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Paul | Tiefe Wasser sind nicht still

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Revelio

MessageSujet: Paul | Tiefe Wasser sind nicht still   Paul | Tiefe Wasser sind nicht still EmptyDim 28 Jan - 10:14


PAUL LINDEMANN
Citoyen & Autres



« Er will es und so ist es fein, so war es und so wird es immer sein, er will es und so ist es Brauch, was er will bekommt sie auch. »

INFORMATIONS
Nom ◆ Lindemann. Un nom bien Allemand, bien de chez nous, qui ne trahit rien, n'est-ce pas ? On ne croirait pas à autre chose - on ne pourrait croire à autre chose - qu'à un bon petit Germanique qui n'a rien à cacher.
Prénom ◆ Paul. Là aussi, c'est un nom sans histoire, un nom simple, facile à retenir, sans rien d'anormal, sans rien d'imprévu. Rien qui pourrait annoncer la couleur.
Surnom ◆ Il n'en a pas, à sa connaissance.
Lieu & date de naissance ◆ 1832, Autriche.
Métier ◆ Un métier ?! Ne soyez pas obscènes.
Lieu d’habitation ◆ Il n'imaginerait pas vivre ailleurs qu'à Berlin. C'est à Berlin qu'on trouve, selon lui, les meilleurs artistes, les meilleurs théâtres, les plus belles femmes. A Berlin aussi, mais cela il ne dira pas ouvertement, qu'il aura le plus de chance de s'en tirer si quelqu'un venait à apprendre ses petits secrets.
Statut de sang ◆ Sang Pur. On ne laisserait pas de non-magiques entrer dans la famille, n'est-ce pas ? Le côté paternel ne le permettrait pas, et il a permis beaucoup de choses déjà, peut-être trop, allez savoir.
Classe sociale ◆ Noble en Autriche, simple citoyen en Allemagne. La dynastie Lindemann, celle du père, a créé son empire au XVIIème siècle et gare à celui qui prétendrait qu'ils ne sont en fait que de riches parvenus ayant usurpé de leur titre et de leur nom. Ce n'est pas le cas. Ce n'est plus le cas. Et même si ça l'était, avez-vous assez d'argent pour gagner un procès en diffamation contre une des plus grandes fortunes d'Europe ? C'est bien ce que je pensais.
État civil ◆ Veuf, pauvre homme, veuf à trois reprises parce que la malchance le poursuit. La première, Elena, une charmante jeune femme de la vingtaine, qui a péri six mois après l'union dans un accident de calèche absolument terrible. La deuxième, Katarina, belle plante au minois de rosière innocente, morte d'une maladie foudroyante dans le plus grand secret, huit mois seulement après leurs épousailles. La dernière, enfin, épousée sur le tard ; la belle et dramatique Anke, qu'on a retrouvée avec les poignets tranchés dans le lit nuptial trois semaines après son mariage.

Éducation ◆ Durmstrang, bien entendu, quoi d'autre ? Où aurait-il bien pu étudier sinon à Durmstrang, je vous le demande ? Voyez-vous cela, un noble qui irait dans l'éducation publique ou pire, dans une de ces écoles de bons à rien en France ou en Angleterre ? Ce serait ridicule. On ne se le serait pas permis. Alors on l'a envoyé à Durmstrang où il a fait ses études dans le froid et l'austérité et ramené de beaux diplômes des trois cycles à ses parents, sans jamais pour autant les rendre fiers. C'est qu'ils auraient fichtrement préféré des notes supérieures, un tableau d'honneur, des louanges des professeurs qui se sont contentés de dire que, ma foi, au moins il était physiquement présent en cours. C'était déjà pas mal.

Opinion politique ◆ Ah. Voilà qui se complique. C'est-à-dire que tout noble et sang-pur qu'il soit, Paul tient de sa mère quelques raisons qui font que les mages noirs et autres obsédés de la pureté du sang et de races supérieures et des balivernes de ce genre lui déplaisent fortement. Depuis l'enfance, depuis la naissance même, on lui parle d'éradiquer certaines races et de restaurer la pureté de l'Europe et lui, il hoche la tête à l'unisson avec sa mère, en silence. Parce que quand on a une mère Juive, on sait un peu trop ce que ça fait d'être méprisé pour ce qu'on est. Quand on est obligé d'avoir sa bar mitzvah dans le plus grand secret, parce que Père ne veut pas de "ces âneries" à la maison et que de toute façon l'Autriche n'a jamais été particulièrement accueillante, on sait ce que c'est de devoir se soumettre à un pouvoir bien trop grand pour soi et oppresseur. Alors Paul n'aime pas beaucoup l'Einsicht.

Le problème, c'est qu'Heimdall ne lui plaît pas beaucoup non plus, et que toutes ces conneries de Secret Magique lui rappellent un peu trop tous ceux qu'il cache. Ca complique un peu les choses, vous voyez ? Le cul entre deux chaises, il a longtemps hésité entre la figue et le raisin, avant de choisir sa propre voie quand il a découvert les écrits d'un moldu français du nom de Proudhon.

Alors, dans le plus grand secret, le voilà qui assiste à des réunions de groupuscules tout de noir vêtus qui rêvent d'un monde sans gouvernements, sans dieux ni maîtres, où tous seraient égaux, où l'argent n'existerait plus, où chacun aiderait son prochain. Si oeuvrer pour ce noble but implique de poser des bombes de-ci de-là... hé bien, pourquoi pas.

Réputation ◆ Charmeur, beau parleur, et drôle, si drôle ! On l'aime dans la société berlinoise, on chante ses louanges à ne plus en pouvoir, parce qu'il a le bagout de l'Ancien Monde d'avant la guerre et des manières si délicieuses, et puis son rire a le don d'illuminer n'importe quelle soirée. Ce n'est qu'une fois l'ivresse de sa présence étouffée qu'on parle, en murmures et en secret, de ce petit quelque chose de dérangeant, de cette lueur dans son regard qu'on n'aime pas trop, du côté démoniaque de ce rire qu'il a, de la façon dont ses trois femmes sont mortes. Mais on oublie bien vite, parce qu'il est si aimable.

Particularités ◆ C'est peu après la mort d'Elena qu'il a commencé l'apprentissage, sous la houlette de son meilleur ami et serviteur le plus loyal, son Majordome. Celui-ci lui a tout appris, l'art et la manière, le poids du sacrifice, la nécessité de payer son dû. Ainsi, au fil des années et au prix d'un travail titanesque, Paul est devenu quelque chose qu'il abhorre. Un Nécromage.

Personne ne le sait, bien sûr, à part le Majordome qui lui a tout appris. Paul prend grand soin de cacher ses activités à ses pairs. De fait, il aimerait les arrêter, il aimerait pouvoir soigner son obsession pour la mort, pour les morts, pour l'essence de vie et pour les reliques, mais ça le bouffe, ça le ronge, et plus d'une fois il a songé à en finir pour ne plus être un monstre. Et puis le Majordome vient lui tapoter l'épaule et lui sourire et lui dire que tout ira bien, que c'est pour le mieux, et les choses s'arrangent un temps.

Sous-groupes ◆ Il fait partie d'un petit groupuscule anarchiste appelé Schwarze Hoffnungen (Noirs Espoirs), principalement peuplé de petits vieux comme lui qui rêvent à un monde meilleur, qui se réunit une fois par semaine au-dessus d'un théâtre berlinois. Pour le moment, les activités dudit groupuscule se limitent à se lamenter sur l'état du monde, l'inefficacité de Heimdall et l'horreur de l'Einsicht, bref, à parler. Paul commence à se lasser de ces palabres incessantes et à envisager des actions plus directes, sans oser le suggérer.



