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(Gerhaldt) Buur ahn Geld is'n Slaav op de Welt

Revelio

MessageSujet: (Gerhaldt) Buur ahn Geld is'n Slaav op de Welt   Lun 29 Jan - 0:29


Gerhaldt Hamelinheim
Citoyen & Heimdall



« Wenn de Dummen to Markt kaamt, hebbt de Kloken Geld »

INFORMATIONS
Nom ◆ HAMELINHEIM, vieille famille sorcière tirant sa longévité et richesse de son ancienne appartenance à la Hanse, ou Ligue hanséatique, dès le XIIIème siècle, et au pécule depuis conservé dans des caisses pour une vie modeste, préférée à la gangrène qu'est le luxe. Originaires d'Hamelin, dont ils ont pris le nom peu à peu, la ville a été quittée depuis quelques générations pour s'installer plus au nord, forts de leurs liens avec le Danemark, se posant dans le Schleswig-Holstein mais toujours dans le land sorcier d'Hambourg. Gerhaldt porte-t-il ce blase avec fierté ? Oui, parce qu'il aime avec ardeur ces lettres taillées par les monnaies, la sonorité de son passé médiéval et la teinte ambré des campagnes de blé dans lesquelles ils ont grandis. S'en vanter en revanche n'est pas dans le programme de ses journées. Le joueur de flûte de Hamelin ? Non, ce n'est pas l'un d'entre eux, et ça ne les fait pas réellement s'esclaffer qu'on pense leurs ancêtres assez cons pour user de la magie dans le but de balader des rongeurs à travers la ville, les poches vides de piécettes...
Prénom ◆ GERHALDT ØLAV JOHANN. Empreintes allemandes et danoises, c'est aussi une tradition quelque peu sinistre que de donner ce troisième prénom à un maximum d'enfants mâles de la famille depuis deux générations. Un ancêtre ayant péri trop jeune et à qui l'on rend hommage en flanquant son nom partout au possible sur l'arbre généalogique, presque à prétendre qu'il en est une racine philosophique.
Surnom ◆ OBERLEUTNANT KRÜPPEL, ou Krüppel (Estropié) pour les plus feignants et pacifistes. Taquiner ses esgourdes de ce sobriquet railleur est un moyen idéal d'acquérir sa haine et son désir de manigances pour des représailles méthodiquement tissées. L'humiliation de cette infirmité étreint donc sa panse à l'idée que l'absence de main gauche défigure et définie son image, peine désormais acceptée et gérée avec grimace à ses jours mauvais. Et le caresser dans le sens du poil en remémorant son rang militaire pour tenter d'apaiser sa grogne exprimée aux craquements peu mélodiques de ce surnom n'y changera rien.
Lieu & date de naissance ◆ 21 NOVEMBRE 1881 entre les murs de la maison familiale de NEUMÜNSTER, dans le Land de Hambourg.
Nationalité ◆ ALLEMAND, il coule aussi dans ses veines la sève danoise de par une mère effacée et s'étant bien gardée d'inculquer par elle-même sa langue et cette culture à ses enfants, préférant laisser cette besogne aux livres offerts et à sa famille de nobles aimants. Dès lors, si Gerhaldt ne se considère qu'uniquement allemand, il reste admirateur silencieux de sa deuxième nation, fait rouler dans sa gargue ce deuxième dialecte avec quelques erreurs et a intégré plusieurs connaissances et aspects de la vie danoise dans son quotidien.
Métier ◆ MAÎTRE RUNISTE au Collegium, spécialiste des scellés, verrouillages et dissimulés. Bien loin d'être le nouveau génie de ces cinq derniers siècles — d'ailleurs bien trop obtus pour cette qualification, décidé à n'exploiter que certains sujets qui l'intéressent et ignorant le reste — c'est un élément distingué dans le paysage de cette discipline magique, adepte des expérimentations fructueuses et ayant plusieurs publications d'études théoriques à son compteur. Depuis peu, il est devenu le Chef du laboratoire de recherches runiques au sein d'Heimdall, un jonglage d'emploi du temps dont il ne commence que seulement à s'en soucier, âpre volonté de conserver à la fois les acquis et victoires de son parcours au sein du Colegium, lui avait-on murmuré quelques mois encore plus tôt que la chaise d'un Docteur lui siérait à merveille lors du prochain trépas. Dans un autre registre, c'est aussi un ANCIEN MILITAIRE, avec une carrière de volontaire amorcée bien avant que la Grande Guerre n'éclate. Estropié et rendu inapte au combat, il n'en conserve pas moins son rang et pourrait encore être appelé à se parer de l'uniforme de cérémonie ou être affecté derrière un bureau si un nouveau conflit venait à ébranler une fois encore la nation. Mais sa silhouette de gradé, plus aucun moldu ne l'a vu depuis des années, râble meurtri s'étant détourné de ce passé et refusant nouvelle implication ; sa dévotion au sacrifice pour la patrie est inhumée au fond des tranchées, tombes dont les sillons restent gravées dans ses pupilles et les reliefs d'ombres de son visage peiné.
Lieu d’habitation ◆ NEUMÜNSTER, dans le Land de Hambourg. Bâtisse familiale qui est un des personnages principaux dans la saga des Hamelinheim, bataille pour l'héritage du grand-père. Jusqu'en 1919, Gerhaldt vivait dans une petite maison de NEBEL, sur l'île d'Amrum dans la Frise du Nord, et les taquineries du vent salé aux effluves maritimes et le sable se glissant dans les replis de son chapeau lu manquent plus qu'il ne pourrait se l'avouer. Désormais, il occupe les lieux seul, là où auparavant l'entierté de la première branche famille résidait avec complicité, sous le regard endormi des ancêtres peints et recouverts d'un mauvais vernis rendant sombres leurs joyeuses algarades vives de couleurs et de nostalgie. On compte malgré tout un cohabitant indésirable ; le fameux fantôme que personne n'arrive jamais à entrevoir en entier, juste un pan de sa robe, ici le pinacle d'un chapeau ou l'ondulation de cheveux qu'on ne sait attribuer à un genre particulier, identité du défunt familial inconnue.
Statut de sang ◆ MÊLÉ, il n'est pas nécessaire de remonter bien loin pour déterrer des ancêtres moldus autour de ses arrières-grands-parents. Et bien que vieilles familles sorcières des deux côtés, branche paternelle aussi coriace qu'une tâche de vin sur de la dentelle et prétention de grandes terres pour celle maternelle, le mélange des sangs a toujours été le bienvenu dans leur univers.
Classe sociale ◆ CITOYEN aisé, Gerhaldt est bien heureux de ne pouvoir prétendre à la noblesse. Les erreurs de quelques aïeuls auprès des seigneurs, princes et rois d'antan sont donc régulièrement mentalement applaudies au souvenir de ce statut qui aurait pu s'imprégner aussi profondément dans sa chair que ne l'est l'essence magique. Imaginez ! il aurait ensuite du prétendre à une implication politique et supporter la fatalité de sa réputation avant même d'avoir pu apprendre à maugréer son mécontentement ? Merci bien, il préfère compter son magot en paix et dans son coin sans de compte à rendre.
État civil ◆ VEUF depuis 1923, lorsque la fougueuse Margrethe Christensen s'est laissée emporter pas les querelles silencieuses de sa belle-famille au nom d'une affection pour son mari, non-réciproque. Gerhaldt regrette-t-il sa tendre danoise ? Pas autant qu'il ne le prétend, indubitablement. Comédie du deuil par facilité et pitié gratuite, la douleur de l'absence l'a malgré tout étreint, avec surprise, quelques mois plus tard. Mais quatre années lui furent cependant suffisantes pour se mettre à rêvasser d'une nouvelle union, désireux d'être l'époux de quelqu'un qu'il aimera cette fois avec sincérité. Parce que c'est là le seul semblant de définition qu'il peut donner à l'amour : avoir à ses côtés une sorcière qu'il détestera peu à peu avec ardeur pour ne pas être arrivée plus tôt dans sa vie lui ravir ce qui lui sert de cœur. MALHEUR INDICIBLE, il est aussi père à la descendance trépassée. Mais cela, on ne l'écrit jamais sur les flots de l'administration. Le remémorer trop souvent manquerait de faire fléchir la raison des endeuillés. Alors, cet épisode, il n'en pleure la tragédie qu'aux creux des esgourdes d'un fidèle verre d'alcool.
Sous-groupes ◆ Heimdall, Mjölnir, Chef du laboratoire de recherche runique. Ancien élève de Durmstrang (né en 1881). Vétéran de la Grande Guerre. Membre du Collegium.

Éducation ◆ DURMSTRANG et son intransigeance sont les piliers de son enseignement magique, ainsi que quelque colonnes de grimoires runiques collectionnées dans sa chambre d'enfant. Les Hamelinheim — aux coffres bien remplis mais peu dépensiers — ont presque toujours eu les sous nécessaires pour payer les études des jeunes, une obligation. Et le frère aîné, Johann, s'étant davantage remarqué comme bon commerçant qu'érudit habile des sortilèges, c'est sur les épaules de Gerhaldt que l'on vint reposer les espoirs d'une belle notoriété, parce qu'il fallait bien un sacrifié toutes les deux générations qui prendrait soin des bonnes relations de la famille avec les grandes figures allemandes. Il se fit donc promesse de ne pas briser leurs attentes trop tôt, faisant semblant de mordre à l'énergie de l'ambition, brossant les manches de certains avec qui il se lia ensuite d'une amitié sincère et encourageant la famille à verser de l'argent à l'Institut quand cela était possible, tout en aspirant en silence à devenir runiste et rien d'autre, une carrière loin de ces hautes instances politiques. Afin d'atteindre la classe Étoile, il apprit aussi à développer l'art de la rancune créative, se débarrassant ainsi des concurrents au classement qui abusèrent presque tous de son statut de bonne poire. Accepté de justesse — et probablement que son grand-père avait aussi arrondi ses points en polissant le classement avec quelques marks — Gerhaldt vit sa vie sociale en prendre un petit coup, absorbé par le travail, sans que ça ne le déplaise. Pour son travail de fin d'étude, "Conséquences de l'évolution linguistique des runes proto-germaniques sur les catalyseurs magiques ; une structure en péril.", il manqua presque de bâcler les dernières corrections, épuisé et refusant une année supplémentaire dans l'établissement, avide de voyages et d'une famille à construire.

Opinion politique ◆ Il s'en fiche. Il déteste ça. Facilité à jeter mentalement des haches dans le crâne des vils l'ayant coincés dans un débat sur les décisions du gouvernement ou violence contenue qui finit par exploser contre la statue d'une personnalité illustrée en politique et dont on lui a rabattu les esgourdes pendant de trop longues minutes. Gerhaldt pourrait avoir une crise d'urticaire en écoutant tout cela que ça ne l'étonnerait même pas... Il exècre ce sujet et aimerait sincèrement qu'on lui foute enfin la paix. Car sous prétexte qu'il était militaire, qu'il a fait la guerre, qu'il a la quarantaine et que sa vieille famille a des sous il devrait s'y intéresser et, pire, y prendre part. Scoop ; il en est hors-de-question et le prochain qui essayera d'aborder la thématique de mars 1921 avec lui ira directement visiter le fondement d'un hippogriffe, la bouche ouverte.

