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Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine.


Konrad Reinhardt

Konrad Reinhardt
Gouvernement | Autres

Revelio

MessageSujet: Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine.   Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine. EmptyDim 28 Jan - 0:57


Konrad REINHARDT
Noble & Gouvernement | Autres



« C'est un funeste siècle et c'est un dur pays. »

INFORMATIONS
Nom ◆ REINHARDT Un nom qui se retrouve dans ses traits, lui qui ressemble tant aux hommes des portraits de sa maison. Sans que l'on sache s'il a étudié les expressions sérieuses des précédents Burggrafen ainsi immortalisés afin de leur ressembler ou bien si cette contraction de sa mâchoire et son regard désabusé est naturel.
Prénom ◆ KONRAD Un prénom répandu dans la famille, que l’on ressort toute les trois générations. En hommage à Konrad Ier de Nuremberg, le fondateur de la dynastie. | DIETRICH De Dietrich von Bern, un guerrier dans la Nibelungenlied, l’épopée qu’on lui lisait lorsqu’il était enfant. Il était capable de réciter les passages impliquants ce personnage sans jamais se tromper.
Surnom ◆ HERR REINHARDT Dédié à ceux qui n’ont pas les qualificatifs requis pour l’appeler par son prénom ou son nom en se passant de titre.  | LE XIIIe Treizième du nom à devenir Burggraf, c’est parfois ainsi que l’appelle sa mère – quand elle est agacée, en agitant des guillemets du bout de ses doigts dans les airs : « Ah, mais si le "Treizième" en a décidé ainsi alors !... » | LE PETIT NOBLE Un surnom qu’on lui a donné, quelques temps, à l’école. Trois, quatre mois tout au plus, mais qui l’a davantage marqué que tous les autres sobriquets qu’on a pu lui cracher. Même s’il sait que certains ont pour lui, à présent, des mots autrement moins affectueux, c’est cette appellation qui reste ancrée dans sa mémoire.
Lieu & date de naissance ◆ NUREMBERG Fief de la famille, il n'y a aucune raison pour laquelle un héritier Reinhardt ne naîtrait pas à Nuremberg. | 28 NOVEMBRE 1881 Prématuré, la date ne révèle rien hormis le fait que ses parents ont profité de la chaleur de la Fêtes des Lumières pour s'adonner au devoir conjugal.
Nationalité ◆ ALLEMAND Qu'à moitié, réellement. Sa mère est Autrichienne. Lui même n'ayant jamais mis un pied en Autriche, il a tendance à oublier ce détail.
Métier ◆ BURGGRAF Héritier Reinhardt, il a toujours été destiné au Burgraviat – en poussant son père à abdiquer il n'a fait que prendre un peu plus tôt ce qui lui avait toujours été réservé. | FUTUR LANDGRAF Dans les faits, il est le maître du Land. Ne manque plus que le titre : étape délicate s'il en est, mais il s'y est préparé. | VÉTÉRAN DE LA GRANDE GUERRE Il n'y a, là dessus, rien à commenter.
Lieu d’habitation ◆ NUREMBERG Attaché à sa ville autant qu’à son nom, il ne s’en éloigne jamais trop longtemps. Restes conservateurs des principes féodaux – abandonne ta ville et un autre viendra usurper ta place.
Statut de sang ◆ SANG MÊLÉ Mêlé au sang de nobles moldus, dans les premiers temps de la dynastie ; dans un autre Land cette pratique n'aurait pas eu de conséquence mais le sud a toujours eu ses petites habitudes conservatrices.
Classe sociale ◆ NOBLESSE Petite, selon les principes de l’aristocratie sorcière allemande qui ne voit que le titre. Grand sujet d'amertume, c'est aussi une force qui le guide fermement.
Sous groupe◆ GOUVERNEMENT & AUTRES.
État civil ◆ VEUF Marié par souci de prestige et veuf par opportunisme politique, ce fut une union productive, à défaut d'être heureuse. | REMARIÉ Une semaine de veuvage dans le dos, le mariage était annoncé. De vingt ans sa cadette et fille de son Landgraf et rival, ce mariage équivaut à une condamnation pour la jeune femme. Mais une prise d'otage semble toujours plus reluisante lorsqu'on la maquille en mariage. | PÈRE Il a trois enfants. Et le nom de son fils aîné gravé dans le marbre d'une pierre tombale :
Adelmar Reinhardt (1903-1921) –
Filius cum matre jaceo.
Quod reliqui perdidi.

Éducation ◆ C’est l’argent de sa mère qui paya les frais de scolarité de Durmstrang. Ce fut aussi l’argent d’Elja qui lui paya sa baguette ainsi que toutes ses fournitures. Et c’était sa mère qui l’embrassa une dernière fois sur le front, lorsqu’il intégra à ses huit ans la prestigieuse école. « Tu dois me rendre fière. » Ja Mutti. C’était ce qu’il avait toujours tenté de faire. Ses années à l’Institut furent ponctuées par les lettres d’Elja qui s’enquérait de son bonheur, sa santé puis de ses résultats.
« Ton classement ? » « Et ton dernier devoir ? » « Tes résultats en métamorphoses ? » « Ne néglige pas l’éthique. » « Comment vas-tu ? » « Ton classement ? » « Songes-tu à la classe étoile ? » « Songes-tu au supérieur ? » « Et ton dernier devoir ? »
Elja n’avait pas de soucis à se faire ; il songeait bien à la classe étoile, il songeait bien au supérieur et passait parfois plus de temps à compter combien de point il devrait amasser au prochain devoir pour rester dans le top vingt du classement de son année qu’à étudier ses leçons. En troisième année, il se spécialisa en philomagie. Dix personnes de sa promotion eurent la même idée tout en ayant un meilleur classement que lui. La classe étoile lui échappait à un demi point prêt.
« Je ne suis pas avec les meilleurs, Mère. »
Une des deux autres spécialités lui aurait permis de rejoindre cette fameuse classe – la philomagie était toujours favorisée par les têtes de classement, mais il ne s’imaginait ni en herboristerie ni en combat.
« Débrouille toi, Konrad. », lui avait écrit sa mère.
Une semaine plus tard le professeur de sortilège découvrit que la quatrième du classement, Theodosie, avait triché durant l’épreuve pratique de sorts. Elle fut éliminée et il accéda à la dixième place.
« Je suis accepté, Mère. »
« Je suis fière de toi, Konrad. Continue comme ça. »
Alors il avait continué comme ça.

Il avait également appris à connaître les autres nobles, les autres riches, les autres futures personnes influentes de cette partie de l’Europe – compris qu’il n’était pas l’équivalent de la môme d’une Duchesse russe, ou même d’un rejeton de Landgraf. Mais sa situation lui accordait un étrange statut, bâtard entre la noblesse allemande et la bourgeoisie étrangère et après plusieurs mois d’observation il parvenait toujours à se mêler à qui il voulait fréquenter. Peu importait ce qu’on pensait de lui, tant qu’il était présent. Il se soucierait de sa réputation lorsque le moment viendra.

Opinion politique ◆ Ce qu'il pense du gouvernement ? – que c'est important ; l'Allemagne sorcière a besoin d'être guidée. Sans le gouvernement pour édicter des lois, que deviendrait le pays ? – que c'est une plaisanterie, et pas du meilleur goût ; comment les allemands peuvent-ils faire encore confiance à une brochette de dirigeants faussement intéressés par leur bien-être malgré toutes les preuves de corruption, d'inégalité de d'inconsistance ? Certaines personnes méritent vraiment d'être dominées. – que du temps où le bâtiment était à Nuremberg, ça contribuait grandement à la prospérité du petit café sorcier établi juste en face de l'entrée.
Son véritable avis ? Sans commentaire.
Ce qu'il pense de l'Einsicht ? Des massacres ? – il est contre, bien sûr. Lui poser la question est presqu'indécent. C'est lui, le Burggraf de la ville "occupée", qui essaye par tous les moyens de maintenir un semblant de calme et de protéger les habitants de Nuremberg. C'est lui qui doit subir la présence menaçante des fidèles de Grindelwald entre ses murs. Tout le monde sait ça, personne n'en parle ouvertement. Parfois on lui tapote le dos, d'un air de dire bon courage. Évidemment qu'il déteste l'Einsicht. Personne ne se permettrait d'en douter. – il approuve, bien sûr. Quand il a serré la main d'Anke il était sincère. Et quand Gellert lui avait pressé doucement l'épaule son sourire n'était pas feint. Il a suffisamment de ressentiment contre le concept du Secret Magique pour qu'on le croit facilement. Il a ouvert les portes de sa propre ville à l'armée de Grindelwald : n'est-ce pas, après tout, un des meilleurs signes de loyauté ?
Son véritable avis ? Sans commentaire.
Et le Secret Magique ?
Là dessus, le mensonge est devenu difficile et il le sait. Lorsque devant les autres parlementaires il acquiesce, assure qu'il faut le protéger, le conserver, qu'il s'agit là de ce qui les maintient en sécurité, il sent sa mâchoire se crisper malgré lui. Il évite le sujet, il évite d'avoir trop à mentir lorsqu'il ne s'en sent pas capable.