   
THEMES

   
Vie quotidienne : Vivre dans un hôtel particulier en plein coeur de Berlin, c'est pas une mauvaise situation. Non, vraiment. C'est plutôt sympa de se faire servir un verre de champagne à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, de pouvoir acheter les plus beaux tableaux - originaux - des artistes qu'on aime, d'établir une collection de livres anciens ou de sciences perdues, qu'on stocke gracieusement dans une bibliothèque toujours plus remplie. Que les artistes soient exclusivement Juifs et les livres uniquement tournés sur des sciences qui sont de moins en moins bien vues par la communauté moldue ou sorcière, c'est un détail. Au moins, les quelques livres d'Hirschfeld qu'il a dans sa bibliothèque ne sombreront pas dans l'oubli si le pire devrait se produire - et d'expérience, le pire se produit toujours. On sent ces choses-là, surtout quand on a un tel atavisme derrière soi, celui d'être un peuple qui a toujours été haï et persécuté à travers les âges pour tout et n'importe quoi.

On le sent d'autant mieux quand on retrouve fréquemment des chats écorchés sur le pas de sa porte, des poulets aussi parfois, et que les femmes de ménage viennent nettoyer tout ça en fredonnant gaiement parce qu'à force, elles ont l'habitude. Personne ne sait trop d'où viennent les cadavres. Une admiratrice secrète aux goûts étranges ? Un gueux vindicatif qui aurait appris certaines choses ou d'autres et voudrait faire passer un message haineux ? Ou même, mais ce ne sont que des racontars de domestiques, le maître des lieux lui-même, qui cacherait ses pratiques honteuses en les exposant au grand jour ?

Peut-être que le Majordome a la réponse à cette question. Il est dans la famille Lindemann depuis toujours et son père l'était avant lui et le père de son père - et par loyauté, il reste auprès de Paul, il endosse les fonctions de valet en plus de celles de son titre de Majordome, et apparemment sans sourciller. Il ne semble pas le moins du monde offensé d'être ainsi dégradé. Peut-être que tout va bien tant qu'on le paye, allez savoir. Peut-être qu'il se réjouit simplement d'avoir un si vaste accès à tout ce que son maître fait et dit et pense. Il connaît tous les secrets, absolument tous, et il reste muet comme une carpe.

Pour l'instant.

   
La Grande Guerre : La Guerre... La Guerre ne change jamais. Oh, il en a vu, des guerres. On en voit toujours beaucoup quand on vit longtemps. Il a vu des tribus d'Amazonie se battre pour leur territoire, il a vu la guerre des Boers, et à chaque fois il s'est dit la même chose - quelle chance j'ai de ne pas y participer.

La Grande Guerre, c'était pareil. Il a vu les gens tomber comme des mouches et les bombes s'abattre, il a vu des enfants envoyés au front et revenus avec la gueule cassée, il a vu Otto Dix peindre mille et un tableaux des horreurs qu'il n'a jamais pu oublier. Il a vu tout ça comme on observe de loin un phénomène curieux et vaguement incompréhensible dont on peut se repaître, comme on regarde les tragédies d'un opéra et on souffre avec les chanteurs, pour revenir à son quotidien peu après. Il s'est nourri de la douleur, de la détresse et de la mort, le temps que ça a duré. C'était bien. Surtout qu'il n'y était pas.

   
Liens familiaux : Maman sent bon, elle sent toujours bon, une petite odeur de bois de santal et parfois d'oignons, quand elle se glisse dans la cuisine pour cuisiner ses latkes. Elle a la voix douce, surtout quand elle fredonne ses prières, parfois en hébreu qu'elle ne comprend pas mais a appris par coeur, parfois en yiddish. Rarement en allemand. Dès qu'elle est seule avec Paul, ils parlent en yiddish. D'ailleurs, elle ne voulait pas l'appeler Paul, elle n'a pas eu le choix. En se mariant avec le patriarche Lindemann, elle a dû renoncer à sa culture, son ethnie, sa famille, sa religion. Paul, lui, ne sait pas vraiment s'il croit en Adonai, mais Maman dit toujours que ce n'est pas très grave. Nous, les Juifs, avons un arrangement particulier avec le Seigneur que les goyim ne peuvent pas comprendre. Et c'est vrai, il n'imaginerait pas expliquer à un goy sa relation compliquée avec la divinité qui a bercé son enfance. Il ne pourrait pas expliquer pourquoi, quand il pense famille, il ne pense pas à son père et à sa mère et à ses frères et soeurs aînés, tous décédés maintenant. Pas qu'il ait eu une mauvaise relation avec ces derniers, il s'entendait même très bien avec sa soeur Sarah, elle aussi très sensible aux enseignements de leur mère, mais... c'est différent. La famille, elle est à la synagogue dans laquelle leur mère les emmenait parfois lors des voyages du père. Elle est dans les chants et les litres d'alcool ingérés à Purim, elle est dans la lumière du menorah à Hanukah, elle est dans le mois sacré de Rosh Hashanah. Aujourd'hui encore, lorsqu'il célèbre toutes ces fêtes, ce n'est pas tant pour HaShem avec qui il a nombre de discussions houleuses et à sens unique sur son existence, mais parce qu'être Juif, c'est son identité. C'est qui il est. Et il ne laissera personne lui prendre ça, même pas son père, même pas son Majordome. Même s'il a commis l'irréparable, bravé les commandements, qu'il n'a pas respecté les plus importantes des mitzvoth, ça n'a pas d'importance. Il est, il sera toujours, envers et contre tout, un Juif.

Au moins, ils sont tous morts, maintenant. Il n'a jamais eu d'enfants, ses frères et soeurs non plus, pas qu'il sache en tous cas. Ce n'est pas par manque de désir, en fait, Paul aurait aimé être père. Il sait qu'il n'aurait pas transmis le sang Juif à ses enfants, celui-ci se transmet par la mère, mais il aurait bien voulu voir des bambins courir et rire dans sa maison. Mais après la mort d'Elena, tout est devenu plus compliqué. Comment amener des enfants dans la maison de la Mort ? Il aurait fini par les tuer. Alors il se contente de relations d'adoption, de sa petite Sophie et d'Amelia et Natalia qu'il appelle parfois avec affection ses petits poisons, de celles qu'on peut éloigner quand le temps se fait houleux, et se réconforte en pensant qu'un jour, peut-être, il parviendra à ses buts. S'il faut pour cela tuer la moitié de Berlin, le Majordome l'a dit, ce sera un petit prix à payer.

   
Compétences magiques et baguette : La baguette, bien entendu, est en bois de tilleul. C'est la tradition, chez les Lindemann, et la tradition c'est important. Alors on ne lui a pas laissé le choix et on lui a acheté une baguette en tilleul argenté, d'une trentaine de centimètres, avec un coeur en écaille d’Ajattar en poudre. Ca, c'était une suggestion du père du Majordome, qui travaillait alors pour le père de Paul. Qu'importe la mauvaise réputation de ce coeur, c'est une marque de grands sorciers, n'est-ce pas ? Et puis, songez un peu à ce que penseront les gens en sachant que vous pouvez vous offrir un coeur à 700 marks.

