouvrages. Elle était confinée derrière un comptoir du matin au soir, prenait les commandes, envoyait des hiboux, injustement tenue à l’écart de l’arrière-boutique et atelier. « Et avec Jan, tu fais comment ? » Misha n’avait pas besoin de le dire à haute voix : c’était difficile de vivre sur leurs maigres revenus, d’autant plus que Jan peinait à trouver un emploi – du moins, officiellement. « Il… il fait des choses. – Je t’ai connue plus futée que ça, Nadenka. – Je t’emmerde. » L’ignorance était parfois confortable, surtout quand on pouvait mettre du pain sur la table à la fin de la journée, et peu importe ce que Jan trafiquait avec ses « nouveaux amis », du moment qu’il ne traînait plus à la maison du matin au soir. L'aîné poussa un soupir. « En attendant, t’es mon meilleur atout pour les comptes. – Apprends-moi quelque chose que j’ignore, » elle railla.

1926
And I am a shore
Thinking of drowning

Elle s’était levée tôt pour acheter des fleurs.
La quiétude des cimetières était parfois inquiétante, lugubre lorsque le tonnerre menaçait d’éclater à tout instant. Elle s’agenouilla face à une pierre tombale et, armée de sa baguette, chassa les mauvaises herbes d’un coup de poignet discret, avant de raviver le bouquet qu’elle avait déposé la semaine dernière, auquel elle joignit un sobre arrangement de chrysanthèmes. Les mains sur les genoux, elle contemplait l’inscription sans vraiment y prêter attention, l’esprit ailleurs, tant et si bien qu’elle sursauta en entendant le gravier crisser derrière elle. L’homme qui s’était approché lui adressa un signe de tête et retira son chapeau. « Je ne voulais pas vous effrayer, navré. » Sans mot dire, elle se redressa d’un bond, sa baguette coincée dans sa manche. Le regard de l’inconnu ricocha contre la pierre tombale et se reporta sur elle – Nadja n’aimait pas son visage, ni l’espèce de rictus qui étirait ses lèvres, et s’il lui était destiné, elle aurait préféré un air grave plutôt que cette grimace faussement désolée. « Vous… elle jeta une œillade par-dessus son épaule, vers les fleurs. Vous le connaissiez ?Oui, oui, très bien même. Jan était un ami. Sa… disparition est triste, mais certains soldats, vous savez, ils n’en reviennent jamais vraiment. De la guerre, je veux dire. » (Oh, elle l’avait compris.) Ses doigts se serrèrent autour de la anse de son sac. « Il ne me parlait pas beaucoup de ses amis. » Et ce type devait être l’un de ces gougnafiers avec qui il traînait. Avec un peu de chance, il était seul, et avec encore plus de chance, ce n’était qu’un hasard de se croiser dans cette allée. Une coïncidence, oui, une simple coïncidence. Pressée de déguerpir, elle le salua hâtivement et s’apprêta à reprendre sa route lorsqu’il se retourna à son tour. « À vrai dire, madame Rätzer, j’avais quelque chose à vous demander. – Je suis pressée.Et moi donc. » Ses épaules s’affaissèrent, et elle fit volte-face, les lèvres pincées. « Jan nous doit beaucoup d’argent. Beaucoup. » Elle tentait de rester impassible, de garder son regard aussi impénétrable que possible et son visage fermé, quitte à se permettre un port de tête condescendant. Le rouge lui grignotait pourtant les joues, et si sa baguette la démangeait, elle se retint d’esquisser le moindre mouvement – elle ne savait pas à qui elle parlait, n’avait aucune idée de ce qu’il était capable de faire, et la fin désastreuse de son mariage l’avait amputée de l’imprudence qui la caractérisait autrefois. À l’audace elle choisissait la prudence, et peut-être sortirait-elle de ce cimetière avec un regret en moins. « Je pense qu’on pourrait se trouver un arrangement pour rembourser cette dette. La brasserie fonctionne bien, j’ai entendu dire. » Tendue, elle s’abstint de répondre, ne lui alloua pas même un hochement de tête. « Ses histoires n'étaient pas les miennes, » articula-t-elle enfin après un instant de silence. (Elle ment. Elle sait.) « Je crois qu’elles le sont. Dans un mariage, on partage tout, et Frankenstein n’a peut-être pas laissé de note de suicide mais– » un claquement sec l’interrompit, et bientôt, une étoile à cinq branches apparut sur sa joue mal rasée tandis que face à lui, une Nadja fébrile tremblait de rage. L’homme avait perdu toute sa contenance, et riposta aussitôt, lui pointa sous la gorge une baguette sortie de nulle part, ou la cachait-il également dans sa manche.  « Fais attention ma belle ou tu pourrais vite le rejoindre. Les conditions seront simples et dès que t’auras tout remboursé, on sera quitte et on prétendra que rien de tout ça n’est arrivé, d’accord ? »

Le lendemain, ils débarquèrent dans la brasserie avec une première cargaison. Et en dépit de la colère lui empourprant les joues, elle était prête à jouer aussi.