Et le Landgraviat ? – C'est pour lui. C'est à lui.

Réputation ◆ L’école lui offrait une protection : ce qu’on pensait de lui alors n’était pas si important dès l’instant où il parvenait toujours à obtenir plus ou moins ce qu’il désirait. En quittant Durmstrang, c’était au monde des adultes qu’il se retrouvait confronté. Là où sa réputation était importante et quelque chose qu’il devait soigner, travailler, ciseler pour qu’elle concorde parfaitement à ce qu’il voulait lui faire dire. Des années d’observations, de notes mentales et d’exercices hypocrites avaient été une formation suffisante pour la politique allemande et ses rets.
Il avait eu l’avantage non négligeable de commencer son œuvre sur une feuille vierge. Son père, en tant que Burggraf, n’était pas très connu dans la sphère politique et ne lui avait laissé aucun fait dont il aurait pu avoir honte. Tout comme il ne l’écrasait pas sous le poids d’une trop grande gloire. Il partait simplement avec ce qu’il amenait de ses années d’étude : un excellent livret scolaire et une connaissance plus approfondi des relations intra-nobiliaire.
C’était un travail d’orfèvre, que de se forger la réputation que l’on désire avoir, c’est un effort constant d’en diriger la création et de ne pas la laisser filer au gré du temps, des paroles d’autrui et des rumeurs. Il s’y accrochait fermement, et tentait de contrôler chaque parcelle qu’il laissait échapper au monde. Parfois un rouage calait, et le mécanisme partait en furie. Parfois il était trop épuisé pour vérifier que chacune de ses paroles et le moindre de ses gestes étaient raccordés à son envie et son objectif. Le masque qu’il livre aux autres est loin d’être lisse, loin d’être parfait. Tantôt celui d’un nobliau sans importance – il sait imiter la nonchalance oisive des jeunes héritiers, parfois celle d’un sorcier d’une arrogance insupportable, il peut aussi pour certains prendre l’apparence d’une vilaine épine dans le pied. Ni atrocement douloureuse, ni handicappante mais qui pourrait le devenir.
Les imperfections de sa confection laisse parfois la peau de son visage nue. On peut y voir son ambition – qu’il n’a jamais osé nier lorsqu’on le mettait face aux faits, sa compétivité dans la lueur qui anime ses yeux lorsqu’il traque chez son interlocuteur le moindre signe de relâchement. On y sent sa rancœur, on y décèle sa fébrilité.

C’est toutefois dans le pincement de ses lèvres qu’on pourrait pleinement voir sa détermination et ce qu’il est prêt à abandonner sans regret pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé. Hélas, le masque couvre encore parfaitement cette partie là de son visage.




HRP
Personnage : PV Faceclaim : Cillian Murphy. Pseudo : Eléau (et les dérivés, Elénine, Eléonidas etc.) Âge : J'ai 23 ans ! Où avez-vous connu le forum : Vautrée dans le sacro-saint clic-clac. Comment décririez-vous votre rythme RP : Relatif à mes soudaines obligations IRL (que je n’ai pas du tout tendance à laisser s’accumuler) mais j’ai tout de même un rythme assez soutenu. Commentaire : 12/20, résultat satisfaisant mais peut mieux faire.

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Il y a des gens sans orgueil qui se résignent à végéter sous notre domination. Ils préfèrent vivre avilis sous notre botte que mourir glorieusement pour la Liberté...

Konrad Reinhardt

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Thèmes

Compétences magiques et baguette :
FACTURE — à l’attention de FRAU WILLEMER Elja
Objet : baguette pour REINHARDT Konrad
Juillet 1891
Baguettiste :
Herr Erbsälzer.

Bois d’ébène blanc : 125 marks HT
Cœur en lanière de peau de selkie : 350 marks HT

Caractéristiques : 28.7 cm – très flexible – vernis et renforcée.
Taxe sur l’importation des matériaux : 10% du prix de base (47.5 marks)
Supplément baguette de plus de 25 cm : 10 marks
Main d’œuvre : 20 marks
Prix total TTC : 552.5 marks

Livret scolaire | spé philomagie, astronomie & divination, option runes :
• Résultats : Très satisfaisant. Attention toutefois à l’impasse sur les matières d’herbologie : les devoirs à rendre ne sont pas facultatifs.
• Classement : Neuvième sur un effectif de dix élèves en classe étoile. Marge de maneuvre présente.
• Attitude : Élève compétitif mais agréable en classe. Attention à certaines remarques déplacées à l’encontre de camarades qui pourraient être vues comme du harcèlement moral. La compétition ne doit pas entâcher le bon esprit de travail censé régner dans une salle de classe.

Résultats au certificat d’aptitude de fin de cycle :
Sortilège : 80/100
Métamorphose : 95/100
Potion & Botanique : 55/100
Duel & Défense : 75/100
Astronomie : 45/50
Divination : 30/50
Culture & Histoire : 25/25
Sport & Arts (option arts martiaux/piano) : 25/25
Bienséance & éthique : 25/25
Runes : 23/25

FACTURE — à l’attention de HERR Reinhardt
Objet : baguette pour REINHARDT Konrad
Janvier 1919
Baguettiste :
Herr Winkler

Bois de pin : 5 marks HT
Cœur en crin de Sombral : 70 marks HT

Caractéristiques : 29 cm – rigide – vernis et renforcée.
Taxe sur l’importation des matériaux : 10% du prix de base (7.5 marks)
Main d’œuvre : 20 marks
Prix total TTC : 102.5 marks

Vie quotidienne : Alentours de 5h : Réveil. Il reste une bonne heure à regarder le plafond, à s’extirper des rêveries, à redevenir après la coupure du sommeil lui-même.
6h : Douche. Repas. Il n’y a personne d’éveillé dans la maison. Il range compulsivement les livres que son fils cadet a dérangé le jour d’avant. Pense peut-être à son autre fils. Ou se contente d’aller au chenil, chercher ses lévriers.
7h-10h : Seul avec ses chiens, le plus souvent, il part dans la forêt au sud de Nuremberg. Il pense. Il imagine. Il prévoit.
11h-12h : Retrouve chez lui sa femme, ses enfants, ses parents. Exécute son travail en tant que Burggraf. Et il pense. Il imagine. Il prévoit.
13h : Déjeuner. Il pense. Il imagine. Il prévoit.
13h-19h : Après-midi souvent consacré à la politique : Chambre Haute, Chambre Basse, débat et prise de tête. Il tente, dans la cohue, de penser, d’imaginer, de prévoir.
20h-21h : De retour chez lui. Règle les problèmes qui doivent être impérativement régler, sur tous les sujets. Dîne. Il pense. Il imagine. Il prévoit.
22h-23h : Détente. Il pense. Il imagine. Il prévoit.
00h : Tente de dormir. Il pense. Il imagine. Il prévoit.
01h : Tente de dormir. Finit par y parvenir.

Vie amoureuse et sexualité L’amour n’est pas spécialement quelque chose d’important lorsqu’on regarde la dynastie des Reinhardt. Comme beaucoup de familles nobles allemandes, la famille a toujours privilégié les alliances politico-économiques aux liens maritaux apportés par l’affection sincère.
Arrière arrière grand-parents : mariage d’intérêt.
Arrière grand-parents : mariage d’intérêt.
Grand-parents : mariage d’intérêt.
Parents : mariage d’intérêt.
Konrad : mariage d’intérêt. Deux fois.
Annika et Anthea. Une de son âge. Une autre deux fois plus jeune que lui. Des sourires en public, des marques d’affection et d’attention. Il sait serrer la taille de son épouse et la tenir contre lui, pencher son visage près du sien pour lui murmurer une ou deux phrases complices. Il sait exactement quels gestes les mondains cherchent à retrouver chez un mari, quels mots et quels regards. Konrad est un expert de ce genre de pratique. Difficile de ne pas l’être, après un enterrement passé à absorber les condoléances et à feindre une tristesse civile et deux cérémonies de mariage où il tenait parfaitement son rôle de nouvel époux souriant.
Deux cérémonies, contrairement à ses ancêtres, pour le coup.
Parce que Herr Konrad Reinhardt le XIIIe veut toujours en faire plus que ses prédécesseurs. Il est celui qui a contracté deux mariages d’intérêt ses quarante ans à peine passés, celui qui s’approche le plus d’obtenir le titre de Landgraf, celui qui siège à la Chambre Haute.
Celui qui tombe amoureux aussi.
Sa mère l’avait pourtant mis en garde. Contre l’amour et contre cette femme. Spécifiquement contre cette femme. Même si Konrad suit les conseils de sa mère, sur ce sujet il ne l’a pas écouté. Il ne l’a jamais écouté. Il ne l’a jamais regretté. Jamais.
Tout comme jamais il ne lui avouera. Sauf parfois, entre deux souffles entre ses boucles rousses, du bout des lèvres. Qu’il est amoureux. Mais elle le sait. Elle doit le savoir. Il reviendra toujours, où qu’elle aille et quoi qu’elle fasse. Et lorsqu’il garde ses distances, c’est toujours au prix d’un effort douloureux. Elle sait, cette déesse, qu’elle n’a qu’à poser sa main sur son bras pour lui faire tourner la tête. Qu’elle n’a qu’à frôler ses lèvres pour qu’il oublie son nom et toute sa dynastie. Même si jamais il ne lui a dit et jamais il ne lui dira.
Elle le sait bien et en profite. Tout comme lui profite d’elle.
Quand il aperçoit à Nuremberg les flammes de ses cheveux, il sent bien, à l’étreinte qui serre son ventre, qu’aucun de ses ancêtres n’a jamais aimé comme il aime lui.