Et c'est vrai qu'elle lui va bien, sa baguette. Il la manipule sans difficulté, comme elle le manipule à son tour. C'est une partenaire idéale pour cette Nécromagie dont il ne parvient pas à se défaire et il aime à croire qu'elle est l'incarnation même de tout ce qu'il a d'obscur et d'affreux. Tant que tout est dans sa baguette, il peut l'éloigner de lui-même, prendre de la distance et se voiler la face, prétendre que ça n'est pas vraiment lui. La baguette est Hyde, il est Jekyll. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et il peut continuer à n'utiliser sa magie qu'une fois de temps en temps quand il n'a pas envie d'aller chercher ses chaussons ou qu'il a laissé refroidir son thé.

   
Les Moldus et le Secret Magique : Il ne déteste pas les Moldus, il les aime bien, se mêle souvent à eux. Ce sont des gens, tout simplement. Et puis, à la synagogue où sa mère l'emmenait parfois en des temps moins difficiles, il y avait autant de Moldus que de sorciers, les premiers inconscients de la nature des seconds. C'étaient là des détails qui n'avaient pas d'importance puisqu'ils étaient tous réunis autour d'un amour commun, d'une culture, d'une religion qu'ils partageaient au-delà d'autres différences. C'est du moins le souvenir, sans doute un peu embelli, que Paul en a gardé.

Quand Elena est morte et que ses actes sacrilèges ont commencé, Paul a choisi de ne plus fréquenter le monde moldu plus qu'il n'était nécessaire - et la nécessité se trouvait dans le besoin de sacrifices pour parvenir à ses fins. Alors, parfois, il cherche la compagnie d'hommes vicieux et malsains, ceux qui frappent leurs femmes ou qui hurlent des insultes à ceux qu'ils savent être Juifs, et il les capture pour les offrir à la Mort elle-même. Il arrive à se convaincre que c'est une bonne chose, qu'il fait le nettoyage nécessaire. Le Majordome dit souvent que c'est ce qu'il faut faire, que HaShem serait fier.

Quant au Secret Magique, bien sûr il le déteste. Il a dû trop longtemps cacher sa nature pour supporter cette abomination. Dans un monde idéal, sorciers et moldus pourraient vivre en harmonie, et pourquoi pas ? Les deux communautés ont beaucoup de choses à s'apporter et pourraient s'entraider pour devenir un ensemble voué au progrès et à l'unité. Utopiste, diront certains. Peut-être. Mais Paul rêve d'un jour pouvoir annoncer au monde qu'il est sorcier, parce que dans le même souffle, peut-être pourra-t-il aussi dire qu'il est Juif.

   
Casier judiciaire : Vierge, mais seulement parce qu'on ne l'a jamais attrapé. C'est facile d'échapper à la justice moldue quand on est sorcier, facile d'échapper à la justice sorcière quand on est riche - et un vieux papy tout ce qu'il y a de plus charmant, bien sous tout rapport, insoupçonnable. Qui irait penser que ce gentil petit vieux un peu grivois et toujours élégant serait du genre à envisager de poser des bombes au parlement ou à capturer des gens qu'il juge inaptes à la société pour les offrir en sacrifice ? Personne. Et tant que ça restera ainsi, tout ira pour le mieux.

   
Noblesse : Il n'aime pas le concept. Que la naissance puisse donner une forme de supériorité quelle qu'elle soit à quiconque le débecte. Que certains aient plus de chances de réussir dans la vie simplement parce que leurs ancêtres ont mieux pillé et conquis que les autres, voilà qu'il ne peut pas comprendre. Bien sûr que la fortune est confortable et qu'il n'aimerait pas se retrouver dans le caniveau, ce serait hypocrite de prétendre le contraire, mais il aimerait que tous aient ce même niveau de confort. Pourquoi pas ? Le monde est bien assez vaste et fertile pour offrir à n'importe qui un toit, de quoi manger à sa faim, de quoi se soigner sans jamais avoir à s'inquiéter. Ce n'est pas trop demandé, si ?

   
Sport et Arts : Le sport ? Qu'est-ce que c'est que ça, ça se mange ?

Paul était un très bon danseur, avant, avant que sa hanche ne commence à le faire souffrir. C'est le grand âge, plaisante-t-il avec un grand sourire comme s'il ne se faisait aucun souci, comme s'il ne s'inquiétait pas des conséquences de sa nécromagie sur son corps chaque jour plus âgé. Comme s'il ne voyait pas dans chaque petit bobo le prélude d'une horreur sans nom qui viendrait le cueillir en guise de punition pour n'avoir pas suffisamment payé. Mais la danse est bien les seul sport auquel Paul se soit jamais intéressé. Le Quidditch le laisse froid et il ne comprend pas l'intérêt de ces gugus sur un balai qui volent après une baballe. Ca n'a aucun sens. Malgré tout, il est très fier de savoir que l'une de ses petites-filles d'adoption est maintenant joueuse professionnelle - ça lui rappelle son frère aîné, Ludovic, qui avait suivi la même carrière avant de mourir dans des circonstances tragiques.

L'art, ah, l'art, c'est autre chose. L'art le fascine et il collectionne aussi bien les oeuvres d'artistes mal-aimés et incompris, de ceux qui risquent la censure si le gouvernement se durcit, que les livres beaux et anciens, reliés de cuir et enluminés d'or, qu'importe leur contenu. Il a une prédilection marquée pour les livres de sciences, quelle que soit la science, mais s'adonne aussi volontiers à la lecture d'un ouvrage érotique de temps à autres. L'art est essentiel, selon lui, au développement sain d'une personne et à son épanouissement.

   
Vie amoureuse et sexualité L'amour est une chose merveilleuse mais dangereuse, dira-t-il à qui veut l'entendre. L'amour appartient à la jeunesse et à la beauté. C'est auprès d'un ami rencontré lors de ses errances en Angleterre que Paul a développé sa vision des choses, peu après la mort d'Elena. L'ami en question, un jeune hédoniste répondant au nom d'Oscar, fut apparemment séduit par les thèses de Paul et lui promit d'un jour l'inclure dans un de ses romans - c'est qu'il se voulait écrivain, et qu'il a en plus réussi. Oh, Oscar n'était pas parfait, et Paul n'a jamais pu lui dire qu'il était Juif ; le jeune homme ne portait pas ce peuple dans son coeur et c'était peu de le dire, mais Paul tire toujours une certaine fierté d'avoir été immortalisé dans un livre.

Alors aujourd'hui, il continue cette folle aventure commencée à Londres, aux alentours de 1885, qu'on appelle si délicieusement le libertinage. Il se marie, parfois, parce qu'il est humain et s'éprend si facilement de la beauté et de la jeunesse, mais ça ne dure jamais. Elles meurent toutes. A la troisième fois, il a compris, il n'épousera plus, à moins de rencontrer le grand amour. Il a bien songé à faire l'offre à une amante plus belle et plus féroce que toutes les autres, sans parvenir à se convaincre qu'il ne signerait pas son arrêt de mort en agissant ainsi. Grand bien lui en a pris : personne n'a envie de se retrouver dans la délicate situation d'avoir été marié à une hors-la-loi ; de toute façon, il ne pense pas qu'elle aurait dit oui.

Mais il aime, oh, il aime tellement. Il aime la jeunesse et la beauté, il aime le plaisir, il aime les plaisirs, tous. Et quel mal y a-t-il à ça ? Même à son âge, il fait encore des expériences nouvelles. Ce n'est que récemment qu'il a commencé à admettre sa bisexualité et à chercher des contacts avec des hommes - auxquels il préfère tout de même les femmes, mais au moins c'est un peu de variété.