Konrad Reinhardt

Konrad Reinhardt
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Revelio

MessageSujet: Re: (nadja) all the stars approach you   (nadja) all the stars approach you EmptyMar 27 Fév - 9:00

Oooh, Constantinople, ça fait rêver frou frou
Les premières informations sont alléchantes en tout cas slurp1 slurp1

Bienvenue parmi nous avec ta bichette kr et bon courage pour la suite de ta fiche (sisi, les teases dans les infos là, on les voit bas bas je veux en savoir plus pour son état civil wesh wink2 ) Et n'hésite pas si tu as la moindre question à contacter un membre du staff heart

- ♦ -

Il y a des gens sans orgueil qui se résignent à végéter sous notre domination. Ils préfèrent vivre avilis sous notre botte que mourir glorieusement pour la Liberté...

Walter Davis

Walter Davis
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MessageSujet: Re: (nadja) all the stars approach you   (nadja) all the stars approach you EmptyMar 27 Fév - 9:19

une contrebandière runiste fraîchement veuve aux origines indésirables, gnomgnomgnom en voilà une ébauche qu'elle est fort chouette. sneaky
la suite. et vite. stare ou je lâche Wolfgang dans ta brasserie et là, tous les tonneaux seront à sec. muaha
Revelio

MessageSujet: Re: (nadja) all the stars approach you   (nadja) all the stars approach you EmptyMar 27 Fév - 9:29

Cet avatar ! bigeyes Je ne connaissais pas du tout mais elle est ravissante ! bave Comme ceux du dessus, je suis emballée par ton début de fiche j'ai donc très hâte de lire le reste !**

Bienvenue par ici et bon courage pour la suite de la fiche en tout cas ! heart

- ♦ -

kyah
Revelio

MessageSujet: Re: (nadja) all the stars approach you   (nadja) all the stars approach you EmptyMar 27 Fév - 12:53

KEUUUWA. UNE REVOLUTIONNAIRE ? shok DANS MON FORUM ? shok YEAH. smug smug smug

Bienvenue ma jolie, j'ai adoré ton FC dans le crime de l'orient express. plz Et les infos que tu commences à nous mettre sont extrêmement alléchantes, j'ai hâte de voir tout ça se construire. Si tu as des questions, n'hésite pas à contacter un membre du staff, on est là pour ça. kr Surtout si tu suis le projet depuis longtemps (mercii fun ça fait plaisir fun ) j'espère que tu te mélanges pas avec tout ce qu'on a changé. hide

- ♦ -

Ridicule they won't allow Quench abuse and let love flower Rip the cage out of your chest Let the chaos rule the rest
Revelio

MessageSujet: Re: (nadja) all the stars approach you   (nadja) all the stars approach you EmptyMar 27 Fév - 21:21

@Hilda Jörgen a écrit:

Bienvenue ma jolie, j'ai adoré ton FC dans le crime de l'orient express. plz

je bug depuis cinq minutes sur où je l'avais déjà vue, merci pleure pleure

bienvenuuuue bigeyes
le personnage a l'air déjà d'envoyer du très lourd (runiste déjà, j'achète sweet ) hâte d'en savoir plus amour amour


Alistair Baldwin

Alistair Baldwin
Gouvernement | Autres

Revelio

MessageSujet: Re: (nadja) all the stars approach you   (nadja) all the stars approach you EmptyMar 27 Fév - 23:19

Ce personnage envoie du lourd que ce soit au niveau de l'avatar choisi ou du début des informations données. J'ai vraiment hâte d'en savoir davantage sur cette jeune femme. plz

En tout cas, je te souhaite la bienvenue et bon courage pour le reste de la fiche ! kyah
Revelio

MessageSujet: Re: (nadja) all the stars approach you   (nadja) all the stars approach you EmptyJeu 1 Mar - 9:11