Liens familiaux : Il avait chopé Albrecht juste après la scène qu'il leur avait fait. Pour une première apparition publique, c'était une réussite ! Kaspar, son frère, avait commencé à se plaindre à Konrad à grand coup de mais qu'a-t-on fait pour mériter ce garçon ? et  de qu'avons-nous raté chez lui ? ou encore de j'ai du mal à croire que ce soit mon fils. Konrad, lui, n'avait aucun mal à comprendre qu'Albrecht était un Reinhardt pure souche. Juste une souche qui s'était laissé un peu trop aller. Il avait ignoré son frère, qui n'obtiendrait pas selon lui la médaille de père de l'année, pour aller vers son neveu. « Tu te fous de qui là ? » C'était comme ça qu'il fallait parler à Albrecht, plus ou moins. Son frère ne comprendrait jamais ça. « C'était quoi cette histoire là ? C'était quoi cette crise ? » Il le prit par les épaules, le secoua : « Tu crois que parce que t'es un petit noble tu peux foutre n'importe quoi ? Va falloir te virer ça de ta tête. On n'est plus à l'école là ! » Il resserra sa prise sur les épaules du gamin : « T'es plus juste un élève. Ce que tu fais a un impact Al, un putain d'impact. Pour la famille. Pour toi. Pour moi. Alors ressaisis-toi ! » Il le lâcha, pour frapper la poitrine du môme de son index : « T'es tout autant Albrecht Reinhardt que le petit Al maintenant. N'oublie pas ça. Tu m'entends gamin ? N'oublie-pas-ça ! » N'oublie pas ta putain de famille.

Casier judiciaire : Le monde est injuste et la société fondamentalement inéquitable. En tant que Burggraf, Konrad assiste parfois à des procès hâtifs, qui se tiennent dans les petites salles de la partie publique de sa maison. Il a même de temps à autres son mot à dire sur la sentence. En face de lui, des voleurs, des hommes un peu trop bourrés qui étaient tombés à bras raccourci sur un civil lambda dans la rue, des sorciers qui ont eu l’excellente idée de perpétrer un sort au milieu d’une foule de moldu… Parfois il y a plus grave : violence volontaire, violence volontaire répétée, tentative de meurtre voire homicide, purement et simplement. Il n’écoute pas toujours ce qui se dit, se perd dans ses rêveries lorsque le suspect entame sa défense, souvent de façon malhabile. S’imagine parfois à sa place ; pour lui la liste des charges seraient, par ordre alphabétique : chantage, haute trahison, homicide par procuration et séquestration. Plus du côté fédéral que régional donc. Et plutôt la peine de mort qu’une amende de quelques marks. Mais les rêveries sont intangibles, inconséquentes ; Konrad sait que ça ne lui arrivera pas. Ce genre de choses – les tribunaux, juges et avocats, n’existent que pour les pauvres et les imbéciles trop idiots pour rester discrets. Les personnes au courant de ses exactions sont peu nombreuses et ses victimes encore vivantes bien trop bridées pour pouvoir oser le dénoncer et il compte bien garder les choses en l’état encore longtemps.  
Les seuls morts que l’opinion lui attribue sont celles qu’il a faite durant la Grande Guerre. Ces années où tuer du Français était aussi naturel que d’écraser un insecte. Personne ne lui en veut, on serait presqu’à lui accorder une médaille pour service rendu.

La Grande Guerre :
[brouillons non envoyés.]
« Le 2 avril.
Maman. Je pense que tu avais raison. Quand tu me disais de ne pas partir. À l’état major, c’était des cons. Et j’ai fait le con avec eux. Tu sais maman, je pense pas qu’on puisse faire la différence. J’espère quand même. Et je- »
« Le 5 avril.
Maman. Je ne comprends rien. Je crois que j'ai perdu ma baguette. Ou alors je l'ai caché, je ne sais plus. Tu pourrais venir ? Avec une nouvelle ? J'ai l'impression que je per- »
« Le 10 avril.
Maman, est-ce que tu m’en voudrais, si je revenais maintenant ? Est-ce que tu voudrais encore de moi, si je partais, si j'abandonnais tout ? Je crois qu’on va tous mourir, ici. Je cr- »
[lettre envoyée.]
« 14.04.16 Maman. Il fait froid, mais à ce qu’il paraît, les Français ont plus froid que nous. C’est bon signe. On va finir par les avoir. Je fais attention, je n'utilise pas de magie. Tout va bien. Je t’aime. Embrasse la famille.
PS : Annika, tu me manques. Embrasse les enfants. »



[brouillon non envoyé.]
« Le 8 avril Je crois bien que tu me manques. Et si tu me demandais de revenir, maintenant, je reviendrais. Et je serais à tes pieds. Si je pouvais partir, je partirais, si tu pouvais me sortir d’ici je t’adorerais. »
[lettre envoyée.]
« 9.04.16 Je ne voudrais pas que tu sois là. Pour rien au monde. Tu n’aimerais pas. Trop boueux. Tu n’aimerais pas ces hommes non plus. Je ne voudrais pas que tu sois là. Mais peut-être certaines nuits, quand il fait froid. »

État de santé : « Tu devrais voir quelqu- » « Je vais bien. » « Tu as besoin de dormir. Un potionniste pourrait te donner quelque chose qui… » « Je vais bien, Ma. » « Si tu ne veux voir personne, je peux demander à un ami de préparer ça. Personne n’a besoin de savoir Konrad. Mais tu as besoin de dor- » « Si j’avais su que tu te mettrais dans cet état, je ne t’en aurais pas parlé, Ma. » « … Konrad, tu… » « Oublie ce que je viens de dire. Je vais bien. Ça doit être la pleine lune qui m’empêche de dormir, une connerie de ce genre. Je vais bien. » – Il allait bien.

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Konrad Reinhardt

Konrad Reinhardt
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Histoire

Konrad
« Cela n'a de réalité, l'enfance, cela ne prend de sens qu'après coup. »

0an | Maison

« Mais ? Il ne s’arrêtera jamais de crier ? » Sa domestique Nikole serrait le nouveau-né contre elle, en lui frottant le dos. On avait pris soin de l’envelopper dans des langes bien chaudes après l’avoir lavé, mais même ce confort ne suffisait pas au nourrisson qui ne cessait de pleurer. « Les bébés pleurent quand ils naissent. » « Je suis certaine que ce ne fut pas mon cas. » Nikole n’osa pas émettre un avis contraire. Dans son lit Elja semblait presque petite, les yeux cerclés de fatigue et le teint plus pâle que d’habitude. Ce n’était pas le moment de la contrarier, pas après la dizaine d’heure qu’elle avait passé sur ce lit avant de finalement accoucher. Le bébé était prématuré, mais en bonne santé. Un peu petit, un peu maigre, et il avait les yeux trop clairs, trop troubles. Nikole avait craint au début qu’il ne soit aveugle, avant qu’Elja lui ordonne d’arrêter de profaner des âneries. « C’est un petit pressé ça, un mois d’avance… » « Je plains sa future femme, » lâcha Elja avec un long soupir. « Madame enfin ! » Elja éclata de rire : « Tu ne diras pas à mon mari que j’ai dit ça. Quoi que… si tu peux. » Elle tâtonna sa table de nuit jusqu’à trouver une cigarette qu’elle alluma distraitement. « Enfin. Ça m’avait manqué. Blabla, mauvais pour le bébé, blabla, prématuré. Pour ce que ça a servi. » La fumée se ventilait magiquement, sans atteindre le petit toujours contre la poitrine de Nikole. « Il est en bonne santé malgré tout. » « Manquerait plus que ça ne soit pas le cas ! Est-ce que je suis restée clouée là pendant des heures pour rien ? Vu ce qu’il vient de me faire endurer, il a intérêt à être un garçon pas trop con, où je m’en irais lui apprendre la vie. » Elle souffle la fumée en direction de la fenêtre. « S’il continue de hurler comme ça, je ne suis pas certaine de le garder assez longtemps pour avoir une idée de son intellect… » « Quand il s’endormira Madame, il ne criera plus. » Elja se redressa avant d’enfiler une robe de chambre et d’aller vers la porte de la chambre : « Parfait, vous m’appelerez à ce moment. Si mon mari vient, vous lui direz que je suis allé à l’étage supérieur pour pouvoir me reposer. Qu’il ne se sente pas obligé de me rejoindre. » La porte claqua derrière elle. Le petit s’endormit une heure plus tard. Nikole alla le déposer près du lit où dormait sa maîtresse.