   
État de santé : La vieillesse est un naufrage, dit-on - et c'est sans doute plus vrai encore lorsqu'on est Nécromage. Chaque petite blessure, chaque verrue, chaque poil incarné pourrait être le prélude de sa chute et il le sait. Quand sa hanche a commencé à le faire souffrir les jours de pluie, Paul a vu sa dernière heure arriver. C'était il y a douze ans et il est toujours bien vaillant, quoique ses douleurs le tourmentent parfois et qu'il s'en serve volontiers lorsqu'il s'agit de se dégager d'un engagement qui lui déplaît.

   
ANECDOTES
Heinrich Lindemann, feu son père, s'est toujours fermement opposé à ce qu'il soit éduqué dans la religion de sa mère. Le Judaïsme, quelle idée ! Un truc de Moldus, ça. Alors Maman a dû appeler son rabbin pour performer le Brit Milah dans le plus grand secret, la Bar Mitzvah a été expédiée et réalisée pendant un voyage d'Heinrich, et quand on célébrait le Seder de Pessa'h, c'était toujours dans la peur d'être vus. De ses voyages en Amérique du Sud, il a ramené une passion pour les feuilles de coca qu'il mâchonne fréquemment comme certains chiquent du tabac. C'est bon pour l'âme, selon lui, et ça détend les muscles. S'il y a d'autres pulsions moins dicibles derrière cette obsession pour la Mama Coca, il n'en parle pas.Die Linden, en allemand, sont les tilleuls. Ainsi il est traditionnel pour les hommes Lindemann de posséder une baguette en bois de tilleul, peu importe le coeur, simplement pour marquer leur appartenance à la dynastie. On dit que son grand-père, Helge Lindemann, a tenté d'introduire une loi interdisant l'usage du bois de tilleul dans les baguettes n'étant pas destinées à la famille Lindemann. Inutile de dire qu'il a échoué.Grand voyageur, Paul a appris de nombreuses langues pour le simple plaisir de pouvoir communiquer avec les populations locales sans barrière. Il parle donc l'italien, l'espagnol et le portugais à la perfection, son français est excellent quoiqu'un peu rouillé, son anglais hésite parfois sur la grammaire et le vocabulaire mais est tout à fait acceptable... Et il y a son yiddish, qu'il ne parle qu'en privé, dès qu'on ne peut pas l'entendre, parce que c'est dangereux - parce qu'il ne veut pas oublier la langue de sa mère. Il a des pertes de mémoire, le pauvre vieux, des pertes de mémoire qui se font de plus en plus sévères. Les événements sont confus et l'ordre dans lequel ils se déroulent le laisse parfois perplexe. Il lui semble parfois voir la vie au travers d'un prisme déformant, comme si rien n'avait de sens, comme si la majeure partie des choses lui échappait. Il met ça sur le compte de l'âge.
Revelio

MessageSujet: Re: Paul | Tiefe Wasser sind nicht still   Paul | Tiefe Wasser sind nicht still EmptyDim 28 Jan - 10:14

CHRONOLOGIE

Trigger warning pour tout le texte : beaucoup de morts et de sang, antisémitisme violent.

Janvier 1832 Ruth Cohen écarte les cuisses pour la cinquième fois et donne naissance à un bon gros bébé joufflu qui braille d'emblée, comme s'il était particulièrement offensé de soudain devoir vivre au grand jour avec toutes les responsabilités que ça implique. Son mari, le patriarche Heinrich Lindemann, hoche la tête avec approbation. C'est bien, c'est un bon gars ce petit, regardez comme il est tout rose. C'est sûr, ça fait une cinquième bouche à nourrir, mais ça posera pas vraiment de problème chez les Lindemann. Ici, on est riches, riches à millions, et on ne compte pas lorsqu'on achète une robe à la dernière mode ou qu'on offre à l'aîné un balai dernier cri. L'aîné qui a déjà bientôt quinze ans et s'en va vers une belle carrière de joueur de Quidditch, vous pensez, quelle fierté ! C'est comme ça que Lindemann les aime, ses garçons : fiers, forts, athlétiques. Ludovic, son aîné, est tout ça, et c'est parfait. Le second, il est plus intellectuel, plus perché dans ses bouquins, mais c'est pas un mal. Il a envie de travailler, lui aussi, alors il sera professeur universitaire, il enseignera à Durmstrang, sa voie est toute tracée. Jan est déjà major de toutes ses promotions après tout. Ensuite, il y a les deux filles, Sarah et Irene, et puis Paul, le dernier né. Une belle famille. Heinrich Lindemann est fier.


Janvier 1832, six semaines plus tard Il faut se dépêcher. Son petit dernier a à peine six semaines et le voilà parti en vadrouille aux Amériques étendre son empire commercial. Il comptait le laisser à Irene, mais peut-être que Paul aura plus de chances de le reprendre, maintenant. Pas qu'il fasse une préférence pour les garçons, attention, il ne se permettrait pas ; ses filles sont aussi capables, mais elles sont plus douces, plus dociles, et il faut bien avouer qu'il veut un peu plus de cran à la tête de son patrimoine. Il l'aurait bien laissé à Ludovic mais disons ce qui est, Ludovic est un con. Jan n'a aucune facilité sociale et s'il enchaîne trois mots, c'est un miracle. Alors ce sera peut-être Paul. Ou Irene. En tous cas, le voilà parti à l'autre bout du monde et Ruth a le temps de faire ce qui lui est formellement interdit. Dans la nuit, elle fait entrer son rabbin dans l'hôtel particulier de Munich où les Lindemann se sont établis pour circonciser son dernier garçon. Il est Juif, maintenant, comme elle.


30 septembre 1840 "Mais Maman, j'veux pas y aller à Du... Dur... Dumtang moi ! Jveux rester ici ! Et puis jveux lire la Torah avec toi et le rabbin et puis ptêt que moi aussi jdeviens un rabbin, pas vrai Maman ?" Le petit garçon supplie sa mère, même s'il sait pertinemment qu'elle ne pourra rien y faire et que de toute façon, c'est pour son bien. C'est toujours tout pour son bien. Alors, pas le choix, l'enfant prépare ses affaires et ravale ses larmes amères. Il est pas comme Jan, Jan il aime étudier, il fait que ça toute la journée. Ludo il a déjà fini, il joue au Quidditch professionnellement maintenant. Mais Paul, l'école, ça l'embête. Surtout Durmstrang. Ca a l'air tout froid et tout moche. Et puis Père a dit de pas rentrer pendant les vacances, il faut étudier. Zut à la fin. Les études, c'est trop nul.


Juillet 1842 Le rituel infâme de la baguette, à laquelle il va enfin avoir droit à l'école. Bon, il ne déteste pas l'idée d'avoir une baguette, pas du tout. Et il aime bien aller faire les magasins avec Maman et son Majordome. Mais n'empêche qu'il préférerait rester dans son lit avec un thé et un bon livre, ou au moins sortir pour acheter des trucs plus intéressants. C'est toujours tout un truc, les baguettes, alors qu'au final il sait déjà ce avec quoi il va se retrouver. Du bois de tilleul argenté, parce qu'un Lindemann ne peut pas avoir autre chose que du tilleul comme baguette, et dedans, de l'écaille de chépakoi, parce que le Majordome l'a convaincu que c'était ce qu'il lui fallait. Maman a pas l'air outrageusement enthousiaste, mais elle se plie aux désirs du Majordome, comme un peu tout le monde dans la famille. Qu'est-ce qu'on ferait sans lui.