Réputation ◆ On tient en estime le Lieutenant vétéran de la Grande Guerre, on admire l'érudit des runes, déprécie son désir de neutralité politique, le compare à la pingrerie du roi des nains, Alberich, pour son coffre farouchement gardé et exècre ses traits de rancunier magouilleur. Fêtard affable ou ermite selon les périodes de sa vie, Gerhaldt n'a jamais vraiment cherché à la sortie de Durmstrang à charmer les personnages importants du paysage germanique avec l'idée d'intégrer leur monde, attaché à la simplicité d'un humble quotidien inculqué par sa famille. Et si on eut regretté un temps qu'il ne mette pas sa stature intransigeante et son discours cynique à usage d'un pouvoir, une des grandes faiblesses de Gerhaldt fut rapidement découverte et partagée ; une incapacité presque totale à dire non merci, sans moi. Oh, il ne s'agit pas de flancher et plier l'échine pour ravir une personnalité plus forte que la sienne, mais c'est davantage la crainte d'une aigreur en réponse à son effronterie dévoilée et l'éternelle question du vocabulaire nécessaire pour le pelage d'une justification de refus. Dès lors, certains en ont abusé et ont voulu l'enjôler dans des situations périlleuses, le maître runiste ayant des savoirs, des formations et accointances parfois bien utiles. Il est cependant nécessaire de préciser que la loyauté de Gerhaldt — concept à l'interprétation malgré tout très personnelle — n'est jamais en péril, ni même ne l'est sa stabilité financière. Mais ses services, son temps, parfois même son intégrité physique, eux, oui. Et c'est dès l'adolescence que le sorcier s'est enseigné l'art de revanche, rancune de tout s'ancrant dans ses nerfs et vindicte machine aux rouages créatifs s'engageant dans son cerveau dès qu'il hume les prémices d'une tentative d'entubage. Selon les circonstances cela peut prendre du temps, mais l'homme a la patience ronronnante, s'armant d'un rictus impudent. Au fil des décennies de fourberies légales, on a commencé à lui foutre la paix, mais certains téméraires ou plus mauvais que lui ne sont pas las pour autant, corde sensible qui sera probablement écorchée jusqu'à la fin de sa vie, voir, très certainement, le mènera à sa perte.
Les tribulations de sa voyance — tenue encore semi-secrète en dehors d'Heimdall — le poussent aussi à des réactions abruptes qu'il cherchera parfois à masquer, parfois à clamer dans une affliction véritable. Cette magie, elle lui apporte les troubles des grimaces, les minutes d'absence durant lesquelles son esprit s'égare avec amertume et affliction, la manie à se ruer auprès du premier miroir ou reflet pour vérifier quelque chose qui n'est pas présent et surtout, la paranoïa des sincérités se faisant menteuses. Notion du temps parfois doucement altérée par ces voiles fabulateurs, Gerhaldt est lunatique dans ses relations, ami de bons conseils et volontaire un jour puis furieux ou effrayé d'une trahison n'ayant pas eu lieu le lendemain. Mais peu enclin a partager ses affections ou déboires, le choix de l'aphasie des émotions, les plus curieux ne gratteront pas grand chose de ces déconvenues et son étiquette de cyclothymique — ce qu'il est — couvrira le secret de sa voyance. Mais si Gerhaldt est le genre de sorcier à se braquer et transplaner en pestant dès que l'on parle plus de trente secondes d'un sujet qui lui donne la nausée (en top 3 : la politique, le Quidditch et les transformations culinaires) c'est aussi le genre de personnage avec qui l'on descend aisément plusieurs godets, qui sait divertir une soirée en contant avec habilité une nostalgie éloquente et amusante, bien qu'exploitant souvent le malheur d'autrui auquel il est assez insensible. Alors, sa réputation en terres allemandes, elle dépendra beaucoup de ce que l'interlocuteur a pu entendre sur son compte, des rubriques lues dans les gazettes, son nom rarement imprimé ailleurs que du côté des publications théoriques, des faire-part de décès, les Hamelinheim champions dans la matière — annonçant même parfois leurs morts plusieurs fois dans un même mois — ou des concours du plus beau hibou régional.
À l'étranger, il fut un temps régulièrement appelé par d'autres gouvernements sorciers pour son expertise runique, mais depuis que les tensions bousculent l'Europe et qu'il a été rapporté que Gerhaldt avait abattu d'autres sorciers sur les champs de bataille — comme un tas de compatriotes ayant pris part à la guerre — on préfère éviter de communiquer avec lui. Rancune des étendards qu'il estime pitoyable, uniquement parce qu'il voulait être le premier à répugner et récuser les autres nations ennemies.

Particularités ◆ Fardeau injuste, anicroche de naissance, il est NÉ VOYANT. Clairement pas un des meilleurs, troubles magiques remuant ses visions chaotiques dans leurs venues, mais suffisamment réceptif pour voir ses journées être ennuyées de pans d'instants lointains, qu'ils le concernent ou non. Il n'a jamais fouillé sa généalogie pour incomber cette prédisposition sur le squelette d'un aïeul, gêne de malheur, parce que ça lui ferait mal de concevoir qu'on ne peut blâmer personne. Alors, il se contente de pester en silence quand ses pensées sont éreintées de ces nébulosités qui font rarement pleinement sens. Il ne lutte jamais contre elles, sachant par expérience que c'est davantage douloureux et a appris à ne pas se torturer l'esprit quant à se demander pourquoi il devait en être spectateur astreint. Cela arrivait, c'était tout. Et pendant très longtemps Gerhaldt ne voulait pas octroyer plus d'importance à ces affres qui occupaient déjà trop ses réflexions, refusant de les méditer, décrypter chacun de leurs détails, lui pourtant runiste et passionné de ces énigmes symboliques. Mais certaines visions pesaient bien trop sur son esprit à force de cécité bornée, et lorsqu'il perdit sa main sans y être préparé, ayant longtemps cru qu'une vieille vision montrant cette scène concernait son cousin et non lui-même, presque parti serein à la guerre en conséquence, il se fit serment de mieux s'armer contre ces présages nébuleux. Dans pareil brouillard, il s'y retrouve désormais bien plus aisément qu'auparavant, sans être un expert pour autant — bien loin de là ! Le satané caractère du sorcier lui fait aussi rejeter tout emploi de la boule de cristal, objet répugné depuis ses jours d'école et d'un burlesque risible. La tasséomancie non plus n'a pas convaincu, trop britannique osera-t-il dire, simplement pour ne pas trahir les breuvages alcoolisés qu'il juge bien plus véritables et témoins de vie que des feuilles de thé pour qui il n'éprouve rien. Et ne parlons même pas des lignes de la main ! La simple idée d'être tenu de toucher l'épiderme d'autrui pour quelque chose d'aussi intime que la divination pourrait le faire s'évanouir. Alors, c'est vers la catoptromancie que Gerhaldt s'est tourné, désormais alerte à la présence de miroirs et reflets. La technique devrait en mettre mal à l'aise plus d'un, et de ses recherches il a bien compris que certains voyants jugeaient ce procédé comme ayant une frontière trop étroite entre réalité et visions, mais la promiscuité de ces brumes ne l'oppresse pas. Étrangement, il s'en sent plus placide et réceptif, errant désormais avec divers miroirs ou spéculum dans ses poches qu'il extirpe sans plus les voir comme des béquilles d'assisté. Un peu moins d'une dizaine d'années donc que Gerhaldt a appris à user de son don, mais la quiétude n'en est pour autant pas encore là. Et elle le ne sera très certainement jamais. Toujours irrité et avec des émotions discordantes pour cette particularité magique qui a trop abîmé sa vie pour qu'il puisse un jour pleinement l'embrasser avec affection.
Au contraire de cette affliction obligée, Gerhaldt a très tôt découvert une fascination et lien de cœur pour un univers qui le mènera à devenir MÂITRE RUNISTE. Malheur à celui qui fait la quémande d'explications au pourquoi d'une telle passion dévouée au point d'en risquer sa vie au nom des runes, c'est bien le seul sujet qui peut faire causer le zèbre pendant des heures avec un sourire enflammé qu'on ne voit pourtant jamais être même esquissé sur son faciès. Il y trouve un jeu de l'Histoire, un cryptage faisant grincer les rouages de l'analyse, des prouesses linguistiques qui charment sa gargue et une force magique qui est exquise en tout point. Étudiant sans relâche, au fil des séjours dans d'autres contrées pour remonter au plus loin, d’allègres expérimentations et d'écrits publiés, il s'est construit un savoir conséquent, le seul qui ait réellement du sens pour lui, probablement parce qu'une gravure est rassurante dans l'esprit d'un voyant perturbé par des visions chaotiques sans filets. Spécialisé dans les runes de verrouillages, de scellés et des dissimulés, Gerhaldt lutte contre l'intrusion. Une idée qui dans sa vie ne se limite pas aux runes. Et pour cette obsession et relation magique, il y mettra encore de nombreuses années d'acharnement si nécessaire, insatiable érudit. Déjà dans ses jeux d'enfant il exaspérait ses compagnons d'aventures en prétextant déchiffrer ou graver avec lenteur de puissants symboles dans les troncs d'arbres ou les pierres entourant leurs villages. Il s'est d’ailleurs récemment gausser jusqu'à risquer une côte fêlée en apprenant que des runistes étrangers voulaient étudier sa région natale pour ces runes découvertes, traces de sa propre imagination et frénésie précoce. S'il les a prévenu ? Non, ça lui est sortit de la tête.  


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MessageSujet: Re: (Gerhaldt) Buur ahn Geld is'n Slaav op de Welt   Lun 29 Jan - 0:30

THÈMES

Liens familiaux : Les Hamelinheim s'adorent et se détestent à la fois. Valeur des fratries sacrées à leurs yeux, le grand-père increvable n'en est pas moins venu disperser sa bouse d'hippogriffe, par ennui. Gerhaldt est bien au fait des manigances qui s'opèrent dans l'ombre pour s'attirer les faveurs de l'aïeul, mettre en péril le commerce ou la réputation d'un autre membre ou même pousser la bataille jusqu'aux assassinats jamais revendiqués. Mais lui, il n'y prend pas part. Pas par mansuétude — c'est mal connaître le bougre — mais parce qu'il ne supporterait de voir ces scènes devant ses yeux conscients, trop attaché à cette image de famille fortunée et soudée, pour qui il a fait de nombreux sacrifices qui ne doivent pas être salies par sa trahison. Alors, ces querelles ont certes emmené tous les récents disparus dans la mort, hormis son fils, mais de son point de vue les défunts sont toujours responsables de leur trépas. Malgré qu'il soit un sorcier grognon et amer au-delà de sa chaumière, c'est probablement le seul Hamelinheim qui espère encore que l'entente reviendra s'installer à la tablée familiale, poussant le vice avec maladresse en tentant même de rabibocher ses proches avec sa cousine, Silke, tombée en disgrâce. Du moins quand sa paranoïa du complot ne prend pas le dessus.