5ans | Maison

« C’est quoi la Bavière ? » « C’est là où on habite Konrad. » « Nan, j’habite à Nuremberg, pas à la Bavière. » « Bavière c’est le nom de la région. Nuremberg est en Bavière. » « Le Land de Bavière ? » « De Munich. » « C’est pas très clair, papa. » « T’en occupe pas. Toi, tu auras Nuremberg quand tu seras grand. » « Quand j’aurais Nuremberg, toi tu feras quoi papa ? » « Arrête de poser des questions, Konrad. »


« Pourquoi est-ce que c’est pas nous les chefs ? » « Parce que les chefs sont à Munich. » « Et si on déménage à Munich ? » « Un Reinhardt n’abandonne jamais Nuremberg. » « Et si on décide que les chefs sont à Nuremberg maintenant ? On serait chef ? » « Ça ne fonctionne pas comme ça Konrad. Si tu fais ça, c’est comme une guerre. » « Comme en 70 ! » « Voilà. Comme en 70. » « On a gagné en 70 ! » « Dans ce scénario on serait plus les français et les Drache les prussiens que l’inverse tu sais… » « C’est nul ! » « C’est comme ça, si tu ne veux pas d’ennuis, tu te contentes de ce que tu as. » « Maman elle dit que… » « Tu devrais moins écouter ta mère, Konrad. »
Pff.



Student Reinhardt
«  Un homme sage est au-dessus de toutes les injures qu’on lui peut dire. »

Mi-primaire | Durmstrang

Konrad n’aimait pas être mauvais. S’il était mauvais en primaire alors au deuxième cycle… Il sentait la présence du professeur dans son dos. « Vous tenez mal votre pinceau, Konrad. » Le gamin esquissa une grimace et raffermit sa poigne sur l’instrument avant de le faire courir sur la toile. « Si vous n’apprenez pas à bien tenir votre outil, qu’est-ce que ça sera lorsqu’il s’agira de votre baguette ? » Il avait les joues aussi rouges que la peinture qu’il étalait sur le bas du croquis. Les pigments prenaient alors une teinte légèrement différente, passant de l’amarante à l’incarnat en quelques secondes. Il tentait de se concentrer sur le mouvement de la peinture. Il détestait être mauvais. Même si maman disait que la peinture, il ne fallait pas y faire attention, ça le hérissait de voir les autres réussir là où il échouait.


En art, après la peinture c’était la musique. On lui dit qu’il ne serait plus obligé de tenir un pinceau de sa scolarité s’il préfèrait le piano. Konrad préfèrait le piano. Parce qu’il était bien meilleur au piano qu’en dessin. Sa mère lui avait appris plusieurs mélodie déjà, et la musique était un bien meilleur catalyseur de magie pour lui que leurs foutues couleurs sur une foutue toile. Il changea aussi de professeur et se sentit plus à l’aise avec Frau Schrüffer ; lorsqu’il se trompait de note elle claquait sèchement des doigts et fronçait ses sourcils. Comme pouvait faire sa mère. Ça le rassurait.


Ils n’étaient pas très nombreux dans le groupe des primaires. Dans sa classe, avec lui, il y a Magnus. Magnus ça-veut-dire-plus-grand-en-latin Röhr. Ce qu’il y a d’amusant avec Magnus, c’est qu’il a des idées toutes droites et il n’aimait pas quand on n’était pas d’accord. Les professeurs les mettaient souvent ensemble pour les travaux en duo et il n’y avait alors que deux options ; soit les deux enfants manquaient de s’arracher les yeux et de se mordre la carotide sur un quelconque propos soit disant offensant – le sujet étant la plupart du temps Hambourg ou Nuremberg, soit ils produisaient un excellent travail. Dans le bureau de la directrice ou bien premiers de classe il n’y avait pas vraiment d’entre-deux, mais les instituteurs tentaient toujours leur chance. Konrad aimait bien Magnus, même quand il voulait lui casser le nez. Il aimait bien être meilleur que lui dans certains cours et aimait tenter de le dépasser dans d’autres. C’était le seul à niveau dans le groupe. Il en parla une fois à son père qui leva les yeux au ciel à la mention de Röhr : « Theophilus Röhr est un bouffon. » avait-il décrété. « Pas Magnus. » « Pour le moment, peut-être pas. » Konrad cherchait le mot exact pour décrire son camarade à son père : « Non, Magnus il est plutôt… Moi, le grand Magnus Maximus je dis que… tu vois ? » Gert avait passé sa main sur son visage avant de reprendre la lecture de son journal : « Si maintenant les Röhr commencent à trop prendre la grosse tête… Je plains vraiment les Allemands du nord. » Dans le sud, on n’aimait pas trop le nord. Konrad ne reparla plus de Magnus à son père, et ne lui parla pas non plus de Gellert qui arriva à la fin de leur primaire.


Fin du secondaire | Durmstrang

On avait exclu Gellert. La poignée de main, à son départ, avait été plus longue que d’ordinaire. Un léger : nous nous retrouverons certainement, agrémenté d’une expression de circonstance – il n’en fallait pas plus. Ce renvoi n’était pas une immense surprise, cela faisait quelques temps déjà que Konrad levait les yeux au ciel quand dans l’école ça lui parlait de Gellert. Ah ça pour être brillant, il y allait, mais pour le reste… La discrétion n’était pas une de ses valeurs primaires et il ne s’est jamais donné la peine de l’apprendre. Graver cette marque ridicule dans le mur et jouer à darky dark magic dans les toilettes des garçons avec Sternberg… Pour ce que ça lui rapportait. On ne recherche pas la même chose, toi et moi. Nous ne pouvons pas avoir les mêmes stratégies, lui avait un jour dit Gellert. Et il avait raison. Maintenant, il était exclu. Au plaisir, Konrad, et il avait lâché sa main. « Bonne chance chez les English. » À ce qu’il paraissait, il allait visiter sa grande tante, « Ne te donne pas la peine d’écrire. » La main de Gellert s’était brièvement tendue de nouveau, très légèrement, avant qu’il ne la dissimule dans une poche. Son visage affichait le sourire confortable du garçon qui sait très bien où il va.
Qu’est-ce qui te fait croire que je pourrais avoir envie de t’écrire ? lâcha-t-il avant de détourner le regard. Le Reinhardt non plus ne le fixe pas dans les yeux.
Puis il partit. Et Konrad crut pendant un court instant que jamais plus dans sa vie il n’entendrait parler de Gellert Grindelwald.


« Tu te lèves à quelle heure toi, pour les révisions ? » « Sept heures. Mon programme est assez serré. Je travaille jusqu’à midi, je déjeune en une heure puis je reprends jusqu’à dix sept heures. Je me fais une pause jusqu’au dîner et je reprends jusqu’à minuit. Ça m’angoisse. » « Il parait que Sven a un retourneur de temps. » « Noon ?! Merde, je tuerais pour ça ! » « Ce serait son arrière grand-père qui lui a envoyé. Tu sais, un vieux russe là. » « Merde, Sven est un crevard, y voudra jamais nous laisser l’utiliser… » « Et toi Konrad ? Comment tu t’y prends pour les révisions ? » « P’têt que ses parents lui ont aussi envoyé un retourneur de temps… » « Ça peut se payer un truc comme ça un petit Burggraf ? » Un surveillant passait, Konrad ravala rapidement son insulte dans sa gorge et son poing sous sa cape avant de sourire : « Je me lève à cinq heure, à midi je me fais une pause déjeuner d’une demi heure et je reprends jusqu’à ving heure. Le matin la théorie, l’après-midi la pratique. Dans la soirée de ving-et-une heure à minuit je reprends les runes et l’art. Je suis plutôt confiant, il ne me reste plus que quelques chapitres mineurs à revoir maintenant. » Sur ce, il se releva, pris son sac et repartit en direction de la bibliothèque. Il savait fort bien que ce genre de discours – totalement faux, ne pouvait avoir que deux réactions : ces deux imbéciles vont dorénavant tenter de suivre le programme qu’il venait d’énoncer et seront mort de fatigue la semaine de l’examen. Deuxième option, ils continueront leur stratégie habtiuelle mais seront minés par la fausse assurance dont il venait de faire preuve et seront démoralisés la semaine de l’examen. Le résultat sera le même : ils passeront une mauvaise semaine d’examen.
Bande d’abrutis.


Début du supérieur | Durmstrang

« La métamorphose entre négativité et productivité : le thème de la transformation physique dans la sorcellerie depuis la magie des druides jusqu’à la magie germanique moderne. » Il était deux heures du matin et il était seul dans sa chambre à Durmstrang. Les étudiants du cycle trois avaient pour la plupart des chambres individuelles, pour leur permettre une meilleure capacité de concentration. Des domestiques leur apportait même directement à manger pour qu’ils n’aient pas à se déplacer jusqu’au refectoire de l’école, se mêler aux autres élèves bruyants.
Il se passa la main dans ses cheveux en soupirant, avant de relire les notes qui s’étalaient sous son sujet de thèse. Un gramophone sorcier, dans un coin de la pièce, crachotait l’ouverture de Lohengrin. Son autre main tenait sa baguette magique et, à intervalles réguliers, il se tournait vers l’engin musical et d’un mouvement de baguette faisait apparaître les notes dans les airs, les colorait d’un autre sort et les faisait danser dans la chambre. Il recréait les scènes de l’opéra, les cordes étaient rouges et représentaient une femme, les cuivres un homme. Il n’avait qu’à les guider du poignet pour les regarder s’épanouir autour de son lit, de son bureau.
Puis il arrêta, lâchait sa baguette et les notes s’évanouissaient, redevenaient invisibles et retournaient dans le gramophone. Il ne pouvait plus que les entendre. Il se penchait de nouveau sur sa thèse, et commença à écrire une ébauche de plan.