Février 1844 Il est excité comme une puce, le petit Paul. Ce soir, il va à la synagogue avec Maman, et il va devenir un homme, un vrai. C'est sa bar mitzvah et il va enfin passer à l'âge adulte. Maman a tout préparé, elle a éloigné Père qui a un dîner d'affaire, Irene et Sarah ont prétendu qu'elles s'occuperaient du petit Paul, Jan et Ludovic ont déjà quitté la maison. Il suffira à Maman de faire semblant d'être trop malade pour aller au dîner, de laisser Père y aller seul, et Paul pourra enfin avoir sa fête à lui. Rien qu'à lui.
"Qu'est-ce que c'est que ces conneries ?" vocifère Heinrich Lindemann. "Une marmitah ? Il n'en est pas question, Ruth, pas question qu'mon cadet soit un putain de youpin comme toi ! Jveux pas qu'il lui pousse des cornes ! Déjà qu'il a ton foutu tarin !"
Ruth pleure. La main de Heinrich se dresse, puis se ravise, et il s'éloigne à grands pas. Comment il a surpris les plans de sa femme, ni elle ni Paul ne le savent, mais la bar mitzvah n'aura pas lieu. Pas ce soir. Il faudra attendre, encore attendre, et espérer qu'un jour, Paul aura le droit d'être un adulte.


Mai 1849 Heinrich Lindemann est furieux. Pour la première fois de sa vie, voilà qu'un de ses enfants n'excelle pas à Durmstrang ! Ludovic a fini avec les honneurs grâce à ses résultats formidables en Quidditch, Jan est évidemment toujours sur toutes les lèvres pour ses facilités magiques au point que la rumeur commence déjà à courir qu'il aurait fini le troisième cycle en deux ans, Irene a fait la classe étoile, Sarah s'est révélée être une botaniste de génie... Et voilà que Paul, ce vil petit fumiste, réussit de justesse ses examens de fin d'année. Qu'est-ce que c'est que cette plaisanterie ? Il ne la trouve pas très drôle.
Alors, un soir de mai, il transplane jusqu'à Durmstrang pour aller expliquer la vie à son cadet. Il y a quelques pattes à graisser, quelques menaces à proférer. Le gamin ira dans le troisième cycle et le complètera, même s'il doit le faire en six ans, parce qu'il est hors de question qu'un Lindemann ne complète pas les trois cycles d'étude. Ce serait apporter le déshonneur sur la famille et c'est une chose qu'Heinrich Lindemann ne pourrait pas supporter.
Ruth l'a imploré de revenir sur sa décision. Elle sait que Paul est misérable à Durmstrang, qu'il ne va en cours que parce qu'il y est obligé, qu'il fait le strict minimum. Si elle était Moldue, peut-être comprendrait-elle que son gosse est dyslexique, qu'il a du mal à lire, même s'il adore ça. Que ces heures d'études assidues passées le nez sur des textes écrits à l'ancienne, à la plume sur du parchemin, lui écorchent les yeux et le cerveau. Mais elle est sorcière et, même si elle aime son petit dernier du fond de son coeur, elle se dit seulement qu'il est un peu simplet. Elle ne lui en veut pas. Elle voudrait juste qu'Heinrich comprenne que chacun a ses talents et que celui de Paul, clairement, n'est pas dans les études académiques.


Mai 1855 Elena. Elena, jolie blonde aux yeux de biche, Elena qui a un rire comme un ruisseau de montagne et un esprit plus clair encore. Paul ne sait pas trop par quel miracle elle a accepté de l'épouser, lui, le petit imbécile fraîchement sorti de Durmstrang avec un diplôme qui ne vaut pas grand-chose, obtenu ras les moustaches. Qu'est-ce qu'elle voit en lui ? Son argent ? Elle s'en fout, de l'argent, qu'elle dit en jetant ses bras autour de son cou et en lui souriant avec ce grand sourire lumineux qui le rend fou. La Guerre de Crimée fait rage et le monde tourne à toute vitesse sous les assauts d'une Révolution industrielle qui chamboule profondément le monde des sorciers mais lui, il s'en moque, parce qu'elle est là. Il l'a rencontrée lors d'un souper d'artistes où elle venait présenter ses toiles, des petites merveilles, des natures mortes pourtant bien vivantes dans lesquelles les fruits se décomposent et les mouches viennent virevolter, des splendeurs de cynisme dont il est immédiatement tombé amoureux.
Elena. Elena est morte. Il se souvient de tout, et pourtant il ne se souvient de rien. Il y avait une calèche, parce qu'elle aimait se promener à travers les rues de Vienne en calèche, et un cheval qui a pris peur, affolé par un simple sortilège jeté contre ses flancs. La calèche s'est renversée. Elena est morte. C'est sa faute. Il l'a tuée.


1856 - 1858 Fuir quelques temps la tutelle du Majordome et ses leçons toujours plus ardues en prenant la poudre d'escampette jusqu'en Amérique latine semble une bonne idée. Il découvre les temples anciens du Mexique, fait la connaissance de peuples de Natifs et de leurs coutumes et traditions, descend autant qu'il le peut vers le Sud. La chaleur et le soleil guérissent un temps son coeur malmené par la mort d'Elena. C'est à Cuba qu'il rencontre Katarina, sorcière Allemande en voyage au soleil avec ses parents. Katarina fume le cigare et boit du rhum, elle joue du piano comme personne, et elle a la langue bien pendue. La première soirée, ils la passent à danser ensemble dans la chaleur étouffante de Cuba, sur des musiques qu'on jugerait indécentes en Europe. L'amour ne tarde pas à venir et, deux mois après leur rencontre, ils se marient à Vienne en grande pompe.
Huit mois plus tard, après avoir ingéré une fois de trop le poison placé dans son dîner, Katarina meurt.


1859 La guerre. La guerre ne change jamais. Après la Crimée, c'est l'Italie qui est le théâtre de conflits à la cause incertaine et ridicule, et cette fois l'Autriche est impliquée. Paul ne sait pas trop pourquoi il s'est engagé. Le Majordome a dit que ce serait une bonne idée. Que ça le distrairait. Et puis, où trouver autant de cadavres frais que sur un champ de bataille ? Ce sera l'occasion de progresser dans sa pratique de la nécromagie. Peut-être qu'il avancera suffisamment, deviendra assez bon pour parvenir à ce qu'il désire. Alors, pendant un an, il se bat en Italie - ou plutôt, il rôde près de la guerre, subtilise des cadavres, expérimente avec ; le reste du temps, il apprend l'italien et découvre la fabuleuse gastronomie locale. On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a.
Il y a des maîtresses, en Italie, bien sûr qu'il y en a. Il y a aussi une communauté, des découvertes. L'alchimie, bien sûr, à laquelle il s'intéresse quelques temps avant de comprendre qu'elle ne lui apportera pas la réponse, et puis un groupe de philosophes croisés à Venise qui éveillera ses penchants cyniques. Ceux-là parlent de la mort comme d'une amie inévitable, d'une épouse inéluctable, qu'il faut accueillir avec les égards qui lui sont dus. Ils jouent des jeux dangereux qui les rapprochent toujours un peu plus du trépas, qu'il s'agisse de s'étrangler soi-même, d'avoir la tête maintenue sous l'eau, voire d'amputer ses propres membres et de laisser le moignon saigner. Le dernier épisode de peste remonte à 1632 et pourtant, ce groupe de sorciers semble ne pas avoir surmonté l'épreuve, bien qu'il ne l'ait pas vécu. Paul quitte le groupe quand la moitié d'entre eux cherche volontairement à se faire infecter par le choléra.


