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ANKEL | Whoever lives by believing in me will never die.

Revelio

MessageSujet: ANKEL | Whoever lives by believing in me will never die.   Dim 11 Mar - 11:10

On efface tout et on recommence. Encore une fois. Il aimerait bien s'attacher à l'endroit, trouver au fond de lui-même de quoi aimer Nuremberg. Aimer les hommes et les femmes et les autres qui se pressent dans le bidonville et cherchent un peu à manger et un peu de chaleur, aimer jusqu'aux enfants qui pleurent parce qu'ils ont le ventre vide. Aimer les plus petits, les plus faibles, parce qu'ils ont plus besoin encore d'amour et de miséricorde. Peut-être que c'est parce qu'il les a trop vus avec les années, parce qu'il s'est baigné dans ces masses puantes d'humains et d'animaux et de cafards et qu'il a oublié de voir la vie comme une merveille – en tous cas, il y arrive plus. Ça fait un moment. Un moment qu'il arrive plus à regarder son bidonville avec bienveillance et magnanimité. Peut-être ça reviendra. Ou pas.
À Nuremberg on le connaît pas encore, pas vraiment. On le connaît, sans le connaître. Ça lui convient. Y a son nom qu'est murmuré dans les allées du bidonville et des gens qu'ont commencé à se presser à sa porte à peine une semaine après son arrivée, venant prier pour son aide, comme ils le font partout. Réparez-moi ceci, m'sieur Mécaniste, sauvez-moi de c'la, délivrez-nous d'cette merde. La force de l'habitude pousse le Mécaniste à répondre par la positive et à laisser les engrenages tourner ; demain, y aura encore d'autres choses à réparer. Nuremberg est comme tous les autres jardins où il s'est installé. Pourrie jusqu'à l'os, désespérée, prête à accepter le premier messie qui passera la sauver.
Rétrospectivement, Axel se dit que c'est peut-être pour ça qu'ils l'ont laissée passer.

On a commencé à parler de la dame en noir quelques jours avant qu'il la rencontre pour de bon. Il a cru que c'était une légende urbaine, un racontar, parce que pourquoi ça le serait pas ? C'est toujours comme ça. Quand on s'ennuie et qu'on se noie dans les marasmes d'une vie qui ne mène que vers la mort, faut bien inventer des trucs pour se redonner un peu d'espoir. Il sait pas trop comment imaginer une femme en noir qui traîne dans les catacombes de Nuremberg et près du bidonville ça peut redonner espoir à qui que ce soit, il s'en fiche un peu. C'est qu'une légende. Lui, tout ce qu'il veut, c'est qu'on le laisse travailler. Les ambitions et les espoirs et les rêves ça fait longtemps qu'ils sont dans le caniveau, avec le reste de la merde.
Puis un jour, un gosse qu'est venu le voir, lui dire que la dame en noir voulait lui parler. Il a posé ses outils, fixé le gamin. Quelle dame en noir ? La dame en noir ? Il en aurait presque rigolé, derrière le masque de son visage toujours impassible. Mais pourquoi pas. Peut-être que les gosses du coin ont simplement enjolivé une histoire toute simple et que c'est juste une vieille qu'a besoin qu'on l'aide avec ses rhumatismes ou une jeune veuve qui cherche un philtre d'amour. Quelque chose comme ça. Y a des filles qui viennent le voir avec ce genre de requête assez souvent. Philtre d'amour, sortilège pour regagner l'être aimé, pour savoir où il est. Axel se contente de grimacer. Même s'il était magique, y a des limites aux miracles qu'il peut accomplir. Si tu veux récupérer l'être aimé, ma gueuse, va donc le chercher. Aide-toi et le Mécaniste t'aidera.
C'est à ça qu'il s'attend, calé tant bien que mal dans son fauteuil roulant de bric et de broc, ses jambes difformes soutenues par des appareils obscurs qu'il a confectionnés en une nuit, guidé par la frénésie de la douleur. Y a plusieurs stades à la souffrance. Il se demande des fois si les autres les connaissent, les comprennent. D'abord y a l'apathie, l'épuisement, la sensation qu'on fera jamais plus rien parce que rien que survivre demande une énergie formidable. Une énergie qui est bouffée, aspirée dans un trou noir infernal par la douleur qui revient tout le temps à la charge et te laisse jamais le loisir de l'oublier. Puis on dépasse ça. On a trop mal pour souffrir. Trop mal pour écouter encore son corps, pour le ménager, pour l'accepter. On se démène et on entre dans cet état second de rage chauffée à blanc, on se pousse jusqu'aux limites les plus lointaines, parce qu'on espère un peu qu'on finira par en crever. C'était comme ça, la nuit dernière, alors il s'attend à pas vraiment avoir la patience de faire face à une fille en mal d'amour. C'est marrant, toutes ces filles qui viennent le voir pour qu'il répare leur vie amoureuse, lui qu'est leur dernier espoir en la matière ; toutes ces filles qui lui jetteraient pas un seul regard si elles pouvaient l'éviter. Venez demander à l'infirme répugnant de réparer vos peines de cœur. Imaginez qu'il voit pas vos yeux se détourner, chercher un point d'ancrage autre que sa difformité. Il vous en veut pas.