Vie amoureuse et sexualité : L'amour, ça n'a jamais trop été son truc. Mariage calculé de son côté, l'épouse malgré tout amoureuse de lui, Gerhaldt s'est contenté d'une complicité qu'il forçait d'affection, mais sans non plus croire à ses propres fabulations et conscient toutes ces années de ne pas être épris de sa femme. Sauf peut-être par deux fois : dans les tranchées, et à la mort de Margrethe. Donc autant dire quand elle n'était pas là, ce qui n'est pas très pratique au concept... Et bien que la danoise ait eu trop souvent tendance à vouloir manipuler son mari à ses instants d'abattement induits par ses visions ou le traumatisme de la guerre qu'il laissait s'évader librement une fois dans le cocon de son foyer, ce n'est pas la raison de son incapacité à l'aimer. Ils n'étaient juste pas fait pour ça. Pas ainsi. Et Gerhaldt aspire désormais à rencontrer une sorcière qui sera apte à lui renverser le cœur, désirant ardemment détester cette future pour n'être que deuxième, en retard, incapable de panser tous ses maux. Le juste milieu ? Il ne connait pas, parce que l'amour lui semble bien pitoyable et dangereux — serait-ce parce qu'il ne l'a tout simplement jamais éprouvé ? Deuil accompli, depuis trois ans il renoue donc avec les libertés du célibat, oubliant qu'il est avant tout veuf. Dans sa jeunesse, Gerhaldt n'avait pas vécu une libido aventurière et insatiable, ne se laissant aller à embrasser le derme que d'une seule camarade d'école, puis d'un espoir norvégien et enfin une folie berlinoise. Désormais, les choses n'ont pas tant changé dans ses intentions premières, sorcier pudique et ayant longtemps mal vécu la déformation de son corps par son amputation et les cicatrices d'affrontements, repoussant tout désir qui le conduirait à chercher compagnie charnelle. Mais son éternelle incapacité à refuser une proposition soufflée dans le cloître d'un bar ou les yeux insistants d'un autre érudit l'ont déjà conduit par plus de quatre fois à partager la couche d'hommes et de femmes le temps d'un soir où il se rend bien compte que sa prétendue pudeur n'est que traumatique et qu'il aime se faire partisan des désirs sensuels pour peu qu'ils soient dans un cadre de secrets et voir même d'anormalité. Ce qui est déjà beaucoup pour un sorcier grimaçant d'effroi lorsqu'il doit poser sa main sur l'épaule vêtue d'autrui.

Compétences magiques et baguette : La fidèle baguette est en bois d'ébène du Gabon, mesurant trente-et-un centimètres et plume d'Alkonost pour cœur. Il n'eut pas réellement son mot à dire sur l'aspect et sa constitution, lui qui aurait préféré de quelque chose de moins tape-à-l’œil en terme de bois, mais son grand-père, son père et sa tante se disputant pendant plusieurs semaines pour payer ce cadeau symbolique, augmentant sans cesse le total de la commande en renchérissant sur les matériaux les plus chers. Les problèmes de riches... Peu avant la guerre, Gerhaldt décida de graver des runes de protection couvrant la base du manche pour s'estomper doucement sur sept centimètres de hauteur. Il pensait que, peut-être, si un sorcier le faisait prisonnier ou mort, au moins sa brave compagne s'en sortirait. Si cela a fonctionné, il l'ignore évidemment. En revanche, son acte l'a rendu incapable de lancer des sorts pour préparer son petit-déjeuner, prétextant alors que c'est par humilité qu'il cuit ses œufs lui-même au lever du lit.
Pour sa première majeure à Durmstrang, le choix fut cornélien et il se dévoua au Duel, ce qu'il regretta parfois. Pas médiocre, pas moyen non plus, mais jamais assez bon à son goût. Une décision motivée par le désir d'effectuer son service militaire volontaire auprès des moldus et la conviction, qu'un jour, il en aurait besoin. Sa deuxième majeure fut, au grand bonheur de sa famille, la divination. Le choix fut fait dans un rare élan de questionnement personnel, brève résolution d'améliorer son fardeau de naissance. La mineure fut quand à elle l'Astronomie, un support à la Divination et aux Runes, mais en y repensant le contraire aurait été bien plus judicieux, ce qui le laissera longtemps sur sa faim même une fois son cycle brillamment réussi. Gerhaldt, ce n'est pas un grand sorcier en comparaison à quelques spécimens ayant partagé cette époque à Durmstrang — Grindelwald, pour ne prendre qu'un exemple. Mais s'il a oublié certaines matières qui l'importent peu, comme la botanique ou les créatures magiques, à l'âge adulte il ne s'est jamais reposé sur ses lauriers sous prétexte de l'éducation magique terminée, testant de nouveaux sortilèges, participant à des cours du soir de potion avancée ou encore en harcelant de questions techniques le moindre proche au métier magique l'intriguant. Il est très heureux de sa magie, ne pleurniche pas sur ses ignorances et s'entoure de grimoires dès la première contrariété.

Les Moldus et le Secret Magique : Parce qu'ils ont été très longtemps dépendants des routes commerciales moldues et qu'ils ont innové beaucoup de choses à leurs côté dans la Hanse, les Hamelinheim considèrent ceux sans magie comme une part normale de la vie. Gerhaldt les trouvait un peu inférieurs avant que la Grande Guerre ne lui fasse accepter qu'ils pouvaient être aussi destructeurs qu'un puissant mage noir, mais il n'a jamais eu de sentiment esclavagiste à leur égard, son quotidien étant fait de voisins moldus importants à sa nostalgie aimée. Et si avant de partir au front il pensait que le Secret Magique devait être levé pour aboutir sur une évolution intellectuelle, culturelle et sociale qui changerait ce siècle et ceux à venir, affamé de nouveaux challenges magiques et de faire honneur au sang sorcier en cessant de se cacher comme des pleutres honteux, Gerhaldt a changé d'avis au retour de la Grande Guerre. Tant et si bien qu'après quelques années il œuvrait même pour son maintien et sa protection dans les rangs d'Heimdall. Cette essence magique ne pouvait être salie et exploitée pour de mauvaises raisons, et la communauté sorcière ne pouvait risquer de s'attirer la peur destructrice des moldus, surtout par alors que les nations sorcières étaient encore divisées ou rancunières de ces années d'une guerre à l'échelle mondiale. De plus, Gerhaldt avait découvert que leur existence ne serait pas vue comme aussi noble qu'il ne la voit, une trahison qu'il ne pourrait accueillir avec calme et par conséquent il voulait s'en faire protecteur, y voyant un nouveau devoir.

La Grande Guerre : Il y a participé dès août 1914, a vu les bombes tomber sur les populations, transpercé de sa baïonnette plus d'un uniforme de belligérant, enterré des amis d'enfance, creusé les tombeaux des tranchées, taillé ses doigts dans les barbelés en plein hiver, entendu les balles exploser les boîtes crâniennes de camarades traumatisés, pleuré en silence les lippes rosées de sa femme l'attendant sur leurs dunes vierges du sang des sacrifiés. Reçu un obus lui ayant arraché la moitié du bras gauche. Voilà ce qui est à retenir sur ce sujet le concernant. Le reste n'a plus d'importance quand le sommeil est troublé par le souvenir des cris de malheureux agonisants pour une cause dont la bestialité, le froid, la faim et la mort faisaient oublier le sens.

État de santé : La quarantaine active ne lui esquisse étrangement que très peu de cernes, corps habitué à la fatigue qui est suffisamment prise en charge par quelques instants de repos volés dans le moindre recoin, une facilité de s'endormir n'importe où et en un rien de temps. Pourtant pas bien épais, le visage aux reliefs d'ombres depuis un jeune âge, Gerhaldt a toujours mieux résisté aux maladies que sa fratrie, cousins et cousines. Les accidents lui furent rares, aventurier mais pas imprudent, et ses nombreux dons de nourriture à son frère en échange de services ne l'empêchèrent pas de bien grandir, sans carence. Même la faim en temps de guerre ne lui laissa que quelques stigmates supportables comme un faciès plus émacié et des muscles fermes. Mais le bruit des canons manqua de le rendre sourd, les fièvres des états de chocs le font encore parfois frisonner d'habitude, des nuits de garde épuisèrent sa nuque et le gel marbra ses veines. Et tant d'autres mémoires du corps. Les balles qui effleurent le derme. Les bleus de le rocaille des tunnels creusés sans magie. La sculpture du fusil dans la paume. Il ne s'en plaint jamais car seule son amputation semble s'attribuer la définition de blessure, douleurs fantômes à toute heure et souvenir du déchirement des chairs au moindre bruit trop lourd. La prothèse très coûteuse qui l'aide dans son quotidien apaise parfois ces cicatrices, mais l'esprit s'en souvient. Gerhaldt refuse cependant de s'approcher du corps médical, jugeant le déshonneur déjà grand et s'accoutumant de son infirmité qu'il vainc un peu plus chaque jour.