1867 En décembre, l'empereur François-Joseph accorde aux Juifs le droit de vivre en Autriche-Hongrie et pratiquer leur religion. C'est la fin des expulsions, la fin de la haine, et pour la première fois de sa vie, Paul se sent libre d'entrer dans une synagogue sans se cacher. En 1868, enfin, il célèbre le mois sacré dans sa communauté, enfin il peut prendre part aux célébrations de Rosh Hashanah et Yom Kippur sans que ce soit en secret, loin du regard d'Heinrich Lindemann. Ce dernier a eu le bon goût de tomber malade et de se retrouver coincé dans un hôpital sorcier où on lui administre quelques vagues soins destinés plus à le maintenir en vie qu'à réellement lui rendre ses capacités. Personne ne s'en plaint.
Des Juifs de Galicie et de la partie Hongroise de l'empire affluent à Vienne, fuyant le choléra, la faim et la surpopulation. Paul leur ouvre ses portes pendant un temps, les aide à trouver du travail, à s'intégrer dans la vie viennoise. Le Majordome suggère de prélever un accompte : personne ne remarquera si un ou deux de ces pauvres réfugiés disparaissent. Pour la première fois de sa vie, Paul refuse - mais quelques mois plus tard, il cesse de recevoir des réfugiés chez lui, et on le retrouve fréquemment en train de se laver les mains avec frénésie.


1870 - 1872 La guerre franco-prussienne, pourtant gagnée par la Prusse, n'a pas eu les meilleures conséquences sur l'Autriche, déjà affaiblie par les guerres de 59 et 66. Coincée dans une situation de crise, Vienne voit l'antisémitisme se développer à toute allure sous les traits de la Christlichsociale, une alliance religieuse antisémite, et de l'Alldeutschen, un mouvement pangermanique considérant les Juifs comme une sous-espèce. Paul ne s'inquiète pas. Paul est riche, Paul est noble, on ne viendra pas le chercher. Personne ne sait. C'est un secret. De toute façon, il est sorcier, pas vrai ? Alors, il peut bien survivre à quelques moldus venant lui chercher des noises.
En avril 1872, il reçoit une lettre de sa famille de laquelle il s'est éloignée. Jan et Ludovic ont été retrouvés morts dans le pavillon de chasse où ils aimaient passer la période de Pessa'h. La police moldue parle d'un malencontreux accident de chasse, celle des sorciers évoque une dysfonction de la baguette de Ludovic. Paul sait qu'il n'en est rien.


1872 - 1886 Paul repart en voyage. L'Amérique du Sud, d'abord, où il entreprend d'explorer les forêts d'Amazonie, puis l'Afrique qu'il parcourt dans toute sa longueur, et enfin la France - il paraît qu'il ne faut pas mourir avant d'avoir vu Paris. C'est que Vienne n'est plus très sûre, plus maintenant ; les autorités moldues commencent à s'intéresser d'un peu trop près aux cadavres retrouvés près de chez lui, sans mentionner les charmants bambins de la Christlichsociale et de l'Alldeutschen. Pas fait assez attention. Erreur de débutant. Le Majordome ne cesse de lui répéter et il hoche la tête comme un enfant pris en faute. Au moins, en Amazonie, on ne lui pose pas de questions et celles des dandys et des précieuses rencontrées en France et à Londres sont à mille lieues d'être gênantes. De joli minois en aventure dans les déserts et les vallées du monde, Paul oublie un peu les douleurs du monde.
En Afrique et dans les Caraïbes, il rencontre des sorciers spécialisés dans le vaudoun. L'art est dangereux, terrifiant même, et Paul développe un profond respect pour cette religion qu'il sait ne pouvoir comprendre. Au contact d'une sorcière Haïtienne, il améliore ses capacités de Nécromage, sous le regard bienveillant du Majordome. Elle s'appelle Lisette et il l'aimera, l'aimera profondément, mais pas assez pour la protéger. Ce n'est jamais assez.
En France, il rencontre les Delarose, qui deviendront des amis proches. A Londres, il fait la connaissance d'un jeune écrivain (sorcier, bien qu'il ne s'en vante guère) dont il inspirera les oeuvres, du moins selon les dires du dandy. Lorsque, environ cinq ans plus tard, le livre jugé "choquant" et "pervers" de l'écrivain paraîtra, Paul se reconnaîtra avec un sourire sous les traits de Lord Henry.
C'est à Paris qu'il découvre les écrits de Pierre-Joseph Proudhon. Dans Les Confessions d’un révolutionnaire pour servir à l’histoire de la Révolution de Février, il lit pour la première fois le terme d'anarchisme et celui-ci résonne en lui plus que n'importe quel autre courant politique ne l'a jamais fait. S'il n'est pas en accord avec tout ce que dit Proudhon, il trouvera dans ces lectures le point déclencheur de longues décennies de recherche et de documentation sur le sujet qui forgeront son opinion, peut-être la première opinion qu'il ait jamais eue.


1887 Les Winkler, de vieux amis autrichiens, le ramènent à Vienne. Il a connu leur ancêtre Isolde Karthe, ravissante sorcière de dix ans sa cadette à qui il a conté fleurette, même si l'entreprise était vouée à l'échec. Depuis, il est resté proche de la famille et quand les Winkler parlent de lancer leur entreprise de baguettes, Paul se propose comme investisseur principal. C'est à un gala de lancement organisé par ses soins qu'il rencontre la tumultueuse Anke, qu'il épousera trois mois plus tard. Anke, qu'il espérait assez forte pour supporter tout, pour se tenir droite et fière face à l'innommable. Anke, qui se tailla les veines peu de temps après.
Paul sombre alors plus profondément dans la nécromagie. Puisque nul ne survit à sa présence, puisqu'il les tue toutes, alors quelle importance. Par mesure de sécurité, il quitte l'Autriche et émigre à Berlin, où il sait pouvoir agir couvert par la monstrueuse vivacité d'une ville qui grouille de vie et donc de mort. Avec l'argent de son père, il achète un hôtel particulier en plein coeur de la ville, le rend aussi visible que possible, en fait l'étendard de sa honte. Il n'est pas de meilleure cachette que celle qu'on montre au monde entier, n'est-ce pas ?
Le Majordome se frotte les mains.


1901 Pour le plus grand bien. La bonne blague. Paul a l'impression d'avoir entendu cette rhétorique un million de fois. Après tout, c'est pour le plus grand bien qu'on a permis l'expulsion des Juifs d'Autriche-Hongrie à de nombreuses reprises, et avant ça de bien d'autres endroits du monde. Il sait avoir une ancêtre qui a été expulsée du Portugal suite au décret d'expulsion ou de conversion forcée des Juifs de Lisbonne, prononcé le 5 décembre 1496, pour émigrer jusqu'à Goa, où elle a fait régner la terreur en guise de vengeance. C'était pour le bien de la population. Mais ceux qui parlent du plus grand bien ont bien souvent une fâcheuse tendance à ne considérer que quelques élus comme faisant partie du peuple, les autres ne méritant pas mieux que la mort ou l'exil.
Le Majordome, lui, ne semble pas détester l'Einsicht. Il ne l'aime pas non plus. Il dévie toutes les conversations sur le sujet, ça ne l'intéresse pas, Paul ne devrait pas s'en préoccuper. Il a sans doute raison. C'est une fadaise qui passera bien vite, qu'importe la puissance présumée de Gellert Grindelwald et de son allié Albus Dumbledore.