Herr Reinhardt
« Ah ! Je te tiens fille damnée. »

1902 | Salon de la maison familiale

Il la vit crisper sa main sur son ventre, et serrer les lèvres. Évidemment, ce genre de détail ne lui échappait pas. On ne pouvait pas passer sa scolarité à épier les moindres signes de crise d’angoisse chez ses camarades sans remarquer instantanément ces petits gestes. Il ne releva toutefois pas les yeux de son livre ; quand sa respiration commença à s’altérer, il cessa de lire sans pour autant faire le moindre mouvement. Annika était une femme discrète, et elle tentait de masquer son malaise mais son souffle était bien trop rauque pour sembler naturel. Du coin de l’œil, il la regardait serrer sa paume contre sa poitrine. Il ne fit aucune remarque.
Finalement, elle se redressa pour tituber jusqu’en dehors du salon. Il l’entendit longer le long couloir de l’étage qui desservait une suite de pièce en enfilade avant qu’une porte claque et que le bruit s’étouffe. Il reprit sa lecture. Quelques minutes plus tard, Annika revenait, les lèvres encore tremblantes et les yeux brouillés. « Konrad je… » Il s’autorisa un regard par-dessus la couverture de son livre : « Je pense qu’il faudrait attendre encore un mois avant de l’annoncer au reste de la famille. » Il l’inspecta du regard « Ça ne va pas se voir tout de suite. » Il lui sourit, brièvement, avant de baisser le nez vers les pages. S’ensuivit un silence, qu’Annika ne rompit qu’après de longues secondes : « Tu n’as p- » « Je préfère qu’on attende la fin du premier mois pour parler prénom aussi, si cela ne te dérange pas chérie. » Et la discussion était close.


« Elle est enceinte ? » Adossé contre le mur, Konrad releva son pied pour le plaquer nonchalamment sur la cloison. Elja pinça les lèvres : « Ne te tiens pas comme ça. » Il soupira, avant d’hausser les épaules et de se redresser. Il occupait sa main en allant sans cesse chercher sa montre, dans la poche intérieure de sa veste. Il avait l’impression que l’aiguille était grippée. Elle ne faisait qu’hocher d’avant d’arrière sans s’avancer. « Alors ? » « Il semblerait. » « Tu comptais nous prévenir un jour ? » Nouveau soupir, il haussa encore une fois les épaules, mais cette fois davantage pour se détendre : « Je lui ai dit d’attendre encore un mois. » Sa mère resta un moment silencieuse, à scruter le visage de son fils comme pour pouvoir y déceler la nature exacte de l’ombre qui y passait. « Tout se passera bien, » l’assura-t-elle. « Mais je ne m’inquiète pas. »


1903 | Sous-sol de la maison familiale

Konrad avait quitté sa maison à huit ans pour aller à l’école ; il ne l’avait retrouvé que durant les temps de vacances et ne s’était, durant ces temps, jamais amusé à l’explorer. Petit il avait visité tous les étages mais n’était jamais descendu dans le ventre même de la demeure. « Ne va pas là où il n’y a pas de fenêtre, Konrad, » lui avait ordonné sa mère lorsqu’il était encore minot « Reste dans la lumière. Que je ne te perde pas. » Il avait, étrangement, obéi. Il était resté dans les grands salons aux parquets grinçants depuis lesquels on pouvait admirer les vieilles rues du centre-ville tout en sachant que sa maison s’étendait au sous-sol au moins autant qu’elle ne s’élevait à l’extérieur. Mais il n’y allait pas : Konrad à ses vingt-deux ans connaissait mieux les catacombes de sa ville que sa propre cave.
Plusieurs raisons le poussèrent à ouvrir la porte qui donnait dans les profondeurs de sa maison. Il ne s’est jamais amusé à penser que c’était le destin : son professeur de divination ne lui avait pas prédit telle rencontre. Il voulait s’éloigner des pleurs de son enfant qui criait dans les bras d’Annika, il voulait explorer davantage un endroit qu’il pensait devoir connaître sur le bout des doigts, il voulait aller là où sa mère lui avait dit de ne pas se rendre enfant. Et adulte. Elle l’avait lâché, du bout des lèvres, durant une soirée. « Ne va pas dans les sous-sols Konrad. » Puis elle s’était tu, en voyant le regard de son aîné tomber sur elle. « Je n’ai plus huit ans. » Elja se mordit la lèvre, secoua la tête et ne répondit pas. Depuis, il voulait voir.
Il referma la porte dans son dos et alluma la pointe de sa baguette pour éclairer son chemin dans les escaliers retords.
Il y avait plusieurs volée de marches, plusieurs portes. Et derrière l’une d’elle, il y avait une femme.
Konrad referma la porte derrière lui.
« Qu’est-ce que vous fichez dans ma cave ? » avait-il envie de demander à cette femme. Il dirigea sa baguette illuminée vers son visage. Et resta un long moment silencieux, sans parvenir à mettre le doigt sur ce qui le gênait – outre le fait qu’une femme était retenue prisonnière dans le sous-sol de sa maison. Puis il comprit, que ce n’était pas une femme. Il soupira, abaissa sa baguette : « Qu’est-ce que vous avez bien pu faire à ma mère pour qu’elle vous foute là ? »
Il apprit bien assez tôt ce que cette Hilda avait fait à sa mère. Ou plutôt, en l’occurrence, à son père. Il l’apprit bien assez tôt et en eu même la démonstration pratique.


1910 | Schoppershofstraße, à quasi 3km de la maison familiale

C’était toujours ainsi, avec Hilda. Il se retournait juste un instant, et elle avait disparu. Elle fuyait vers une autre ville, vers un autre homme, et ne laissait derrière elle rien d’autre qu’une traînée d’un rouge poudreux. Qu’importe, elle revenait, elle revenait toujours et lui ne pouvait pas lui claquer la porte au nez. Il a essayé pourtant. Il se souvenait encore de sa phrase, il y avait plus d’un an. À base de : Je te quitte pour Magnus, au revoir. Puis elle avait filé, et l’avait planté dans l’appartement. Seul. Cette fois ci, ça avait été difficile de se dire qu’elle reviendrait.
Il avait peut-être crié quelque chose. Peut-être avait-il brisé quelque chose. Peut-être a-t-il été d’une humeur exécrable pendant les jours qui suivirent. Mais il était seul, et s’était toujours astreint à ne pas laisser retomber sur son épouse les caprices de son amantes.
Il l’avait revu, à l’opéra, alors qu’elle chantait. Il était parti à l’entracte. Puis était finalement revenu pour le final. Le lendemain, il la retrouvait. Depuis, elle n’avait pas encore filée.
Ensemble ils ne parlaient jamais de ces moments où ils se séparaient. Il n’y avait de torts ni d’un côté ni de l’autre. Ils savaient tous les deux que le manège reprendrai. Inlassablement.
Sur le lit de l’appartement qu’il venait de lui acheter, il caressait ses cheveux et souriait en regardant le plafond. Il lui parlait de son avenir. À lui. Et lui murmurait que bientôt, lorsqu’elle se produirait à Munich, ça serait pour lui. Lorsqu’elle chantait, dans la grande pièce à vivre de l’appartement, il capturait certaines notes de sa voix dans de petites bulles cristallines qui vibraient constamment de sa force vocale. Puis les faisait rouler dans sa paume. Et reparlait de Munich. Elle l’écoutait, ou du moins faisait bien semblant.
Avec sa baguette, il lui dressait un plan en trois dimension de la maison qu’il lui ferait construire lorsqu’il serait Landgraf. Et quand il avait trop bu, il souriait et lâchait parfois même parfois le mot de Landgräfin.
Venu le matin et le mal de crâne, il perdait son sourire.



Leutnant Reinhardt
« Ce sont de simples hommes qu'on a simplifiés encore. »

11-1915 | Sec

Il se souvenait précisément de ce que le vieil homme lui avait dit, avec ses médailles et ses lunettes sur le bout du nez. Il ne l’avait pas réécrit à sa mère, parce que la lettre aurait été censurée. Il ne l’avait répété à personne, parce qu’il se souvenait avoir baissé les yeux.
Il avait baissé les yeux et, pour la première fois de sa vie, avait eu du mal à garder un visage impassible. Ses épaules montaient, descendaient suivant le rythme hâché de sa respiration et, le regard fixé sur la pointe des bottes du général, devant lui, il clignait des yeux plus que de raison.
Merde.

Merde.



Merde.