ANECDOTES
La préoccupation des lettrines dorées de grandes marques signant ses vêtements n'a pas vraiment de place dans son quotidien. Il se moque bien du prix de ces étoffes qui le couvrent, du moment qu'elles ont la découpe qui sied à sa silhouette et qu'il ne clamse pas de froid ou de chaud. Savant mélange entre chemises moldues, robes et capes sorcières, achats effectués que lorsque l'un de ces tissus rend l'âme, il a malgré tout une réputation horrible auprès des couturiers. Gerhaldt ne connait qu'une seule palette de couleurs : un gris anthracite ou triste noir supportant sarcelle et rouge amarante, laissant place à un filet doré s'il se lève du bon pied. Rien d'autre. Aucun rouge cardinal ne sera toléré. Pas le moindre vert turquoise voulant le tromper. Et ses yeux sont effrayés par tout vert de gris qui devrait se poser un jour à nouveau sur ses épaules. Les hiboux sont majestueux, les grand-ducs la clef de voûte de sa dévotion et les chouettes les seules aptes à lui arracher un sourire attendri. Une affectation unique, qui ne trouve même pas d'égale dans ses relations avec les moldus et les sorciers, et il en est très bien ici. Par le passé il disposait d'une grande volière privée, au service de sa famille, mais depuis que ces braves fidèles ailés furent les pionniers de son association "Hiboux des Tranchées" et que peu en sont revenus, que le trépas de sa femme l'ampute d'un soin quotidien pour ces êtres de plumes et que les cicatrices de la crise financière passée ont foutus en rogne les animaleries magiques avec qui il a tenté de négocier, Gerhaldt se contente de deux spécimens, l'un trop vieux pour quitter son perchoir, l'autre trop abîmé pour voler droit. Et s'il est intransigeant sur son besoin de prestement retourner dans sa chaumière lorsque les journées de travail se font trop longues, ce n'est pas par besoin urgent de se changer, de trouver un repos auprès de la cheminée ou de s'assurer qu'on ne lui a pas voler ses sous, mais bien pour s'occuper de ses deux bestioles et leur siffler des lieds d'admiration. Le Quidditch est un sport de dérangés, de paysans attardés et un ridicule qu'il n'encourage pas. Mais pourtant, il ne loupe aucun match, qu'ils soient régionaux ou de plus grande ampleur. La raison ? Un accord avec son insupportable meilleur ami. En échange de sa présence plus au moins joyeuse dans les gradins, il reçoit la même faveur en retour lors des rencontres de polo sorcier. Récemment, alors qu'il s'ennuyait lors d'une partie particullièrement longue et pluvieuse, décidant de se divertir en gueulant des chants de supporters de l'équipe adverse, il a provoqué un petit scandale dans les tribunes quand on essaya de le virer, maugréant et feulant qu'il était honteux de s'en prendre à un vétéran de guerre qui avait donné sa chair et son sang pour que des fainéants comme les joueurs de Quidditch continuent leur sport de gueux pouilleux. La semaine suivante, c'est avec un œil au beurre noir et un sortilège de Mutisme qu'il retourna voir un autre match, précaution conservée depuis et qui amuse beaucoup ses connaissances profitant de ces journées pour le taquiner. Son rêve le plus sombre ? Graver des runes sur les balais de chaque joueur de Quidditch dans le monde pour les envoyer dire bonjour à la Mort. Peu avant la naissance de son fils, alors que Gerhaldt s'était imposé comme maître runiste spécialiste en verrouillages depuis quelques années, il connu une mésaventure périlleuse sur un chantier. Appelé pour travailler sur la déconstruction et l'aménagement de protections runiques au sein de la banque sorcière norvégienne, Gerhaldt s'endormit dans un coin pour s'éviter le trajet de retour. S'ennuyant probablement, Merlin se dit que c'était le soir idéal pour que des voleurs choisissent de tenter leur chance dans un violent cambriolage, ignorant pourtant les travaux en cours. Avec l'aide de son meilleur ami arrivé en catastrophe, Gerhaldt parvint à les arrêter au bout d'une confrontation ridicule — le pyjama n'était pas la tenue réellement portée lors des cours de Duel à Durmstrang — et non sans devoir en tuer l'un d'eux, se payant à son tour une vilaine blessure dans le dos. Si du point de vue des deux allemands, l'incident n'avait surtout qu'un aspect malencontreux, les norvégiens furent d'un autre avis, absolument euphoriques que ce groupe qui leur donnait du fil à retordre soit enfin arrêté. C'est ainsi que Ludwig et Gerhaldt furent décorés par l'Ordre de l'Hippogriffe Norvégien. Ça ne sert à rien, n'évoque rien de retour au pays et ils doivent toujours payer leurs repas quand ils visitent la contrée des fjords, mais l'insigne rend bien sur le perchoir du hibou. L'Histoire, Gerhaldt ne l'aime qu'au travers de ses runes adorées, des chants patriotiques, des instruments de musique oubliés et au détour de nombreuses reliques qui sont amassées dans les couloirs des demeures familiales. Toute tentative de faire la morale sur les apprentissages du passé lui donne la nausée et il se met alors à cracher sa répulsion pour la philosophie de comptoir qui s'appuie sur de lointaines dates plutôt que sur l'amertume de la bière. Est-ce probablement à cause de sa propre vision esquintée sur le sujet du temps, il n'en reste pas moins que son métier l'a amené à être très cultivé sur les nombreuses périodes historiques à travers le monde, mais il n'en parlera jamais davantage qu'avec une curiosité magique et artistique. Cette passion silencieuse est d'ailleurs la seule chose qui pourrait le mener à la ruine. Car pour les courbes d'un antique vase fendu en trois, il extirpe volontiers le coffre remplis de marks de sous son lit. Pour le rugissement éteint d'un dragon gravé dans un collier viking, il compte ses pièces à la lumière du jour. Et son obsession pour les témoignages matériels ou musicaux de l'époque médiévale l'ont déjà menés plus d'une fois à payer cher des séjours au-delà des frontières allemandes pour négocier — ou dérober, le cas échéant — des œuvres dont il ne pourrait se détourner, aussi étranges et inutiles puissent-elles être la majorité du temps. Il ne les expose pourtant pas aux yeux de tous, n'en parle même pas, mais c'est surtout son sentiment d'affection et d'attachement à ses origines qui sont responsables de cet hobby déphasé du personnage. Ainsi que la présence de son meilleur ami dans ces périples, atteint de la même maladie que lui... Aucun des deux compères ne pouvant donc sauver l'autre, il n'est pas encore né le banquier qui leur fera entendre raison. Si il n'est pas l'homme le plus sincère d'Allemagne mais loin de concurrencer les langues de vipères qui composent les nonante pourcent du pays, majoritairement tous planqués dans les sphères politiques, il y'a un seul mensonge qui le tiraille et dont il prétend même y trouver un perturbateur de sommeil ; sa maîtrise du piano. Dans sa jeunesse, partout où il se rendait, réunions familiales, festivités locales ou autres rassemblements de la vie quotidienne, il y avait toujours un foutu prodige de son âge qui devait faire démonstration de ses prouesses musicales, déchaînant admiration et applaudissements auprès des adultes. Et Gerhaldt n'a pourtant jamais versé dans la jalousie, c'est une émotion couarde et dangereuse. Mais, enfant, il rageait en silence que ses parents le croient dépourvu d'un quelconque talent d'artiste et que chaque mark dépensé en son nom ne finisse que dans les caisses de son éducation magique. Alors, quand durant un instant ça semblait être la chose la plus juste à faire, il prétendit qu'il savait jouer du piano, du clavecin et de l'orgue. Qu'il répétait les grands compositeurs allemands et italiens depuis ses six ans chez un professeur moldu, personnage à moitié fictif en la personne d'un homme qu'il n'osa jamais approcher mais qui lui servait d'alibi à ses heures d'escapade. Des représentations publiques ? Non, la musique était trop personnelle, intime. Et puis il avait mal au poignet ou bien ne pouvait trahir l'ivoire de son instrument avec celui d'un autre. Et au fil des années, le mensonge quelque peu innocent s'était incrusté dans les faux souvenirs de proches qui déclaraient inconsciemment que c'est vrai, il jouait très bien. L'ironie voulu même qu'à force de prétendre lire des manuels de solfège pour renforcer son mensonge, il apprit réellement la théorie musicale et sa complexité. Alors, lorsque la paluche explosa sous un obus, que les phalanges habiles furent séparées de chairs leur ayant toujours imaginé une virtuosité sans s'y essayer, il fut décidé qu'il apprendrait le piano, achetant l'instrument avec frénésie. Ce fut évidemment un échec que la colère pour son infirmité aurait pu anticiper. C'est dommage, il avait pourtant les muscles et la délicatesse des doigts passionnés d'un bon pianiste. Au lieu de ça et d'une volonté à s'entraîner avec sa prothèse, il a passé une annonce dans le journal pour un enchantement de l'instrument afin qu'il joue des morceaux sans lui. Tant pis.


HRP
Pseudo : Hychtwn le Marcassin. Âge : Vieillesse fanée, foutu quart de siècle rip. Personnage : Inventé. Face claim : Shaun Evans. Credits : Endeavourdaily. Où avez-vous connu le forum : C'est le Gérard sauvage qui passait par là. Une FOURBE TENTATION, donc. Je m'insurge. Avez-vous des multicomptes : Non. Comment décririez-vous votre rythme RP : Aussi stable et limpide que l'histoire géo-politique de l'Allemagne entre le XVème et XIXème siècle. Commentaire : Jpp de vous et votre travail exquis.  boogeystare  stare   bas
Revelio

MessageSujet: Re: (Gerhaldt) Buur ahn Geld is'n Slaav op de Welt   Lun 29 Jan - 0:32

Histoire

Neumünster, été 1895
Atelier manigances : bricolage familial
« Gutes und auch böses Wort. »

« Attends, tu écris comment "triphtongues" ? » « T-R-I-P-H-T-O-N-G-U-E-S... Il y'a un dictionnaire juste à ta droite. » soupira Gerhaldt ne prenant même la peine de relever la tête de son parchemin, patiemment occupé à retranscrire chaque mot de son brouillon sans déborder sur l'illustration dorée peinte par son aîné quelques jours plus tôt. Celui-ci était occupé à relier le dos de couverture du grimoire, bataillant avec les lettrines et corrigeant sans cesse ses fautes d’orthographe à coup de baguette magique énervée. « Je ne parviens toujours pas à croire qu'ils mordent à l'hameçon. » « Que veux-tu que je te dise ? Markus s'est constitué une bande de joueurs de Quidditch ; il n'est pas étonnant que leurs capacités intellectuelles aient drastiquement déclinées, si tant est qu'elles furent un jour au niveau normal. » Johann s'esclaffa d'un rire bien trop puissant pour la blague qui n'en était pas une et Gerhaldt se contenta d'arquer les sourcils, plume se stoppant nette, retenant un commentaire sur le ridicule de son frère dont l'aide lui était encore trop nécessaire aujourd'hui pour qu'il lui rétorque cyniquement quoique ce soit. Sans l'aide de Johann c'était tout à fait faisable mais lui prendrait trop de temps et Gerhaldt voulait pouvoir étudier un maximum avant la fin des vacances, en prévision.
L'année précédente, il avait imaginé une nouvelle combine pour des représailles envers un groupe d'étudiants l'ayant presque exploité des mois durant sur des devoirs d'une simplicité enfantine qu'il avait tout de même pris soin de saccager modérément, suffisamment pour qu'ils perdent de précieux points et cessent de l'emmerder, lui ayant tout de même esquinté le nez entre deux cours pour qu'il se souvienne d'agir plus finement au futur. Ce qui était prévu depuis le début, et désormais fort de sa tranquillité, Gerhaldt œuvrait à la deuxième étape : la confection d'un faux ouvrage spécialisé, rumeurs d'une traduction illégale de ces documents supposés faciliter les devoirs de tout élève étudiant ce sujet, au programme de la rentrée qui arrivait. Rumeurs que Gerhaldt avait lui même lancé, relayées par quelques complices et soutenue par un cousin danois, éditeur et au nom différent du sien. Simple petite amusement sans conséquences pour eux, véritable petite vendetta pour Gerhaldt. La combine lui prenait tout son été et dévorait une partie de celui de son aîné — qui avait quelques services à lui rendre en retard, ne le prennons donc pas en pitié ! — mais c'était là une tactique qui pourrait le débarrasser de plusieurs élèves en lice pour la classe Étoile. Ou qui auront eu tout simplement le malheur d'un jour lui exiger de l'aide sans se faire ses amis sincères, s'absoudre de lui retourner la moindre de faveur ou se moquer de son chapeau surmonté d'un charmant hibou en tissu. Quant à ceux que Gerhaldt avait en affection ou admiration, s'ils venaient à avoir vent de l'existence du livre salvateur ils entendraient la confidence de la tromperie. Peut-être que là aussi il y gagnerait quelques points de sympathie, suffisamment pour gratter à son tour un échange d'aide en sortilèges ou en astronomie... Au final, ces années scolaires étaient davantage l'apprentissage d'un jeu d'échec social que des journées d'études assidues. Était-ce pour le déplaire ? Non, Gerhaldt s'en fichait bien dans l'immédiat, rêveur d'un futur de runiste qu'il n'avait pas encore confié à ses proches mais pour lequel il songeait déjà à sacrifier ce qui lui resterait de temps libre, ayant presque déjà oublié ses années d'enfance où il flânait avec sa fratrie, ses cousins et cousines et quelques moldus dans des jeux qui finiraient bien un jour à lui manquer.


Nebel, été 1912
La gueulante d'un paternel condamné
« Oh siehst du nicht die Brücke brennt. »

Ludwig gratifia son ami d'un nouveau regard plein de suspicion, pas perturbé pour un sou du vent qui claquait contre les pans de leurs capes s'enroulant autour de leurs chemises et saupoudrant leurs dermes de ce sable humide propre à ces dunes si paisibles du nord de l'Allemagne. « Quoi donc cette fois-ci, Gerh ? » La question n'était pas mesquine, encore moins une forme de jugement. C'était une véritable inquiétude que l'homme énonçait avec lassitude, parce qu'il se doutait, au visage triste de Gerhaldt, que la réponse serait peu plaisante et propre à ses épisodes gris de voyant malgré lui. « Un jour, mon fils viendra à mourir. » Ludwig grimaça, calant ses yeux sur l'image de Margrethe, la femme de son meilleur ami, portant dans ses bras leur nouveau-né âgé de quelques mois et présentement entouré de plusieurs membres de cette famille dans laquelle il s'incrustait sans être intrus, témoins de ces scènes de liesse. « Tout le monde meurt un jour. » Une évidence qui ne reçut aucune réponse de Gerhaldt, le runiste fixant ses pieds et mollets dénudés s'enfonçant dans le sable chaud, loin dans les remous de ses pensées pessimistes. « Les enfants, les parents, on finit tous par mour- »« Non, un jour il mourra, avant moi. » Abrupt. Certain. Gerhaldt avait vu quelque chose, Ludwig n'était pas stupide. Et il lui fallait désormais se parer de ses habituelles flatteries et mensonges pour délester son ami de cette torture malsaine qu'il s'infligeait. « Il parait que quand t'étais môme, lors d'une de tes premières visions tu as voulu "rectifier" une blessure grave qu'aurait subi ton cousin, c'est ça ?  » fit-il semblant de questionner, épisode connu par cœur sans même y avoir été présent. « Hm, saisi une hachette dans la serre magique de ma tante. Ils ne m'ont pas laissés aller jusqu'au bout. » « Ben tu vois, ton cousin il a terminé son service militaire non ? Et il ne lui est absolument rien arrivé, il a encore ses deux mains à ce que je sache. déclara Ludwig avec sourire, voyant déjà se profiler la victoire. Donc, moi je crois que parfois tu vois n'importe quoi et que tu es un piètre voyant. » Et là, ainsi, en si peu de mots sans poésie, c'était réglé. Le silence planait toujours entre eux d'eux mais sans la tension palpable d'un cœur étranglé de chagrin. Au bout de quelques secondes, Gerhaldt esquissa même un sourire de remerciement avant de s'éloigner pour rejoindre en quelques enjambée sa femme ravie et le petit Klaus qui ne pleurait presque jamais et ne faisait que regarder le monde de ses parents avec curiosité dans ses iris. Pourtant, Ludwig comprenait l'instant être triste. Et s'il ne savait pas quand son ami aurait besoin de lui sur cette plage pour contenir sa douleur, il n'avait pas besoin d'être voyant pour savoir que ce chapitre serait plus contraignant pour Gerhaldt qu'aucun autre.