1914 - 1918 Ils sont tous partis au front. Tous les hommes jeunes et valides ont pris les armes pour la guerre qui mettra fin à toutes les guerres. Depuis le balcon de son hôtel particulier, Paul regarde les militaires qui défilent dans Berlin, se préparent à aller combattre pour une cause à laquelle ils ne connaissent pas grand-chose. Il est beaucoup trop vieux pour se battre, il n'a pas la santé. C'est qu'il y a toutes ces pertes de mémoire, et puis les cicatrices causées par les sacrifices de sang qu'il offre à la Nécromagie quand il n'y a rien d'autre que son corps à offrir.
Les dernières années sont terriblement floues. Il se souvient d'avoir appris la mort d'Irene, une maladie des poumons, personne n'aurait rien pu faire. Elle a toussé et craché jusqu'à ce que sa trachée lui remonte dans la gorge, quelque chose comme ça. Il n'a pas pu lui dire au revoir. Maman et Père sont bien sûr morts depuis longtemps, enterrés côte à côte dans un cimetière sorcier. Elle aurait détesté ça, Maman. Elle aurait voulu reposer parmi les siens, la famille Cohen, qui dort solennellement dans un cimetière Juif à Prague, parce que leur sang sorcier n'est pas grand-chose devant leur judaïsme. Mais la voilà condamnée à rester dans les bras d'un mari qu'elle n'a jamais aimé.
Paul songe parfois à venir l'en tirer. A exhumer son cadavre et à l'amener à Prague, à lui offrir la sépulture qu'elle mérite. C'est un risque trop grand à prendre. Si on l'attrapait - et étant donné sa réputation toujours douteuse à Vienne - ce serait la prison, ou pire. Si les Anglais ont la redoutable Azkaban, les sorciers austro-hongrois ont leur propre prison et elle est tout aussi dissuasive, sinon plus. Il faut bien reconnaître quelque chose aux germaniques, ils ont toujours su faire dans la démesure quand il s'agit de tourmenter autrui. Bien sûr, il y a aussi la redoutable prison de Grindelwald, la mystérieuse et terrifiante Nurmengard. Paul n'a aucune envie d'aller la découvrir de plus près.
Tout ça n'a pas d'importance. N'en a plus. Il ne reste plus que deux Lindemann en vie, Paul ne sait pas où se trouve Sarah. Elle a fait le choix, à son avis tout à fait raisonnable, de s'exiler en Inde aux alentours de 1880 et depuis, pas de nouvelles. Peut-être qu'elle est morte, elle aussi. Peut-être qu'elle a trouvé l'homme de ses rêves et l'a épousé. Peut-être qu'elle a enfin accompli son rêve de se rendre sur l'île de Socatra y étudier les espèces endémiques qui l'ont toujours fascinée. Elle était très bonne élève, Sarah, elle a toujours excellé à Durmstrang et on lui prédisait un grand avenir dans la recherche botanique. Elle aurait aimé en faire sa vie. Paul espère qu'elle a réussi.
Il n'a pas à se plaindre. Il est riche à millions, maintenant que tout l'héritage des Lindemann ou presque lui est revenu, il échappe à une guerre qui massacre des millions, et dans son lit une sublime furie rousse vient enchanter ses nuits. Hilda. Oh, elle est bien plus jeune que lui, mais il s'en moque. Pour la première fois depuis longtemps, il vibre, il se sent vivant au contact de cette femme redoutable à l'esprit acéré, cette femme implacable dont il sent qu'il ne pourra jamais la tuer. Elle trouvera sans doute mieux qu'un vieux beau à la fin de la guerre et ça lui convient, Paul sait qu'il n'est plus de première fraîcheur et s'en voudrait de couper les ailes d'un oiseau de feu. Il se contente d'apprécier d'avoir, au moins pour un temps, réussi à l'attraper.


1921 C'est confus, il ne sait plus trop ce qui s'est passé en premier. Hilda sur le pas de sa porte, éplorée, terrifiée, avec quelqu'un à ses trousses. Hilda qui craint qu'on cherche à la tuer, qui cherche refuge chez lui ; et bien sûr il lui ouvre grand les bras et l'invite à se réchauffer, lui fait un thé, sous le regard perçant de son Majordome. Elle paraît soudain si fragile, si vulnérable, et l'ego masculin de Paul se rengorge d'être le chevalier en armure dont elle a besoin. Elle ! Sa Valkyrie redoutable, sa guerrière à la chevelure de flammes, la voilà qui quémande son aide ! Il sait que c'est vain et mesquin de sa part de se réjouir d'un tel retournement de situation, il se déteste de ressentir une telle satisfaction, mais il ne peut s'en empêcher. Et puis elle est revenue, elle est revenue vers lui, alors qu'il est vieux et laid et qu'elle est jeune et belle, et ça lui suffit. Il ne pose pas de questions. C'est elle qui lui dit.
Il n'est pas sot, Paul, il ne se tient pas non plus à l'écart de l'actualité. Il a appris avec le temps à toujours se méfier, toujours se tenir prêt à fuir et à sentir que le vent va tourner, parce qu'il sait qu'un jour ou l'autre son identité sera sa condamnation à mort. Alors le terme d'Einsicht ne lui est pas inconnu, pas plus que le nom de Gellert Grindelwald.
La voilà sur le pavé, la belle Hilda. Repoussée par un homme qui l'aime plus que de raison, parce qu'il ne peut pas lui dire non, qu'il le sait - qu'il le doit. Alors il ne dit pas "non", il dit "va-t-en", et il ferme la porte à regret.
Est-ce que c'est avant ou après qu'il a rencontré ce jeune artiste de cabaret qu'il a pris sous son aile ? C'est flou. Tout est flou. C'est difficile de savoir. Mais c'est tout ce dont il a besoin - la jeunesse, la beauté, la fureur d'une vie pas encore consommée. Il est vieux, Paul, il sait bien que ses heures commencent à être comptées, alors il vit à travers l'existence d'autres que lui. Pour un temps, cela suffira bien.


1921 - 1923 A défaut d'être chanceux, Paul est malin. Lorsque la crise commence à se faire sentir et à toucher même le monde sorcier, il se tourne vers le commerce, investit dans un marché qui sera toujours lucratif, celui de la nourriture. Entre ça et ses actions dans l'entreprise de baguettes des Von Winkler, voilà sa fortune qui décuple presque du jour au lendemain, parce que tout le monde a besoin de manger et tout le monde a besoin de baguettes. Il regarde, le coeur froid et fermé, les longues files d'attente qui se forment à la porte des commerces où on espère pouvoir acheter un peu à manger. Pourquoi est-ce qu'il ressent si peu ? Pourquoi est-ce que ça ne le choque pas ? Il sait confusément qu'il devrait être désolé, qu'il devrait vouloir les aider, que ça lui serait naturel. Il veut être en colère contre cette situation, il veut vouloir descendre dans la rue aider tous ces pauvres gens à échapper aux absurdités du capitalisme. Mais il ne ressent rien. Claquemuré dans son hôtel particulier où le vin coule à flots, où les festins sont abondants voire obscènes, il n'éprouve plus rien pour ces pauvres gens qui ont toujours eu sa sympathie. Peut-être qu'Hilda a achevé de lui briser le coeur. C'est ce que dit le Majordome quand il défait ses boutons de manchette pour lui, dans un murmure. C'est Hilda qui t'a fait ça. Hilda, Katarina, Anke et Elena. Surtout Elena. Et ton père, bien sûr, l'affreux Heinrich qui t'a fait tant de mal. Souviens-toi du nom qu'il a utilisé pour te désigner, pour désigner ta mère. Vous n'étiez que de sales youpins à ses yeux. Tu vaux mieux que tous ces gens qui ne sont là que pour te briser le coeur.
Paul ferme les yeux. Au moins, son Majordome sera toujours là.