1916 | Boue

« Qu’est-ce que tu fous Reinhardt ? » Konrad arrivait, malgré le bruit ambiant, les explosions et les cris, à reconnaitre les deux syllabes qui composaient son nom de famille. Il sursauta et baissa les yeux vers sa main droite. Il avait lâché la baïonnette qui traînait dans la boue et tenait à présent sa baguette. Du bout des doigts. À demi levée. Il n’y avait personne pour faire attention à lui – sauf évidemment ce mec. Bauer. Un sorcier lui aussi. Qui le traquait du regard depuis qu’il était là. « Range ça Reinhardt ! » Il répétait le nom, parce qu’il savait que c’était la seule façon de se faire entendre. Konrad n’arrivait pas à obéir, pourtant, et la baguette de bois blanc tremblait dans sa main. Un obus fait éclater un monceau de terre, non loin et les hurlements des hommes sont un instant étouffés par celui du sol, prêt à craquer et à mourir à son tour.
Konrad tournait la tête, regardait le fourmillement des camarades, un peu plus loin. Autour de lui, ça courrait aussi. Et Bauer était planté face à lui, maintenant. « Espèce d’abruti ! Et le Secret ? Tu comptais faire quoi ? Hein ? TU COMPTAIS FAIRE QUOI AVEC CETTE PUTAIN DE BAGUETTE ? » Konrad sentit qu’il la lui prenait. Il n’avait pas la force de résister et sa main bientôt se referma dans le vide. Les cris de son supérieur vrillait son crâne. « Je ne l’ai pas fait volontai- » Mais Bauer s’était déjà baissé, avait ramassé la baïonette et la lui remit dans les mains. Sa voix s’était adoucie : « Pas de magie Reinhardt. Pas de magie. Pas de magie. PAS DE MAGIE ! » Konrad sursauta, mais raffermit sa poigne sur le fusil. Il savait, oui, pas de magie, pas de magie, pas de magie.
Puis Bauer s’éloigna. « Vers l’est ! Vers l’est ! Ils tentent de nous avoir par l’est ! » Konrad se tourna vers l’est. Et avança, en tentant de ne pas s’embourber dans la tourbe dégelée qui les noyait depuis plusieurs mois.
Il regardait devant lui, il regardait Bauer.
Qui avait sa baguette.
Attends une sec-
Sans la main qui, dans son dos, le força à se baisser, à rouler dans la terre, à s’enfoncer dans la boue, il n’aurait pas survécut au souffle provoqué par l’obus qui s’abbatit à leur emplacement. Bauer, lui, n’y survécut pas.
Quand ses oreilles cessèrent de siffler, quand il put enfin se remettre à quatre pattes, pour ramper par-dessus le cadavre de son ancien chef, il oubliait sa baguette, et oubliait d’en chercher les morceau sur le corps.
Il ne se souviendra jamais d’où il a bien pu la perdre.


Boue

Il s’aperçut de son absence trois jours plus tard. Il en parla à un autre soldat, à côté de lui. Max, qu’il s’appelait. Il le dévisagea comme s’il était dingue : « Une baguette ? De quoi une baguette ? Et pourquoi pas un putain de croissant tant que tu y es ? » Konrad ne répondit pas, mais quand ils se trouvèrent un endroit où se poser pour la nuit, il fouillait dans les grosses poches de son uniforme, défit même ses chaussures pour vérifier qu’elle n’y était pas. « Qu’est-ce que tu fous ? », là c’était Pat. « J’ai perdu ma baguette… » « Ta quoi ? » « Laisse tomber Pat, il m’a déjà fait le coup ce matin. » « Va pas perdre la tête comme d’autres, hein Kurt ? » Konrad renfila ses énormes chaussures, croisa le regard de ses deux camarades. « Perdre la tête ?... »


Il y en avait beaucoup pour péter un plomb. Konrad en avait vu tellement ; tout finissait par lâcher. La tête avec le corps. Certains ne bougeaient plus. Ils restaient figés, parfois debout, les mains agrippées au manche de leur arme, sans pouvoir esquisser ne serait-ce qu’un mouvement. Il fallait les tirer, les traîner, les ramener à l’abri avant qu’ils ne se fasse emporter par un tir. Ils déliraient, ils criaient, inventaient n’importe quoi.
Au feu, tout se mélangeait dans la tête. Plus personne ne pouvait dire qui il était, où il était né, ce qu’il faisait avant.
On était né dans la boue. On crèverait dans la boue. Et il n’y avait rien d’autre.
Il levait les yeux, et essayait de voir à travers la fumée la couleur du ciel.
« Lieutenant ! » Il recula en voyant trois hommes arriver vers lui, se poussa contre une paroi pour leur laisser la place de traîner le corps qu’il charriait derrière eux. Une nouvelle explosion. Puis des hurlements. Ils reconnaissent les sons de tous les obus, maintenant, ils savent ce que tel ou tel bruit veut dire. Konrad sentait que sa gorge était trop sèche lorsqu’il ordonna, autour de lui : « LES MASQUES ! » Tout le monde s’activait déjà à recouvrir son visage du masque à gaz familier. Là, ils étaient tous si semblable.
Il rejoignit le groupe qui portait le blessé : « Vivant ? » « Oui mon lieutenant. » « Blessé à la jambe. » La droite, en effet, était tordue. Et ses bras crispés, recroquevillés, impossible à détendre. En voilà un qui aura le droit aux électrochocs, il pensa un instant avant de se pencher pour mieux regarder la jambe. « Où est Doc. DOC ! Il faut le ramener plus à l’arr- » Un nouvel éclat d’obus qui secoue le ciel et le sol. Encore assez loin. « Y perd l’esprit, lieutenant ! » Le blessé parlait, marmonnait, encore et encore et encore, presqu’à avaler sa langue. Mais le masque étouffait tout : « Hey, hey. Ça va aller. » Il le prenait par les épaules, tentait de le secouer. Le soldat près de lui hocha la tête : « Comme d’autres, v’la qu’y cause de magie. Savez lieutenant, y en a quelques uns, parfois, juste avant d’mourir, qui parle de magie, de sort. Y croient plus en Dieu, j’pense bien. » En penchant la tête vers l’homme, Konrad parvenait à entendre quelques syllabes articulées. Il ne savait pas pourquoi il reconnaissait ces syllabes. Quelque part, loin dans sa tête, sa mémoire lui hurlait que c’était un sort de soin. Mais les sorts ça n’existe pas.
La magie. Ça n’existe pas.


Parfois, quand il rêvait d’autres choses que du froid, il voyait sa mère et sa femme dans ses rêves. Elja était une magicienne, et elle faisait apparaître de la lumière grâce à une baguette magique. Quand il se réveillait, il se sentait idiot – et il avait peur de perdre la tête à son tour.


Sa division est presqu’anihilée lorsqu’une attaque de l’artillerie française les touche de très près. On disperse les survivants. On lui demande d’où il vient. Il se rappelle du nom de sa ville, très distinctement. C’est presqu’un automatisme dans sa bouche : « Nuremberg. » Alors on le mit dans une division avec des gars qui venaient de Nuremberg.


Une nuit, il fait trop froid. Il ne doit pas s’endormir, mais lorsque finalement résister est trop dur, il se laisse aller. Il rêve de sa femme, avec ses longs cheveux roux. Et sa belle voix.
C’est Bert qui le réveille. « Hey, Kurt ! Faut pas dormir, où tu vas jamais te réveiller ! » Ça lui rappelle la Nuit Blanche de Yule. Mais quand il en parle, tout le monde fronce les sourcils. « Perds pas la tête Kurt… »
Il ne sait plus où il est, parfois.


Sa division doit se mélanger à une autre. Qui vient de l’ouest. C’est un peu difficile de se comprendre, à cause de l’accent, mais personne ne parle trop de toute manière. Y en a un pour s’assoir à côté de lui. Les cheveux presque clairs, sous toute la poussière. « T’es d’Nuremberg ? » Konrad hoche la tête. « Moi, d’Francfort. » Il situe. Il hoche encore la tête. « Moi c’est von Böhme. » Ça lui dit quelque chose. « Konrad von Böhme. » Il cligne des yeux, dévisage le nouvel arrivant et parvient à sourire. Il lui tend la main : « Reinhardt, Konrad Reinhardt. »
Il suffisait de pas grand-chose, dans ces temps là, pour qu’on s’accroche. N’importe quoi pouvait ressembler à une bouée. Et un homme qui portait le même prénom que toi était un jumeau, parmis tous les frères d’armes.


« T’as perdu ta baguette ? » Il se sentait con, Konrad. Il n’arrivait pas à lui expliquer qu’il avait cru, pendant plusieurs mois, que la magie n’existait pas. « Je ne sais pas… j’ai oublié. » « Ça a bien failli m’arriver aussi, j’ai juste eu de la chance. J’en ai vu un paquet, de sorciers qui se sont retrouvés comme des cons. J’comprends pas pourquoi on est comme ça. » « Comme ça ? » « Comme des cons ! » Il sortait un peu sa baguette de sa botte : « Le nombre de français que je pourrais tuer d’un seul sort… tu imagines ? » Il imaginait. Il se demandait aussi ce qui aurait pu se passer, s’il n’était pas tombé sur un sorcier. Pour l’assurer qu’il ne perdait pas la tête.