Août 1914 - Novembre 1915
Les aubes mortes des tranchées
« Jetzt bist du bei mir ich spüre deine Haut. Du bist tausend kleine Tode wert »


25 août 1914
Chère Margrethe,

Il m'est désagréable d'imaginer que cette lettre ne te parviendra probablement jamais mais il me faut l'écrire malgré tout, avec une sincère inquiétude et étrange once d'affection que je ne connaissais pas, l'espoir timide que tu puisses prochainement tenir ce papier entre tes mains. L'ont m'a dit que ma précédente missive avait été perdue en même temps que son messager non loin de Mons, ainsi que la cinquantaine d'autres qu'il transportait, et je ne peux m'ôter de l'esprit que c'est en ces instants que toute la majestuosité de nos fiers hiboux nous épargnerait ces troubles. Bien que risquer leurs beaux plumages sous les assauts des balles et des bombes me tordrait l'estomac. Je sais que tu ne sera pas d'accord avec cette idée, et je ne cherche pas à me disputer avec toi, toi qui est si loin, pourtant le Secret Mag- (...)
Dimanche dernier, le 23 août, la 18ème Division fut la première à ouvrir le feu, et c'est près de Maisières que je les ai vus, les Britanniques. Nous traversions le canal pour prendre un pont important, peu de pertes dans nos rangs malgré notre avancée lente sur les flots, quand quelques intrépides se sont mis à découvert pour nous tirer dessus depuis la rive, nous manquant à chaque tir. Au début, je sentais mon échine se tendre et frisonner à chaque sifflement de balle, à sursauter à chaque clapotis d'eau. Mais très rapidement, nous nous sommes tous tour à tour calmés, regardant simplement ces idiots qui tremblaient, incapables de viser. Incapables de recharger. Ils me donnaient l'impression de ces gamins qui apprennent à jouer au Quidditch, les galbes joufflues d'un faciès encore innocent, posant leurs espoirs d'une victoire sur leur cible au travers d'une langue tordue qui séparaient leurs lippes, concentrée. Le caporal et moi les avons abattus de deux balles chacun avant de mettre pied à terre. C'était la première fois que je voyais des uniformes britanniques mais aussi la première fois que je pouvais découvrir le visage de ceux qui tombaient sous mon désir de protéger la Prusse, les précédents ayant été des tirs au travers du brouillard de la poudre et de poussières de bombardement, sans vision claire. Dans le village de Nimy, plus loin, une autre première fois m'attendait. Dans mon Régiment, comme je te l'avais dit nous ne sommes que six sorciers — cinq depuis ce matin — et si l'on doit ce petit nombre d'abord à notre région du Schleswig-Holstein encore étourdie par les changements d'allégeance et les deux guerres passées, ensuite à la couardise gerbante des sorciers refusant de se salir les mains pour leur patrie, je ne m'attendais pas pour autant à croiser un égal magique dans le camp adverse aussi tôt. Cela devait être dans la troisième maison que j'investiguais avec mon escouade, des tirs nous avaient alerté à l'étage. Ce gars était là dans une petite salle de bains à moitié détruire, blessé en pleine panse, allongé dans ce qui était une flaque de sang s'agrandissant à vive allure pour engloutir son ombre. Une de ses mains était posée contre un fusil ayant vidé ses munitions sur mes compagnons à travers la fenêtre, les braves n'ayant pas traversé la route principale assez vite. Et dans l'autre paluche, sa baguette magique. Blanche, bois de sycomore, un peu tordue, immaculée de sang. Mais il n'avait plus aucune force et c'est là que l'on perçoit toute l'importance des sortilèges non-formulés. J'ai signalé à mes hommes que la pièce était vide, que je les rejoignais très vite, ai fermé la porte derrière moi et me suis avancé pour prendre sa baguette. Des indications sur ce cas de figure, je n'en ai reçu aucune. Mes supérieurs sont tous des moldus, jusqu'à mon major général. Alors que faire dans ce genre de situation ? Devions-nous régler cela dans un duel de sorts ? Devions-nous laisser la vie sauve à chacun sous prétexte que nous partagions la magie et son secret, que nous étions liés par cette communauté cachée, sans bannière d'un seul état ? Mais dans mes mains, la Prusse m'avait mit un fusil. Pour écarter tout ennemi. Moldus, sorciers, qu'importe. Ce sont nos patries et nos frontières qui sont en jeu ici. Alors j'ai brisé la baguette devant ses yeux meurtris et ai ensuite tiré dans son uniforme au vert des campagnes printanières. Margrethe, je n'ai pas pleuré, mais c'est seulement là que j'ai compris à quel point cette guerre allait m'être moche. Je le fais pour toi et Klaus, tu le sais. Mon frère pense - (...)
(...) et donc, après cela, notre Régiment fut divisé entre la 35ème et la 36ème Brigade d'Infanterie. Sur les terres belges, mon sang n'aura pas coulé. Mais sur les terres belges, il faut que je te le dise, Margrethe ; j'y ai enterré des amis. Si tu vois la mère de Niels Hölsten, le né-moldu, prends du sucre, du schnaps, et va la consoler. Le malheureux est décédé ce matin d'une mauvaise blessure à la tête, après trois jours d'agonie, et nous n'avons pas de nouvelles de son cadet. Désormais nous sommes envoyés en France. Bientôt, tout sera fini, avant Noël je serais de retour.
Embrasse notre fils pour moi, veux-tu ?

Avec affection,

Gerhaldt


17 novembre 1914
Tendre, très tendre Margrethe,

Tes lettres ne me parviennent plus, et cela ébranle mon repos déjà bien inexistant. Fais-tu bien attention de ne plus les poster auprès de la garnison mais directement au rattachement régional ? Notre unité occupe actuellement une position difficile, je ne serais pas étonné que le courrier peine encore davantage à atteindre ses destinataires. Si seulement nous avions un réseau magique établi pour les missives... Car te lire et t'écrire semblent être les seules choses qui ont encore du sens. J'ai oublié que notre foyer et les dunes l'entourant sont réels, seule toi peut m'en décrire les souvenirs. Que je l'aime notre village ! Et je te prie, belle Margrethe, n'oublie pas d'aimer nos terres encore davantage si je meure, car je ne serais plus là pour le faire. (...)
C'est toi qui avait raison, Margrethe, cette guerre nous n'aurions jamais du la faire. Ou pas ainsi. Pas terrés comme des bêtes crasseuses, en compagnie des poux, des rats, de la dysenterie qui emporte les compagnons fatigués, de la pluie qui glace nos corps déjà figés par la peur. Parce que oui, je suis effrayé, belle Margrethe. Pas par la douleur, ni par la mort, mais à l'idée que de l'autre côté de ces tranchées, dans des uniformes bleu ciel, se trouvent des hommes qui — s'ils éprouvent la moitié du même amour que j'ai pour toi — ne se battent avec autant de ferveur pour retrouver leurs épousées en victorieux. En vie.
Alors que les morts sont partout, que nous sommes tous des cadavres ambulants, sans pouvoir faire la différence entre ceux qui dorment et ceux qui ont le visage englouti dans la boue. Et sais-tu, la magie, ici, je n'en ai pas encore vu, mais dans certains abris boueux aux noms de code tels que "La grenade volante et le batteur", il se souffle l'envie de briser le Secret Magique ou non. Bien entendu, je ne prends pas part à ces débats, j'ai déjà suffisamment envie de vomir tout au long de la journée...
(...)


3 mai 1915
Margrethe,
Je t'écris à toute vitesse sur le dos d'une de tes précédentes missive. Pas de papier.
Mon ami Heinrich est mort cette nuit. Il s'est tiré une balle dans la tête. Je suis furieux. Fatigué. Beaucoup de fièvre. Les rats mangent toute la nourriture et je peine à retrousser les manches de cet uniforme devenu trop large et que je porte depuis deux semaines sans l'ôter, sans me laver. M'aimeras-tu encore même si ma peau est terreuse ?
Gerhaldt.


Les soubresauts incontrôlables de ce corps effrayé rendaient la tâche difficile pour les soldats qui tentaient de le maîtriser, épuisés et les cœurs serrés d'être impuissants devant la détresse de leur ami. Celui-ci avait son masque à gaz placé maladroitement sur le visage, le déformant de grimaces rendues encore davantage hideuses par l'effroi qui creusait ses cernes et ses sourcils inquiets. Le malheureux était persuadé que le gaz les entourait, aux aguets du moindre nuage verdâtre qui viendrait percer ses poumons, faire fondre le cristallin de ses yeux marrons et brûler son derme sans qu'il ne puisse produire aucun son de douleur. Mais dans sa paranoïa perdue, un trauma légitime de cette guerre absurde, le soldat commençait à emporter ses compagnons les plus faibles qui se mettaient à arquer leurs naseaux dans des reniflements d'abord discrets puis bruyants, obsédés. Et ça, l'Oberleutnant Hamelinheim ne le tolérerait pas. Pas à quelques minutes de la prochaine offensive qu'il escomptait bien conduire avec l'ensemble de son peloton et du reste de la compagnie orpheline de son capitaine tombé quelques heures plus tôt.