Ce perso envoie du pâté, là smug Rien qu'aux informations écrites dans cette première partie de fiche, J'EN VEUX PLUUUUS hiii hiii Elle me vend du rêve la Nadja russe
Vivement que ta fiche avance, et surtout que tu nous rejoignes en RP, je sens qu'on va bien se marrer smug (j'ai déjà vaguement une idée de lien, j'vais ptet aller te raconter ça par MP si t'es intéressée pour un lien avec l'ennemie public n°1 maintenant que Grindelwald est sous les barreaux stp )
Bienvenue, en tout cas, et rédige bien tout ce qui te reste à écrire, c'est un bonheur de te lire kyah

- ♦ -

+ i bow for nobody +

tell me everything will be alright
tell me we'll prevail

Spoiler:
 
Revelio

MessageSujet: Re: (nadja) all the stars approach you   (nadja) all the stars approach you EmptySam 3 Mar - 19:41

vous êtes tous adorables omg amour amour

@Konrad Reinhardt (voir Cillian ( kr ) me rappelle qu'il faut que je termine la dernière saison de Peaky Blinders Arrow ) merci! plz tututu, un peu de respect pour les jeunes veuves enfin slurp1

@Walter Davis ohhh j'étais tombée en amour de ce PV hiii hiii je me dépêche de finir tout ça je tiens à mon business gah

@Luise Goldschmidt merci chaton kr kr  et je te retourne le compliment, Jodie est tellement jolie bigeyes

@Hilda Jörgen (bon dieu Christina je suis  rip  rip ) les révolutionnaires c'est les plus mieux gna trop de nobles ici, pas assez de prolétariat boogeystare Arrow Arrow et merci beaucoup kr j'ai relu toutes les annexes avant de m'inscrire (au travail, comme une gueuse, on ne dira rien hum) mais je n'hésiterai pas au cas où kr

@Crescentia Seyfried (Sophie kyah ) merci ma belle! kr

@Alistair Baldwin avec un tel facelaim, je viendrai t'embêter pour un lien mdr merci! kr

@Anke Sternberg tous ces fc qui vendent du rêve, Anna est tellement magnifique bave bave et comment dire non à un lien avec un tel perso?? hiii hiii hiii mon inbox est grande ouverte et les ennemis publics sont des vip gna merci beaucoup! kr

et sur ce, je me hâte de finir la rédaction, cet accueil me rend encore plus impatiente! fun

Konrad Reinhardt

Konrad Reinhardt
Gouvernement | Autres

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MessageSujet: Re: (nadja) all the stars approach you   (nadja) all the stars approach you EmptyMer 7 Mar - 16:42

REVE T'OUVRE SES PORTES
DAAAAAAAMN fire fire WHAT A CHARACTER WHAT A PERSONA hiii hiii je suis fan de Nadja, de sa famille (la première scène, avec les bros qui attendent la fin de l'accouchement était si drôle smug quelle bande de pignoufs) de son mari (JAAAN larme larme omg mais, tout dans ce perso m'a tué, ses origines, la guerre, le retour, tout pleure pleure pleure pleure ) de ses occupations (la scène au cimetière #DEAD rip rip ) Non vraiment ta fiche était un délice à lire frou et j'ai hâte de voir la miss in game pour lire plus de tes textes, la voir intéragir, bref : NEED MOAR hiii hiii

Je me dépêche de te mettre ta ouleur et ton rang et VIVA LA REVOLUTION !!



Félicitations, tu es validé(e) ! Avant de te ruer dans la zone rp cependant, une petite chose s'impose, le recensement. Merci de bien vouloir passer dans ce sujet afin que nous puissions t'ajouter à toutes les listes nécessaires. Si tu fais partie d'un ou de plusieurs Sous-Groupes va finaliser ton inscription en postant dans leur sujet, et commencer à t'intégrer auprès de tes pairs. Une fois cela fait, nous te conseillons d'ouvrir une fiche de liens afin d'augmenter ton carnet d'adresse. C'est aussi un moyen idéal de trouver des partenaires RP !
Nous te conseillons d'ailleurs, avant de commencer à rp, de bien prendre soin de vérifier la période de jeu en cours afin de bien savoir comment dater tes sujets.

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Il y a des gens sans orgueil qui se résignent à végéter sous notre domination. Ils préfèrent vivre avilis sous notre botte que mourir glorieusement pour la Liberté...



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(nadja) all the stars approach you

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