Konrad de Francfort lui parlait de sa femme, et Konrad lui parlait de la sienne. Konrad de Francfort avait les idées plus claires que lui. C’était lui qui, le premier, s’était souvenu de qui il était : « T’es un Reinhardt… de Nuremberg ? » qu’il lui avait demandé « T’es le fils du Burggraf ? » C’est comme ça qu’ils avaient su. Quand Konrad de Nuremberg parlait de sa femme, son camarade riait : « Mais j’l’ai déjà vu Annika, elle n’est pas rousse du tout ! » Pourtant Konrad n’arrivait pas à la voir autrement. Et quand lui décrivait Madleen, il se souvenait de chaque détail. Ça lui éclaircissait la tête, et ça lui rappelait qu’il allait y avoir une fin. Et qu’il y avait des gens à retrouver, de l’autre côté de la frontière. Ils prévoyaient de s’inviter, l’un à Francfort, l’autre à Nuremberg. On oublierait ensemble, avec les épouses, autour d’un bon verre.


Ils appelaient ça la retraite, Konrad savait que c’était une débâcle. Ils avaient essayé de refaire une percée plus à l’ouest, sans y parvenir. Les français avaient le soutien des anglais et des ricains. Ils ne purent que reculer.
Au moins il ne faisait pas froid. C’était l’été. Ils s’étaient tous délestés de leur manteau et couraient plus qu’ils ne marchaient, en tentant de mettre le plus de distance possible entre eux et l’armée française.
Je pourrais transplaner.
Il n’arrivait pourtant pas à se décider.
Accroché à lui, von Böhme toussait. Et sa respiration sifflante couvrait tous les bruits alentours. « Putain, pourquoi t’as pas vérifié ton masque aussi ? » Son camarade ne lui répondait pas, il ne pouvait plus parler. Il pouvait à peine marcher, et c’était Konrad qui soutenait tout son poids. « Putain, putain putainputain ! » C’était trop dur, de marcher. Les autres les dépassaient. Ils étaient en queue de colonne, loin derrière la masse. « Dépêchez vous ! Ils sont derrière, ils sont juste derrière ! » Le soldat qui venait de leur hurler l’information les dépassa, porté par la crainte d’être fait prisonnier. Les rumeurs étaient nombreuses sur ce que faisaient les français aux boches qu’ils chopaient. Personne ne voulait voir ça de près.
Mais son camarade était trop lourd. « He, Kurt. Kurt, je vais devoir… m’arrêter. » L’autre ne fit que tousser en guise de réponse. Konrad le tira vers le bas-coté et le fit rouler dans le fossé. Sa respiration était de plus en plus étranglée : c’était cette saloperie de gaz. Le masque de son compagnon n’était plus étanche, et ça avait attaqué ses poumons. Il se coucha à côté de lui, dans l’herbe, un peu en deça de la route. Il entendait le pas des français, un peu au loin. « Kurt… » Il était crevé, il en avait marre de marcher. « Kurt, il n’y a que nous, passe moi ta baguette. » Mais l’autre ne réagissait pas. Il toussait, tentait d’avaler l’air en y mettant toute la force qui lui restait, mais ce n’était pas assez. Konrad lui défit ses bottes pour prendre son arme. Cela faisait longtemps, qu’il n’avait plus tenu une baguette dans ses mains. Il avait du mal à retrouver l’emprise naturelle qui était la sienne auparavant. « Je vais essayer… Je vais essayer, d’accord. » Il avait la main tremblante, et ne se souvenait d’aucune formule. Dans sa tête, il mélangeait tout. Et le visage de son camarade devenait bleu.
« Respire, respire encore un peu. Encore un peu. »
Et il entendait l’armée approcher.
« Konrad. Konrad. Respire. Je vais transplaner. Je vais transplaner... Les sorciers soignent ça. » Il le prit dans ses bras, tenta de se redresser, essaya de transplaner mais ne fit que retomber à terre. « Attends, attends ! » Il recommença. Et encore. Et se relevait à chaque fois, pour recommencer.
Au bout de quelques minutes, il n’entendait plus le sifflement de la respiration de son frère d’arme. Mais il continuait, et se relevait, parlait seul. Puis il les vit, du coin de l’œil, au bout du chemin, vers l’horizon. Les français qui venaient.
« Je suis désolé, Konrad. Je suis désolé. »
Il ne regarda pas le corps, quand il le laissa tomber dans le fossé.
« Je suis désolé. »
Et il prit la fuite, en courant, comme les autres.



Burg(Land)graf Reinhardt
« L’hypocrisie est un vice à la mode,
et tous les vices à la mode passent pour vertus. »

6-7 mars 1921 | Nuremberg

A côté de lui son fils l’attrapa par le bras : « Papa, qu’est-ce qu’on fait ? » Autour, c’était la panique, et tous les parlementaires se précipitaient vers la sortie, prêt à fuir vers un endroit sûr. En l’occurrence Berlin, là où se trouvait déjà la Cour de Justice. « Papa ? » Il ferma les yeux un instant, le temps d’inspirer profondément. Il entendait encore la voix de Till Sternberg alerter toute la Chambre de ce qui allait se produire. Ce serait mentir de dire qu’il n’avait jamais eu plus peur dans sa vie, mais ce serait mentir tout autant de dire qu’il n’avait pas ressenti la moindre pointe d’angoisse. Il avait soutenu le regard de Till, quand ce dernier avait balayé la salle des yeux, et avait craint pendant de trop longues secondes que son nom ne passe les lèvres du frère d’Anke. Qu’on l’accuse directement, et devant tous ses pairs. Personne n’était censé savoir, se disait-il. Mais personne n’était censé savoir pour le Coup non plus. Et ce n’était pas de lui que venait la fuite. Imbécile d’Anke.
« Papa ! » Il rouvrit les yeux, attrapa Aldemar par les épaules. Le gosse n’avait que dix huit ans, mais Konrad l’avait pris à ses côtés pour remplacer son frère dès qu’il l’avait pu. Pour lui montrer la vie à l’Assemblée. « Tu vas partir avec les autres. Tu vas les aider à tout installer à Berlin, d’accord. Tu feras ce qu’on te demande de faire et tu ouvres grand tes oreilles. » « Et toi ? » Il ébouriffa les cheveux bruns de son fils avant de sourire : « Je ne vais pas quitter ma ville si une armée s’apprête à y pénétrer. » Il voulait surtout vérifier que, énervée comme elle le serait très certainement, Anke n’aille pas détruire une partie de sa ville. Elle pouvait être si imprévisible. « Mais c’est peut-être dangereux ! » Il leva les yeux au ciel : « Ne t’inquiète pas. Je vais simplement veiller à ce que les nôtres soient à l’abri. » Son fils hocha la tête, puis le lâcha pour suivre le cortège qui, les bras plein, s’appliquaient à transplaner de façon plus ou moins coordonée vers Berlin. Assez vite il fut un des derniers sur place, puis le dernier. Il quitta le bâtiment, préférant ne pas être présent lorsqu’Anke arriverait. Depuis sa maison, il assista à la rage de la fidèle de Grindelwald et veilla toute la nuit sur le feu qui embrasa le Parlement. Le matin, il était plus fatigué encore qu’au matin de Yule. C’était ça la Nuit Blanche de Nuremberg.


Après le Coup d'État manqué | Nuremberg

Le marché était clair : il stipulait que Konrad abaissait les barrières magiques de Nuremberg, ne résistait pas face à l’arrivée d’Anke et des siens, et la laissait massacre les Parlementaires comme elle le désirait. En échange, elle devait se débrouiller pour tuer Cäsar, le Landgraf de Munich, ainsi que tout ce qui pourrait de près ou de loin s’apparenter à des héritiers. Mais bien évidemment la rage d’Anke l’empêcha de mener à bien son plan. Incapable d’assumer le fait que l’échec ne pouvait venir que de son camp, elle ne remplit pas sa part du contrat. Certes la situation aidait Konrad en ce qu’elle lui offrait la possibilité de passer pour un martyr aux yeux de certains autres nobles. Le pauvre Burggraf dont la ville est presqu’occupée par l’Einsicht, sans qu’on n’y puisse rien faire.  
Mais ce n’était pas ça qui l’aiderait à prendre Munich, à foutre Cäsar à genou, à devenir Landgraf. Comme, visiblement, on ne pouvait compter que sur soi-même et qu’il ne pouvait pas tout simplement faire assassiner Cäsar – le monde était mal fait, il fallait qu’il trouve un autre moyen. Ses hommes étaient déjà à Munich, pour surveiller le dirigeant, il devait y avoir plus de nurembergeois sorciers à Munich que de munichois. Pas assez, cependant, pour essayer de soulever une révolte. Ce genre de pratique datait du siècle dernier, la politique ne fonctionnait plus ainsi maintenant.
Donc, comme il ne pouvait pas avoir le pouvoir officiellement, il faudrait qu’il l’usurpe. Qu’il trouve un moyen de forcer Cäsar à lui obéir, à lui céder sa place. Le menacer était une bonne option. Le menacer de tuer quelqu’un qu’il appréciait en était une meilleure.
Son fils ? Son deuxième fils ? Sa fille ?
Il pensa à Saskia, sa propre fille, et décida que la demoiselle était, en effet, la meilleure solution.
Mais comment pouvait-il garder un œil constant sur Anthea Drache afin de pouvoir mettre sa menace à exécution si le besoin s’en faisait sentir ?
Un mariage. Il pouvait la marier à son fils.
Mais il était trop jeune. Et il ne pouvait pas toujours contrôler sa belle-fille. Aldemar se ferait vite dominer par une femme.
Un autre mariage alors. Avec lui. Il avait vingt ans de plus qu’elle, mais ce n’était pas bien grave. En revanche il était déjà marié, ça c’était un peu plus grave.
Un soir il alla retrouver Hilda.
« J’ai quelque chose à te proposer qui te plaira certainement. »