Des odeurs, Gerhaldt en percevait de nombreuses. Il pouvait désormais reconnaître sans hésitation celle des chairs en putréfaction, des matières non-destinées à la combustion qui leur servaient malgré tout de dernier chauffage, l'effluve de la poudre noire brûlée à outrance et des blessures anodines qui s'infectaient de pus par la saleté de leurs caniveaux à rats, déchets humains et de fer servant de murs à leur tombeau, patient. Mais le piquant du chlore, ça il ne le sentait pas. Il pouvait humer la bruine venant frapper son casque décapité de sa pique prussienne si symbolique, peser la lourdeur humide imprégnant son uniforme nouvellement décoré et deviner le gluant de cette boue qui voulait avaler ses bottes à chaque pas. Mais la caresse d'un nuage toxique, les volutes d'une arme chimique, non. Aussi alerte était-il devenu au fil des derniers mois.
Aux premières attaques de ce genre, Gerhaldt avait été persuadé qu'il s'agissait de l'oeuvre de sorciers, la première manifestation et implication magique dans cette guerre qui retournait déjà toutes les tripes de ses acteurs. Et pourtant, il n'en était rien. Les moldus n'avaient pas besoin de potions pour s'infiltrer dans les parois des gorges et des bronches des sacrifiés afin de les dissoudre dans la douleur. Ils n'avaient pas besoin non plus des sorciers pour fendre les airs et lancer des bombes sur les combattants endormis dans leurs grottes de bois et de terre. Ni besoin de baguette magique pour transpercer les panses et repeindre les sols et marécages de tripes, cervelles et pleurs étouffés se mélangeant aux tremblements des corps figés d'effroi. Non, les moldus n'avaient pas eu besoin du sortilège Doloris pour briser l'esprit de ce soldat au masque à gaz posé à l'envers, et c'est à ce moment là, en voyant son ami moldu du même âge et de la même ville que lui, que Gerhaldt comprit pour la première fois que, finalement, il était peut-être préférable que le Secret Magique soit maintenu. Car après tout, à quoi servirait-il de lever le voile ? Si ce n'est à plus d'horreurs, à plus d'absurdités. Les moldus étaient effrayement ingénieux dans la surenchère à la douleur, à l'extermination, Gerhaldt devait leur accorder au moins ça. Et il découvrait à présent l'impression que leurs regards étaient différents sur la question de l'utilité des puissances, qu'elles soient technologiques ou historiques. Sa dédication à la magie aurait une teinte encore plus terne que leurs visages de mort s'il venait à la dévoiler, il s'en doutait. Il commençait à le sentir dans ses veines.

Son arrivée dans ce petit chaos en devenir fit régner un silence immédiat au fond de la tranchée, mais les muscles étaient toujours frémissants d'urgence, d'inquiétude. Gerhaldt avait toujours porté ses grades militaires avec une fierté silencieuse et se traduisant par un amour de l'humilité qu'il venait trancher soudainement par des ordres rapides concis, d'un timbre plus sombre, roulement grave des décisions qui pouvaient mener à la mort des dizaines d'hommes sans qu'on le refuse. Mais à cet instant, il n'en fit rien. Noyée fut l'intention de grogner qu'il fallait emmener ce soldat en seconde ligne pour qu'il reprenne ses esprits. Déchirée fut sa voix qui hoqueta de stupeur. Un cognard semblait écarteler les parois de sa gargue alors qu'il découvrit ces yeux gris, le regard volontaire de ce type qui se tenait à la droite de son ami, tentant de maîtriser les bras de l'effrayé. Qu'importe la pénombre naissante et les nuages de poussière qui volaient autour d'eux, l'Oberleutnant n'eut nullement besoin de l'observer davantage. Ni d'étudier sa moustache ridicule imprégnée de sang séché ou questionner la présence de l'uniforme d'un Wachtmeister d'artillerie dans cette tranchée. Gerhaldt savait que c'était lui. Ce crétin qui signifiait tant. Il l'avait vu une fois dans les voiles troublées de sa foutue voyance, un épisode traumatisant pour un enfant de six ans. Cette maudite fois où Gerhaldt avait hurlé que son cousin, Niklas, avait perdu sa main, qu'il fallait le soigner. Que les flots carmins coulaient en cascade sur l'habit boueux de son cousin. Et il ne se l'était jamais caché ; en partant à la guerre, il était confiant parce qu'il savait qu'il n'était pas le sujet de cette scène sanglante. Niklas avait même accepté de se faire une raison, ainsi que le reste de la famille, et il avait rejoint le rang des artilleurs presque avec impatience de connaitre son destin pour vite retourner dans leur Bourg, si loin de cette horreur. Ils avaient cru le voyant de la famille malgré lui, ils l'avaient toujours fait, ces idiots. Et Gerhaldt découvrait à présent à quel point il ne connaissait rien. À quel point il venait de se sacrifier par ignorance. Le témoignage de son effroi, personne dans cette tranchée ne pourra le formuler, parce que dans quelques minutes, un obus allait les emporter. Dans quelques minutes, ce peloton allait dormir sous terre, gueule ouverte et vêtements souillés.
« Toi ! Ton nom ? » parvint à écorcher Gerhaldt dans un accent prononcé de sa terre natale, la rage soudaine de ne pas pouvoir admirer les dunes qu'il aime tant pour se consoler de ce qui allait arriver. Il se souciait peu du reste à cet instant, de ses hommes qui observaient la scène des nerfs qui flanchent au nom d'une peur du gaz. Gerhaldt avait besoin de connaître le nom de maudit type. S'il devait crever dans quelques minutes, il devait au moins savoir qui maudire aux portes du trépas. « Wachtmeister Till Rohwebber, du 45ème Régiment d'artillerie. On m'envoie avec un message pour l'Oberleutnant Niklas Hamelinheim. » Une ombre de surprise était passée sur le visage du sergent lorsque Gerhaldt s'était adressé à lui, s'attendant comme les autres à une première intervention pour le soldat effrayé qui perturbait le moral du groupe attroupé autour. « Le prénom est Gerhaldt et c'est moi. » Lippes du runiste pincées, il se retient de hurler de rage. Le papier abîmé, presque indéchiffrable, lui fut tendu. On modifiait les ordres ; il fallait rester dans les tranchées, vider les mitraillettes sur les français et accueillir les rares survivants avec les baïonnettes. Gerhaldt songea un instant à désobéir, désireux de partir l'épée à la main, chargeant comme un idiot sur un champ boueux plutôt que pourrissant comme un rat dans une crevasse de planqué. Mais il n'eut le temps de prolonger sa pensée, un éclat retentissant une vingtaine de mètres à leur droite et faisant soulever dans les airs les membres déchirés de l'escouade de son ami Wilhelm. Un instant plus tard, ce fut leur tour.
Gerhaldt se souvient surtout de la chute, voyant le paysage du ciel se mêler en tourbillon avec le théâtre de leur sillons de terre, rivières creusées depuis des mois, juste pour gagner, puis perdre, puis regagner quelques mètres d'une campagne oubliée, loin de chez eux. L'atterisage fut étrangement de coton, boue et cadavres amortissant le choc. Et sa respiration coupée, il avait fixé les nuages noirs de pluie pendant un long instant. Son esprit savait mais son corps refusait. Et lentement, le froid absent fut remplacé par la chaleur piquante, puis par la morsure des os éclatés. « NIKLAS ! » Le nom transperçait ses esgourdes qui vibraient encore du choc, n'entendant même pas les râles des rares survivants. La silhouette de l'artilleur messager apparut devant lui, se penchant près de sa tête et semblant vociférer des choses inaudibles « T'en fais pas... va aller... médecins, vais te porter... courage Oberleutnant, non ne regarde pas, Niklas, ne regarde pas ! » Un mouvement esquissé et il vit son avant-bras gauche démuni de poignet. De main. Os ridicule remplaçant une image acquise par défaut depuis toujours. « Respire Niklas, respire ! » « C'est Gerhaldt. Connard. » Et là, sous les excuses sans poids de ce soldat qui s'affairait à ralentir l’hémorragie, beuglant pour les secours des brancardiers, le sorcier se le promit juste avant de s’évanouir : la voyance de malheur, si elle ne le tuait pas aujourd'hui, serait combattue comme il avait vaillamment combattu les Français, les Anglais, les Belges, la faim, le froid et les poux depuis un an et demi dans cet univers de mort.


22 mars 1918, Nebel
Fugue en Sol mineur : l'épopée de Klaus
« Die Ufer sind Vernunft und Trieb. Ich steig dir nach. »

Les traces s'arrêtaient là, marque d'un morceau de tarte aux pommes écorchées contre la barrière de bois qui avait failli à sa mission. Alors ainsi, c'était par ce chemin que le périple de Klaus avait débuté ? C'était le début de son aventure d'enfant de six ans venu se noyer dans les houles de l'écume bordant ces bancs de sable. Et Gerhaldt pouvait encore les entendre hurler, sa famille et les voisins moldus qui, éclairés de torches dans la pénombre descendante, cherchait à ramener l'enfant vers le chemin de son foyer. Ils le croyaient encore en vie. Gerhaldt pouvait même entendre dans la cassure de la voix de sa femme toute la colère qu'elle éprouvait envers lui qui ne participait aux recherches. Parce qu'il savait déjà. Parce qu'il avait compris, à l'heure du goûter, en voyant son épouse entourer le cou de leurs fils d'une nouvelle écharpe d'un jaune poussin fraîchement offerte par le pêcheur du coin, que le garçon ne s'attablerait pas avec eux pour le souper ce soir. Que son rire jovial ne rebondirait plus contre la poitrine heureuse de ce père qui apaisait la douleur de son amputation en revêtant le moignon de marionnettes magiques passionnant l'enfant. Que Klaus ne rejoindrait plus jamais son lit pour y écouter les fables de ses parents construisant leur affection sur le tendre pilier qu'il était pour eux. Gerhaldt avait su, et n'avait rien fait. Assis dans son fauteuil, prostré, la gorge nouée, les yeux humides d'avoir trop pleuré dans le futur. Et il avait bien patienté. Se demandant à chaque seconde si les protections dont il avait entouré la maison et les runes qu'il faisait porter autour du cou de l'innocent seraient suffisantes. Si l'amour d'un père pour son enfant ferait faillir les prophéties d'une voyance qu'il comprenait désormais davantage. Puis, il avait entendu la voix tremblante de sa femme surgir dans le dos du salon pour lui demander s'il avait vu leur amour commun. Et évidemment que l'on ne change pas le destin. Bien sur qu'il lui était obligé d'être témoin de cette tragédie. Aurait-il pu y changer quelque chose ? Inutile d'y penser. Il courrait désormais sur les traces d'un mort et ne cherchait qu'à comprendre le mystère de son évasion réussie. À commencer à prendre conscience sous les plaintes des vagues contre les rocs qu'il était responsable. Et que jamais, jamais il ne pourrait un jour se pardonner.


Berlin, décembre 1926
Promesses des trépassés dans l'échine
« Dulcis amor ! Qui te caret hoc tempore fit vilior. »

Au premier verre, l'homme s'était contenté de chasser paisiblement ses préoccupations du jour, Collegium insistant sur ses retards et parfois absences répétées.
Au deuxième verre, le runiste griffonna dans sa tête, sans langage, une nouvelle proposition de théorie pour une recherche au sein de l'Heimdall, se promettant de ne plus penser au travail quand vint rouler sur sa langue la dernière goutte de cette tournée.
Au troisième verre, il s'oublia veuf et lança un sourire vers cette femme impossible de son imaginaire.
Au quatrième verre, il chercha à s'en excuser.
Entre le cinquième et le sixième verre, il parvint péniblement à écrire une missive pour son meilleur, réclamant son aide.
Et au septième verre, dans le cocon de sa maison vide et des bras courageux de Ludwig, Gerhaldt maugréa en silence, au bord du sommeil, qu'à son fils il lui offrirait une belle vie, et que si il était mort ce n'était pas bien grave. Il l'imaginerait se mouvoir tous les jours dans ces couloirs, proue de son navire bourré d'explosifs de la guerre passée, des raclements d'houles au timbre de son épousée qui veille sur ses frasques et, en silence, main passée sur sa propre nuque, la boussole d'une promesse magique pour une idée qui faisait tenir debout un estropié qui n'avait pourtant plus beaucoup de raisons de le faire.

Au lendemain, première tasse de café, Gerhaldt n'avait pas oublié la veille. Mais il avait aussi son sourire espiègle de ces jours où la joie faisait vibrer ses muscles et ses lippes, hommage à ces instants de quiétude passée dont il aspirait à défendre le souvenir et à, peut-être, y trouver une nouvelle version, renaissance devenue dernier projet.
Revelio

MessageSujet: Re: (Gerhaldt) Buur ahn Geld is'n Slaav op de Welt   Lun 29 Jan - 0:32

CHRONOLOGIE

21 novembre 1881 —  Naissance de Gerhaldt Hamelinheim au sein de la maison mère de la famille, à Neumünster, dans le land de Hambourg. .