Sauf que voilà, Axel a tort. Ça lui arrive pas souvent et il aime pas beaucoup ça, ça lui donne toujours l'impression qu'il a pas regardé la situation avec assez de distance et qu'il a laissé échapper des détails cruciaux, et là, il se sent faible. C'est pas les jambes, pas la douleur, pas la motricité réduite qui le rendent vulnérable, non. C'est ces saloperies de foutues erreurs de calcul qui vont bien finir par lui coûter cher.
La dame en noir, c'est pas une gamine venue chercher la solution à ses petites peines de cœur. C'est pas une vieille en manque, c'est pas non plus la Camarde elle-même venue récupérer celui qui lui a échappé pendant trop d'années. C'est une femme, ouais. Entre deux âges, le regard le plus intense qu'il ait jamais vu. Les pommettes marquées, la bouche qui s'étire juste sur un côté, montre un peu ses dents de devant, et puis ces cheveux noir de jai – et ce foutu regard.
Axel arrive pas à en détacher les yeux.
C'est marrant, soudain, sa difformité qu'il exhibe avec fierté et rage, qu'il tartine sur la gueule du monde pour le défier de le regarder, il en a honte. Il a honte de ce corps de bric et de broc, aussi bizarrement foutu et composite que les choses qu'il répare. La honte, ça a un goût amer et poivré, ça réside au fond de la gorge et ça encombre la langue. Il aime pas.
Toute contenance gardée, le Mécaniste désigne à son invitée un siège fait de briques chipées sur un chantier et de vêtements qu'il a volé à des gens morts, étonnamment confortable. Faudrait pas non plus qu'il oublie être le maître des lieux. Il déplace sa carcasse sur son fauteuil, la fait glisser, écoute ses muscles et ses os grincer et se tendre sous la douleur. Se demande si elle regardera ce corps de serpent malade avec dégoût. Et puis, très simplement, sans autre forme de procès, hausse un sourcil et, d'un geste de la main, l'invite à parler.

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MessageSujet: Re: ANKEL | Whoever lives by believing in me will never die.   Jeu 15 Mar - 19:24

Une grande silhouette toute de noir vêtue avance dans les allées du bidonville de Nuremberg. Celle qui côtoyait les grands de ce monde il y a encore quelques années s'est mise à se passionner pour les petites gens. C'est qu'il y a quelque chose de particulier dans les bas-fonds de ces villes, des murmures qui peuvent informer n'importe qui, du moment qu'on sait tendre l'oreille. Désormais paria, Anke Sternberg sait que ce sont eux sur qui elle doit désormais se reposer, eux qui pourront un jour lui venir en aide, sans forcément le savoir. Les Ascètes de la Bienfaitrice gravitent dans les hautes sphères, mais à elle de recruter dans la fange, à elle de rôder la nuit tombée pour tout savoir de ceux qui -elle l'a bien compris avec les années- sont bien plus difficiles à saisir dans leur ensemble que ce monde auquel elle était habituée.

Si elle doit voir le Mécaniste, c'est d'abord que la réputation du bonhomme le précède : il règne sur le  bidonville depuis son arrivée, et son aura a quelque chose de presque mystique. C'est aussi qu'il semble pouvoir mettre la main sur tout et n'importe quoi, or ses pérégrinations dans les catacombes de Nuremberg lui ont fait penser qu'elle aurait bien besoin d'une main de gloire pour pouvoir poursuivre ses rondes de nuit sans risquer d'être repérée. C'est enfin que, contre sa propre volonté, elle est intriguée de l'empire qu'il a pu se bâtir de ville en ville. Elle cherche à se renseigner, à avoir la main dans ce jeu de dupes, à savoir qui elle vient visiter, mais nul informateur n'a su lui donner le nom complet du protagoniste de cette scène. Tant pis, elle ira directement au front, s'il n'y a que ça à faire.