Un mauvais matin

Ce sont les hurlements de Saskia qui l’ont réveillé. Pendant un instant il eut du mal à se souvenir de qui il était, d’où il se trouvait. À ses côtés, Anthea sursauta également, fit une remarque qu’il n’entendit qu’à peine. Ses oreilles sifflaient ; il tituba en se relevant et attapa une chemise avant de quitter la chambre : « Saskia ? » Il longea le couloir, les yeux à demi fermés, la tête pleine de cris. Il lui fallait du temps, le matin, il avait besoin de temps au réveil pour se resituer, pour chasser la nuit. Là il peinait à s’agripper à la réalité. Puis un choc. Il baissa les yeux, c’était sa fille, dans ses bras, ses cheveux noirs couvraient son visage alors qu’elle essuyait ses pleurs sur la chemise paternelle. « Papa ! Papa, c’est Al, c’est Al ! Du sang, du sang partout ! Papa, aide moi, aide moi aide moi ! » Il lui caressa les cheveux, embrassa son front, la serra un peu plus fort dans ses bras : « Shh Saskia, là mon trésor, c’était un cauchemar. » On en fait tous. Il ne comptait plus le nombre de fois où il avait vu des morts ensanglantés dans ses nuits. « Non papa… Non… » Elle tremblait, n’arrivait pas à se calmer, et tendit une main vers lui.
C’est là qu’il vit le rouge. Sur ses doigts. Il lui agrippa son poignet : « Qu’est-ce que c’est ? T’es blessée ? » Son sanglot se mua en un nouvel hurlement, alors qu’Anthea arrivait dans son dos, ainsi qu’Elja et Gert. « C-c’est… C’est Al… Ald- Il… » Elle trébucha, s’écroula totalement dans ses bras et il sentit la main de sa mère venir l’aider à soutenir sa fille. Il croisa le regard d’Elja. « Va, va voir ! » Il lui laissa son enfant, et s’avança un peu plus, peut-être plus lentement qu’il ne l’avait voulu, pour arriver devant la chambre de son fils.






















« On a un enfant. » Annika n’en revenait pas. Elle ne cessait de le regarder, de lui sourire, avec ses yeux embués. Konrad aussi souriait. Il avait rapidement porté le petit dans ses bras avant de le rendre à son épouse, toujours couchée. « Et maintenant ? » « Tu vas te reposer maintenant. » « Attention Herr Reinhardt, on pourrait avoir l’impression que vous vous souciez de mon bien-être. » Konrad eut un petit rire : « Tu es ma femme, c’est mon fils : évidemment que je me soucie de votre bien-être. » Il était à deux doigts de lâcher le classique : je ne laisserai rien vous arriver. Mais il ne le fit pas. Tant mieux, parce que c’était une promesse qu’il ne pourra tenir.























« Konrad ? » C’était la voix de son père. « Konrad, viens. Viens dans le salon. Arrête de regarder. Arrête. » Il ne savait pas ce qu’il regardait. Il suivit simplement son père. « Voilà, comme ça, c’est bien. Tu vas t’asseoir. Assied-toi. » Il continuait de lui parler, mais l’esprit de Konrad était déjà trop loin.

Cette petite connasse.
Il la haïssait. Il la détestait. Il la…

En fermant les yeux, il ne voyait qu’une femme rousse.

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Il y a des gens sans orgueil qui se résignent à végéter sous notre domination. Ils préfèrent vivre avilis sous notre botte que mourir glorieusement pour la Liberté...
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MessageSujet: Re: Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine.   Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine. EmptyDim 28 Jan - 13:41




Sans commentaire.

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MessageSujet: Re: Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine.   Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine. EmptyDim 28 Jan - 17:00

J'adoooore l'acteur choisi. Il est peu pris et c'est dommage. Mais le voir ici c'est ultra satisfaisant.

Un personnage qui semble avoir bien des poids sur les épaules. rain Donc bon courage pour cette fiche m'dame !
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MessageSujet: Re: Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine.   Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine. EmptyDim 28 Jan - 17:01

Ta plume, ta si merveilleuse plume qui m'a tant manqué stare stare stare Je serai la Tristesse (tm) si on ne parvient pas à s'organiser un rp avec ce personnage qui m'émoustille plus qu'un peu. (Même si le choix de faceclaim me fait grincer des dents parce que je l'associe avec le frère de Ciàran mais comme c'est toi, jte pardonne sisi )

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MessageSujet: Re: Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine.   Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine. EmptyDim 28 Jan - 17:27

@Hilda Jörgen
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Sans plus de commentaire.

@Natalia Winkler • Merci kyah Je suis ravie que sa bouille te plaise (I like it too huhu ) Et t'inquiètes pas pour Konrad, il aime bien avoir des trucs à porter, ça lui fait les muscles gah smug

@Paul Lindemann • TOI fun serre serre Arh, tu me fais encore rougir jpp (attends, là j'ai posté parce qu'il fallait bien, mais je compte tout refaire... tu me connais haha Arrow ) Non mais j'espère bien qu'on va pouvoir se faire quelque chose. On retourne l'Allemagne, on casse le Secret Magique, on s'en fout mais on se boit au moins une bière à un moment donné ! (et sisi, je sais pour Cillian sisi en plus je ne peux pas te promettre que ça ne sera pas un connard donc bon mdr )

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MessageSujet: Re: Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine.   Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine. EmptyDim 28 Jan - 17:32

Tu me décevrais s'il n'était pas un connard, tu les joues si foutrement bien. Et il a la tête de l'emploi. Mais ouais viens on va faire la Révolution ensemble superman superman superman

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Magnus Röhr

Magnus Röhr
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MessageSujet: Re: Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine.   Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine. EmptyMer 31 Jan - 0:00

t moche fck

(kr)

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Cold
Little
Heart.
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MessageSujet: Re: Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine.   Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine. EmptyMer 31 Jan - 16:46

omg, comment il retourne sa veste. gah j'aime ça. slurp1
hâte de voir le monsieur en jeu. fun

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― pétales d'émeraude, chant d'augurey. ―

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MessageSujet: Re: Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine.   Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine. EmptySam 3 Fév - 22:35

jotem tonton, allons conquérir l'Allemagne ensemble kyah J'ai hâte d'en lire plus sur bb Konrad héhé. ET DE GUEUSER AVEC TOI gn.

REINHARDT FTW.

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uc

Konrad Reinhardt

Konrad Reinhardt
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MessageSujet: Re: Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine.   Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine. EmptySam 10 Fév - 2:12

@Paul Lindemann : J'espère que je ne te décevrais pas bb ananas ananas

@Magnus Röhr : t con fck ( heart )

@Ariel J. Jadefluff : Yep non content d'avoir une quinzaine de veste, il les retourne à tout bout de champ, c'est ça la vraie classe à l'allemande wink2 kr

@Albrecht Reinhardt : tmtc la mifa c'est ce qui compte le plus stare bas stare bas comhere Et c'est pas grave si on a pas toute l'Allemagne, y a que le sud qui est important, au nord c'est que des ploucs.
Sisiiii j'ai hâââte aussi de gueuser, avec toi vile gueuse :trigger: :trigger: :trigger: stache

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MessageSujet: Re: Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine.   Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine. EmptySam 10 Fév - 3:19

REVE T'OUVRE SES PORTES
Crétin de Konrad. On m'a vendu un personnage bouffon, et voici le swag incarné. La Grande Guerre.  shok Elja.  shok La facture des baguettes.  shok WHO IS THAT RED WIFE ?  shok Tant de questions, si peu de réponses. Il va falloir que tu RP avec moi pour éclaircir des choses. C'est nécessaire.  :trigger:

Alors voilà je te valide, mais c'est bien parce que je mérite une lumière aussi éclatante que la mienne près de mon swag. Tu oublieras pas de lire les annexes hein. Je suis pas sûre que tu ais tout compris sur Durmstrang.  gah



Félicitations, tu es validé(e) ! Avant de te ruer dans la zone rp cependant, une petite chose s'impose, le recensement. Merci de bien vouloir passer dans ce sujet afin que nous puissions t'ajouter à toutes les listes nécessaires. Une fois cela fait, nous te conseillons d'ouvrir une fiche de liens afin d'augmenter ton carnet d'adresse. C'est aussi un moyen idéal de trouver des partenaires RP !
Nous te conseillons d'ailleurs, avant de commencer à rp, de bien prendre soin de vérifier la période de jeu en cours afin de bien savoir comment dater tes sujets.

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Konrad Reinhardt - À propos de la dignité humaine.

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