Juillet 1886 — Manifestation de sa magie alors qu'il avait volé le balai de son père et qu'il chuta du toit de l'église du village comme il fallait s'y attendre, rebondissant mollement tel un ballon jusqu'aux pieds de son grand-père hilare et fier. S'il a gagné un joli chapeau de ce dernier pour l'occasion, la joie de ses proches et une petite cicatrice sur le menton, il en récolte aussi un inconfort du balai volant qui le suivra toute sa vie. Quelques semaines plus tard, c'est sa voyance qui est découverte après plusieurs crises et doutes de ses parents.

Date & lieu Gamin pourtant heureux et curieux, Gerhaldt devient de plus en plus calme au fil des visions qu'il reçoit, toujours chaotiques de par la fraîcheur de sa magie. Il le voit comme un fardeau, inutile, trop flou, clos ses lippes sur sa frustration, alors que sa famille applaudit son talent, même lorsqu'un jour il devient hystérique en clamant que Niklas, son cousin, venait de perdre sa main et déboussolé par cette scène sanglante trop réelle. Sa famille décide, malgré son jeune âge, de respecter son désir de ne pas rendre sa voyance publique tant qu'il ne l'a pas maîtrisé. Satisfait, Gerhaldt se lave les mains et ne cherchera pas à progresser, débutant une relation incertaine avec cette particularité.

1889-1900 — Scolarité à Durmstrang, c'est un élève calme et camarade facile. Son statut de bonne poire est cependant vite relayé et utilisé pour bénéficier de ses excellentes notes dans plusieurs matières. Incapable de dire non, il accepte de se faire marcher sur les pieds tout en commençant à mettre en place ses manigances pour au fil des années faire échouer ceux qui voulaient l'écraser, la rancune souriante sur le visage et l'innocence clamée avec une fausse outrance. Débarrassé de certains élèves et studieux malgré peu de sommeil, il est accepté dans la classe Étoile. Bien que les Hamelinheim abhorrent toute implication politique, la famille place beaucoup d'espoirs sur lui pour des accointances professionnelles qui favoriseraient leurs activités et revenus. Gerhaldt laisse tout le monde croire à son ambition et une fois ses études aux lourdes finances terminées, il affirme son désir d'être runiste, passion et promesse de gosse.

Juin 1900 Il boucle péniblement son sujet traitant des "Conséquences de l'évolution linguistique des runes proto-germaniques sur les catalyseurs magiques ; une structure en péril." et après avoir reçu le résultat d'une réussite acceptable, ce qui ne le satisfait pas, il confie à Anke Sternberg — avec qui il s'était lié d'une sincère amitié et admiration — qu'elle est la femme parfaite et se barre comme si de rien n'était en Norvège pour son premier contrat de travail.

Juillet 1901 — À la fin du chantier norvégien, il parvint à obtenir le respect de plusieurs de ses pairs runistes mais manquera aussi de faire disparaître deux tribus de Sami à cause d'une faute qu'il reportera sur un collègue russe. Sans trop comprendre comment, l'innocent est mis hors d'état de nuire. Gerhaldt découvre alors que sa famille considère toujours avoir la main mise sur sa vie et le juge en silence être inapte à se défendre, juste bon à plier l'échine au-dessus des livres et bien poser auprès de ses anciens camarades de Durmstrang prenant de l'importance.

Septembre 1901 — Il revient en Prusse pour faire son Einjährig-Freiwilliger (service militaire volontaire, en une année à ses frais) dans sa région du Schleswig-Holstein. Brisant un peu ce tabou familial, les Hamelinheim ayant été très impliqués dans le rôle militaire — qu'ils ne pensent pas être une préoccupation uniquement réservée aux moldus — jusqu'à ce que la guerre des Duchés ne fauche plusieurs de leurs membres, Gerhaldt remet au goût du jour le patriotisme affirmé et sera vite rejoint au fil des années par son frère et ses cousins. 

Octobre 1902 — Mariage avec Margarethe Christensen, une danoise amoureuse de lui depuis des années, venant d'une famille de sorciers nobles du Danemark, plus riches que les Hamelinheim. Il ne ressent rien de particulier pour elle et est même davantage enjoué par sa rencontre la veille avec Ludwig, son futur meilleur ami.

Décembre 1902 Les deux amis projettent d'ouvrir une boutique d'artefacts anciens et de luxe, mais leur commerce ne tiendra pas six mois à cause de leur refus de vendre leur propre marchandise qu'ils préféraient garder pour eux. Gerhaldt parvint enfin à obtenir une place au Collegium et se stabilise dans son projet de fonder une famille.


Octobre 1908 — Disparition soudaine de son frère aîné, Johann, et de sa femme, Odil. Gerhaldt refuse d'en savoir plus mais les rumeurs familiales atteignent ses malheureuses esgourdes et il comprend que c'est un malin jeu d'échecs que son grand-père a mis en place. Le vieux s'ennuie dans son grand âge et a décidé de faire miroiter ses enfants et petits-enfants avec ses sous. Une compétition silencieuse commence pour s'attirer les faveurs de l'aïeul et récolter des marks au passage.

Février 1912 — Naissance de son fils, Klaus Ludwig Hamelinheim, après plusieurs années de tentatives infructueuses de concevoir avec sa femme. Oswald, le grand-père, traverse une période joyeuse et octroie les mêmes sommes d'argent à tout le monde pendant plusieurs mois où l'on cesse de se bouffer le nez.

Août 1914 — Gerhaldt est mobilisé pour la Grande Guerre et s'en va, fier de défendre la patrie, en tant que Vizefeldwebel (vice sergent major) du 86ème Régiment de fusilliers de la Reine de la 18ème Division. Il participe à l'invasion de la Belgique et tue son premier sorcier, un britannique, du côté de Mons. Il sera ensuite envoyé sur le front français, puis dans les tranchées. Ces dernières vont le traumatiser et il en ressortira furieux et troublé, préférant la nostalgie du passé que le présent et le futur salissent par le sang.

Février 1915 — On le remercie d'une nouvelle promotion lorsqu'il fut rapporté qu'il avait réussi à requinquer le moral de son escadron au bord de la désertion et l'avait ramené à bon port lors d'une mission difficile. La réalité est pourtant moins héroïque ; deux soldats sorciers — déjà mutins au troisième matin de leur mobilisation — voulurent lancer des sorts lors d'une attaque et Gerhaldt décida de les stopper en brisant leurs baguettes par pur rancune de leurs moqueries envers lui, eux qui refusaient son amitié sous prétexte de son grade et du portefeuille des Hamelinheim. Les runes discrètement gravées la veille sur leurs fusils provoquèrent l'explosion des armes quand ils tentèrent de lui tirer une balle entre les deux yeux et l'intransigeance de Gerhaldt fit taire les survivants. Il poussa le vice en envoyant les miettes de baguettes aux familles des défunts et en rigole encore parfois autour d'un verre.

30 Novembre 1915 — Devenu Oberleutnant (Premier Lieutenant), il est sur le point de conduire une attaque en Champagne quand il reconnaît un soldat pourtant jamais rencontré auparavant. Il comprend alors ce qui va se produire après avoir identifié la réalisation d'une de ses visions dramatiques dans laquelle il avait malheureusement cru que le sujet était son cousin, Niklas, et non lui-même. Quelques instants plus tard, un obus lui fait donc perdre la moitié de son bras gauche et le condamne à une amputation avec laquelle il ne vivra jamais pleinement en paix, preuve de son échec à user de son talent magique, ce qu'il tentera à partir de là de changer en se mettant à étudier la catoptromancie.


Janvier 1916 — Sorti de l'hôpital moldu et déclaré inapte au combat, il refuse de tourner le dos à la guerre pour autant et créée le groupe "Hiboux des Tranchées", un petit organisme de sorciers allemands qui vont travailler à faciliter la communication entre les soldats d'origine magique et leurs familles tout en restant discrets, respectant le Secret Magique. Concernant ce dernier, Gerhaldt abandonne donc tous ses anciens ressentis et souhaite la protection de la magie plutôt que sa révélation.

Mars 1918 — Klaus décède en se noyant dans la mer lors d'une innocente fugue curieuse au-delà des dunes. Gerhaldt n'a pas participé aux recherches, sa voyance l'ayant déjà préparée depuis longtemps et préférant plutôt comprendre comment son fils avait échappé à sa surveillance que courir après un mort.

Novembre 1918 — La guerre est finie, il disparaît du paysage militaire et retourne travailler au Collegium. L'association "Hiboux des Tranchées" continue d'exercer aux heures libres, étudiant des témoignages pour contribuer à la recherche des disparus.

Août 1919 — Le groupe ne reçoit désormais plus aucun soutient du gouvernement, si ce n'est un mark symbolique par an, son service jugé fini, et redevient alors une association privée. Sous prétexte d'un intérêt d'archives de correspondances et de recherches d'individus de disparus, le groupe, réduit, continue de se réunir de manière hebdomadaire, principalement pour manger des biscuits et jouer aux échecs. Pour Gerhaldt, cela va devenir son lieu de repos, le sanctuaire de la nostalgie qui l'aidera à donner un sens à l'absence de Klaus.

Septembre 1919 — Johann, le frère d’aîné de Gerhaldt, est enfin déclaré mort après des années d'enquête inutile et ralentie par la guerre. Sa maison est désormais l'héritage de Gerhaldt qui met dehors son neveu et sa nièce sous prétexte que quitter sa petite chaumière de Nebel lui permettra de faire le deuil de son fils. Il revend tous les biens (hideux) de son aîné ainsi qu'une de ses propriétés en Autriche et s'achète une prothèse magique innovante, avec l'aimable participation du reste de la famille que sa femme a "convaincu" en cachette.


Octobre 1921 — Sous-prétexte que leur couple en sera sauvé après le décès de leur enfant, Margrethe convainc Gerhaldt de s'investir dans la protection du Secret Magique. Bien que discrète, elle est déjà active au sein de la lutte contre l'Einsicht et a pris soin de travailler à épuiser l'esprit de son mari sur la question depuis son retour de guerre afin de se le mettre plus facilement en poche. Le vétéran, de son côté, a été plus inquiet sur le contenu de ses caisses suite à la crise financière et a passé beaucoup de temps au Danemark avec son meilleur ami pour sauver un maximum de patrimoine. Loin des rumeurs, et de toute façon temporairement allergique aux journaux depuis le 6 mars, il se doute pourtant que ses anciens amis avec qui il fut un temps d'accord concernant le Secret Magique à faire tomber, seront soit dans le camp opposé soit dans ses parages. Il se cloître encore davantage dans son travail et ses passions, son amputation l'ayant déjà éloigné de la vie sociale.

Avril 1922 — Incapable de dire non, Gerhaldt rejoint Heimdall dont fait déjà partie son épouse. S'il ne cache pas son indifférence pour la politique et les jeux de pouvoirs, ni l'existence de sa voyance qu'il avait jusque là tue, il affirme aussi son sincère désir de protéger le Secret Magique. Curiosité magique de runiste, certes, mais aussi conviction logique depuis la guerre. Gerhaldt et Margrethe s'investissent alors dans le groupe et connaissent un an de complicité et d'affection au nom d'une idée à défendre.