Mais pour l'heure, c'est toute engoncée dans cette légende urbaine qu'elle a fait courir par des oisillons depuis quelques jours, une semaine peut-être, ou plus, que celle qu'on raconte femme sans âge qui dévore les nourrissons, ou nourrit les affamés, ou soigne les mourants -tant de bruits qui courent !- arrive sur le seuil de la demeure du Mécaniste, guidée par un gosse sale comme un goret. Le gamin est congédié dès lors qu'il sort avec le sésame et elle pénètre dans l'antre de l'infirme. 
Rien ne bouge dans l'expression d'Anke, lorsque ses yeux s'habituent et qu'elle distingue son hôte. Les prunelles dévisagent et décortiquent l'apparence dramatique de la mécanique humaine, sans calcul, sans horreur, sans pitié. Elle a vu pire, elle a connu mieux, et cela n'influencera en rien son attitude. Elle n'est pas là pour faire des sentiments, de cela elle est bien sûre. Elle prend place sur le siège de fortune indiqué par le répareur hors-pair, croise les jambes et ôte son feutre noir mou. Des cheveux noirs roulent sur ses épaules, par dessus la cape sombre qui complète l’attirail noir encre, boucles récentes qui se développent dans ses mèches autrefois raides comme la paille. Elle l’observe, il attend qu’elle parle, ainsi semble l’y inviter ce geste de la main. Et elle se plie au petit jeu : après, elle est en son royaume, et rien ne lui assure de ne pas être vendue avant la fin de la partie. Aussi c’est avec un respect non-feint, empreint d’une forme de curiosité, qu’elle s’adresse avec sa voix toujours grave et posée : « Bonjour. Je vous remercie d’avoir bien voulu me recevoir. Je crois qu’il est d’usage de se présenter : lorsque je ne suis pas la fameuse Dame en noir -vous me pardonnerez cette facilité mystique-, on m’appelle Anke Sternberg. » Un temps. Elle guette une réaction, n’importe laquelle sur le visage de son hôte. Et puis elle poursuit, après tout, autant ne pas leur faire perdre leur temps : « Je ne veux pas vous forcer à vous dévoiler : votre alias indique que vous êtes méfiants, et ça me plaît. J’ai besoin de gens méfiants. Mais avant tout… » La forme de nonchalance affichée n’est nullement du mépris, elle veut simplement ne pas avoir l’air désespérée devant cet inconnu, devant lequel elle affiche un certain panache et auquel elle se présente comme égal à égale. Un regard presque chirurgien glisse un instant sur les membres du Mécaniste, avant de revenir au faciès de l’homme. Elle s’interroge sur ce qui l’a tordu dans tous les sens : magie noire ? malédiction ? Oh, elle est loin de soupçonner l’affreuse vérité, pour l’heure, elle mise sur un né-moldu plus sensible aux affects des sans-pouvoirs… Mais elle coule son regard dans les prunelles du Mécaniste, sans agressivité, sans brutalité, tout doucement, tout paisiblement -sinon après, ça peut faire peur et le contact risquerait d’être rompu. Hors de question de tendre le Maître des Lieux, elle pourrait avoir réellement besoin de lui, et il ne manquerait plus qu’elle le froisse. Elle reprend donc, révélant la -première des- raison(s) qui l’amène ici : « Oui, avant tout j’aurais besoin d’une main de gloire, si vous avez les moyens de vous en procurer une dans les plus brefs délais… » Évidemment qu’il peut en obtenir une, elle ne vient pas pour rien, et encore moins pour essuyer un refus. Les informations qu’elle a dégottées lui servent d’accroche, rien que cela. Elle veut s’assurer que l’homme n’a rien contre le fait de traiter avec une criminelle, avec la femme la plus recherchée de toute l’Allemagne, avec une tueuse d’enfants et j’en passe. Les minutes suivantes lui permettront de s’en assurer, potentiellement.