1925 Un pamphlet anonyme parle des massacres du 7 août. Parle des monstres qui ont déferlé sur Beelen et commis les pires atrocités pour briser le secret magique. Paul ne peut s'empêcher d'imaginer une chevelure de feu baignée de sang et un sourire carnassier, plein de férocité, de celle qui a enfin eu ce qu'elle voulait. Celle qu'il va devoir se résigner à oublier.

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MessageSujet: Re: Paul | Tiefe Wasser sind nicht still   Paul | Tiefe Wasser sind nicht still EmptyDim 28 Jan - 10:16

HRP
Personnage :Inventé Face claim : Dick van Dyke Pseudo : Orphiel Âge : Bientôt le quart de siècle uesh Où avez-vous connu le forum : Un Gégé sauvage accompagné d'une Eléo sauvage m'ont sauté dessus. C'était bien. Comment décririez-vous votre rythme RP : Variable. Commentaire : Il est trop tôt pour ça.

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MessageSujet: Re: Paul | Tiefe Wasser sind nicht still   Paul | Tiefe Wasser sind nicht still EmptyDim 28 Jan - 11:49

"Variable."

Invariable en magnificence en tout cas.

Bienvenue par ici, j'ai hâte de voir tout cela rempli, parce que déjà, l'avatar m'émoustille. hiii

- ♦ -

Ridicule they won't allow Quench abuse and let love flower Rip the cage out of your chest Let the chaos rule the rest
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MessageSujet: Re: Paul | Tiefe Wasser sind nicht still   Paul | Tiefe Wasser sind nicht still EmptyDim 28 Jan - 11:57

Vas-y comment tu me mets la pression @_@

Je vais remplir un de ces jours mdr, on va y arriver !

(Et ton avatar m'émoustille aussi huhu)

Konrad Reinhardt

Konrad Reinhardt
Gouvernement | Autres

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MessageSujet: Re: Paul | Tiefe Wasser sind nicht still   Paul | Tiefe Wasser sind nicht still EmptyDim 28 Jan - 13:39

HEY YOU kyah kr kyah WELCOME serre
OMG Paul a l'air p-a-r-f-a-i-t j'ai hâte de voir ce que tu vas nous faire GNGNGNGN

OFC si tu as la moindre question, n'hésite pas 8D

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Il y a des gens sans orgueil qui se résignent à végéter sous notre domination. Ils préfèrent vivre avilis sous notre botte que mourir glorieusement pour la Liberté...



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MessageSujet: Re: Paul | Tiefe Wasser sind nicht still   Paul | Tiefe Wasser sind nicht still EmptyDim 28 Jan - 13:43

Omagad cet acteur. C'est tout ce que j'ai à dire. Cet Acteur.

Et puis compatriote autrichien ! Peut-être qu'il aurait pu connaître les Winkler ? Je pense que ce sera à voir une fois les champs remplis.

Bon courage pour ta fiche. hehe
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MessageSujet: Re: Paul | Tiefe Wasser sind nicht still   Paul | Tiefe Wasser sind nicht still EmptyDim 28 Jan - 15:03

Natalia, voilà qui serait un plaisir ! La famille de Paul est noble, de ce que j'ai vu les Winkler sont riches bourgeois, donc y a moyen de moyenner. Je vais peu sur Discord parce que je suis un grand timide gah mais on peut se MP et discuter lien uesh.

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MessageSujet: Re: Paul | Tiefe Wasser sind nicht still   Paul | Tiefe Wasser sind nicht still EmptyDim 28 Jan - 17:03

J'viens poser ma patte smug
Best Papy Ever amour



Invité
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MessageSujet: Re: Paul | Tiefe Wasser sind nicht still   Paul | Tiefe Wasser sind nicht still EmptyDim 28 Jan - 17:42

Je rejoins les dires au dessus, ce choix de feat est juste génial swag et ce serait un plaisir de discuter d'un lien avec les Winkler en tout cas plz bon courage pour la suite de ta fiche !

August Häring

August Häring
Gouvernement | Einsicht

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MessageSujet: Re: Paul | Tiefe Wasser sind nicht still   Paul | Tiefe Wasser sind nicht still EmptyLun 29 Jan - 1:46

je meurs ce personnage est tellement génial, je suis amoureuse, j'aime sa passion et son éducation religieuse et sa nécromagie sauvage et son libertinage et le reste, j'aime ton écriture aussi, je veux que gus-gus et popaul aient un lien, je ne sais pas comment ni pourquoi mais je le veux. stare

- ♦ -

VICIOUS
Something about him was decidedly wrong. He was like one of those pictures full of small errors, the kind you could only pick out by searching the image from every angle, and even then, a few always slipped by. On the surface, he seemed perfectly normal, but now and then you would catch a crack, a sideways glance, a moment when his face and his words, his look and his meaning, would not line up. It was like watching two people, one hiding in the other’s skin. And their skin was always too dry, on the verge of cracking and showing the color of the thing beneath.
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MessageSujet: Re: Paul | Tiefe Wasser sind nicht still   Paul | Tiefe Wasser sind nicht still EmptyLun 29 Jan - 5:39

Mais D: Mon ego va pas survivre a toutes ces gentillesses gaaah. Merci merci merci, ca me rend tout joie que papy plaise autant. Gusgus, carrement qu'on voit pour un lien entre Gusgus et Papy, je pense que y a de quoi faire des trucs sympa. Je reviens vers toi quand j'ai connecte mon neurone et demi boogeystare

- ♦ -

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Magnus Röhr

Magnus Röhr
Gouvernement | Heimdall

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MessageSujet: Re: Paul | Tiefe Wasser sind nicht still   Paul | Tiefe Wasser sind nicht still EmptyLun 29 Jan - 11:48

NON MAIS LE MAJORDOME. L'ANGOISSE. JPP gah

Si non tu sais que t'es swagé toi hehe  ? Bienvenue chez toi en tous cas kr

- ♦ -

Cold
Little
Heart.
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MessageSujet: Re: Paul | Tiefe Wasser sind nicht still   Paul | Tiefe Wasser sind nicht still EmptyMer 31 Jan - 16:20

MON MÉCÈNE. hinhin *met des plumes partout* boogeystare kr
hâte de pouvoir développer notre lien. hehe

- ♦ -



― pétales d'émeraude, chant d'augurey. ―

Revelio

MessageSujet: Re: Paul | Tiefe Wasser sind nicht still   Paul | Tiefe Wasser sind nicht still EmptyMer 31 Jan - 17:34

Et moi donc babe huhu Presque fini héhéhé

- ♦ -

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