Juin 1923 — Margrethe est assassinée en même temps que Niklas dans une histoire un peu floue que Gerhaldt ne cherche même pas à comprendre. De son point de vue, sa femme a joué avec le feu en se mêlant aux histoires de sa belle-famille et le résultat était inévitable. Se sentait libéré de son ombre pesante, elle qui n'était simplement qu'amoureuse de lui, Gerhaldt joue le veuf éploré. Mais il grave aussi des runes sur la tombe de la défunte pour être certain qu'elle n'en sorte jamais et devient parano à l'idée qu'elle le suit parfois, ses visions désormais aux venues chaotiques durant cette période interprétant chaque silhouette féminine comme celle de Margrethe.

Janvier 1924 — Gerhaldt retombe amoureux de sa femme quelques mois après son décès, revivant le même déchirement que dans les tranchées : Margrethe, il ne l'aime que quand elle n'est pas dans sa vie. Bouleversé (pour quelques semaines seulement hein, faut pas déconner !) il se fait la promesse de rester dans l'Heimdall et lui accorde cette dernière influence venue de l'outre-tombe. Nouvellement en paix avec son apparence d'estropié, il retrouve peu à peu le plaisir de la vie sociale et certains racontent même l'avoir de nouveau entendu rire aux éclats.

Novembre 1925 — Ludwig, son meilleur ami commence à tenter de l'attirer dans des débats en faveur de l'Einsicht suite aux massacres d'août. Effrayé de peut-être découvrir qu'ils sont dans des camps opposés, Gerhaldt, dans un moment de panique et pour le faire taire, lui brise une bouteille de schnaps sur le crâne, ce qui étrangement renforcera leur amitié déjà sans bornes. Le sujet de leurs opinions politiques sera un temps enterré, comme auparavant, aux côtés de leur avis sur la guerre.

Février 1927 — Son investissement auprès de l'Heimdall en tant que Chef du Laboratoire de recherches runiques lui prend de plus en plus de temps et commence à en pâtir sa carrière au Collegium qui n'était déjà conservée que par miracle et un peu de pitié. Gerhaldt se met en tête qu'un nouveau mariage l'aidera à retrouver plus de stabilité et met Ludwig à contribution dans la tâche. Toujours incapable de dire non, en retour du service le runiste s'embourbe dans les manigances financières de son ami et songe à lui casser une autre bouteille de schnaps la prochaine fois.


- ♦ -

en construction

Revelio

MessageSujet: Re: (Gerhaldt) Buur ahn Geld is'n Slaav op de Welt   Lun 29 Jan - 0:50

Hey babe kr
Si jamais tu cherches de l'aide pour ton métier on peut t'aider en attendant d'avoir le listing des métiers du forum ange juste ici et juste là tu as des propositions de métier que j'ai trouvé sur internet plz

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SO WE BEAT ON, BOATS AGAINST THE CURRENT BORNE
☾☾ BACK CEASELESSLY INTO THE PAST ☾☾
Revelio

MessageSujet: Re: (Gerhaldt) Buur ahn Geld is'n Slaav op de Welt   Lun 29 Jan - 2:11

Ô Grand Ian McKellen sisi

J'ai hâte d'en savoir plus sur ce que tu vas faire avec ce personnage.
Bon courage en tout cas !

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mrs.manifold
Les éclats de verre.
Revelio

MessageSujet: Re: (Gerhaldt) Buur ahn Geld is'n Slaav op de Welt   Lun 29 Jan - 5:43

Aaaaah ! L'autre Papy du forum enfin la hiii hiii hiii J'ai tres hate de voir ce que tu nous prepares petit Marcassin ** Viens, on prendra le the ensemble et on deplorera nos veuvages respectifs et on s'echangera nos cannes sisi

Je vais faire mon chieur par contre mais en fait Hamelin est appelee "Hameln" en allemand donc le nom de famille, s'il vient de la ville, serait plutot Hamelnheim. On aime les trucs imprononcables dans ce pays oui

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She tied you to a kitchen chair She broke your throne and she cut your hair And from your lips she drew the Hallelujah You say I took the name in vain I don't even know the name But if I did, well really, what's it to you? There's a blaze of light in every word It doesn't matter which you heard The holy or the broken Hallelujah



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Konrad Reinhardt
Gouvernement | Autres

Revelio

MessageSujet: Re: (Gerhaldt) Buur ahn Geld is'n Slaav op de Welt   Lun 29 Jan - 7:41

Bienvenuuuue kr kr
Hâte de voir ce que tu vas nous faite :iiih: et puis avec Ian gah gah

Pour les métiers, on va mettre a plus vite la liste des métiers, en espérant que ça t'aide ! Mais tu as déjà une idée de vers quoi tu voudrais te tourner ? Comme ambiance, comme finalité ?

Et bon courage pour la fiche, quand l'idée de la profession viendra superman Si tu as la moindre question, n'hésite pas à contacter un membre du staff ange

- ♦ -

Il y a des gens sans orgueil qui se résignent à végéter sous notre domination. Ils préfèrent vivre avilis sous notre botte que mourir glorieusement pour la Liberté...

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Magnus Röhr
Gouvernement | Heimdall

Revelio

MessageSujet: Re: (Gerhaldt) Buur ahn Geld is'n Slaav op de Welt   Lun 29 Jan - 11:34

Les fiches vides comme ça, ça devrait pas être autorisé  gah

J'ai hâte de voir ce que tu nous prépare, surtout avec un petit "Heimdall/Einsicht" là haut smug Comme l'a dit Konrad, hésite pas à nous solliciter si tu as des question, on pourras surement t'aider en attendant que le listing des métiers arrive kr

@Paul Lindemann a écrit:
Je vais faire mon chieur par contre mais en fait Hamelin est appelee "Hameln" en allemand donc le nom de famille, s'il vient de la ville, serait plutot Hamelnheim. On aime les trucs imprononcables dans ce pays oui

Shoot-out to Paul, notre grand spécialiste du la langue germanique, sans qui ce forum serait bourré de traduction douteuse. On t'aime bébé  russe

- ♦ -


   
The stairs creak as I sleep, it's keeping me awake. It's the house telling you to close your eyes. And some days I can't even trust myself. Your mind is playing tricks on you my dear.
Revelio

MessageSujet: Re: (Gerhaldt) Buur ahn Geld is'n Slaav op de Welt   Mar 30 Jan - 15:12

Genre y a rien. Genre why y a rien. J'arrive miiiille ans en retard et y a rien ? Je me sens lésée. Profondément. Dans mon ÂME. gah gah gah

Bienvenue à toi, vile moche à la magnifique barbe. Tu sais où nous trouver si tu as des questions. Ou pas de questions. Ou pour des gifs. Ou pas. ¯\_(ツ)_/¯

- ♦ -

Ridicule they won't allow Quench abuse and let love flower Rip the cage out of your chest Let the chaos rule the rest
Revelio

MessageSujet: Re: (Gerhaldt) Buur ahn Geld is'n Slaav op de Welt   Jeu 1 Fév - 13:36

ijhsdjkdsdsnujji. je veux en savoir plus aussi. trop de mystère. autour de cette bouille. :feels:
bienvenue parmi nous et bonne chance pour l'écriture de ta fiche de présentation. <3

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― pétales d'émeraude, chant d'augurey. ―

Revelio

MessageSujet: Re: (Gerhaldt) Buur ahn Geld is'n Slaav op de Welt   Lun 12 Fév - 18:03

Citation :
Opinion politique : Aucune, l'habilité de s'attirer des emmerdes l'a malgré tout conduit à faire partie de l'Einsicht et d'Heimdall.


J'aime pas les traîtres. Enfin pas tous, quoi. Mais bon, j'peux faire une exception pour toi tant que j'l'apprends jamais  sisi  #courrempliedetraîtres facepalm
(viens on sera potes de bancs de Durmstrang -j'ai décidé, dis pas non sinon tu m'brises le cœur gah -, entre runistes, on doit pas être douzemille avec cette option style )

J'exige d'en savoir plus sur Gérhaaaaaaldeuteuh stare
la bienvenue, toi qu'étais là avant moi mwe

- ♦ -

+ i bow for nobody +

tell me everything will be alright
tell me we'll prevail

Spoiler:
 

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Magnus Röhr
Gouvernement | Heimdall

Revelio

MessageSujet: Re: (Gerhaldt) Buur ahn Geld is'n Slaav op de Welt   Sam 17 Fév - 21:20

He coucou smug

Je viens au nouvelles ! N'hésite pas à demander si tu as besoin d'aide pour ton perso ou à poster dans le topic de question heart Et fais nous signe si tu veux un délais supplémentaire !

- ♦ -


   
The stairs creak as I sleep, it's keeping me awake. It's the house telling you to close your eyes. And some days I can't even trust myself. Your mind is playing tricks on you my dear.
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MessageSujet: Re: (Gerhaldt) Buur ahn Geld is'n Slaav op de Welt   Aujourd'hui à 16:13


[Un petit millénaire plus tard, dans un hameau du merveilleux Land d'Hambourg]

Mais regardez moi ce malotrus qui ne répond même pas aux messages de bienvenue et du staff. russe
Honteux. En tout point. russe

Mille excuse pour ça, quelques tribulations éprouvées avec ce personnage et sa fiche ayant donné du fil à retordre. pleure

@Sophie Delarose~ Merci beaucoup pour tes liens, ils m'ont bien aidés dans la prière version (avortée) du personnage. bounce

@Natalia Winkler ~ Ah, je ne vais être qu'une énième déception dans ce cas, faceclaim échangé. Mais merci à toi. danse2

@Paul Lindemann ~ Tristesse que de ne plus pouvoir faire un concours de dentiers et de jeux de mots sur la vieillesse, mais mon admiration des aïeuls n'en est pas moins amochée ! smug

Quant au nom de famille, merci pour la précision et j'y avais effectivement pensé dès le début, mais mon sens insupportable du détail aurait dès lors demandé que si Hamelin prenne l'orthographe allemande, il en aurait de même pour les autres villes, ce qui aurait été confus et pas calé sur le reste du forum. Choix difficile mais on va prétendre que des moldus ont foiré leur administration u jour en rajoutant une lettre. stare [technique de gueux]

@Konrad Reinhardt ~ Merci beaucoup à toi, dès que tu les as partagé ces annexes m'ont été bien utiles dans chaque version du perso. kr
Mes excuses encore une fois pour les doutes et tout le temps pris 8(
(btw, j'ai ADORÉ ta fiche, ce personnage est tellement puissant, et puis les vétérans sont les plus fab' de ce forum smug enfin on espère, histoire que ça ait quand même servi à quelque chose ces conneries stare bas )

@Magnus Röhr ~ Comme t'aimais pas les fiches vides, j'ai débordé sur quatre messages russe Et c'est pas du tout un complexe d'infériorité face aux sorciers des autres Land qui auraient aussi des fiches de dix pieds de long, non, non. (...)
Merci beaucoup en tout cas, puis j'suis ému, le saint patron d'Heimdall qui passe par ici, ça m'fait des palpitations pleure
Magnus² ~ J'suis tellement désolé du retard, encore une fois. rip

@Hilda Jörgen ~ Et oui, tout pour essayer de te vexer. mwe Mon main purpose d'existence. mwe
(t'as vu, j'ai quand même pris moins d'un mois, c'est pas un record !)
Merci pour la bienvenue, vous êtes un bon seigneur. wink2  Ou pas. stare

@Ariel J. Jadefluff ~ Merci beaucoup, et désolé de l'éventuelle déception pour le faceclaim. muaha

@Anke Sternberg ~ Tu m'as déjà démarché en privé mais je tiens juste à dire que si sur ce gif, c'est toi surprise au lendemain de soirées un peu difficile à l'Einsicht, je suis bonheur de pas être dans tes rangs. intense
(merci à toi ♥️)

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(Gerhaldt) Buur ahn Geld is'n Slaav op de Welt

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