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+ i bow for nobody +

tell me everything will be alright
tell me we'll prevail

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MessageSujet: Re: ANKEL | Whoever lives by believing in me will never die.   Sam 17 Mar - 12:47

Il soutient son regard. C'est dur de soutenir des regards, pendant longtemps il a détesté ça, mais celui de la dame en noir le fascine. Surtout, peut-être, la façon qu'elle a de le fixer sans pitié ni sentiments, de détailler son corps comme lui détaille un objet avant de le démonter ou de le réparer. Ça lui plaît. La honte s'efface un peu, retourne au second plan, derrière les calculs et les engrenages des petits plans du Mécaniste, derrière surtout la curiosité.
Il suit du regard les mouvements élégants de la dame qui s'assied, suit le feutre qui libère sa chevelure, s'imbibe de ces gestes qui n'ont rien à faire dans un bidonville. Elle n'a pas sa place ici. C'est si évident que ça fait mal et pourtant il caresse l'idée de la garder un peu plus longtemps, juste un tout petit plus longtemps, juste pour voir...
Anke Sternberg.
Elle lâche le nom et attend sa réaction. Il n'en a aucune. Bien sûr, il connaît le nom de celle qui a brûlé le Parlement de Nuremberg, de la femme la plus recherchée d'Allemagne. Quand on veut survivre en faisant les affaires qu'il fait, on a tout intérêt à connaître tous les potins et toutes les informations du pays, sinon on se fait vite embarquer dans de sales affaires ou on se retrouve accusé d'un crime qu'on n'a pas commis pour épargner un grand de ce monde. Ceux qui n'aiment pas payer pour leurs actions et envoient des petites gens à leur place, comme si ça pouvait réparer quoi que ce soit. Comme si c'était ça, la justice. Alors il a tout suivi de ce qui s'est passé entre le frère et la sœur Sternberg, il a choisi même de s'établir à Nuremberg en connaissance de cause, en sachant que c'était là que se trouvait le nœud de l'intrigue. Il aimerait bien rencontrer le grand ponte du coin, un jour. Pour sûr qu'ils auraient beaucoup à se dire, entre seigneurs de leurs terres. Peut-être même qu'Axel pourrait lui apprendre un truc ou deux.
Mais pour le moment, c'est pas Konrad Reinhardt qu'il a sous le nez mais Anke Sternberg, celle qu'il sait être le bras droit de Grindelwald. Il l'imaginait pas comme ça. Plus vieille, sans doute, plus enlaidie par la peur et le besoin de se cacher. Elle n'a rien perdu de sa prestance d'autrefois. Il pourrait presque la penser son égale.
Alors il la laisse parler, sans l'interrompre, sans lui offrir plus qu'un masque impassible en guise de réaction. C'est tentant de ricaner quand elle demande une Main de Gloire, en formulant sa phrase comme si elle avait le moindre doute de ses capacités à lui en trouver une ; il se contente d'un vague sourire narquois. Ne me prends pas pour un imbécile, Anke Sternberg.
Elle est venue le voir avec quelque chose derrière la tête. Un plan. Elle veut quelque chose de lui. C'est-à-dire qu'outre leur différence sociale – elle noble déchue, lui roi de sa cité –, il a un autre avantage sur elle, celui de ne rien attendre de la dame. De prime abord, du moins. Il voit déjà tous les bénéfices qu'il pourrait tirer d'une telle alliance et son esprit s'égare déjà dans mille idées et inventions qui pourraient drastiquement changer la situation en Allemagne. Oui, tout ça est extrêmement intéressant.

Il laisse passer quelques secondes de silence inconfortable après la requête d'Anke, puis son sourire s'élargit. Il lève l'index pour lui demander de patienter et se lève, difficilement, péniblement, avec l'aide du bric-à-brac qui l'entoure, avant de se traîner jusqu'à une sorte de gigantesque armoire d'apothicaire qu'il a obtenue en échange d'une aide médicale particulièrement abominable. Trois tiroirs en partant du bas, deux en partant de la gauche. La poignée résiste un moment, il doit utiliser ses deux mains. Le truc est vieux et grippé, il tombe en ruine, mais c'est toujours plus pratique que d'entasser les choses dans un coin de son logement de fortune.
Une dizaine de secondes plus tard, il laisse la Main de Gloire tomber sur les genoux d'Anke.
Se rassied. Croise les bras. Hausse un sourcil.
Et maintenant, dame en noir ? Ce n'est que le début, j'ose l'espérer – sinon, tu m'auras déçu, et c'est une fort mauvaise idée.

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